Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Campulsation : Quand retourner à l'université devient un vrai plaisir !

Publié le par Chokopims

Le vendredi 25 septembre 2015, les étudiants avaient pour la plupart déjà repris le chemin des bancs usés des amphithéâtres...

 

L'occasion idéale pour l'ouverture du campus au monde musical comme à chaque rentrée universitaire sur Bordeaux, que dis-je ! Sur Pessac !

Bref au début de mes études l'association et le concept commençaient à peine à se former et je me rappelle très bien les organisations sous tente "chapiteau" avec un son un peu pourri et pas de toilettes... un festival amateur, avec des groupes étudiants un peu inconnus. C'était sympa mais c'était pas transcendant non plus...

Et puis... cette année... 8ème édition...  On m'envoie par mms l'affiche et là c'est le drame : il me faut absolument y aller ! Rien à faire que je n'ai plus le statut étudiant ! Car non seulement l'affiche en elle-même est magnifique (mode pirate activé) mais les groupes, enfin le groupe inscrit en gros, nous laisse tout sauf indifférents puisque sont annoncés ... roulement de tambour ... THE SKINTS, directement importés de Londres underground ! Ce groupe de reggea / ska dont j'écoute en boucle le seul CD que j'ai parce qu'il n'y a tout simplement rien à jeter à l'intérieur !

 

Je vous laisse juger de vous même le pourcentage d'envie d'y aller d'après l'affiche :

Campulsation : Quand retourner à l'université devient un vrai plaisir !

 

Ni une ni deux je monte dans ma voiture et je fonce sur Bordeaux vendredi soir, et là... du petit festival amateur je passe au méga-festival semi-pro oO Transformation bluffante et vraiment positive ! Cela prouve le travail payant de l'association ces dernières années.

Des scènes énormes, des sons travaillés, une organisation bien rodée qui alterne les deux scènes pour jouer non stop sans attente entre les groupes, une part écolo avec toilettes sèches et gobelets réutilisables : je crois que ça y est ils n'ont plus rien à envier aux autres festivals pro. Surtout qu'ils font ce que personne d'autre ne fait : une entrée gratuite ! Et ça pour promouvoir la culture, c'est très important !

Nous étions venues voir principalement le JOSEM, et c'est peu dire que nous n'avons pas été déçues avec le mélange détonnant et bien rythmé qu'ils forment avec le WOMBO ORCHESTRA pour l'occasion avec une reprise rafraichissante de Bullet in Your Head de RATM ! Et bien sûr les SKINTS, alors devant à gauche hein, comme d'habitude ! XD C'est un groupe vraiment excellent je vous conseilles de jeter une oreille dessus quand vous aurez le temps : notamment le fameux :  Rise Up !

 

Et voilà ce que ça donne en live !

Campulsation : Quand retourner à l'université devient un vrai plaisir !

 

Pour le reste de la programmation, nous découvrons des ovnis musicaux qui valent le détour à des degrés différents, les successeurs barcelonais de Ska-P et de Manu Chao (sisisi et ça donne un mélange étonnant) : les CHE SUDAKA, rois du rappel qui n'en fini pas sur la même chanson en boucle (5 fois en tout je vous jure ! Et c'était intense en saut croyez moi) => pour le côté Manu Chao vous pouvez écouter leur Mentira Politika pour le côté punk-musette il y a Amores ou El Trenecillo (en fait c'est la même mais elle n'a pas le même nom). En plus le chanteur est un sosie punk d'un ami (naaaaaaaaaaaaaaaaaan !) : Bref nous avons bien rigolé.

Ensuite en vrac : du Hip Hop parisien, avec ALIEN D'ART qui nous font entamer la soirée sur le mode bonne humeur, ça commence à sautiller !  Et du funk tout droit sortie des années 70' les HANUMAN, ainsi que du rock, blousons noirs en cuir BLACKBIRD HILL.

 

En fait il y en avait pour tous les goûts, une programmation très variée : Bravo !

Pour nuancer on va dire que la dernière fois que je suis sortie voir un concert c'était avant mon hibernation de master (soit y a bien deux ou trois ans !), et j'étais vraiment heureuse de retrouver cette ambiance. Et surtout, ne vous inquiètez pas, la fac elle, n'a pas changé, c'est toujours ces bâtiments austères qui te font te dire " Ouf ! Les études c'est terminé ! "

 

Pour en savoir plus sur les groupes que j'ai cité rendez-vous sur le site des Campulsations.

Et merci à Merry Curry pour les crédits photos :D

Voir les commentaires

Les rôles féminins sur grand écran : ça en est où ?

Publié le par Chokopims

Récemment, je me suis rendue compte que, de plus en plus souvent, certains films attiraient spontanément mes foudres et mes critiques sur la place accordée aux rôles féminins, c'est pour ça que j'ai eu envie de faire un point sur le fameux Test de Bechdel.

 

Tout d'abord le Test de Bechdel, qu'est ce que c'est ?

C'est un test qui se pose trois questions à propos d’un film, si les trois réponses sont affirmatives le test est passé avec succès, sinon il échoue :

1) Il y a au moins deux personnages féminins avec des noms

2) Qui parlent entre-elles au moins une fois

3) A propos d'autre chose que d'un homme

 

Ces trois critères vous paraissent peut-être simplistes et relever du minimum vital, puisque dans la vrai vie avouez que c'est plutôt normal... Ou alors est-ce que l'on s'imagine que les femmes n'ont pas d'autres sujets de conversation que les hommes ?!

Essayez cinq minutes d'y réfléchir et de vous représenter le pourcentage de film qui passent ce test dans une année...

Alors ? Des propositions ? Maintenant, comparez vos représentations aux données réelles.

                       =>  Le pourcentage de réussite, pour l'année 2014 était de 55% soit plus faible qu'en 2013 où il était de 67%.

 Certes alors on nous dit que ça s'améliore, mais j'ai envie de rétorquer : encore heureux ! Et encore c'est assez inéquilibré, en fonction, malheureusement, du sexe du producteur exécutif, de l'auteur du scénario et du directeur, comme le montre ce graphique :

 

J'aurais tendance à dire que l'évolution des réussites au test de Bechdel est fortement due au fait que le milieu du cinéma s'étoffe de plus en plus en présence féminine. Même si on peut voir sur le graphique en haut qu'il reste encore un grand déséquilibre homme/femme dans le milieu. Après un film qui passe ce test, vous vous en doutez aux vues des critères, ne prouve absolument pas que le film donne un rôle important aux personnages féminins, et j'ai envie de dire loin de là. C'est un simple test qui vise à montrer la différence absurde entre la place réelle des femmes dans la société, et la place qu'elles occupent dans les films. Puisque ça ne viendrait à l’idée de personne de se poser les mêmes questions pour des personnages masculins…

 

Un petit exemple pour faire avancer le débat :

En effet pour étayer mon propos je vais vous demander de vous interroger sur vos films préférés et d'y étudier quelque peu la place des femmes.

 

J’avais envie de vous parler d'un film qui échoue au test (mais en même temps ce n'est pas étonnant) : la trilogie du Hobbit, adaptée d'un livre qui, à l'origine, ne comprend aucun personnage féminin. Donc en soi, rajouter des personnages féminins est un bon point non ?

Oui mais... Puisque vous vous doutez qu’il y a un « mais » sinon je n’en aurais pas parlé… Fallait-il vraiment le faire pour ça ? Parce qu’entre nous, sans parler de l’adaptation complète sur laquelle j’ai beaucoup d’autres choses à dire et à rugir et en se cantonnant aux stricts rôles féminins… Rajouter Galadriel... Certes c’est un des personnages phares du Seigneur des Anneaux, ça relève du fan service : c’est toujours ça de pris. De là à lui mettre au compteur une petite Love Story avec Gandalf : QUOI ?! Bon passons au deuxième personnage féminin sur lequel j’ai encore plus de chose à dire : Tauriel… Sérieusement au début je me suis dit "c’est sympa une elfe qui se bat ça peut enfin apporter un bon personnage féminin charismatique" mais après quelques minutes d'apparition... C'est le drame…  Le triangle amoureux de l’extrême (je vous fais pas un dessin vous aurez compris). Combo ! Je crois que ça m’a achevée car j’ai eu juste envie de hurler en plein cinéma : « Les personnages féminins ne sont pas cantonnés aux love story pourries ! »

 

Reprenons notre sang froid pour conclure. Introduire des personnages féminins dans les films : c'est bien. Les introduire pour leur donner ce genre de rôle : mieux vaut s'abstenir... Après on s’étonnera que certaines jeunes filles pensent de manière stéréotypée, et donne à chaque sexe un rôle particulier dans les relations sentimentales, comparant parfois l'amour à une scène de théâtre... Un exemple, je l'avoue un peu sorti de son contexte mais qui illustre ce carcan, dans lequel on enferme les jeunes filles. Et je ne vous parles pas encore de la crise de culpabilité de la trentaine des célibataires sans enfant face au poids sociétal qui les juge (que je garde pour plus tard ainsi que tous mes commentaires sur l'utilisation du Mademoiselle et etc.).

A ce compte là, moi j’avais des idées scénaristiques aussi à proposer ! Pourquoi ce n’est pas UN elfe qui est tombé amoureux du nain ? Comme ça on était vraiment dans  l’actualité du mariage pour tous et en plus sur l’intégration des différences dans tous les sens du terme. Quand vous donnez un rôle féminin à quelqu’un faites ça bien. Pourquoi c’est le fils et pas la fille de Bard qui vient lui porter la flèche et l’aider à tuer le dragon ? ça c’était un rôle pour faire rêver les petites filles !

 

Résultat du test pour la trilogie du Hobbit :

1)      Oui il y a bien deux personnages féminins nommés : Galadriel et Tauriel

2)      Non elles ne parlent pas entre elles

3)      Non puisqu’elles ne parlent jamais entre elles

 

Cependant pour ne pas finir sur une note trop négative, et parce que je suis d'un naturel utopim'ste... On constate depuis les dernières années un progrès au niveau des personnages féminins notamment grâce à des adaptations littéraires (Divergente pour n’en citer qu’un).   

Mais tout de même restons vigilent(e)s pour faire avancer les choses : la prochaine fois que vous serrez devant un film, réfléchissez aux rôles qu’on a attribués aux personnages féminins et demandez-vous si cela correspond à l’image que vous aimeriez transmettre aux nouvelles générations. Parce que leur éducation passera forcément par l’identification aux personnages de films (entre autres choses).

 

Pour en savoir plus les résultats des films au Test de Bechdel sont disponibles : ici

   Et une excellente vidéo (en anglais) de la  youtubeuse Feminist Frequency au sujet du passage du test par les films oscarisés :  ici

Voir les commentaires

Bande de filles de Céline Sciamma : Un film féministe ?

Publié le par Chokopims

Bande de filles de Céline Sciamma : Un film féministe ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si j’ai décidé de faire une critique (très personnelle et qui n’engage que moi) du film "Bande de fille", c’est parce que  je n’ai pas compris et que j’ai été outrée de tous ces commentaires emplis de racisme qui ponctuaient ses liens descriptifs. En effet, pour moi ce film est triste et déprimant aux vues des conditions féminines dans certains endroits et ce même en France.  Pourquoi alors sortir des arguments dignes du FN sur une plateforme d’échanges culturels ? Pourquoi,  alors même que ce film décrit et critique la situation des femmes dans des quartiers défavorisés ??  Il y en a certains et certaines qui sont passé(e)s à côté du but essentiel du film je crois ... Ce sont ceux sûrement les mêmes qui ne comprennent toujours pas les fins de la journée mondiale de la jupe... Il est tellement dommage que rares soit les commentaires constructifs dans les critiques de film sur ces mêmes plateformes.

J'en suis déprimée.

A vrai dire je pense que ce film a plus choqué par les milieux sociaux des personnages représentés que par sa dénonciation, et c’est bien dommage car dans certains coins de la campagne profonde, en France et d’en bien d’autres pays dits « riches », la situation est quasiment la même. Mais personne n’a encore eu l’idée de dénoncer ces faits dans un film sans doute… Si c'est le cas prévenez moi !

 

Petit résumé pour mieux comprendre :

« Bande de fille », c’est l’histoire d’une fille (on s’en serait douté), qui, dans un milieu dominé par les hommes, n’a que deux choix : soit subir cette dictature et rester enfermée dans ce carcan, dominée par son frère, obligée de se taire et de se complaire dans un rôle de femme objet, mère et boniche disons le clairement. - Pendant ce temps, Olympe de Gouges et les autres se retournent dans leurs tombes. - Soit se faire accepter en se fondant dans le monde sociétal auquel elle appartient, en devenant elle-même un "homme" et en copiant leurs comportements. Faisant ce deuxième choix elle se heurte au fait qu’elle reste une femme, une fille et donc que certaines choses lui restent tout de même fermées.

 

Un moment des plus choquant dans le film (attention au SPOIL) c’est lorsque finalement elle se met à la place des agresseurs. Elle reproduit le comportement qu’elle a subi elle aussi en temps que femme, sur une autre jeune fille. Pourtant elle est bien placée pour comprendre la souffrance de l’autre. Reproduction des comportements toxiques sans comprendre qu'on est soi même dans l'engrenage... Un autre moment celui où elle comprend qu’elle n’est pas un modèle pour sa sœur… et qu’elle finit (encore une fois) par reproduire le tyranisme de son frère sur sa petite sœur qui lui renvoie un « Finalement t’es comme lui. » Film donc profondément féministe dans la dénonciation d'une société patriarcale presque "dictature de l’Homme", elle n’est pas libre de ses propres choix, elle les fait pour éviter une vie qu’elle ne veut pas, celle où elle est une victime. Mais elle reste incapable de s’en sortir et de trouver de nouvelles perspectives viables.

On le voit bien, au début du film, la conseillère d’orientation lui proposant seulement des CAP elle s’offusque en lui disant qu’elle veut partir en général.  Elle semble avoir compris qu’accéder à sa pleine liberté ne peut se faire que par les études. La libération de la femme, c’est quand celle-ci est instruite. Et c’est bien de cela qu’on la prive en l’obligeant et en l’enfermant dans des devoirs domestiques qui ne sont pas les siens. L’empêchant de se pencher sur ses études, de s’instruire et donc d’accéder à une porte de sortie. Pourtant contre toutes mes attentes, ce n’est pas pour autant que ses nouvelles amies l’aident à s’enfuir par cette voie, en effet ses choix comme je l’ai dit au début sont minimisés : soit ne rien changer, soit agir comme les hommes… Croire que tout le monde peut s’en sortir grâce à ses études était sûrement trop utopique aux vues de certaines inégalités du système scolaire. Je regrette cependant que le film ne propose pas d'ouvrir une troisième voie pour amorcer une vraie porte de sortie et d'évolution positive.

Pourtant le générique de début du film lui, montre une opposition avec ces choix binaires restreints des deux "mondes" présentés (celui réservé aux hommes et celui des femmes). En effet on observe les femmes toutes ensemble représentant une force, faisant un sport dit « d’homme » : le football américain, elles s'assument, parlent et rigolent fort. Et puis, tout à coup, elles rentrent dans leur cité : les hommes sont les maitres, ils reprennent leurs droits, elles se taisent et ne font plus que partie intégrante du décor. Basculement.... Elles se retrouvent soudain seules, se dissolvent jusqu'à disparaitre cédant la place.  Image très marquante voir choquante et tout en contraste. En fait ça représente bien le message global du film, et j’aurais dû me méfier que ce ne serait pas aussi simple... Je me suis même dit « ça commence mal, ça va mal finir cette histoire. » Et... en effet ça finit mal... Reproduire un comportement que l’on condamne pour s’en sortir, comment ça pourrait finir bien ? On enclenche le cercle vicieux avec en prime la culpabilité...

 

A propos de la réalisatrice :

Cela m’a donné envie d’en savoir un peu plus sur la réalisatrice et ce qu’elle a réellement voulu montrer, car cela reste mon seul avis de spectatrice. Céline Sciamma  a débuté avec  « La naissance des pieuvres » un film que j’avais aussi vu mais qui ne m’a pas vraiment marqué. Si le premier de ces longs métrages avait écopé de plusieurs nominations, le public boude un peu celui-ci. Cela ne l’empêche pas d’être nominé à Cannes et de recevoir le prix spécial de l’académie lors des lumières de la presse étrangère 2015.  Pourtant je comprends l’avis du public, le scénario m’avait promis un « choc des cultures entre une adolescente prisonnière des codes de la société, et un groupe de filles émancipées »... A vrai dire je ne vois pas en quoi elles ne sont pas plus prisonnières des codes patriarcaux et de ceux de la société, lorsqu’elles tentent d’être en opposition avec ce système… Elles ne sont jamais vraiment libres de leurs choix, et elles ne s’en rendent pas compte.

 

Je ne conseille donc pas forcément son visionnage, cela reste un film moyen, je lui mettrai 5/10, je pense avoir étayé mes propos assez longuement. Cependant je trouvais très important d'en parler car il reste pour moi intéressant de par cette dénonciation, qui je l'espère, est voulue...

Merci à tous ceux et celles qui ont eu la patience et le courage de me lire jusqu'au bout ;) Et si le film vous intéresse, ou que vous souhaitez en savoir plus voici le lien pour le teaser de "Bandes de filles".

 

Voir les commentaires

<< < 1 2