Eklablog Tous les blogs
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Publié le par Chokopims

 Episode 6 : Bienvenue dans le Kansai ?

Et nous voici toutes et tous repartis au quart de tour pour la suite de nos aventures trépidantes dans le... KANSAI ! Avec aujourd'hui, au programme : les hauts mais aussi les bas du séjour... Puisqu'en "Théorie" tout se passe bien mais que nous ne vivons pas en Théorie ;)

Rétrospective du 9 au 24 juillet 2023

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Petits trésors et surprises le long du lac Biwa [琵琶湖]

Je vous avais déjà mentionné le lac Biwa [琵琶湖] et ses particularités géographiques dans le Carnet du Japon #4, avec Mamagei et l'Apfelschorlette, nous avons décidé d'explorer d'autres bords de ce lac...  Nous débarquons en cette matinée à notre premier point, au Nord-ouest du lac à la station Omi-Takashima [近江高島駅]. A la sortie de la gare nous sommes accueillies par l'immense statue de Gulliver et des lilliputiens. D'ici, en suivant le plan nous comptons rejoindre à pied le torii [鳥居] immergé du Shirahige-Jinja [白鬚神社], un petit temple perdu, pourtant considéré comme le sanctuaire principal de tous les sanctuaires Shirahige du Japon. La première partie se fait entre rizière, montagne et lac, plutôt bucolique et agréable, puis se poursuit par la longée de la nationale 161. certes moins sympa mais correcte, le plan exact pour s'y rendre se trouve dans la gare Avec un petit détour agréable et inattendu par un monument constitué de 48 bouddhas de pierre, l'Ukawa Shijuhattai Sekibutsugun [鵜川四十八体石仏群は]. Les uns à côté des autres, ils sont tous tournés dans la même direction et forment comme un mur de 1,6m de haut. Arrivées au Shirahige-Jinja [白鬚神社], je préfère vous prévenir si vous souhaitez vous y rendre, l'Otorii [大鳥居] se trouve dans le lac de l'autre côté de la route nationale qu'il est interdit de traverser, sécurité oblige. (alors oui... ça casse un peu son charme) Malgré plusieurs panneaux l'indiquant, de manière on ne peut plus claire, cela n'empêche pas les touristes de traverser les voies rapides pour mitrailler le monument. Pour la petite histoire, ils ont été installés en 2021 en même temps qu'une plateforme d'observation sécurisée du côté du temple, et ce, à la demande du sanctuaire, après un nombre important d'accidents de la route successifs à cet endroit... On se doute... dus aux traversées intempestives de touristes de cette route 161 plutôt fréquentée sans réelle visibilité et aux ralentissements des voitures Le reste du temple, au demeurant sympathique, est cependant vite parcouru car la construction de cet axe routier n'a pas permis un développement de construction dans les environs qui sont plutôt vides. Pour ceux et celles qui le souhaitent, l'Otorii [大鳥居] immergé est accessible par bateau (se renseigner sur les locations de canoë) et je pense que l'expérience est à tenter. En revenant nous passons par l'Otomegaike-Wa [乙女ヶ池は], un petit étang d'environ 9 hectares, traversé par des ponts-passerelles entrecroisés, au bout de notre chemin se situent les ruines de l'Omizo-Jo. Cette fois on pourra admirer des restes visibles de cet ancien château : des pierres constituants la base de sa tour principale. Le village de Takashima [高島] a une particularité agréable, surtout par canicule, il est alimenté dans son ensemble par un système de canaux qui draine l'eau de la montagne dans toutes les rues.

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Le second arrêt sur le lac Biwa se trouve à Katata-Eki [堅田駅], nous arpentons les rues pour rejoindre les rives du lac du côté de Mano-hama  [真野 浜] au Nord, en longeant un cours d'eau du même nom Mano [真野]. Celui-ci ne semble pas très pollué car la biodiversité bat son plein. Une quantité de hérons et de buses s'y massent nous faisant comprendre qu'il doit aussi avoir, par extension, une belle quantité de poissons... Nous y croisons la route de plusieurs locaux, des aménagements hydrauliques et de mini-temples avant de dénicher un petit et adorable phare nommé Dejima [出島の灯台]. Surmonté d'une échelle pour y monter : il est à la fois original et photogénique ! Puis nous continuons au travers des temples avec vue sur la "mer intérieure" (autre nom du lac Biwa [琵琶湖]) pour atteindre notre but ultime : l'Umikido [浮御堂], le superbe pavillon flottant d'un temple zen : le Mangetsu-Ji [満月寺] Mangetsu [満月] = clair de lune. L'offre visuelle de ce pavillon flottant est magique, elle a été peinte par Utagawa Hiroshige [歌川広重] (1797-1858) au début des années 1830 dans sa série d'estampe Huits vues d’Omi Ōmi hakkei  [近江八景], dans l'oeuvre Katata no Rakugan [堅田の落雁], "le retour des oies sauvages à Katata". Le lieu a aussi inspiré le poète Matsuo Basho [松尾 芭蕉] (1644-1694), dont un de ses célèbres haikus figure gravé dans une roche de l'enceinte du Mangetsu-Ji [満月寺]. Lors de notre visite du temple, le soleil commence à décliner : les reflets du ciel dans l'eau sont magnifiques. Nous profitons à la fois du spectacle, du vent agréable et du calme de ce lieu. Idéal pour un repos car peu fréquenté Pour terminer cette journée nous dénichons une autre petite surprise pour Mamagei dans un temple voisin, le Shozuidera [祥瑞寺] : une pierre en forme de cœur porte bonheur qui dépasse du sol ! Le jardin du temple y est aussi agréable, avec un bassin purificateur, le Chozuya ou Temizuya [手水舎], rempli de nénuphars et de poissons rouges. Dans la ville de Katata [堅田], nous vous conseillons aussi une autre expérience étonnante : celle de vous rendre à l'observatoire Biwako Ohashi [琵琶湖大橋 展望台]. Il se trouve sur le large pont au-dessus du lac Biwa [琵琶湖] ! Prenez de la hauteur, sentez le vent et les ondulations, croyez vous à la mer devant l'immensité du lac ! Admirez les mosaïques au sol qui signalent chaque avancée le long du pont, profitez de la vue et ouvrez les oreilles aux sons modifiés par l'acoustique de l'ouvrage.

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Sur les traces d'Osaka [大阪市] : que trouve-t-on caché sous les pavés de la modernité ?

Osaka [大阪市] est une ville active, travailleuse principalement, moderne et composite, un vrai hub tournant ; bref un pôle urbain de premier ordre au Japon ! Ce n'est d'ailleurs pas vraiment un hasard si on y trouve un aéroport... Cerise sur le gâteau c'est aussi la 3ème plus grande municipalité nippone.

Cependant, nous ne plongerons pas dans les méandres de sa modernité tout de suite... nous vous invitons plutôt à y remonter le temps (et l'espace) ! Par exemple pour atterrir dans les campagnes japonaises traditionnelles depuis Osaka, c'est très simple : rendez-vous au nord de la ville ! Un musée en plein air des vieilles fermes japonaises, situé dans un parc sympathique et agréable, vous y attend : le Hattori Ryokuchi Park [服部緑地公園]. Sur plus de 3 Ha une dizaine de maisons paysannes traditionnelles y ont été déplacées et installées pour y être conservées, présentées et admirées. Au programme : techniques de construction, mode de vie de l'époque d'Edo [江戸時代] (1603-1868) principalement ainsi que l'ère Meiji [明治時代] (1968-1912), et surtout l'adaptation des méthodes et des matériaux en fonction des climats régionaux ! Vous-vous demandez comment construire un toit pour résister au poids de la neige en altitude ? Ou comment obtenir des murs qui puissent  sécher plus rapidement lors des saisons pluvieuses ? Ne cherchez plus, vous avez la bonne adresse ! On peut aussi y voir une maison de thé et un théâtre de Kabuki [歌舞伎], une des trois formes de théâtre japonais traditionnel. D'ailleurs pour les curieux et curieuses récemment est sorti Le maitre de Kabuki, un film dédié à ce sujet !

La seconde direction pour défier le temps, en faisant un tour d'horizon complet et efficace en quatre étages, c'est le musée d'histoire de la ville de Osaka [大阪歴史博物館] : interactif et convivial. Il retrace l'histoire de la cité depuis l'ancienne capitale de l'empire Naniwa [難波 / 浪華 / 浪花] décrivant l'installation du palace brûlé puis reconstruit bien évidemment ! ^^ dont l'emplacement est encore visible depuis le musée  : actuel site du parc du palais Naniwa (site archéologique où vous pouvez aller aussi déambuler). Des fouilles archéologiques ont pu être réalisées sur cette ancien emplacement. Se basant sur les résultats des recherches, le musée propose des reconstitutions historiques : vous pourrez donc admirer une reproduction partielle du palais, des costumes de cour d'époque et des maquettes. Après la période "Antiquité" faute de mieux... très occidental d'ailleurs comme dénomination je me penche sur cette question sûrement dans un prochain article ! on passe ensuite à l'époque féodale (attention pas équivalent de la notre mais quand même situé au "Moyen-Âge") puis l'âge où Osaka devient un pôle d'échanges commerciaux très importants ! Pour cela il suffit de suivre une marionnette de Bunkaru [文楽] spectacle traditionnel japonais de l'époque d'Edo pour découvrir d'autres maquettes. Une reconstitution édifiante d'un "quartier type" à cette période et des scénographies inspirées comme au théâtre : notamment des bateaux issus de l'activité portuaire d'Osaka ou des ponts en bois chargés de passants fictifs qui "circulent" au-dessus de vos têtes. Un autre étage sur une période plus contemporaine avec l’extension cosmopolite de la ville jusqu'à aujourd'hui : vous pourrez ainsi traverser des échoppes de marché et vous penchez plus avant sur la révolution industrielle. En plus de ça un étage était dédié à la science de l'archéologie notamment comment les chercheurs et chercheuses réalisaient des fouilles : cette partie était appréciablement adaptée aux enfants et aux touristes... 

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Au niveau des temples shinto, l'incontournable et insolite à ne pas manquer c'est celui de Namba Yasaka-Jinja [難波八阪神社] ! Sa particularité ? Il semble se situer à l'intérieur de la gueule d'une énorme tête de lion, ses crocs enserrant l'autel de prière. Reconstruit après la Guerre du Pacifique, cette tête de 12x11m est plutôt impressionnante d'autant plus pour un petit sanctuaire de quartier. Des évènements festifs avaient dû avoir lieu récemment quand nous sommes passés, car sur les lieux, des fidèles s'affairaient déjà à démonter lampions et chars d'un défilé. Nous avons admiré d'habiles équilibristes, en habitués, montés sur des échafaudages, dont un, en équilibre (précaire) : un pied sur l'échafaud, l'autre sur la porte du temple ! 

Non loin de là, côté bouddhiste : nous traversons l'Ishhin-Ji [一心寺], surnommé le "temple du peuple". En passant sous l'arche métallique, nous atterrissons dans un monde brumeux  créé par l'encens qui brûle en continue. De nombreuses personnes, majoritairement des locaux sont au rendez-vous pour prier et y effectuer des rituels, nous permettant de jouer aux anthropologues de terrain. Il y a plusieurs tombes dans ce temple-cimetière, dont une appartenait à un samouraï. Cependant l'attraction principale ici, ce sont les statues de Bouddha. En effet, ces Bouddha sont spéciaux puisqu'ils sont constitués des cendres de leurs fidèles défunts et sont appelés "Okotsu Butsu" [お骨佛] (Bouddha en os). Un problème de manque de place pour le stockage des urnes, semble être à l'initiative de cette création originale d'un moine du temple. Lors de la Guerre du Pacifique les premières statues ainsi formées sont détruites, mais les restes récupérables sont rassemblés par les moines afin de réitérer le rituel avec respect. Depuis c'est devenu une tradition et le lieu de culte garde les cendres funéraires de chaque défunt pour fabriquer les nouveaux Bouddhas qui orneront le temple. Pour vous représenter plus clairement ce manque de "place" qui peut nous paraître étrange : d'après les panneaux explicatifs, chaque Bouddha est constitué d'environ 200 000 cendres, et le crématorium en collecte environ 20 000 par an (soit une statue tous les dix ans).

Dernière remontée dans le temps pour un autre temple bouddhiste, le Shi-tenno-Ji [四天王寺] un des plus vieux au Japon puisqu'il s'y tient depuis plus de 1 400 ans ! Devant le sanctuaire, les deux dieux gardiens du tonnerre et de la foudre vous accueillent en veillant sur l'entrée. Dans l'enceinte de 110 000 m² se trouve une pagode de cinq étages dans laquelle vous pouvez entrer pour admirer les petits "trésors" : des statues d'or et des amulettes. Pour cela il y a un petit passage au protocole étrange à expérimenter... En premier, il vous faudra vous déchausser, puis parcourir un escalier en colimaçon très étroit, munis de vos chaussures à la main (ou dans un sac). Ensuite vous passerez par chaque étage de la pagode au travers de pièces minuscules où les murs sont remplis de ces trésors dorés, avant d'atteindre le "clou du spectacle" : le plus haut étage ! Dernière étape enfin, redescendre par le second escalier, tout aussi étroit, toujours munis de vos chaussures pour pouvoir les renfiler à la sortie et continuer votre déambulation dans le reste du sanctuaire. C'est ce que nous faisions quand est arrivé 16h20... Et là, surprise ! Les responsables commencent à fermer... Nous sommes priées de quitter les lieux. Les japonais sont connus pour être culturellement beaucoup plus disciplinés que les français, ne nous en cachons pas... Résultat à 16h30, le vide complet s'installe et nous restons seules dans l'enceinte extérieur qui elle possède une plus grande amplitude horaire, avec pour seule compagnie celle d'une colonie de tortue qui vit dans le parc...

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Côté moderne d'Osaka /!\ Agoraphobes s'abstenir /!\ 

Si vous avez vu trop de vidéo de Fouloscopie, ou que vous êtes traumatisé.e.s des distances de sécurité de la Covid19, ou que votre "sphère sociale proxémique culturelle" (selon Edward T. Hall) est élevée  ou que vous aimez tout simplement les lieux calmes et sereins... Puis... que vous tombez sur : le doux nom de Dontonburi [道頓堀], cité comme l'ancien quartier historique le long du canal à Osaka... Je vous conseillerai en citant Gandalf : "Fuyez, pauvres fous !" La fou-le y est particulièrement grande, le moderne a remplacé l'ancien et les restaurants s'alignent le long de la rivière Tombori. Vous y découvrirez des enseignes éclatantes et amusantes ainsi que des crieurs, rivalisant pour vanter les mérites de l'une ou l'autre des différentes spécialités culinaires qui se font face. Tout un programme et une atmosphère particulière ! Le pic de circulation se situant à la nuit tombée... Beaucoup de touristes se mêlent aux locaux : tous venus y passer une bonne soirée. Si vous préférez y tenter tout de même votre chance et finissez par perdre la tête au milieu de tous ces va-et-viens, ces odeurs de cuisine qui s'échappent des divers stands de streetfood pour laquelle Osaka est fortement réputée, ces bruits ambiants et des probables spectacles "sauvages" improvisés dans ce quartier branché. Pas de panique ! Respirez un bon coup et partez dans les ruelles de traverses à la recherche du petit temple couvert de mousse qui survit encore et toujours à l'envahisseur moderne. Vous pourrez donc reprendre votre souffle au cœur de l'Hozenzi [法善寺] avant de repartir en apnée dans la cohue. Trois statues sont aspergées, enfin purifiées, d'eau à chaque passage de pèlerin, passant, croyant, ou touriste curieux, donnant lieu à une prolifération de mousse sur les trois autels et un cachet photogénique sympathique. 

Autre point, Umeda [梅田] de mon point de vue c'est un peu l'enfer de jour... même si c'est aussi paraît-il un génial et pratique quartier commerçant où on trouve tout ! Pour qui sait l'apprécier bien-sûr, demandez l'avis d'Apfelschorlette et Mamagei. Cependant ce qui m’intéresse le plus c'est sa vie nocturne et sa scène musicale improvisée ! En effet vous y trouverez ici aussi un quartier vivant où les jeunes groupes se produisent en concert sauvage : ambiance locale garantie et bain de foule aussi ;)

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

 Pourquoi je vous déconseillerai Koyasan [高野山]

Je suis partie pour Koyasan [高野山] avec dans l'idée de marcher en forêt en découvrant des temples et des lieux cachés couverts de mousse : comme un pèlerinage hors du temps, un voyage dans le voyage... mais ça ne s'est pas vraiment passé comme ça... Je retiens de positif de ce périple quatre choses. La première c'est le trajet en train : nous montons dans des convois de plus en plus petits pour finir en beauté avec un funiculaire à flanc de montagne qui plonge dans la végétation. Nous sommes passées par des paysages variés qui permettent de découvrir le Japon par sa géographie physique tout en contraste d'adaptation : de ses aménagements des vallées au plein cœur d'une forêt dense qui parait exempte d'activité humaine. La seconde c'est le lieu magique du cimetière bouddhiste l'Onkunoin [奥の院], avec sa collection impressionnante de tombes diverses et variées recouvertes de mousse ! c'est l'image que j'en avais qui propose une escapade au frais sous l'ombre des arbres avec un parcours qui donne envie de s'y perdre ; des décors qui changent des temples ordinaires. La troisième se mange ;) ce sont les spécialités culinaires de la région, proposées par la pâtisserie Nanpodo [南峰堂本舗], dans laquelle nous avons acheté un petit assortiment pour nous remettre de nos émotions. Et enfin la quatrième chose c'est que j'étais très bien accompagnée pour faire face aux évènements et garder un souvenir, inoubliable d'une certaine manière, comme le dirait si bien l'Apfelschorlette. Merci donc à mes aventurières voyageuses !

A vrai dire, si je m'étais mieux renseignée... j'aurai appris le surnom de Koyasan "Disneyland des temples" et je me serai ravisée en prenant soin de l'éviter. Les temples sont pour la majeure partie, des "Templestay", pour faire dormir les pèlerins ET surtout les touristes soyons honnêtes. Les rares temples "visitables" sont majoritairement payants et la seule manière de se déplacer dans ce village rue en ligne droite de temple zen c'est le bus (pas ou peu de trottoirs pour circuler à pied). Bref on est loin de mes temples perdus dans la montagne au fin fond des bois. Je ne m'étendrai pas plus sur le sujet et vous conseille plutôt de lire l'avis de l'Apfelschorlette sur notre séjour.

J'ai envie de conclure par une pensée (spéciale dédicace à Gally) pour tous les touristes asiatiques qui débarquent à Lourdes : ça doit leur faire le même effet ! ^^

Enjoy-it et RDV aux prochains carnets ! 

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Voir les commentaires

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

Publié le par Chokopims

Et nous revoilà parties pour des aventures estivales en terre... pas si inconnue, car nous nous rendons au Japon dans la région du Kansai [関西地方] ! où nous nous étions rendu.e.s avec Léoly pour la première fois en 2015 et que je vous ai retranscrits ici Cette fois c'est Mamagei qui m'accompagne et nous partons retrouver sur place Apfelschorlette qui était en poste à Kyoto [京都] ! (vous pouvez d'ailleurs suivre ses nouvelles aventures ici) Nous avons donc pris notre envol pour quelques jours au pays du soleil levant ! Au rendez-vous cigales, chaleurs, clochettes, daims, temples, époque médiévale, visites, thé, spécialités culinaires, etc. Bref le Japon [日本]  s'ouvre à nous ! 

Enfin... à VOUS, puisque nous VOUS le partageons sans plus tarder ! Rétrospective du 9 au 24 juillet 2023

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

 Episode 5 : Bienvenue dans le Kansai !

Nous sommes restées du 10 au 18 juillet sur Osaka [大阪] puis du 18 au 24 juillet sur Kyoto [京都] , afin de pouvoir à la fois visiter ces deux villes principales en étant sur place ainsi que de rayonner aux alentours en découvrant d'autres sites du Kansai [関西地方]. A notre arrivée à l'aéroport, nous étions attendues de pied ferme par l'Apfelschorlette qui revenait d'un séjour à Hokkaido. Et elle avait TOUT prévu ! Elle nous attendait avec nos "ICOCA" (cartes de transports indispensables au Japon qui nous serviront d'ailleurs tout notre périple), pour nous expliquer promptement tous les usages du pays avec recommandations à l'appui, tout en nous confiant nos premiers yens ! Afin de débuter parfaitement ce voyage en immersion, elle nous accompagna jusqu'à notre hôtel et nous emmena découvrir un restaurant de tempuras dans le quartier d'Umeda [梅田]. De quoi lancer l'ouverture du séjour en beauté !

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

Une journée pour découvrir Kobe [神戸]

Kobe [神戸] est surtout connue pour son bœuf de qualité réputé mondialement et pour sa tour du port, silhouette d'acier rouge, en forme de tsuzumi [鼓], un tambour japonais traditionnel représenté par une structure hyperboloïde, qui s'élance vers le ciel avec ses 108m 108 étant un nombre sacré dans la religion bouddhiste. Lors de notre visite la tour était en rénovation afin d'accueillir pour 2024 une nouvelle plateforme d'observation panoramique de la ville. Nous avions pour objectif de nous rendre sur les monts Rokko [六甲山] par le téléphérique avec vue, elle aussi panoramique, qui vaut le détour afin de gagner les hauteurs du Kobe Nunobiki Herb Gardens [神戸市立布引ハーブ園] : un jardin de plantes aromatiques et odorantes qui descend en terrasse, avec une vue magnifique sur la ville de Kobe et sa baie en contrebas. Nous y prenons un agréable bain aromatique pour les pieds avec devant nous cette vue imprenable et derrière nous la serre suspendue de diverses plantes. La visite est sympathique, à l'entrée, on tombe d'abord sur plusieurs boutiques, puis sur un parcours. Les différents types de plantes sont bien présentés et organisés au sein des jardins, des espaces aménagés pour le repos ponctuent le chemin descendant et il y a même un petit musée des essences : complet niveau olfactif. Il concentre quantité de flacons bien rangés qui s'offrent à nos nez, avec des odeurs plus ou moins agréables. C'est d'ailleurs ici que j'apprendrai que l'odeur de jasmin que nous sentons depuis notre arrivée au Japon vient du Gardénia, actuellement en fleur, qui est appelé "Jasmin du Cap", une plante originaire de l'Asie du Sud Est (Japon et Chine principalement).

Après avoir esquivé une rencontre inopinée avec une laie et ses marcassins, nous attaquons le sentier serpentant vers le réservoir d'eau potable de la ville le Nunobiki Gohonmatsu Damu [布引五本松ダム] désigné bien culturel d'importance nationale en 2006, c'est le premier barrage-poids en béton qui a été aménagé sur les cours d'eau au Japon, sa mise en service remonte à 1900. tout pile ! La digue a été renforcée pour résister aux tremblements de terre, ce qui ne peut que nous rappeler que oui, nous sommes en terres volcaniques, et oui, les séismes y sont fréquents... Ici à Kobe, c'est en 1999 qu'il a été le plus violent dépassant la magnitude de 7 sur l'échelle de Richter... Le sentier se poursuit le long du torrent, de petites cascades en chute d'eau, il est marqué en bordure de chemin par de mini sanctuaires shinto, qui sont accompagnés de leurs sets d'entretien, constitués essentiellement de petits balais puis débouche sur le "clou du spectacle", la cascade de Nunobiki-taki [布引の滝]. taki [滝] = cascade C'est une des trois chutes d'eau principale du culte shintoïste au Japon d'où la présence des sanctuaires bordant le sentier ombragé qui y mène. En réalité ce n'est pas une mais quatre cascades qui composent cette chute d'eau ! Dont une cascade "jumelle" constituée de deux filins d'eau qui coulent côte à côte et sont nommés Meoto-daki [夫婦滝] soit la cascade du couple marié. Dans cet ensemble on trouve aussi l'Ontaki [雄滝] (la cascade du mari) qui domine les autres de ses 43m de hauteur, dont la légende dit qu'elle mènerait au palais du dragon ainsi que la Men-taki [雌滝] (la cascade de la femme) avec 19m seulement. La dernière se nomme Tsutsume-daki [鼓滝] ou le fameux tsuzumi de la tour de Kobe vous l'avez sûrement noté ;) qui est le tambour traditionnel. Les noms des différentes cascades sont tous issus du fait que dans leurs totalités elles composent comme un "voile blanc sur la roche" elles ont d'ailleurs inspiré de nombreux poèmes et œuvres littéraires. 

Pour l'instant nous avions été très chanceuses, le ciel avait été couvert mais nous avions échappé à la pluie ! D'ailleurs en parlant saison des pluies, nous poursuivons notre visite par l'Ikuta-Jinja [生田神社], un sanctuaire shinto où la majorité des visiteurs sont en train de passer à l'intérieur d'un anneau d'herbe tressé. C'est le rituel du Chinowa Kuguri [茅の輪くぐり] son nom provient de Chinowa [茅の輪] "anneau/cercle fait avec des kaya" [茅] nom de la plante utilisée (miscanthus sinensis en latin) qui forme l'anneau et qui sert aussi à fabriquer les toits de chaume japonais ainsi que de Kuguri [くぐり] signifiant "passer au travers/traverser". C'est normalement un rituel de milieu d'année qui se déroule le 30 juin, afin de se purifier des six premiers mois de l'année et d'attirer la protection pour les six prochains mois. On passe plusieurs fois dans l'anneau en suivant une sorte de huit et en priant à différents points en direction du temple. Pour en savoir plus je vous conseille de lire cet article (en français) ou de visionner cette vidéo (en anglais) qui explique plus précisément le rituel.

Ensuite nous nous dirigeons vers la mini Chinatown de Kobe, la Nankin-machi [南京町], une petite enclave, présente depuis 1853, avec la réouverture du Japon au commerce extérieur. Nous la parcourons, admirant les dragons, les portes, les pavillons ainsi que les nombreuses échoppes de nourriture qui changent de la ville japonaise traditionnelle. Nous continuons notre balade, traversons la rue du marché couvert de Motomachi [元町] puis nous bifurquons vers la zone portuaire en direction de la marina sous les premières gouttes de la journée. Quand celles-ci redoublent, nous nous abritons rapidement dans le quartier Hatobacho [波止場町] au pied de la tour en travaux, pour contempler face à nous les grues du port, le terminal des bateaux de croisière, la grande roue et des poissons sautant joyeusement dans ce décor. La vue de nuit depuis cet espace est très agréable, d'ailleurs nous constatons que quelques locaux connaissent ce spot, puisque nous ne sommes pas seules à être venues passer un moment sous cet auvent aménagé de bancs. Dans le même secteur on peut admirer plusieurs statues insolites dans le parc notamment le fameux "Be Kobe" (mais pas Bryant parce que c'est déjà pris...) et une appropriée au temps de la journée « Gens du Nord » [北の人] de Futakuchi Kinichi [ 二口 金一] réalisé en 1987 qui représente deux personnages emmitouflés dans des manteaux (de pluie pour l'occasion). La pluie tombe maintenant à grand torrent, quand abritées dans les escalators couverts du grand hôtel, nous découvrons un parking à parapluie ! Déjà rencontré au musée d'Osaka, celui-ci permet de poser son parapluie avant de rentrer dans le bâtiment, en le sécurisant par un cadenas codé. C'est trempées que nous débarquons à la gare et dénichons un train express pour Osaka, afin de nous arrêter dans un café de Bubble Tea, repéré dans le quartier d'Umeda [梅田], puis regagner nos pénates après cette charmante excursion rafraichissante.

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

Pour l'instant nous avions été très chanceuses, le ciel avait été couvert mais nous avions échappé à la pluie ! D'ailleurs en parlant saison des pluies, nous poursuivons notre visite par l'Ikuta-Jinja [生田神社], un sanctuaire shinto où la majorité des visiteurs sont en train de passer à l'intérieur d'un anneau d'herbe tressé. C'est le rituel du Chinowa Kuguri [茅の輪くぐり] son nom provient de Chinowa [茅の輪] "anneau/cercle fait avec des kaya" [茅] nom de la plante utilisée (miscanthus sinensis en latin) qui forme l'anneau et qui sert aussi à fabriquer les toits de chaume japonais ainsi que de Kuguri [くぐり] signifiant "passer au travers/traverser". C'est normalement un rituel de milieu d'année qui se déroule le 30 juin, afin de se purifier des six premiers mois de l'année et d'attirer la protection pour les six prochains mois. On passe plusieurs fois dans l'anneau en suivant une sorte de huit et en priant à différents points en direction du temple. Pour en savoir plus je vous conseille de lire cet article (en français) ou de visionner cette vidéo (en anglais) qui explique plus précisément le rituel.

Ensuite nous nous dirigeons vers la mini Chinatown de Kobe, la Nankin-machi [南京町], une petite enclave, présente depuis 1853, avec la réouverture du Japon au commerce extérieur. Nous la parcourons, admirant les dragons, les portes, les pavillons ainsi que les nombreuses échoppes de nourriture qui changent de la ville japonaise traditionnelle. Nous continuons notre balade, traversons la rue du marché couvert de Motomachi [元町] puis nous bifurquons vers la zone portuaire en direction de la marina sous les premières gouttes de la journée. Quand celles-ci redoublent, nous nous abritons rapidement dans le quartier Hatobacho [波止場町] au pied de la tour en travaux, pour contempler face à nous les grues du port, le terminal des bateaux de croisière, la grande roue et des poissons sautant joyeusement dans ce décor. La vue de nuit depuis cet espace est très agréable, d'ailleurs nous constatons que quelques locaux connaissent ce spot, puisque nous ne sommes pas seules à être venues passer un moment sous cet auvent aménagé de bancs. Dans le même secteur on peut admirer plusieurs statues insolites dans le parc notamment le fameux "Be Kobe" (mais pas Bryant parce que c'est déjà pris...) et une appropriée au temps de la journée « Gens du Nord » [北の人] de Futakuchi Kinichi [ 二口 金一] réalisé en 1987 qui représente deux personnages emmitouflés dans des manteaux (de pluie pour l'occasion). La pluie tombe maintenant à grand torrent, quand abritées dans les escalators couverts du grand hôtel, nous découvrons un parking à parapluie ! Déjà rencontré au musée d'Osaka, celui-ci permet de poser son parapluie avant de rentrer dans le bâtiment, en le sécurisant par un cadenas codé. C'est trempées que nous débarquons à la gare et dénichons un train express pour Osaka, afin de nous arrêter dans un café de Bubble Tea, repéré dans le quartier d'Umeda [梅田], puis regagner nos pénates après cette charmante excursion rafraichissante.

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

Pour l'instant nous avions été très chanceuses, le ciel avait été couvert mais nous avions échappé à la pluie ! D'ailleurs en parlant saison des pluies, nous poursuivons notre visite par l'Ikuta-Jinja [生田神社], un sanctuaire shinto où la majorité des visiteurs sont en train de passer à l'intérieur d'un anneau d'herbe tressé. C'est le rituel du Chinowa Kuguri [茅の輪くぐり] son nom provient de Chinowa [茅の輪] "anneau/cercle fait avec des kaya" [茅] nom de la plante utilisée (miscanthus sinensis en latin) qui forme l'anneau et qui sert aussi à fabriquer les toits de chaume japonais ainsi que de Kuguri [くぐり] signifiant "passer au travers/traverser". C'est normalement un rituel de milieu d'année qui se déroule le 30 juin, afin de se purifier des six premiers mois de l'année et d'attirer la protection pour les six prochains mois. On passe plusieurs fois dans l'anneau en suivant une sorte de huit et en priant à différents points en direction du temple. Pour en savoir plus je vous conseille de lire cet article (en français) ou de visionner cette vidéo (en anglais) qui explique plus précisément le rituel.

Ensuite nous nous dirigeons vers la mini Chinatown de Kobe, la Nankin-machi [南京町], une petite enclave, présente depuis 1853, avec la réouverture du Japon au commerce extérieur. Nous la parcourons, admirant les dragons, les portes, les pavillons ainsi que les nombreuses échoppes de nourriture qui changent de la ville japonaise traditionnelle. Nous continuons notre balade, traversons la rue du marché couvert de Motomachi [元町] puis nous bifurquons vers la zone portuaire en direction de la marina sous les premières gouttes de la journée. Quand celles-ci redoublent, nous nous abritons rapidement dans le quartier Hatobacho [波止場町] au pied de la tour en travaux, pour contempler face à nous les grues du port, le terminal des bateaux de croisière, la grande roue et des poissons sautant joyeusement dans ce décor. La vue de nuit depuis cet espace est très agréable, d'ailleurs nous constatons que quelques locaux connaissent ce spot, puisque nous ne sommes pas seules à être venues passer un moment sous cet auvent aménagé de bancs. Dans le même secteur on peut admirer plusieurs statues insolites dans le parc notamment le fameux "Be Kobe" (mais pas Bryant parce que c'est déjà pris...) et une appropriée au temps de la journée « Gens du Nord » [北の人] de Futakuchi Kinichi [ 二口 金一] réalisé en 1987 qui représente deux personnages emmitouflés dans des manteaux (de pluie pour l'occasion). La pluie tombe maintenant à grand torrent, quand abritées dans les escalators couverts du grand hôtel, nous découvrons un parking à parapluie ! Déjà rencontré au musée d'Osaka, celui-ci permet de poser son parapluie avant de rentrer dans le bâtiment, en le sécurisant par un cadenas codé. C'est trempées que nous débarquons à la gare et dénichons un train express pour Osaka, afin de nous arrêter dans un café de Bubble Tea, repéré dans le quartier d'Umeda [梅田], puis regagner nos pénates après cette charmante excursion rafraichissante.

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

La péninsule de Kii [紀伊半島] : la côte de Wakayama [和歌山]

Wakayama [和歌山] est loin des cohues touristiques, et propose une excursion intéressante. L'objectif de la journée ? Nous diriger vers le front de mer et l'explorer. Mais tout d'abord, les Ramens [ラーメン] étant la spécialité culinaire de la région, c'est par ce repas que nous ponctuons notre déjeuner. Nous rencontrons notre seconde machine à encaisser du séjour, qui elle s'occupe aussi de passer les commandes. On ne peut s'empêcher de comparer avec les voisins coréens, qui eux payent tout par carte voir même avec leur téléphone, pourtant le Japon reste attaché aux pièces de monnaie et aux paiement en liquide. Un parallèle historique reste à chercher car c'est un peu la même chose culturellement entre la France (qui est une autre grande utilisatrice de la carte bancaire) et l'Allemagne (qui reste elle, attachée au liquide pour éviter d'être tracée, restes sociologiques de la Seconde Guerre Mondiale). Autre anecdote, concernant la monnaie japonaise, de nouvelles pièces de 500 yens (¥500) viennent d'être frappées modifiant leurs poids. Ce qui fait que nombreux distributeurs et machines d'encaissement ne les reconnaissent pas. Nous avons dû faire un change avec l'employé pour pouvoir mettre nos pièces dans l'automate.    

Nous partons de l'arrêt Shinwakaura [新和歌浦] et longeons la côte en passant par le port, marchant sur des plages de galets irréguliers mêlés de bouts de poteries polies par les vagues, admirant quelques œuvres de Street Art. Nous suivons la promenade aménagée puis la route jusqu'au village de pêcheur à flanc de montagne Saikazaki-Gyokō [雑賀崎漁港]. Le soleil nous y attend, idéalement placé pour une illumination parfaite sur le petit port chatoyant ; où les bateaux et les méduses cohabitent sans problème. Là-bas une autre attraction culturelle nous attend puisque nous atteignons le "village" en fin de journée japonaise ! Sur les coups de 17h, une mélodie résonne dans le port pour annoncer la fin des labeurs (je vous avez déjà parlé des fermetures précoces des magasins et du vide sidéral après cette heure au Japon) : le  goji no chaimu [5時のチャイム] soit ''la mélodie de cinq heures''. C'est une tradition depuis les années 60, de la diffuser quotidiennement par les hauts-parleurs d'annonces de sécurité (comme les sirènes incendies des pompiers sous nos latitudes ces hauts-parleurs servent habituellement aux alertes tsunami, séisme et autres joies liées aux catastrophes naturelles ou industrielles) dans toutes les villes et villages japonais, joignant ainsi l'utile à l'agréable. Les mélodies utilisées sont différentes suivant les régions, et les villes.

Pour le retour nous passons par les hauteurs du Mont Takatsuko [高津子山], empruntant le Shiosai no Komichi [潮騒の小径] "sentier du son des vagues". Nom poétique pour un chemin hors du temps où nous avons parfois dû écarter quelques herbes de la pampa japonaise récalcitrantes qui avaient décidées de reprendre leurs droits. Nous avons été amenées à méditer sur un Haiku affiché en bord de sentier parlant de "petites étincelles qui peuvent allumer de grand feux". Les avis étaient partagés quant-à l'interprétation de ces propos quand Mamagei s'emballait pour une vision poétique et romantique du sujet sur le thème du sentier, j'y voyais là une campagne originale de la prévention des feux de forêt. N'hésitez-pas à partager vos avis sur le sujet. Tout en haut du Takatsuko-San [高津子山] se trouve une plateforme panoramique exceptionnelle le Takatsuko-San tenbo dai [高津子山展望台]. Elle propose, après avoir monté une volée de marches, une vision à 360° avec fraîcheur assurée par une prise au vent spectaculaire ! Un fait démontré par la montre connectée de l'Apfelschorlette qui lui a indiqué, dès notre arrivée : "vous affrontez actuellement trop de décibel". Le mont Takatsuko [高津子山] a pour surnom la pieuvre car d'ici, les monts s’étalent comme des tentacules. Le chemin s'achève au bas du mont en débouchant aux alentours de l'île parc du Mitarai [御手洗池公園] située au milieu d'un lac, et un autre temple, le Tamatsushima-Jinja [玉津島神社]. D'ici on peut encore admirer une vue sur la baie et le pont Sandan-gyo [三断橋], nous longeons ensuite une partie urbaine, aménagée autour de canaux, qui ressemble à un ancien quartier historique de l'ère Edo [江戸時代] (1603-1868) remanié, pour nous rendre à la gare de Kimiidera [紀三井寺駅] du nom d'un autre temple de la ville de Wakayama [和歌山]  et regagner Osaka [大阪]. 

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

Etant donné que je me suis rendue-compte que mon article pour changer ^^ était bien chargé pour un seul et unique épisode des carnets du Japon... Je m'arrête ici pour aujourd'hui et vous donne rendez-vous dans la suite des carnets qui devraient s'avérer plus longs que prévus ! J'espère que vous êtes tous prêts et toutes prêtes à en apprendre plus !

Enjoy-it et See You soon~

Voir les commentaires

Carnet d'Italie #2 Italia settentrionale - Roadtrip (partie 2)

Publié le par Chokopims

Roadtrip alpin made in Italie du Nord : Pourtant que la montagne est belle ! (partie 2)

Parce que toutes les bonnes choses ont une fin, nous revoici à bord de Llyra pour les dernières étapes du voyage ! Merci de bien vouloir vérifier que l'air climatisé fonctionne, le plan canicule est annoncé, mais aussi que vos fameuses saintes ceintures de sécurité sont attachées, car les routes deviennent sinueuses et étroites et c'est (re)parti pour notre tour d'Italie 10 étapes en 14 jours ! Deuxième partie de la rétrospective de ce séjour à quatre roues et six mains du 16 au 30 juillet 2019

 

Étape 6 : Vicenza - Brenzone (lac de Garde) 

Lac de GardeMonte-BaldoVeronaVeronaMalcesine

Au départ de Vicenza, nous faisons étape dans la bien nommée Verona, ville romantique à souhait, après Venezia peut-être, en plein acte dramatique de Shakespeare, pour découvrir ce qui nous doit ce détour, le clou du spectacle quoi... la Casa de Giulietta, où la foule se presse pour admirer le dit balcon de Juliette et sa statue, Via Capullo. Il manque de place dans cette cour intérieure où je manque quelques respirations, pour mieux m'enfuir dans la rue adjacente. Vicenza ne m'a pas conquise, la ville est pourtant elle aussi, remplie de divers restes de l'Empire romain non-négligeables, le mur d'enceinte en tuf et briques offrant ses tons rougeâtres, la rivière la traversant nonchalamment et le Colisée notamment. Celui-ci abritant des spectacles nombreux, où les décors constituaient une attraction étonnante, exposés au grand air dans la ville, nous sommes d'ailleurs tombées sur deux immenses chevaliers, un sphinx et des temples ! Je n'ai pas été déçue de repartir vers le lac de Garde et de rejoindre un peu la verdure, le camping et les montagnes en fond, le long des plages de galets bordées d'olivier... Nous avons même eu droit à un magnifique coucher de soleil pour notre baignade dans le lac !

Le lendemain, nous avons retrouvé la civilisation et le monde rapidement, pour nous rendre au Monte Baldo, agoraphobe s'abstenir, et y prendre le funiculaire pour les hauteurs. Le belvédère magnifique et fréquenté, permet d'admirer des alpagas expatriés qui y ont élu domicile, des départs de parapentes s'élançant vers le lac depuis le sommet, et aussi de se dégourdir les jambes pour distancer les foules, si ces dites jambes ne sont pas encore en coton. Il y a notamment un spot sympathique où l'on trouve du land art éphémère : des alignements de cairns. En contre-bas, nous visitons Malcesine, petite ville vivante et animée, où l'allemand est la seconde langue vivante des populations habituées aux tourismes germanophones, restaurants et petits commerces y sont légion.

Pour le retour, les routes du lac de Garde nous avaient gardé en réserve quelques surprises, et de taille livrées avec sueurs froides... Nous avons fort heureusement survécu aux montagnes russes italiennes composées principalement de chemins mal goudronnés, de virages très serrés entre falaise et ravin, d'une largeur de route ne permettant pas de croiser d'autres automobilistes, ni même un cycliste, d'une pente de 7,5% en moyenne, peu de visibilité et de nuit tant qu'à faire parce que c'est beaucoup plus amusant... Amateurs et amatrices de rallye à sensations fortes ces routes sont faites pour vous ! Pour les autres, on vous conseille pour votre tranquillité de ne surtout pas suivre le GPS et de prendre le chemin le plus long (indiqué par les locaux) qui passe par San Zeno di Montagna si jamais vous voyagez par là.

 

Étape 7 : Brenzone - Milano

Château des SforzaStreet art dans MilanoDome de MilanChâteau des Sforza

C'est ici que Pep's regagne ses pénates allemandes, et nous laisse découvrir seules l'ambiance de la ville jeune et active de Milano. Elle contraste avec Torino qui semblait plus touristique et culturelle, presque un écrin patrimonial. Milano, elle a un charme différent, un charme de ville en activité, où les choses bougent et avancent, ou passé et présent se côtoient en harmonie. Arpenter les rues de Milano nous permet de découvrir des sculptures, du street-art et d'autres lieux branchés, montrant cette présence principale des locaux qui ont pris possession des lieux et des animations culturelles qui l'animent. C'est une de ces villes qui donne envie d'y habiter, et de fouler ses quartiers au quotidien !

En plus de l'atmosphère prenante de Milano, deux monuments nous ont particulièrement marqués :

- Le château des Sforza, imposante forteresse de brique rouge du XVème siècle, construite sur les ruines d'un premier édifice rattaché à la famille Visconti. Il fut habité jadis par les ducs de Milan et abrite aujourd'hui plusieurs musées d'art et d'archéologie notamment, entouré d'un parc agréable pour se délasser. On y croise des locaux et quelques touristes qui s'y pressent et s'y mélangent, sans que l'espace ne soit trop étroit pour accueillir tous ses visiteurs.

- La cathédrale, le Duomo di Milano, de style gothique datant de la fin du XIVème siècle et dont la place qu'elle domine, semble être une plaque tournante du dynamisme de la vie locale, elle est admirablement sculptée et s'élance, se détachant dans le ciel bleu de Milano. 

 

Étape 8 : Milano - Chamonix Sallanches

Randonnée dans la brume sur Sallanches !Artisanat d'AosteValle d'AostaTata tatatata Randonnée dans la brume sur Sallanches !

Le Val d'Aoste est une région montagneuse magnifique, dans la ville qui lui a donné son nom, nous tombons sur un salon de l'artisanat local où sont exposés de nombreuses productions en bois et osier, et notamment une de Tatà, ces petits chevaux de bois à roulette, traditionnels du Valle d'Aosta que l'on peut tirer derrière soi. Cette dernière pause italienne nous permet aussi de découvrir des restes de l'ancienne ville et des petites rues agréables avec vue imprenable sur les montagnes environnantes. Un charme certain qui donne envie de revenir !

Nous regagnons ensuite la France par une traversée du tunnel sous le Mont Blanc, avec une dernière vue sur le glacier bleuté qui le surplombe. Par cette même traversée nous mettons fin à des températures estivales... Car en effet la pluie tombe sur l'autre versant et on passe de 40 à 18°C en l'espace de quelques heures. La réservation de camping à Chamonix, se transforme en réservation d'hôtel-chalet à Sallanches... pour éviter de monter la tente sous le crachin désagréable qui persiste, empêchant de voir les montagnes environnantes. Nous partons pour deux bonnes heures de randonnée dans le brouillard, pour gagner les alpages. Une fois dénichées nos vestes de montagne et pantalons, qui jusqu'ici avaient dormi au fond de nos sacs, nous nous en équipons prestement pour démarrer l'ascension. Décidément la Montagne ça nous gagne ! ;) Ce n'est certes pas pour la vue que nous grimpons, la brume environnant nous empêchant de voir très loin devant nous, le sentier est blanc sur blanc, et c'est le son d'une petite cascade qui nous fait la repérer plus que sa réelle présence. Il nous faudra attendre 500 m de dénivelé pour dépasser enfin la brume et découvrir les alpages et la ferme où l'heure de traite vient de sonner. Nous repartons chargées d'une belle et délicieuse tome, bien méritée pour nous improviser un pique-nique à l'hôtel chalet avant de repartir le lendemain. Une belle journée malgré un temps capricieux.

 

Étape 9 : Sallanches - Mont-Dore 

Cascade de SalinsMont-DoreCascade de l'ArpenazLac des IlettesCascade de Salins

Avant de partir de Sallanches nous nous garons près du lac des Ilettes pour rejoindre à pied la cascade de l'Arpenaz, haute de ses 270 m, un large filet d'eau que nous avions repéré des alpages la veille. Son nom est issu du celtique "Ar" signifiant eau vive et "pen" tête rocheuse donnant Arpenaz. Cette cascade est issue d'un torrent de montagne qui prend sa source à plus de 1 800m d'altitude et poursuit son chemin dans la vallée, l'eau y est rafraîchissante. Nous y sommes seules et tranquilles pour l'heure, la traversons à guet et arpentons les lieux pour une petite promenade puis nous repartons vers notre dernière destination : le Mont-Dore.

Deux agréables surprises dès l'arrivée ! Primo, le camping est en plein dans les pâturages ! Secondo, la température est remontée, le temps sec, et c'est avec plaisir que nous montons la tente ! Nous enchainons sur une promenade dans les environs et visons la deuxième cascade de la journée la fameuse "Grande Cascade" de Salins où nous souhaitons pique-niquer pour cette dernière nuit de Roadtrip. Certes moins impressionnante, car de seulement 30 m de hauteur, la cascade permet une belle balade et d'admirer plusieurs sortes de plantes qui y poussent, notamment des mousses, ainsi que de passer derrière sa chute d'eau, pour une expérience très sympathique. La lumière déclinante du soleil offre des couleurs vives, à dominantes bleues, vertes et jaunes, à la nature et aux paysages très différents du massif alpin que nous venons de quitter. La pierre basaltique déploie ses meilleurs arguments pour nous convaincre de rester mais il nous faudra nous en retourner quand même car le séjour touche à sa fin...

Étape 10 : E.T. Retourne Maison - The End :)

C'est ainsi que s'achevait notre beau voyage italien, nous laissant du soleil, un  lot d'architecture, de nature et de couleurs dans les yeux ainsi qu'une envie de revenir en découvrir plus... J'espère que vous en avez profité avec nous ! Enjoy-it :D

Faune locale des cascadesBeautiful Dolomites Parapente du lac de GardeCarnet d'Italie #2 Italia settentrionale - Roadtrip (partie 2)

 

 

Voir les commentaires

Carnet d'Italie #1 Italia settentrionale - Roadtrip (partie 1)

Publié le par Chokopims

Roadtrip alpin made in Italie du Nord : Pourtant, que la montagne est belle ! (partie 1)

Été 2019, une envie d'Europe et de voyage se fait sentir... Becky et moi décidons de partir à la découverte de l'Italie du Nord en mode "Roadtrip" au volant de Llyra, ma charmante voiture qui n'en était pas à son premier ni dernier état de service pour avoir déjà fait quelques aller-retour en Allemagne qui ont récidivé !    Nous récupérons sur le parcours une amie allemande, Pep's, elle aussi prête à se joindre à l'aventure qui lui est annoncée : "randonnée dans les Alpes et découverte de la vita italiana".

Tout le monde à bord, fermez bien les portières, n'oubliez pas de boucler la Sainte ceinture de sécurité et...

C'est parti pour 10 étapes en 14 jours ! Rétrospective de ce séjour à quatre roues et six mains du 16 au 30 juillet 2019

Les Dolomites - Cinque TorriTorinoFenestrelleVenezia

 

Étape 1 : Maison - Chambéry - Le début de l'aventure alpine

Parties du Sud-Ouest notre première escale sera en France, juste avant le passage de la frontière italienne. De l'autre côté des Alpes, c'est à Chambéry que nous passons notre première nuit. Nous profitons de la fin d'après-midi pour explorer les environs du lac du Bourget, observer un héron pourpre dans la réserve ornithologique, déranger une famille de couleuvre venue elle aussi tremper ses pattes dans l'eau pour se rafraichir, admirer les restes du château de Thomas II et les kayakistes slalomant avec brio sur la Leysse. En soirée tour de la ville de Chambéry, nous n'allons pas repartir sans avoir vu le château des Ducs de Savoie, la fameuse statue des éléphants et pique-niqué avec vue sur les Bauges dans les pas de J.J.Rousseau et de son sentier tortueux  accompagnés de ses escaliers escarpés comme on les aime. Les vacances s'annoncent bien !   

 

 Étape 2 : Chambéry - Turin - Da Vinci, Architectures, Urbanisme et Musées

TorinoArmurerie de TorinoTorino

Nous passons par le tunnel de Fréjus pour arriver dans le Piémont, où nous avons prévu une halte à Fenestrelle où se trouve une forteresse à flanc de montagne. Entre 1 100 et 1 700 m d'altitude, 3 kilomètres de murailles, 3 forts, 7 redoutes, 635 m de dénivelés et 4 000 marches ! Construction débutée en 1728 sous l'égide des ducs de Savoie, à la base ne s’y érige que le fort Mutin datant du XVIIème siècle et "seulement bon à détruire" selon Vauban... Aujourd'hui une forteresse imposante qui a accueillie les régiments de chasseurs alpins. Le village en contrebas est adorable, de style médiéval avec de belles maisons de pierre, des dédales d'escaliers et des routes pavées. On poursuit le parcours pour arriver ensuite à Torino, ville d'ampleur, riches en vestiges et en palaces que nous avons beaucoup appréciée !

Par où commencer et que vous raconter succinctement de cette escale ?

- Le damier quasi-parfait de la ville est très agréable à parcourir et explorer au fil des envies, pour s'y perdre et s'y retrouver, au coin des petites ruelles, sur les grandes et les petites avenues qui mènent aux nombreuses Piazza San Giovanni avec son dôme et son campanile repérable de loin, celle de Gran Madre di Dio avec en fond le mont Capucin, celle de Castello où sont situés tous les bâtiments royaux ou encore celle de Vittorio Veneto avec son pont pour n'en citer que quatre C'est l'occasion de passer en revue toute la structure urbaine de la ville, et d'admirer les chef d’œuvre d'architecture notamment les portes Palatines (les plus anciennes de la ville), le Palazzo Madama et celui du Castello, la Basilica di Santa Maria Ausiliatrice, la Chapelle du St Suaire sûrement un faux...

- Visite du palais royal entre-autre ses salles aménagées, il y a d'autres musées intégrés, celui d'archéologie et de Sabauda où se trouvent une peinture d'Il Tintoretto avec des expositions permanentes et une temporaire c'est là que nous avons eu la bonne surprise de tomber sur une exposition dédiée à Léonard Da Vinci et son autoportrait rarement sorti, ainsi que l'armurerie bien remplie, l'ancienne bibliothèque avec des portes ouvragées de faux-livres en trompe-l’œil, et une expérience oculus de reconstitution du Duomo di San Giovanni Battista bien réalisée avant sa visite réelle.

- Vue sur la ville depuis le Monte dei Cappuccini, quartier Sud - Borgo Po, sur l'esplanade devant l'église Santa Maria, construite fin XVIème siècle et dédiée à l'ordre des frères mineurs des capucins, aujourd'hui musée des arts anciens de Turin.

- Une ballade le long du Pô est de vigueur en toute saison, avec visite du bourg médiéval type du XVème siècle, entièrement reconstitué au XIXème siècle pour une exposition générale. Il est situé dans le Parco del Valentino, au Sud-Est de la ville qui offre un havre de verdure sur 42 Ha. On y trouve aussi un petit jardin botanique rocailleux et une belle fontaine des 12 mois, très rafraichissante.

 

Étape 3 : Turin - Mennaggio (lac de Côme) - Ambiance idyllique, le rêve italien

 Hauteurs de MennaggioCômeMenaggioCascade Tobi

C'est dans la charmante petite ville de Como (alias Côme) que nous récupérons Pep's, tout droit arrivée de Essen, l'ambiance fait très Porco Rosso de Miyazaki, on y observe de nombreux hydravions, un port de pêche, une jetée qui s'avance dans le lac, et des locaux mêlés aux touristes. A l'intérieur du village, qui se trouve à l’extrémité Sud du lac, se situent quelques églises et bâtisses intéressantes architecturalement. Du côté est, s’alignent les nuées de villas réputées, du côté ouest se découpe le début de notre route pour Mennaggio, qui longe le grand lac. 

L'auberge de jeunesse dans laquelle nous logeons est très accueillante et chaleureuse, le village de Mennaggio aussi, petit port de plaisance, avec rives aménagées, nous tombons en soirée sur de beaux reflets dans les eaux ainsi qu'un marché nocturne animé, avec concert. Le lever de soleil sur le lac s'admire lui directement à la fenêtre et sur la terrasse commune ! Nous prononçons enfin nos premiers mots d'italiens du séjour, heureuses de pouvoir nous renseigner dans la langue des peintres de la Renaissance. Bon pour cette étape, nous avons prévu moins culturel et plus sportif cependant : c'est randonnée !

La première à Monte di Brescia avec vue sur les lacs de Como et Lugano, plusieurs variantes s'offrent à nous après le refuge dont une vers le Monte Grona, nous optons pour Pizzo Coppa, 1 400m d'altitude et beaux paysages. Du coup on ne vous le cache pas, mais il y a du dénivelé ;) attention donc pour le parking voiture (et vous même) la pente est raide...  

La seconde au départ de Piamuro, à conseiller en cas de plan canicule, qui suit le val Sanagra, avec sentier ombragé agréable. Un peu de dénivelé (mais moins que pour la première), avec passage de villages typiques, comme Cardano, d'un belvédère, des ruines d'un ancien moulin près de la cascade Tobi. Ici place à l'exploration et la baignade, en fonction de l'envie de chacune. En effet faune, flore et roches y sont très facilement observables. 

 

Étape 4 : Mennaggio - Belluno - Paysages plein la vue et kilomètres plein les pieds ! 

DolomitesLe refuge !Le paradis des Dolomites

Selon moi, la plus belle partie du voyage en voiture dans les Alpes, point de départ de cette petite histoire de nuages au départ de Mennaggio nous longeons le lac de Côme, suivons la rivière de l'Adda et nous retrouvons en pleins alpages, villages et vignobles à flanc de montagne autour de Sondrio. Nous bifurquons ensuite vers Edolo et la vallée de l'Oglio, la région de Trentino, très impressionnante et tout en hauteur, on arrive autour de 3 000m d'altitude et du plus haut domaine skiable. Nous y admirons torrents, lacs, citadelles, nuages égarés entre deux cols, dans la vallée du Torrente Noce et faisons escale à Cles près du château du même nom dominant la vallée et le lac avant de reprendre le chemin des Dolomites, au départ de Belluno. 

A Belluno nous avons eu aussi deux accueils parfaits, dont un à quatre pattes qui a particulièrement apprécié les tongs de Pep's, et vous vous en doutez par là-bas, nous avions prévu bien entendu de faire... du tricot ! De la marche en effet... ^^ L'histoire de l'escale avec refuge au cœur des Dolomites est devenu un classique entre nous. Le concept ? Une superbe randonnée de deux jours avec nuit au refuge du lac, au sommet. Parfait non ? Sauf qu'on a commencé par se garer dans la vallée précédente et que l'ascension a donc été plus conséquente que prévue... avec du dénivelé négatif et positif dans des éboulis, une chaleur caniculaire, du stress pour arriver avant la nuit et des sacs de 8 kilos sur le dos... Depuis je relativise beaucoup plus remarquez ! On vous le conseille cependant parce que non seulement la vue en vaut le coup, mais le domaine des Dolomites et notamment le Cinque Torri en bas duquel nous sommes parties, en plus d'être un ancien front avec l'Autriche lors de la Première Guerre Mondiale est éblouissant.        

 

Étape 5 : Belluno - Vicenza - Au fil des canaux de Venezia

Biennale de VeniseLes canauxArsenal de VeniseVenezia

C'est sous l’œil vigilant et aiguisé de Becky que nous avons arpenté la belle ville de Venezia. Nous avions pris le train depuis Vicenza, et à peine sorties de la gare, voilà qu'elle nous munissait, sans plus tarder, d'un plan et de trois tickets pour le Vaporetto. Elle n'a cependant pas eu besoin d'agiter de petit drapeau pour que Pep's et moi lui emboitions le pas. Dans les dédales de ruelles c'est elle qui nous mena hors des sentiers battus et de la cohue touristique, rendant agréable, ce que je m'attendais à vivre comme un enfer... De Venezia, je retiens surtout :

- La Piazzetta San Marco, condensant deux magnifiques monuments. Les marbres colorés du dôme de la basilique Saint-Marc, que j'ai admiré un bon moment, et le Palazzo Ducale ou palais des doges agrémenté de ses nombreuses arches style gothique-renaissance

- Les enchevêtrements de ponts, de canaux et de bâtiments penchés sans égaler la tour de Pise, ainsi que le passage sous le Rialto en Vaporetto comme une traversée obligatoire d'une porte secrète pour entrer dans les lieux, donnant son charme et son ambiance à Venise

- L'architecture byzantine de l'Arsenal, datant de 1104, bordée de ses deux tours, tout à la fois base maritime militaire et chantier naval

- La biennale de Venise qui s'exposait à tous les curieux sous la forme de diverses sculptures dans des jardins publics plus ou moins dédiés

- Et en vrac : les lumières déclinantes du soir avec vue sur Santa Lucia, le nouveau chapeau canotier de Becky et une délicieuse glace goût citron-basilic...  

 

Fin de la première partie - Rendez-vous très bientôt pour les cinq dernières étapes !

 

 

Voir les commentaires

Escapade d'un jour en Dordogne... #2

Publié le par Chokopims

Virée dans les jardins d'eau de Carsac-Aillac

Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2

Ah la Dordogne ! De beaux villages pittoresques de pierres calcaires blanches et ocre, une histoire qui nous permet de nous intéresser de près à la Préhistoire et au Moyen-Age, des spécialités alléchantes, ... Et quand arrivent les beaux jours, en plus des bastides médiévales on peut pénétrer dans les parcs et jardins, dont quelques uns sont classés et se laisser guider au grès des envies.

En cette période de l'année, autour de juin et pendant l'été je vous conseille un endroit paradisiaque pour qui s’intéresse aux plantes aquatiques et à l'Asie aussi ;) : les jardins d'eau de Carsac-Aillac qui présentent de beaux spécimens de Nymphéas (nénuphars) et de Lotus ! :) Ce sont des bassins aménagés sur 3 Ha environ avec plus de 85 espèces de lotus et nymphéas présentes.

Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2

On y pénètre par un beau labyrinthe aquatique de passerelles en bois posées sur l'eau des bassins, arrosé en son centre par des fontaines, et fortement agréable par temps caniculaire ! On peut y admirer entre-autre, des carpes, des grenouilles mais aussi et surtout de grandes variétés de nénuphars bien entendu. Il y a d'autres bassins aménagés dans d'autres styles, une petite bambouseraie, un ruisseau artificiel qui fait penser à un torrent de montagne mais aussi un étang agrémenté d'un pont japonais qui donne lieu à de belles photos. On se croirait presque dans un tableau de Monet. Dans le même style on retrouve à l'entrée les bassins de carpes koï qui sont très zen et colorés. A côté, les serres proposent des espèces plus tropicales contenant le nymphea géant et de nombreuses laitues et jacinthes d'eau.

Bref un immanquable que j'apprécie de faire, car un jardin est différent à chaque visite. En plus de s'y promener on peut y acheter des plants pour son propre jardin d'agrément, et on y trouve aussi une banque de graines. Pour en savoir plus c'est par ici sur le site officiel !!  

Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2

Voir les commentaires

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

Publié le par Chokopims

Ah, Maulévrier ! Ce parc japonisant dont j’avais tant et tant entendu parler et où je souhaitais me rendre depuis un bon moment ! M’y voilà enfin, c'était en octobre 2020, je vous ai ressorti quelques photos pour l'occasion !

 

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

 

Le parc oriental de Maulévrier est constitué de 12 hectares de propriétés sur les 29 que comptent la propriété du château auquel il est rattaché qui n'ont été aménagés en espace japonisant qu'à la toute fin du XIXème siècle après le rachat du château Colbert par la famille Bergère. On y compte plus de 400 espèces différentes et des aménagements de végétation variés.

 

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

 

Ce jour là, le jardin s’était paré des premières couleurs de l’automne. J'ai pu y voir les fameuses torii portes de temple japonais et l'adorable petit pont rouge, sur deux îles artificielles nommées îles du paradis, ou îles des êtres immortels, l'île de la grue et l'île de la tortue. Ces noms représentent le principe d'harmonie des opposés, celle du yin et du yang. L'étang sur lequel elles sont situées est au centre du jardin et il prend une place importante dans l'aménagement de celui-ci. Il y a par exemple un barrage qui donne lieu à des petites cascades, et un embarcadère près d'une corne d'or. La végétation s'y reflète très bien, on a même droit à des jeux de lumières colorés au fil de la visite, le chemin principal tournant autour de cet étang. De plus, fait étonnant, les jardiniers font parfois le travail d'entretien, notamment la coupe des arbustes, en bateau ce qui donne lieu à des démonstrations de formation et de taille d'arbre dépaysantes dans le style oriental ils ont été formés dans cet art.

 

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

 

Encore dans le style japonais vous pourrez trouver, dans le désordre, dans le parc de Maulévrier, plusieurs pagodes stylisées, le pavillon de thé, une collection de bonsaï conséquente et intéressante, le petit jardin de bambou avec différentes fontaines aménagées, les non moins fameuses lanternes qui ornent les jardins avec les différents types décrits sur des panneaux explicatifs, et une exposition photo qui met en parallèle des photos du Japon avec celles du parc oriental. Voyage garanti :)

On peut y ajouter un autre élément incongru qui vaut le coup d’œil, au milieu de ce jardin de style oriental, japonais certes mais pas que, nous trouvons les statues de lions de pierre khmer,et le pavillon du Cambodge de même genre. Ils se trouvaient à l'origine à l'exposition universelle de Paris de 1900 et ont été élaborées par Alexandre Marcel avant de se retrouver installés ici.

 

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

 

Bref tout y était : journée réussie ! Et pour en savoir plus c'est par ici : site officiel. Enjoy-it !

 

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

Voir les commentaires

Carnet du Japon #4 Derniers jours au Japon

Publié le par Chokopims

Episode 4 : Suite et fin du séjour à Kyoto (Japon 2015)

Tâche ardue que de résumer ces carnets de voyage 8 ans après, en essayant d'être à la fois fidèle aux souvenirs, annotations et remarques de ce moi du passé qui jour après jour, gratta des pages de papiers, tout en revoyant et corrigeant la copie avec le moi du présent... après des changements évidents que le Japon, le Monde et moi avons vécu dans ce laps de temps. Pour ce dernier carnet édition Kyoto 2015, je voulais revenir cette fois sur de belles journées d'excursions où j'avais envie de m'attarder un peu plus pour différentes raisons. Ce dernier volet est publié au retour de mon second voyage au Japon qui m'a conduit à de nouvelles aventures, de nouveaux carnets que je vous partagerai à coup sûr ! et pas dans huit ans j'espère... C'est donc (re)parti pour la dernière ligne droite de ce premier tour !  du 10 juillet au 31 juillet 2015 

Nara capitale des daims !Vue sur le Wakakusayamatoro couverts de mousseLes daims de NaraTemple de Kasuga TaishaJardin japonais de Nara

Nara [奈良市], la ville des daims en liberté

Nara est un des lieux historiques par excellence à visiter, et elle aussi, est une ancienne capitale ! C'est d'ailleurs LA première capitale fixe du Japon de 710 à 794, juste avant Kyoto et l'ère Heian [平安時代, Heian jidai]  de 794 à 1185.  En arrivant là-bas vous tomberez à coup sûr, comme nous, sur Kofukuji [興福寺] une pagode de 5 étages (la deuxième la plus grande du Japon me souffle-t-on dans l'oreillette) ainsi qu'une population importante de lanternes et de daim en liberté, plus de 1 300 pour ces  derniers et le double pour les petites lanternes de pierre. Euh... 3 000 lanternes ? Oui, oui, oui... Le Kasuga taisha [春日大社] c'est le Fushimi Inari [伏見稲荷大社] du coin où les torii [鳥居] sont remplacées par des lanternes, les tōrō [灯籠] importées de chine signifiant « panier à lumière, phare » dont certaines sont recouvertes en grande partie de mousse qui leur donnent un charme certain. Et pourquoi autant de daim ? Me direz-vous. Tout simplement, parce qu'ils sont sacrés. D'après la légende, ils seraient des messagers envoyés des divinités protectrices du temple de Katsuga Taisha  [春日大社] (une statue de daim porteur du message divin, rouleau dans la bouche à l'appui, est même devant une des entrées du temple). 13 millions de touristes se pressent chaque année pour les admirer, et des stands de krakers "spécial daim" sont en poste à chaque coin du parc à cet effet. La coutume est de leur donner à manger après une courte révérence : une inclination de leur tête gracieuse ornée de beaux bois ou encore... un coup de tête cornu si vous vous faites trop prier... Non mais ! Du coup les daims sont devenus super méga gourmands et vous poursuivent pour tout - et littéralement TOUT - manger ! Y compris des papiers, prospectus, plastiques et autres objets non recommandés pour leur survie... Attachantes certes mais vite envahissantes. Il y a aussi entre autre, l'impressionnante porte de Nandaimon [南大門] du Todaiji [東大寺] grand temple de l'est, qui donne à voir le bouddha imposant qu'il abrite, le Shin Yakushiji [新薬師寺] connu pour ses 12 statues des généraux célestes, la colline verdoyante de Wakakusayama [若草山] point culminant autour de 340m et le sanctuaire de Kasuga Wakamiya [春日若宮神社] dont le Onmatsuri est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. 

Si vous souhaitez plus d'expérience à Nara, vous pouvez aller vous perdre en direction de la forêt primitive de Kasugayama [春日山原始林], une zone protégée pour la faune et la flore (équivalente de Natura 2000) depuis plusieurs décennies qui est vierge de la présence humaine (enfin ça c'est le prospectus de publicité qui le dit). Ou bien visiter le Yoshikien [吉城園] (gratuit pour les touristes) constitué de plusieurs jardins japonais où se trouvent une maison de thé, un observatoire, un petit étang avec pont et lanterne, des variétés de mousses différentes formant de généreux tapis, un petit coin fleuri dédié aux cérémonies du thé. Si comme nous, vous cherchez les ruines du château de Tamonjo [多聞城], nous vous épargnons des heures de déambulation inutiles : le concept de ruine en Asie est tout autre (voir Carnets de Corée #7). Il ne s'agit tout simplement que de l'ancien emplacement du château, et des "ruines" il ne reste pas un morceau de bois, pas une pierre, pas un panneau explicatif... Ah moins que vous ne vous vous rendiez au musée pour y voir les anciens plans et représentations de celui-ci, vous n'observerez sur les lieux, qu'un lycée japonais tout à fait ordinaire.    

En route pour BiwakoLac BiwaPlage du lac BiwaVue sur les montagnes autour du lac

Une après-midi de chercheuse au Lac Biwa [琵琶湖]

Je suis sûre que ça vous manquait et que vous l'attendiez ! Alors je passe de suite en mode géographe des plages ! D'abord commençons par quelques nombres... Le lac Biwa-ko [琵琶湖], aussi appelé mer intérieure, est une vaste étendue d'eau douce qui possède une  superficie de 670,33 km2 pour vous donner un ordre d'idée, il est plus grand que le lac de Constance, ou le lac Léman et cela se voit même... Après vérification, il l'est d'environ 100 km2 (superficie totale de 536 km2 pour le lac de Constance et 580 km2 pour le lac Léman, respectivement les 3ème et 2ème plus grands lacs d'Europe). C'est un des plus vieux lacs du monde puisque son origine remonte il y a 4 millions d'années. Son nom Biwa [琵琶] est tiré d'un instrument de musique chinois, une sorte de luth, dont il a la forme.

En prenant le train depuis Kyoto, le trajet longe une bonne partie du lac et nombres de rizières verdoyantes, bordées de maisons aux toits de tuiles bleues, les couleurs sont engageantes, surtout en cette période estivale. Lors de la descente, à la station Omi Maiko [近江舞子駅], impossible de se tromper quant à la direction de la plage, il suffit de suivre les locaux qui ont déjà gonflé, en habitués, leurs bouées dans le train. Dès notre arrivée, nous constatons que c'est un espace propice aux loisirs, et notamment le siège du jet-ski ! La zone de baignade est délimitée par des bouées, mais nous constaterons très vite que nous avons, et largement, pied ! Et ce tout du long. Cette corde servant, si vous voulez mon avis, principalement à nous protéger des fameux jet-skis quelques peu cascadeurs. La plage est géographiquement parlant un amas de petits cailloux mixés de sables grossiers et irréguliers, blotti sous de vieux pins. Anthropologiquement parlant, un amas de ballons et de bouées les unes plus énormes que les autres, aux couleurs flashies, étalant des formes de fruits majoritairement, avec une prédilection visible pour les pastèques et les ananas. Les autochtones peuvent se changer dans des cabines, s'ils ne se baignent pas complètement habillés, pour arborer des maillots de bains assortis aux bouées, aux vertus plus décoratives qu'utiles. En effet les baigneurs sont rares et suréquipés de gilets de sauvetage ou de leurs bouées énormes, les nageurs aux abonnés absents, et la consigne de sécurité solaire très respectée. En effet, ils se baignent tout habillé à la fois pour se protéger du soleil, de ses UV considérés comme très nocifs mais aussi pour empêcher leurs peaux de bronzer (petite aparté, c'est un critère de beauté à l'occidentale que le bronzage à l'heure actuelle qui s'oppose à la mode orientale qui est elle de garder la peau blanche. Cela mériterait tout un article peut-être ! Le bronzage en Europe, il n'y a pas si longtemps que ça, était aussi très mal vu, cela faisait paysan, travailleur extérieur et donc pauvres hères... Les dames de la cour préféraient largement avoir la peau laiteuse, elles aussi... Comme les japonais ! Il est curieux que de nos jours au contraire en occident c'est plus couru d'être bien bronzé, signe d'avoir profité de ses vacances alors que les nippons recherchent l'inverse ! Il y a matière à discussion !). La plage du lac est fortement propice aux rencontres d'amis autour de "barbecue party", nous n'avons pas bien compris si les deux messieurs en uniformes bleus qui déambulaient en distribuant des petits papiers aux différents emplacements de barbecue géraient la location ou l'ordre public, toujours est-il que l'ambiance était bonne, les enceintes diffusant une musique variée aux airs de vacances et les pastèques éclatées [スイカ - すいか prononcé suika] faisaient légion accompagnées nous supposons de beaux feux d'artifices [花火 - はなび prononcé hanabi] en fin de soirée comme lors des festivals estivaux que nous pouvons admirer dans les film, séries et animés.

Carnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au Japon

Petit interlude interculturel sur la sécurité routière au Japon.

La ceinture est-elle obligatoire ? A vrai dire, cette question m'a tellement préoccupée pendant notre séjour que j'ai même écrit une page entière à ce sujet dans mon journal de bord du 25 juillet 2015. Pourquoi et comment cela m'est venu ? En cherchant les mausolées de Momoyama, un secourable habitant monté dans sa camionnette nous avait déposé gentiment devant l'entrée du parc (vous vous en souvenez sûrement). Or, à peine assise j'avais eu bien du mal à chercher totalement vainement la ceinture dont la fameuse camionnette était dépourvue...

Plus tard dans le séjour, notre adorable famille d'accueil, en route pour le restaurant de sushi avec plateaux tournants, nous avait aussi "chargé.e.s" à l'arrière avec leurs deux enfants qui chahutaient insouciants sans ceinture aucune, me laissant perplexe quant-à la marche à suivre. Le contraste était d'autant plus frappant qu'à notre escale en Corée du Sud, le bus touristique que nous avions pris était équipé de ceinture que le guide se faisait un devoir de vérifier à chaque arrêt et que, de plus, la loi équipant de même nos bus français d'un concept identique venait d'être votée... Curieuse, je me suis renseignée dès notre retour, en découvrant que l'obligation du port de la ceinture à l'arrière au Japon ne datait que de 2008 (soit 7 ans auparavant) rappelons qu'en France c'est en 1990 que cela fut promulgué (et 1973 pour l'avant du véhicule). Étonnamment en Corée du Sud, c'est dès 1990 aussi, mais cela ne fut le cas que pour les voies rapides et autoroutes. Il fallut attendre 2018 (3 ans après notre séjour) pour qu'elle soit élargie à toutes les routes.

J'ai d'ailleurs trouvé un article appuyé de schémas (datant de mars 2023) sur ce sujet, environ 43% seulement des japonais respectent cette obligation du port de la ceinture de sécurité aujourd'hui. Pour en savoir plus c'est par ici ! Comme quoi il n'y a pas que moi que ça a interrogé...

Remarque : D'après une autre source sûre, une certaine Mamagei, la ceinture de sécurité serait une obsession particulière de l'Utopimste, qui vérifie compulsivement à chaque montée dans un transport qui en est pourvu, que tout l'équipage s'en soit bien muni. A croire qu'elle prêche pour la Sainte Ceinture de Sécurité... Si toi aussi tu fais partie de la secte fais moi signe !   

Ceci était un message du Ministre des transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière

Reconstitution d'une rue à la ToeiDoremi et CieStudio Toei bains publicsEntrée des studios

Silence ça tourne ! Une journée à la Toei Animation Co.

C'est le temps d'une journée que nous nous sommes glissé.e.s dans la peau d'un.e ninja (Léoly) et d'une samouraï (l'Utopim'ste) pour partir à l'aventure des studios de films japonais avec un nom à rallonge que je ne vous citerez qu'une fois pour vous épargner... 東映アニメーション株式会社, Tōei Animēshon kabushiki gaisha  ! 

Et nous n'avons pas été déçues ! Quasiment tous les films nippons sortent de ce studio (l'équivalent des studios Hollywood en Amérique) sans compter la partie dédiée à la seule Toei Animation... Cela vous dit quelque chose ? Forcément ! Miyazaki et Takahata y ont fait leurs débuts, je vous en avais parlé dans un lointain article intitulé Dans l'ombre de Miyazaki. de plus la Toei  Animation c'est (entre autre) des animés comme Doremi, St Seiya, Albator, Goldorak, Sailor Moon (pour les classiques) et plus récemment One Piece (oui oui celui qui vient d'être adapté en live action sur Netflix) ! Ici, nous déambulons dans des reconstitutions de rues d'époque (ère Meiji et Edo), nous passons dans un quartier des geishas [芸者] et maikos [舞妓], tombons nez à nez avec une exposition d'estampes, dédié à Hokusai [葛飾 北斎] et à sa vague et nous parcourons les nombreuses archives des studios. Chaque salle est plus ou moins dédiée, on compte celle des mini ninjas, une école des monstres, le hall des super-héros (qui retrace l'évolution des personnages de type "Power Rangers" "Bioman" des débuts à nos jours), une de jeux vidéos, une à la période des samouraïs avec Sanada [真田幸村], Hideyoshi [豊臣秀吉] et compagnie mais aussi des bâtiments spécifiques dont une maison hantée et une maison de ninja (avec des passages secrets pour sortir des pièces type escape game)  et j'en oublie encore ! En extérieur nous apercevons un monstre qui sort du lac (non ce n'est pas le Loch Ness), un volcan qui s'éveille et de nombreux spectacles de rues. Notamment un sur les kappas [河童] petits monstres des rivières du folklore japonais, intitulé sobrement Water Splash, on vous laisse deviner le contenu et un autre sur l'histoire d'Hideyoshi et de Sanada à l'intérieur du grand théâtre, mettant en scène des combats et des cascades de samouraïs en costumes. Dans un autre bâtiment, une  marchande ambulante (ancêtre du Rakugo [落語] dont je vous avais déjà parlé) utilise une sorte de natte de bambou, lui faisant prendre des formes pour illustrer et soutenir son récit, plus loin, nous sont expliqués tous les dessous d'un spectacle pour voir comment orchestrer un film, entre autre "trucs" de réalisation, chorégraphie des combats, décors, mise en place des saisons, ... Et bien entendu une réplique des quartiers du Shinsengumi [新選組], ces samouraïs qui étaient chargés de protéger Kyoto à la fin du shogunat de Tokugawa (fin du 19ème siècle), une époque bien connu de tous les fans de films et d'animés de samouraï, car la plus propice aux intrigues (Kenshin le Vagabond et Gintama en tête).

SekizanzeninTakaragaikeTemple dans le quartier de KokusaikaikanSinge protecteur du palaisICC KyotoManshuin

Au hasard des terminus de métro : découvrir les environs du Kokusaikaikan [国際会館駅]

Il est intéressant de découvrir une ville au hasard des chemins, ce jour là c'est ce que l'on fit. Nous choisîmes comme point de chute le terminus du métro "Kokusaikaikan" [国際会館駅] qui promettait (selon la carte) de la verdure et le tour d'un lac. Et en effet, nous avions atterri aux abords du parc Takaragaike [宝ヶ池] qui s'étendait autour d'une grande réserve d'eau portant le même nom, un ancien lac d'irrigation datant du XVIIIème siècle. Cet espace offrait une vue sur les monts environnants ainsi que sur le centre des conférences internationales : le ICC Kyoto [国立京都国際会館, Kokuritsu Kyōto Kokusaikaikan ], un bâtiment gracieux à l'architecture intéressante. Nous avions surpris des daims sauvages sortant des bois et croisé des coureurs faisant leur jogging ainsi qu'une adorable fanfare d'enfants s'entrainant.  A l'heure du service nous avions écouté la litanie d'un moine dans le temple de Sekizanzenin [赤山禅院], pour découvrir que nous étions pile sur la fameuse colline située au Nord-Ouest du palais impérial... Et alors me direz vous ? Eh bien nous avions pénétré au cœur du temple protégeant la cité et la résidence impériale de la direction malchanceuse, la preuve en était le Saru [猿] (singe) qui trônait en haut du temple. Puis, ce fut à Manshuin [曼殊院] que nous arrêtâmes de nouveau nos pas, devant une reconstitution passionnante des cuisines (tout à fait subjectif comme remarque je suis entièrement d'accord) ! Un alignement de petites marmites encastrées dans un plan de travail (récipient / cuves) assorties de leurs petits couvercles, plus loin la place pour l’âtre ou plutôt un trou dans le sol pierreux et toute une collection de plateaux de service. Ce calme et serein temple bouddhiste, à l'écart des cohues touristiques, abrite de nombreuses reliques et des vastes jardins aménagés tout aussi calmes et reposants, dont de petits jardins d'intérieurs très organisés et soignés. Dans ce même bâtiment, nous (re)découvrîmes l'artiste Kano Morinobu [狩野 探幽] qui avait peint la salle des tigres du Nijojo au détour d'une anecdote amusante du guide. En effet n'ayant jamais vu de tigres en vrai à l'époque, les artistes peignaient d'après leurs observations des pelisses rapportées de Chine. Seulement, n'ayant aucune connaissance à ce sujet, ils pensaient que seule les tigresses étaient rayées et que les pelisses de léopards étaient celles des tigres mâles. A l'intérieur des bâtiments vous pourrez admirer (en plus de la salle des tigres de l'anecdote) un concentré de peintures d'époques qui y sont bien conservées.

 Carnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au Japon

J'aurais encore tellement de choses à vous dire sur ce voyage, les japonais, le Japon, la culture japonaise, et les différences d'avec l'occident. Cependant il faut en garder aussi pour la prochaine fois ! C'est donc ici que se termine un voyage, et où commence un nouveau...

<< ENJOY IT !! >>

Voir les commentaires

Carnet du Japon #3 Les mille et un temples de Kyoto

Publié le par Chokopims

Episode 3 : Au cœur de Kyoto, culture, histoire et vie quotidienne

Nous allons maintenant vous conter des histoires de temples, de sanctuaires, de châteaux et de quartiers perdus ou non de Kyoto... Vous l'attendiez et le voici ! Nous débutons le troisième volet consacré à cette ville dans les règles de l'art d'une reconstitution de séjour. Partons dans les dédales d'une ancienne capitale, sur les traces de la culture et de l'histoire nippone pour en découvrir encore et toujours plus !

C'est reparti pour un tour !  du 10 juillet au 31 juillet 2015

Kiyomizu dera - don't jump !Nijojo vue de l'extérieurKenninji dieux du tonnerre et du vent paraventquartier d'Arashiyama

Pour commencer cette nouvelle journée, reprenons le cours de notre plongée historique. Dans les carnets du Japon #2, je vous parlais de la période du Shogunat des Tokugawa, qui commençait après la bataille de Sekigahara; eh bien, la majeure partie des châteaux au Japon dont Himeji [姫路市城], le plus connu et celui de Momoyama [伏見城] dont nous avons déjà parlé sont des "restes" de cette époque. Les châteaux appartenaient à de grandes familles de seigneurs de guerre (daimyo) dont dépendaient les armées de samouraïs. A Kyoto, on trouve même le palais du Shogun de l'ère d'Edo (江戸時代, Edo jidai), le chef de file de tous ces seigneurs qui prit en charge les rênes du pays à la place de l'empereur durant cette longue période. C'est un incontournable de la ville : j'ai nommé... le Nijo-jo [二条城]. Les travaux commencent en 1603, lancés par Tokugawa Ieyasu lui même, premier Shogun de sa lignée, au tout début de la nouvelle ère qu'il créé et s'annonce sous le signe de la paix. Il faut attendre 23 ans plus tard, pour que son petit fils Tokugawa Iemitsu [徳川 家光] (1604-1651) l'achève le château hein pas le Shogun... en lui ajoutant une pagode (sorte de donjon) de cinq étages. Afin de le défendre au mieux, même s'il ne sera jamais attaqué bien évidemment, nous sommes tout juste sortis des royaumes combattants et du dernier conflit de Sekigahara, rappelons nous, le château est divisé en trois espaces différents. En partant du centre, nous trouvons en premier le Honmaru [本丸] (le cercle de défense principal) percé de deux portes seulement, puis le Ninomaru [二の丸] (le cercle de défense secondaire) possédant lui trois portes (nord, est et ouest) et enfin les jardins entourés par des murailles, larges et hauts murs composés de pierres immenses et des douves remplies d'eau. Si les termes techniques nous semblent familiers, l'architecture y est très typique orientale et n'a rien à voir avec la vision occidentale d'un château fort. Passons la magnifique porte de style chinois, Karamon [唐門], comme son nom l'indique (Kara [唐] = chinois - Mon [門] = porte), qui permet de pénétrer le second cercle défensif. Nous évoluons ensuite au cœur des bâtiments, et rejoignons le palais Ninomaru [二の丸], célèbre pour son parquet "rossignol", qui chante sous le poids des visiteurs, permettant d'alerter les habitants de l'arrivée d'un ennemi potentiel. En parcourant les salles recouvertes de tatamis, nous découvrons les différentes peintures décoratives d'époque, très codifiées. Certains motifs sont exclusivement réservés aux rangs de la noblesse, comme les ornements de cerisiers et d'autres aux féaux du seigneurs comme les pins par exemple. La salle de réception est dotée d'une forme très particulière, le Shogun se trouvant surélevé par rapport aux autres invités, afin de marquer son rang, est également placé sous un plafond rehaussé, creusant comme une niche. Pour terminer la visite, faisons un tour au jardin, nommé Seiryū-en [清流園] qui, quant-à-lui, comporte deux charmants pavillons de thé, faisant face à un étang bordé d'arrangement de pierre, ainsi qu'une collection complète d'essences d'arbres variées, le tout de construction beaucoup plus récente (XXème siècle). Autres événements à noter, après la chute d'Edo en 1867 (le 14ème Shogun de la lignée rendra le pouvoir à l'empereur lançant le début de la restauration de l'ère Meiji), le site servira de résidence impériale avant de revenir aux mains de la ville de Kyoto (en 1939) et d'être classé à l'Unesco (1994) après des travaux de restaurations.

Pour nous cette visite s'est ponctuée d'anecdotes plus ou moins marquantes dont le running gag du "Nijojo maudit" qui nous a fait dire la veille au soir de LA visite "Demain, peu importe ce qui se passe, à nos risques et périls, et par la force s'il le faut, quitte à l'attaquer, on entrera dans ce château !" La première date souhaitée s'étant soldée par un "Désolé, on est fermé aujourd'hui !" la deuxième par "Désolé on n'accepte que le liquide (cash only vous ne savez pas lire ?) Et non... Désolé ce n'est pas de notre ressort, ni notre problème si les banques sont soit fermées soit ne disposent pas de distributeurs ATM internationaux..." et jamais deux sans trois "Désolé on a évité le typhon mais la pluie diluvienne n'était pas en option elle..." c'est donc après trois mésaventures soldées par un échec que la quatrième sera la bonne !

détail de la Karamon palais intérieur du NijojoMur d'enceinte du NijojoSeiryu-en pavillon du thé

Continuons le trajet de notre parcours historique en passant par trois temples intéressants à la fois de par leurs particularités et de par leurs petites surprises qu'ils abritent.

Tout d'abord le Toji [東寺], "temple de l'est", attire surtout par sa grande pagode de 57 mètres, la plus haute du Japon. Ils étaient avec son temple jumeau, aujourd'hui perdu, le Saiji [西寺] "temple de l'ouest" les deux gardiens de l'entrée sud de la capitale lors de son transfert de Nara à Kyoto au début de la période d'Heian (en 794). Les deux temples se faisaient face, symétriquement de chaque côté de l'avenue, large de 84 mètres qui traversait la jeune capitale jusqu'au palais impérial situé plus au nord. Au siècle suivant le Toji, est offert aux moines bouddhistes qui y bâtiront le Kondo Hall accueillant une statue en bois du Bouddha Yakushi, gardé par deux autres divinités, les bodhisattvas Nikko et Gakko. A côté duquel un second hall (le Kodo), sera bâti, conservant actuellement des "trésors nationaux" : 19 énormes statues dorées importées de Chine, une collection importante de divinités bouddhiques guidant les hommes afin de les éclairer sur la voie (ou la marche) à suivre. Une petite visite instructive qui vaut le détour.

Le Kenninji [建仁寺] lui, un des plus vieux temples bouddhistes zen de Kyoto, fondé en 1202, donne une impression d'immensité, c'est là que vous trouverez deux curiosités qui valent (elles aussi) que nous nous y arrêtions. La première c'est le paravent original de la peinture célèbre Les dieux du vent et du tonnerre réalisé en 1626 par Tawaraya Sotatsu [俵屋 宗達] (~1570-1643) s'inscrivant dans le courant artistique Rinpa [琳派], qualificatif pour la peinture décorative issu du nom d'un artiste tête de poupe de ce mouvement artistique de l'ère Edo nommé Ogata Kōrin accompagné de ces Huits chapitres du Dit du Genji les deux sont des œuvres utilisant des techniques à l'encre sur fond d'or ou papier dorés. La seconde particularité de ce temple, ce sont ses dragons jumeaux de Koizumi Junsaku [小泉淳作] (1924-2012), peint sur tout le plafond du bâtiment principal, le Hatto [法堂], à lui seul il occupe l'espace de 108 tatamis, soit 11,4m x 15,7m ! Pour y arriver, vous devrez vous équiper de petits chaussons, mis à votre disposition et parcourir un vestibule extérieur. De plus, clou du spectacle, en déambulant dans les différentes pièces des bâtiments, vous serez constamment confrontés à des vues sur les magnifiques jardins en alternance, sec ou humide. 

Et pour finir l'Otowa-san Kiyomizu-dera [音羽山清水寺], le "temple" des trois chutes d'eau pure du haut duquel, "non tu ne sauteras pas"... Plutôt vaste puisqu'il n'est pas si seul ! En effet le Kiyomizu dera [清水寺] est devenu au cours des siècle le nom générique d'un complexe de plusieurs temples amalgamés, qui regroupent deux pagodes, plusieurs bâtiments de temples shintos et bouddhistes mélangés en plus de notre temple principal et des fameuses chutes d'eau Otowa no taki ! Dans lesquelles, d'ailleurs, on peut chercher bonne fortune, santé ou succès en buvant dans des grandes perches creuses que l'on place sous une des trois sorties de la chute qui tombent depuis les gouttières, par dessus l'avant toit. Une des légendes attachée au Kiyomizu dera est que le saut depuis la terrasse, le Hon-do [本土], (15m de haut au total) du temple exhausserait les souhaits, vous ne pourrez pas vérifier par vous même car cette prouesse est actuellement interdite. Vous pouvez tout de même admirer l'architecture de la plateforme, un enchevêtrement de 139 poutres fixées sans aucun clou ! Nous avons aussi déniché dans le complexe, une petite escale conseillée aux romantiques dans l'âme comme Mamagei : le temple Jishu, dédié à l'amour et à la romance. Et l'anecdote suivante lui est donc tout naturellement dédiée, ainsi qu'à l'Apfelschorlette qui raffole de ce genre de détails ;) Dans ce temple vous pouvez faire, pour les célibataires de préférence, un test pour (enfin) trouver l'amour véritable : il faut partir d'une des deux pierres sacrées et rejoindre la seconde, séparée d'une dizaine de mètres, les yeux fermés pour espérer le trouver. Déçu.e.s car vous êtes déjà en couple ? Pas de soucis ! Le dieu principal de Jishu, Okuninushi no Mikoto [大汝命], apporte "l'amour bienveillant, la sagesse et le bonheur sans fin". Vous pourrez donc lui demander tout autre conseil ou aide dans votre vie sentimentale et amoureuse par l'intermédiaire de son messager, un petit lapin que l'on retrouve partout aux détours du temple. A côté, on trouve un autre réseau de temples avec une histoire plus noire que rose... le Seikanji [清閑寺], un espace mortuaire réservé à la famille impériale. Il contient les tombes des empereurs Rokujō [六条天皇] (1164-1176) et Takakura [高倉天皇] (1161-1181) et vu leurs courtes durées de vie, nous prenons note qu'il ne faisait pas vraiment bon être empereur à la fin de la période Heian surtout quand le clan Taira montait en puissance... Enfin ça c'est une autre histoire... Vous n'êtes cependant pas arrivé.e.s au bout des découvertes de cet immense espace, puisqu'en continuant vos déambulations vous tomberez peut-être sur l'Otani Honbyo [大谷本廟], encore un complexe de temple, où se trouve cette fois le mausolée de Nishi Otani [西大谷] (1173-1263) (autre nom de Shinran) un des fondateurs de « École véritable de la Terre pure » le Jōdo-Shinshū (une des nombreuses écoles bouddhiques japonaises parce que oui c'est plus drôle quand on divise en différents courants les religions) un contemporain des deux précédents ayant eu visiblement plus de chance niveau longévité (n'étant pas empereur CQFD).

 Otawa-no-takiDragons du KenninjiPagode du TojiKenninji jardin secEntrée du Kiyomizu dera

Besoin d'une petite pause kawaii  après toute cette Histoire et ces traditions ? Direction la boutique culte de Ghibli Goods, qui se visite aussi comme un mini-musée, possédant un énorme Chatbus, un Totoro en peluche et de nombreux goodies en tout genre ! si le parc à thème de Miyazaki "Ghibli Park" (ouvert en 2022 situé à Nagakute à proximité de Nagoya) et le Musée Ghibli (ouvert en 2001 situé à Mikata près de Tokyo) vous paraissent trop loin. Et bonus pour les fans d'Hello Kitties, la boutique est juste à côté ! Alors... n'hésitez plus ! attention aux horaires d'ouverture nippons ;) ferme à 17h30

Après cette courte page de publicité (de laquelle je ne tire aucun bénéfice...) poursuivons l'aventure, partons explorer et nous perdre dans le quartier de la montagne tempête : Arashiyama [嵐山] ! Une des premières destinations inscrites sur le carnet de route de Léoly et moi. Pour l'atteindre, première surprise, un tout petit tramway d'un seul wagon à l'ancienne nous y conduit pour parcourir les dernières stations et nous nous croyons réellement plongé.e.s dans un animé nippon. Nous débarquons au milieu d'une forêt de kimonos, dont les troncs sont formés de tissus colorés aux motifs variés bien installés dans des tubes protecteurs. En suivant le chemin formé, on se retrouve au centre, devant une petite fontaine surmontée d'un dragon. Il porte bonheur à qui plonge ses mains dans sa source, vous vous doutez que personne n'a eu besoin de nous le dire deux fois. Le premier temple sur lequel nous tombons est le Tenryuji [天龍寺], il possède un magnifique jardin d'origine dont le design est de Muso Soseki, constitué d'un grand parc, de bassins remplis de lotus, d'érables, et de tapis de mousse. Il est surtout connu pour avoir fait face au feu à de nombreuses reprises (comme beaucoup de monuments ici sans débattre de penchant nippons pour la pyromanie... vu qu'on est sur des matériaux bois éclairés aux lanternes en papier c'est pas si étonnant qu'un accident soit vite arrivé...) et avoir été reconstruit pour la dernière fois à l'ère Meiji (1868-1912). Ensuite notre parcours se poursuit sous les frondaisons de l'allée des bambous, ceux-ci, si immenses qu'ils se rejoignent et se touchent presque au sommet formant comme une sphère verte. Au milieu des touristes, nous nous faisons doubler par des "pousse-pousse", ces petites carrioles tirées par des porteurs, nous nous faisons la remarque que ce n'est pas la meilleure saison pour admirer des bambous et bifurquons hors des sentiers battus. C'est une  armée de petits temples en enfilade qui nous attend de pied ferme dans le secteur, sans ceux non recensés sur la carte à notre disposition nous passons devant les imposants Jojakkoji, Nison-In, Takiguchi-dora, Gioji et Danrinji avant de nous décider à emprunter la porte impressionnante du Seiryoji [清凉寺] (aussi nommé Saga Shaka do) afin de le visiter et en plus, il a le mérite d'être gratuit. Nous atteignons une Station de la JR Line (la Torokko Saga Station), retournons à la civilisation pour admirer un petit musée où trônent des anciennes locomotives, un salon XIXeme avec piano et statues de compositeurs, et le départ de la Sagano Romantic Train [嵯峨野観光鉄道] (dont les publicités vantant ses mérites ne manquent pas). Traversant le pont au dessus de la rivière agitée, nous prenons la direction d'Iwatayama, aussi connue pour être la montagne des singes. Nous attaquons un peu de dénivelé pour admirer le temple Horinji [法輪寺], qui depuis son immense terrasse propose une jolie vue sur la ville. Nous nous extasions devant la délicatesse des feuilles d'érables et des mousses qui se découpent autour des lanternes traditionnelles d'ornement en pierre, d'une pagode aux couleurs chatoyantes et d'une énorme cloche de bronze cachée par la nature. Puis, à l'entrée du parc naturel protégé, l’hôtesse nous annonce encore 20 minutes de montée, qu'à cela ne tienne un coup de ventilateur, brumisateur, et nous prenons notre temps sur le  parcours en répondant aux jeux en VO sous-titré Léoly avec quizz sur les environs et le site. C'est ainsi que nous apprenons que la montagne sert de parc naturel à plus d'une centaine de macaque, qu'actuellement c'est la saison des petits, qu'un individu atteint l'âge adulte à 10 ans et peut vivre jusqu'à 30 ans et etc. Arrivé.e.s en haut nous constatons que leur vue sur Kyoto est imprenable ! C'est l'heure de l'approvisionnement et ça se bouscule sur l'observatoire pour avoir accès à son dû. En redescendant et regagnant la station de métro nous croisons la route du Matsuo (Matsunoo) Taisha [(松尾神社], un temple shinto après tous les bouddhistes du jour, très calme, où nous apercevons des tortues, découvrons des vœux accrochés aux arbustes et découvrons une cascade bien cachée derrière l'enceinte principale, tel un "bonus level".

Porte du SeiryojiBest view ever !forêt de kimonoquartier d'Arashiyama

Quelques pas plus loin, la journée est bien avancée, la lumière décline, nous voilà déjà arrivé.e.s en fin de soirée. 

Nous vous proposons au choix trois endroits qui nous sont restés en mémoire pour une nuit formidable, suivez nous !

1er choix - la version culture tradition : Si vous vous trouvez par hasard autour du 20 juillet à Kyoto, profitez du Fushimi Inari by night ! Un magnifique Matsuri [祭り] (festival traditionnel) y a lieu, du nom de Motomiya (la fête aux lumières) on y porte son yukata et on y danse tous ensemble en rond autour d'une estrade illuminée en y apprenant les pas. Les nombreuses lanternes qui ornent les différents espaces du temple et les rangées de torii s'allument progressivement, pour une immersion complète dans le rouge, noir et orangé du temple aux couleurs du renard. Les locaux y sont majoritaires, le cadre calme et agréable. Profitez de la fraicheur, de l'immersion culturelle. Et qui sait vous obtiendrez aussi peut-être un éventail à l'effigie du Kitsune... ;)

2eme choix - la version culture citadine locale : Si vous êtes plutôt otaku [おたく], direction la salle d'arcade, de nombreux jeux en tout genre, qui se jouent seul ou à plusieurs, des goodies d'animés et de manga, des machines de fêtes foraines pour attraper des peluches ou autres cadeaux avec des grappins, des ordinateurs en libre service et bien souvent un cinéma à proximité. Vous aurez ainsi un bon aperçu d'une soirée des jeunes Kyotoïtes oui je sais c'est moche mais c'est le vrai nom... alors disons des jeunes citadins nippons ! 

3eme choix - la version bon plan de touriste : la Kyoto Tower [京都タワ] haute de 131m, équipée d'une plateforme à 100m qui offre une vue à 360° sur les environs nous avions fait la visite de jour, mais nous nous y sommes rendus de nuit aussi pour le Rakugo en ajoutant l'impression de la vue de nuit que nous avions admirées depuis celle de Séoul avec Mamagei c'est un fait : c'est à faire en soirée ! (surtout que la nuit tombe tôt ici et que la majorité des sites ferment il faut l'avouer vers 17h...). La vue d'en haut si vous gagnez le dernier étage est très sympa et de nuit vous devriez voir l'étendue lumineuse de Kyoto sans les désagrément de la pollution. De plus elle abrite dans les étages inférieurs deux spots "to be" : un point info touriste avec wifi gratuit, hôtes et hôtesses serviables prêt.e.s à vous conseiller sur toutes les meilleures choses à faire, ainsi qu'au sous-sol des stands de mochi [餅] (spécialités de gâteau à base de riz gluant ici parfum chocolat et matcha vous sont proposés à la dégustation). Enfin parce qu'en sortant de la tour et en regagnant la station de train principale, vous pourrez admirer le spectacle de la fontaine musicale, avec son et lumière, qui agrémente votre retour de soirée d'étoiles plein les yeux.

Fushimi Inari Matsuri - Motomiya la fête aux lumières Kyoto TowerAu détour d'une rue bordée de canauxThé et gâteau locaux pour quatre heure

 Et c'est ainsi que s'achève ce troisième épisode consacré à Kyoto, j'espère qu'il vous aura donné des idées et appris des choses sur ce beau pays... et qui sait peut-être même donné envie d'y aller ;) Nous nous retrouvons très vite pour un dernier épisode des Carnets du Japon version juillet 2015 en attendant l'édition 2023 en préparation...

Voir les commentaires

Carnet du Japon #2 Vie au Japon - Typhon, Gion Matsuri et Cie

Publié le par Chokopims

Episode 2 : On poursuit le voyage et on se demande "mais que faire les jours de pluie ?"

 

Prêt.e.s pour la suite ? J'espère que vous avez masques et bouteilles d'oxygène, parce que ce second volet est une immersion complète dans la culture, les traditions, l'histoire et la vie quotidienne japonaise ! Vérifiez bien vos palmes et préparez vous, nous allons remonter à la nage le courant du temps, et vous faire plonger dans la vie quotidienne des japonais ! du 10 juillet au 31 juillet 2015.

Salamandre géante de l'aquarium de KyotoJardin botaniqueGion Matsuri de nuitPhoenix du musée du manga

Tout d'abord arrêtons nous en l'an 869... en pleine ère Heian et plongeons au cœur de la légende du Gion Matsuri [祇園祭] ! A cette époque, sévissait dans Kyoto et dans tout le Japon une épidémie particulièrement violente, les décès liés à cette plaie étaient nombreux. L'empereur Seiwa [清和天皇] (850-880, règne : 858-876)  fit ériger puis brûler 66 hoko [鋒] hallebardes symbolisant les 66 provinces du pays afin de procéder à un rituel de purification, le 7e jour du 6e mois de l'année 869. Cette procession avait pour but d'apaiser les esprits courroucés et d'ainsi calmer la malédiction, une interprétation contemporaine de cette épidémie virulente que subissait les japonais cette année là. En effet ils pensaient que la maladie avait été envoyée par Gozu Tennō [牛頭天王] une déité à tête de bœuf en guise de punition. Pour ceux et celles qui se le demandent, voici l'explication scientifique qui se cache derrière : la rivière de Kamo-Gawa (notre QG décrit dans les carnets du Japon #1)  est sujette à de nombreuses crues qui provoquaient des stagnations d'eau et dans ses conséquences les plus larges, à la prolifération d'épidémies. C'est une des raisons pour lesquelles dans les époques suivantes, le cours d'eau sera modifié et aménagé, avec des digues en béton renforcé et un système de drainage, afin de gérer son lit et d'éviter les débordements. dans les deux sens du terme

De nos jours, le festival est toujours là, il est encore pratiqué annuellement, pour apporter la santé en éloignant les maladies, il s'étend sur le mois de juillet, dans le quartier de Gion qui lui a donné son nom. Il y a deux parades principales : le Saki Matsuki Junko ou Yamaboko Junkō [山鉾巡行] qui se déroule le 17 juillet et le Ato Matsuri Junko le 24 juillet. Les trois jours qui précèdent ces parades sont appelés Yoiyama [宵々山], nous avons eu la chance d'y participer de nuit, nous joignant aux locaux en yukata [浴衣] kimono d'été pour l'arpenter avec bonheur, admirant les chars se préparant pour le défilé. Laissez vous porter par les lumières des lanternes des chars et par la foule qui déambule aux sons différents de chacun d'entre-eux (dont certains sont visitables). En effet on compte 33 chars en tout, dont même deux qui ressemblent à des bateaux. Ils sont richement décorés de lanternes, tentures, et sculptures et se divisent en deux catégories. Les hoko (hallebardes en référence à l'évènement historique), ce sont les plus grands mesurant jusqu'à 25m et pesant pour le plus imposant 12 tonnes, ils sont équipés d'un mât surmonté d'un objet en métal et transportent leurs musiciens. Les yama sont eux plus petits, contrairement aux hoko qui sont des chars tirés, ils sont portés et l'étage est occupé par des mannequins. Chaque char représente son quartier, joue sa propre mélodie et revêt des yukatas aux motifs différents, la manœuvre la plus impressionnante de la parade est les rotations des hoko à 90° dans les angles des rues. Le changement de direction est guidé par un "porte-éventail" pour placer les chars sur des bambous couchés au sol afin de les faire pivoter en les tournants et ainsi pouvoir repartir sans encombre, en suivant l'itinéraire de la procession. Et en plus, ces magnifiques chars sont entrés en 2009 au ... Bravo patrimoine mondial de l'Unesco sous le titre "Yama, Hoko, Yatai, festivals de chars au Japon"! 

Ice ice ice ! Glace pilée à la japonaiseMiniatures du Gion MatsuriGion Matsuri YoiyamaGion Matsuri de nuit

Suite à l'arrivée inopinée d'un (petit) typhon, nous nous sommes rabattues sur des monuments abrités pour éviter de nous envoler. Ce qui veut plus ou moins dire musées ! Celui de Kyoto est d'ailleurs très intéressant et complet, il propose, comme nous, une immersion et des explications, cette fois sur la vie et l'histoire de Kyoto au cours des quatre périodes s'étalant de Heian (rappelez vous les hallebardes de l'épidémie de 869) à Edo (se terminant en 1867), époque à laquelle Kyoto cède sa place de capitale à Tokyo appelée à l'époque Edo donnant son nom à la période. Je ne vais malheureusement pas avoir le temps de m'étendre dessus ici (sinon l'article serait trop long) mais sachez qu'au cours de notre visite c'est à Sekigahara no Takai [(関ヶ原の戦い], une des plus grandes batailles historiques du Japon, qu'il avait dédié son exposition temporaire et c'est celle-ci que je vous propose de suivre en parcourant le "Hall of Fame" japonais. L'entrée de cette exposition se fait par une cinématique 3D épique sur des drapeaux blancs en mouvement nous montrant des combats de samouraïs ! je sais, décrit comme ça c'est plat mais ça créait vraiment une mise en ambiance parfaite

Pourquoi Sekigahara [関ヶ原の戦い] est-elle une bataille si importante ? Parce que le Japon moderne se fondera sur ses issues. Nageons donc rapidement pour passer de la vague 869 à la 1600ème et quittons la torpeur de l'été pour le mois d'octobre puisque cette bataille s'est déroulée le 20 et 21 de ce mois afin d'en apprendre plus ! Pour faire simple, Sekigahara signe la fin des "Royaumes combattants" au Japon, l'ère Sengoku [戦国時代] au sens large et le début de la période d'Edo. Pour faire compliqué...  Vous vous rappelez dans les cahiers du Japon #1 lorsque je vous avez parlé de l'ère Azuchi Momoyama (1573-1600) ? En 1573 Oda Nobunaga [織田 信長] 1534-1582 défait le dernier des shogun Ashikaga qui régnaient jusqu'ici en maitre depuis plus de deux siècles sur le Japon. Or, ce même shogunat avait entrainé et déchiré le pays dans une guerre civile depuis 1477, appelée guerre d'Ōnin [応仁の乱], en gros pour savoir qui serait le plus fort et arriverait à gouverner tout le Japon. Cette première grande défaite engage le début d'une période qui permis d'unifier et pacifier le pays au travers d'un nouveau shogunat instauré par Oda Nobunaga et renforcé par ses deux principaux successeurs Toyotomi Hideyoshi 豊臣秀吉 (1537-1598) et Tokugawa Ieyasu [徳川 家康] (1543-1616) qui ne pouvaient pas vraiment se voir vous allez vite le comprendre mais dont je vous épargne l'arbre généalogique complet. Et dont la succession fut tout sauf facile, peut-être en raison des restes de cent ans de guerre civile... Puisque c'est l'opposition de leurs deux familles qui mena à Sekigahara no Takai. En effet à la mort de Toyotomi Hideyoshi, le daimyo [大名] ou clan de la famille Tokugawa s'oppose, allié d'autres grandes familles, à la nomination de son fils en tant que successeur du titre de shogun et refuse de respecter la régence. Le clan Toyotomi a été affaibli par les derniers évènements, et les principaux personnages qui maintenaient l'alliance en place décèdent ce qui ouvre les portes à la contestation et dérape en "guerre de clans". Rajoutez à tout cela le fait que les Toyotomi sont d'origine paysanne et non issus des daimyo comme les Tokugawa, ce qui ne plait pas à toutes les grandes familles et vous avez des motifs de mécontentement qui mènent à un soulèvement. D'un côté les partisans fidèles, qui restent loyaux à Toyotomi Hideyoshi et supportent son fils Toyotomi Hideyori (ne soyez pas dupe il n'a que 7 ans et tous ses alliés ne sont pas sympa au point de combattre pour rien, ils espèrent aussi le manipuler plus facilement) et de l'autre la contestation mené par les partisans et les alliés de Tokugawa. C'est le clan Kobayakawa, appelé les traitres de la dernière minute, qui fera basculer l'affrontement de Sekigahara en victoire du clan des Tokugawa, en retournant sa veste au dernier moment... Une question de Timing, puisque la bataille n'a duré que 6 heures au total.   

Vous comprenez peut-être mieux pourquoi nous nous sommes mises en quête de la tombe de ce fameux Toyotomi Hideyoshi. Chose étonnante que nous avons pu découvrir du quotidien des japonaises en nous rendant sur l'édifice qui lui est dédié, toutes dégoulinantes de sueur après tant d'effort dans la moiteur ambiante j'insiste pour le contraste vous allez voir... : la Pincess-Line. Mais qu'est ce que c'est ?? C'est un bus rose réservé aux femmes seulement, discrimination positive pour éviter le harcèlement dans les transports, il y a aussi des rames dédiées à la gente féminine dans les trains. Et comble du bonheur des princesses, on peut attendre son bus à la station, en s'asseyant dans de magnifiques canapés, roses eux aussi, abrités de la pluie bien entendu, armé de son ventilateur portatif personnel : la touche de classe finale. Je vous laisse le soin de commenter et méditer sur cette initiative.

Petits serpents poissons étonnantsAquarium de KyotoThe big salamander !Aquarium et faune bizarre

Après notre intermède historique, un peu de littérature à présent ! Nous nous sommes rendues, en fanfare parce qu'on l'avait noté en haut de la liste des choses à faire au Musée international du Manga ! Premier mondial, ouvert en 2006 avec un phœnix qui orne son entrée (non ce n'est pas Ikki) il possède des murs entiers de manga. Il est construit comme une énorme bibliothèque, s'étalant sur trois étages et proposant plus de 300 000 ouvrages ! Il y a une exposition permanente sur l'histoire du manga des origines à nos jours, une salle réservée aux enfants, des originaux et objets de mangaka célèbres, et lorsque nous nous y sommes rendues une exposition sur le manga à travers la Seconde Guerre Mondiale et son impact (pendant et après), notamment comment le manga a aidé et participé dans la prise de conscience et la résilience. On y a notamment découvert Gen d'Hiroshima (dont je vous reparlerai surement ultérieurement). Une belle découverte, car ce n'est pas la fin mais la faim qui nous a poussé à en sortir !

Petit interlude de jeu traditionnel avant de nous remettre en marche et décider qui se charge de la suite du programme : le Jan Ken Pon [じゃんけんぽん], article en anglais détaillé et illustré sur le sujet, l'équivalent de notre "pierre-feuille-ciseaux" auquel les enfants de nos hôtes nous ont initiés en VO. Pour commencer la partie on dit Shaishowaguu [最初はグー] puis on poursuit avec le Jan Ken Pon [じゃんけんぽん] s'il n'y a pas de gagnant on recommence avec la fameuse phrase Aikodesho [あいこでしょ] jusqu'à ce qu'il y en ait un. C'est Léoly qui gagne cette partie et nous emmène sur les traces de Murasaki Shikibu [紫式部] (~973 - ~1014), l'auteure du premier Best Seller mondial, bon en tout cas vu du Japon, le très renommé et fameux... "Dit du Genji" [源氏物語] Genji monogatari, une œuvre fleuve écrite au XIème siècle qui comprend près de 1 000 pages et une cinquantaine de livre sur des intrigues politiques et amoureuses de la cour japonaise de son époque. Nous nous sommes aussi rendues sur son tombeau ! Euh... oui on a vu pas mal de tombes d'illustres personnages et d'illustres inconnus aussi dont le voisin de Murasaki Shikibu d'ailleurs... 

C'est l'heure de remonter en surface pour un retour au (presque) présent, et la vie quotidienne des japonais aujourd'hui... Essuyant encore l'eau qui pleuvait averse pensez Japon, pensez kawaii pensez K-Way... nous avions décidé de prendre la route de l'aquarium de Kyoto, plutôt réputé car conseillé par nos hôtes, ayant des enfants qui raffolaient de cet endroit. Nous avions ainsi pu faire connaissance avec la faune locale de la rivière Kamo Gawa dont une salamandre géante, qu'on a cherché dans le bassin pendant longtemps... parce que d'un, elles ressemblaient à s'y méprendre à des rochers, où elles se cachaient : niveau camouflage impeccable ! Mais aussi parce que de deux, nous ne les imaginions pas si géantes que ça... Elles font tout de même entre 1m et 1m40 ! oO Il en existe aussi plusieurs espèces en Asie qui était présentées dans cette même salle. Nous avons aussi rencontré d'innombrables animaux marins, otaries, phoque, dauphin, manchots à l'heure du déjeuné pour les plus courantes, et des espèces plus communes des mers d'Asie que nous connaissions, nous, moins bien. Bien entendu, je me suis longuement arrêtée pour admirer les méduses, et Léoly s'est pris d'affection pour le spectacle de dauphins et la boutique souvenir qui lui ont fait dire pendant une bonne partie du séjour que c'était son endroit préféré dans Kyoto.

Tonnelle de citrouilles et potironsUn des étang du jardin botaniqueLotus du jardin botaniqueCollection de bonsaï

Retournons nous prélasser au bord de la Kamo Gawa, maintenant en crue si vous suivez ;), faisons une pause en atteignant le jardin botanique de Kyoto et découvrons la flore locale après la faune (vous ne serez pas étonné si je vous dis que ce n'est pas Léoly qui a insisté pour y aller...). Le jardin possède de nombreux nénuphars et lotus tous en fleur à cette période, une bambouseraie très variée, un coin enfant avec des champignons-bibliothèques et une superbe collection de bonsaï. Nous déambulons dans un jardin à l'européenne avec sa roseraie, ses fontaines et sa symétrie, passons aux jardins japonais avec les petits étangs aux passerelles de bois permettant de découvrir des mini-îles qui ponctuent le parcours puis dévions sur des coins dédiés à certaines plantes. Nous faisons face à plusieurs variétés de conifères, un espace garni d'hydrangeas (dont l'hortensia fait partie), un autre d'iris, un potager où les potirons prospèrent sur des tonnelles et sont retenus par des paniers, une armée de cerisier (appelé Sakura [桜 / 櫻 / さくら] au Japon) comprenant 200 espèces différentes, des pruniers (Ume [梅] aussi appelé abricotier du Japon) et des érables (Kaede [楓] littéralement «mains de grenouilles» appelé aussi Momiji [紅葉] à l'automne pour ses couleurs feux littéralement "feuilles rouges changeantes») que les habitants viennent admirer en pleine saison. Notons aussi les espaces aménagés des espèces endémiques, avec les japonaises voisines des chinoises (300 000 recensées), très similaires, car il y a plusieurs milliers d'année de cela les deux pays se jouxtaient, comme ici au jardin botanique, au cœur de la Pangée : très dépaysant. 

Pour finir la soirée, nous vous emmenons voir un spectacle japonais, très particulier : le Rakugo [落語] ou "l'art de la parole qui a une chute" ! C'est une sorte de Stand-Up mais... Sit-Down (précision pour les allergiques à l'anglais : jeu de mot pas vraiment traduisible entre debout et assis). Un spectacle traditionnel comique de style narratif qui date du XVIème siècle. Pour son show, le Rakugoka [落 語 家], à genoux sur scène calé sur son petit coussin, vêtu d'un kimono, est armé d'un éventail, d'une serviette. Il s'en saisit pour raconter des histoires, ponctuées de calembour, jeux de mots et effets comiques en ne bougeant que le haut de son corps. Le spectacle de Rakugo est à l'origine un art de rue, en effet, assis en haut d'une estrade en hauteur (le kôza [高 座] nom actuel de la scène sur laquelle il siège), en coin de ruelle, le conteur haranguait la foule des passants en les captivant et les tenant en haleine aux travers de récits et d'anecdotes pleines de rebondissement jusqu'à la chute (le ochi [落ち] aussi utilisé pour le mot "punchline" en japonais). Pour en savoir plus n'hésitez pas à consulter le site français dédié au Rakugo :)

Aquarium coming soonStands ponctuants le Gion FestivalEventails du festival de GionAmbiance Gion Matsuri

La journée fut longue et bien animée, et c'est ainsi que s'achève notre deuxième épisode immersif, retournez bien sereinement sur terre, séchez-vous bien et retrouvons nous pour l'épisode 3 des carnets du Japon dans les jours à venir ! 

Voir les commentaires

Escapade d'un jour en Dordogne... #1

Publié le par Chokopims

Un automne made in Dordogne

En ce mercredi de novembre, entre deux averses, une petite accalmie de soleil et une envie de partir à l'aventure sans partir à l'autre bout du monde... L'occasion donc de découvrir ensemble un petit coin de Dordogne méconnu, un petit jardin annoncé sur la carte comme "Jardin de Paradis", allons vérifier ce qu'il en est. 

Escapade d'un jour en Dordogne... #1Escapade d'un mercredi... #1Escapade d'un jour en Dordogne... #1

Pour s'y rendre, il faut emprunter les bien nommées et non moins renommées ;) petites routes de campagne à travers les bois. Actuellement aux couleurs automnales, les bords de route sont encore humides et portent quelques séquelles de la tempête du weekend dernier. Nous voici enfin au bout du chemin, le panneau d'entrée d'un petit village pittoresque de notre charmant Périgord nous annonce que nous sommes arrivé.e.s. à Montagnac-la-Cre mpse. Vallée de l'Isle, 350 habitants...

Ah ! On est bien dans la  vraie campagne périgourdine perdue qu'est ce que je vous disais !

Escapade d'un jour en Dordogne... #1Escapade d'un jour en Dordogne... #1Escapade d'un jour en Dordogne... #1Escapade d'un jour en Dordogne... #1

On attaque par un petit tour de bourg, rapidement fait comme vous vous en doutez, cependant les bâtiments de pierre claire calcaires tranchent, et se découpent à merveille sur le ciel bleu parsemé de nuage du jour. On suit un petit bout de rue qui descend du village, qui se prolonge sur un petit sentier herbeux pour déboucher quelques mètres plus loin en contrebas du fameux jardin de Paradis. Un petit jardin aménagé il y a de cela une bonne vingtaine d'année, m'annonce une animatrice de l'association, croisée en pleine pêche aux insectes dans la mare pédagogique. Belle initiative de la part d'un petit village qui voulait "faire des choses pour les plus jeunes". D'ailleurs l'école en annonce de suite la couleur cette fois pas forcément de saison XD avec une banderole qui affiche fièrement "ici nos enfants ont tout pour être heureux" notamment : des ateliers organisés, un jardin autogéré, une bibliothèque, et un centre de loisir... ça donne envie :)

Escapade d'un jour en Dordogne... #1Escapade d'un jour en Dordogne... #1Escapade d'un jour en Dordogne... #1Escapade d'un jour en Dordogne... #1

Bon et ce jardin de Paradis alors, il y a quoi dedans exactement ? Partons vivre l'aventure promise ! Quand on y pénètre on voit que l'art s'y est déjà invité sous diverses formes... Des grands bancs et chaises en bois, perchés au bout d'échelles, invitent à l'escalade, mais attention aux glissades et aux chutes avec la pluie, tout est détrempé aujourd'hui ! Un totem, des mosaïques, des sculptures de différents animaux du jardin, des cabanes et des nichoirs nombreux et variés, et même un bout de voilier échoué. Un toit végétalisé trône au milieu d'un petit potager accompagné de son arrivée d'eau canalisée, et à côté une bambouseraie. La petite mare pédagogique traversée d'une petite passerelle en bois, dont je vous ai déjà parlé quelques lignes plus haut, héberge à l'année quelques grenouilles, des limnées, diverses algues, et aussi des tritons aux beaux jours. Un abri pour le jardinier avec terrasse et four à pain, bref tout est là pour passer un bon moment.     

Escapade d'un jour en Dordogne... #1Escapade d'un jour en Dordogne... #1Escapade d'un jour en Dordogne... #1

Le reste de la balade emprunte le GR, dans un calme complet, le long d'un petit ruisseau qui s'en donnait à cœur joie, sûrement bien alimenté par la pluie des derniers jours. Les sentiers et petites routes bien balisés promettent 8km de marche pour s'aérer la tête et se dégourdir les jambes ! Très vallonné le paysage donne à voir de belles bâtisses et vieux corps de ferme, un petit chalet au milieu de sapins qui donne un air de montagne au coin et aussi beaucoup de champs ouverts, très très verts et dégorgés ce jour là ^^

Bonne échappée belle avant de repartir au travail :) Une expérience à retenter !

Escapade d'un jour en Dordogne... #1Escapade d'un jour en Dordogne... #1

 

PS : Pour en savoir plus sur ce jardin de Paradis... C'est par ici dans le journal local du pays de Beleyme ! ;)

Voir les commentaires

1 2 3 > >>