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critique

5 bonnes raisons de lire Harry Potter et l'enfant maudit

Publié le par Chokopims

Je vous avoue que j’étais très sceptique au début à l’idée de découvrir le livre et ce pour deux bonnes raisons.

Tout d’abord, comment réussir à retranscrire le monde magique d’Harry Potter dans une pièce de théâtre ? Est-ce que ça n’allait pas perdre de son charme ? Et puis surtout, sérieusement 19 ans après ? C’est typiquement le genre de fin qui m’horripile (ce que j’irais même jusqu’à qualifier de fin à la mode asiatique… Parce qu’ils en ont le secret.) et pour moi le dernier chapitre du livre 7, qui se plaçait déjà dans cette veine là, était plutôt inutile et inintéressant pour l’histoire…

Donc c’est mitigée mais pleine de bonne volonté et d’espoir (comme toujours) que je me suis plongée dans la lecture d’Harry Potter et l’enfant maudit… Et bien je ne l’ai pas regretté, vous vous en doutez, puisque vous avez lu le titre de l’article.

 

Sans plus attendre et sans spoiler je vais donc vous fournir 5 bonnes raisons de lire ce petit dernier de la saga de J. K. Rowling !  

1) Cela pose une vraie question de fond, sur comment vivre avec un passé de « héros », ou de « méchant », et de manière5 bonnes raisons de lire Harry Potter et l'enfant maudit générale, après une guerre, plus ou moins traumatique. Comment éviter les erreurs du passé et faire que cela ne se reproduise jamais ? Comment reconstruire sa vie après ça ? C’est une partie plutôt réaliste, très peu dépeinte (voir quasi jamais) dans ce genre de littérature, à savoir : la place du devoir de mémoire dans l’héroic-fantasy… Qui veut faire son mémoire dessus ?

2) Harry Potter n’est pas au centre de l’histoire. Bien que présent dans le titre (c’était inévitable), ce n’est pas lui le vrai héros de cette partie de la saga (Mais l’a-t-il déjà été ? Et qui l'est réellement ?). Il devient un personnage parmi les autres, il fait lui aussi des erreurs, se fourvoie, cherche des réponses, … On retrouve donc avec plaisir nos personnages « grandis » par les anciens événements et à leurs côtés des nouveaux, la nouvelle génération, qui ne connaît cette guerre que par les récits des adultes. Et cela donne un vrai rafraîchissement.

3) Rien que ce point là vaut, à mon avis, tous les autres : Drago Malefoy et Severus Rogue. Ces deux personnages, parfois (surtout pour le premier) injustement traités dans la saga, arrivent à trouver une (très) juste place dans le récit (et pas des moindres selon moi). Ces « faux méchants au passé tourmenté » - parce que disons le clairement c’est exactement ça - donne une belle leçon de vie à Harry. Et ça, ça vaut le coup d’œil ! Serpentard une maison sympathique finalement ?

4) Nous obtenons enfin une explication appuyée et démontrée, qui clouera le bec aux réinventeurs d’histoire,  clamant haut et fort qu’ : « Ils auraient pu prendre un retourneur de temps et c’était terminé en 5 minutes ». L’effet papillon ça vous dit quelque chose ? Si vous avez encore des doutes, posez la question au docteur Who…

5) Ҫa ne se lit pas, ça se dévore. Je l’avais gardé pour mon voyage retour en avion, et j’ai failli oublier d’en descendre à l’atterrissage… Très prenant, ça s’enchaîne rapidement, et puis tu te dis « c’est déjà fini ? ».

 

 Il y a quand même plusieurs critiques à émettre, par exemple la relation Scorpius-Albus Severus que je qualifierai de syndrome Sam-Frodon… Des facilités dans le scénario, une sécurité du ministère de la Magie complètement obsolète et défaillante (que je ne m’explique toujours pas après les événements des tomes 5 et 7), des passages qui ressemblent à des trolls de l'auteure, des petites incohérences relevées par-ci par là et etc…

Mais dans l’ensemble c’est une excellente surprise et je vous le place d’ors et déjà en main, pour que vous vous fassiez votre propre avis. Si vous l’avez déjà lu je serais ravie de savoir ce que vous en avez pensé et ainsi discuter sans spoiler plus en avant l’histoire.

 

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Bande de filles de Céline Sciamma : Un film féministe ?

Publié le par Chokopims

Bande de filles de Céline Sciamma : Un film féministe ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si j’ai décidé de faire une critique (très personnelle et qui n’engage que moi) du film "Bande de fille", c’est parce que  je n’ai pas compris et que j’ai été outrée de tous ces commentaires emplis de racisme qui ponctuaient ses liens descriptifs. En effet, pour moi ce film est triste et déprimant aux vues des conditions féminines dans certains endroits et ce même en France.  Pourquoi alors sortir des arguments dignes du FN sur une plateforme d’échanges culturels ? Pourquoi,  alors même que ce film décrit et critique la situation des femmes dans des quartiers défavorisés ??  Il y en a certains et certaines qui sont passé(e)s à côté du but essentiel du film je crois ... Ce sont ceux sûrement les mêmes qui ne comprennent toujours pas les fins de la journée mondiale de la jupe... Il est tellement dommage que rares soit les commentaires constructifs dans les critiques de film sur ces mêmes plateformes.

J'en suis déprimée.

A vrai dire je pense que ce film a plus choqué par les milieux sociaux des personnages représentés que par sa dénonciation, et c’est bien dommage car dans certains coins de la campagne profonde, en France et d’en bien d’autres pays dits « riches », la situation est quasiment la même. Mais personne n’a encore eu l’idée de dénoncer ces faits dans un film sans doute… Si c'est le cas prévenez moi !

 

Petit résumé pour mieux comprendre :

« Bande de fille », c’est l’histoire d’une fille (on s’en serait douté), qui, dans un milieu dominé par les hommes, n’a que deux choix : soit subir cette dictature et rester enfermée dans ce carcan, dominée par son frère, obligée de se taire et de se complaire dans un rôle de femme objet, mère et boniche disons le clairement. - Pendant ce temps, Olympe de Gouges et les autres se retournent dans leurs tombes. - Soit se faire accepter en se fondant dans le monde sociétal auquel elle appartient, en devenant elle-même un "homme" et en copiant leurs comportements. Faisant ce deuxième choix elle se heurte au fait qu’elle reste une femme, une fille et donc que certaines choses lui restent tout de même fermées.

 

Un moment des plus choquant dans le film (attention au SPOIL) c’est lorsque finalement elle se met à la place des agresseurs. Elle reproduit le comportement qu’elle a subi elle aussi en temps que femme, sur une autre jeune fille. Pourtant elle est bien placée pour comprendre la souffrance de l’autre. Reproduction des comportements toxiques sans comprendre qu'on est soi même dans l'engrenage... Un autre moment celui où elle comprend qu’elle n’est pas un modèle pour sa sœur… et qu’elle finit (encore une fois) par reproduire le tyranisme de son frère sur sa petite sœur qui lui renvoie un « Finalement t’es comme lui. » Film donc profondément féministe dans la dénonciation d'une société patriarcale presque "dictature de l’Homme", elle n’est pas libre de ses propres choix, elle les fait pour éviter une vie qu’elle ne veut pas, celle où elle est une victime. Mais elle reste incapable de s’en sortir et de trouver de nouvelles perspectives viables.

On le voit bien, au début du film, la conseillère d’orientation lui proposant seulement des CAP elle s’offusque en lui disant qu’elle veut partir en général.  Elle semble avoir compris qu’accéder à sa pleine liberté ne peut se faire que par les études. La libération de la femme, c’est quand celle-ci est instruite. Et c’est bien de cela qu’on la prive en l’obligeant et en l’enfermant dans des devoirs domestiques qui ne sont pas les siens. L’empêchant de se pencher sur ses études, de s’instruire et donc d’accéder à une porte de sortie. Pourtant contre toutes mes attentes, ce n’est pas pour autant que ses nouvelles amies l’aident à s’enfuir par cette voie, en effet ses choix comme je l’ai dit au début sont minimisés : soit ne rien changer, soit agir comme les hommes… Croire que tout le monde peut s’en sortir grâce à ses études était sûrement trop utopique aux vues de certaines inégalités du système scolaire. Je regrette cependant que le film ne propose pas d'ouvrir une troisième voie pour amorcer une vraie porte de sortie et d'évolution positive.

Pourtant le générique de début du film lui, montre une opposition avec ces choix binaires restreints des deux "mondes" présentés (celui réservé aux hommes et celui des femmes). En effet on observe les femmes toutes ensemble représentant une force, faisant un sport dit « d’homme » : le football américain, elles s'assument, parlent et rigolent fort. Et puis, tout à coup, elles rentrent dans leur cité : les hommes sont les maitres, ils reprennent leurs droits, elles se taisent et ne font plus que partie intégrante du décor. Basculement.... Elles se retrouvent soudain seules, se dissolvent jusqu'à disparaitre cédant la place.  Image très marquante voir choquante et tout en contraste. En fait ça représente bien le message global du film, et j’aurais dû me méfier que ce ne serait pas aussi simple... Je me suis même dit « ça commence mal, ça va mal finir cette histoire. » Et... en effet ça finit mal... Reproduire un comportement que l’on condamne pour s’en sortir, comment ça pourrait finir bien ? On enclenche le cercle vicieux avec en prime la culpabilité...

 

A propos de la réalisatrice :

Cela m’a donné envie d’en savoir un peu plus sur la réalisatrice et ce qu’elle a réellement voulu montrer, car cela reste mon seul avis de spectatrice. Céline Sciamma  a débuté avec  « La naissance des pieuvres » un film que j’avais aussi vu mais qui ne m’a pas vraiment marqué. Si le premier de ces longs métrages avait écopé de plusieurs nominations, le public boude un peu celui-ci. Cela ne l’empêche pas d’être nominé à Cannes et de recevoir le prix spécial de l’académie lors des lumières de la presse étrangère 2015.  Pourtant je comprends l’avis du public, le scénario m’avait promis un « choc des cultures entre une adolescente prisonnière des codes de la société, et un groupe de filles émancipées »... A vrai dire je ne vois pas en quoi elles ne sont pas plus prisonnières des codes patriarcaux et de ceux de la société, lorsqu’elles tentent d’être en opposition avec ce système… Elles ne sont jamais vraiment libres de leurs choix, et elles ne s’en rendent pas compte.

 

Je ne conseille donc pas forcément son visionnage, cela reste un film moyen, je lui mettrai 5/10, je pense avoir étayé mes propos assez longuement. Cependant je trouvais très important d'en parler car il reste pour moi intéressant de par cette dénonciation, qui je l'espère, est voulue...

Merci à tous ceux et celles qui ont eu la patience et le courage de me lire jusqu'au bout ;) Et si le film vous intéresse, ou que vous souhaitez en savoir plus voici le lien pour le teaser de "Bandes de filles".

 

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