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Un peu de Corée dans l'assiette : le Bulgogi (불고기)

Publié le par Chokopims

Le Bulgogi 불고기 est un des plats traditionnels coréens à base de viande de bœuf marinée. Il signifie littéralement 불 = feu / 고기 = viande donc "viande sur le feu" ou "viande grillée". Son nom provient du fait qu'à l'origine on cuisait la viande marinée à même le feu. De nos jours il existe des variantes où on peut le cuire dans des petits "pot-au-feu" ou sur les grills de BBQ coréens typiques. Ou tout simplement... sur nos plaques de cuisson traditionnelles ! C'est plutôt simple et rapide à réaliser et ça plait facilement à tout le monde, car un des rares plats coréens qui ne contient pas une once de pâte de piment ! Alors on n'hésite plus à le tenter !

Je vous livre ici l'adaptation du Bulgogi coréen made in Utopim'ste.

Bulgogi (불고기)Bulgogi (불고기)

Ingrédients (pour 6 personnes) :

- 800g de viande de bœuf (type carpaccio ou viande à fondue)

- Un gros poireau

- 5 carottes

- 150 g de compote (pomme ou poire selon les préférences)

- 3 grosses gousses d'ail hachées ou 5 petites de plus peut se remplacer par de l'ail semoule

- 3 cuillères à soupe de graines de sésame + 1 facultative pour les légumes 

- un demi verre d'huile de sésame + un peu pour la cuisson

- un demi verre de sauce soja sucrée

- un demi verre de sauce soja salée

- un demi verre de vinaigre de riz

 

La marinade est en cours de préparationLes légumes me semblent bien réservés aujourd'hui ^^

Préparation :

1) Couper la viande de bœuf en fines et longues lamelles - pour celles et ceux qui hésitent, je dirai environ 5 cm de long sur 1 cm de large et 5 millimètres d'épaisseur mais aussi comme vous aimez manger c'est le plus important ;) - et les mettre dans un saladier ou autre récipient pour mariner.

2) Composer la marinade par dessus votre viande : en proportion identique un premier quart d'huile de sésame, un second de vinaigre de riz et les deux derniers quarts, un de chaque sauce soja - mélange de sauce sucrée et salée à ajuster en fonction de vos préférences : vous pouvez mettre seulement la salée ou la sucrée ou diminuer l'une des deux

3) Mélanger et ajouter votre compote de poire (recette originale) ou de pomme, ainsi que vos graines de sésames et l'ail, que vous aurez préalablement haché. Il est possible de mettre à la place 2 à 3 cuillerées d'ail semoule. Puis mélanger de nouveau. 

4) Recouvrir et laisser mariner une bonne heure. Pendant ce temps passer à la découpe des légumes. Éplucher les carottes et les râper en gros tronçons. Pour le poireau, le fendre en deux et le découper en rondelles. Réserver jusqu'à la cuisson.

5) Dans un wok, ou une poêle bien chaude, commencer par faire revenir les légumes avec un peu d'huile de sésame et les graines si vous le souhaitez. Ils doivent être juste pris, compter environ 5 à 6 minutes. Petit "tipp" : Rajouter à mi-cuisson deux à trois cuillerées de marinade pour relever le goût.

6) Rajouter la viande marinée et mélanger. Prolonger la cuisson, jusqu'à ce que la viande soit cuite à votre convenance. Les coréens l'apprécient bien cuite. Personnellement je le trouve meilleur quand la viande est encore tendre, cuite à point. En fonction de la quantité de viande dans le wok et de vos goûts, le temps de cuisson pourra varier de 5 à 10 minutes.

7) C'est prêt ! On peut le servir avec du riz - bien évidemment ! - et le manger dans des petits wraps de feuille de salade à la coréenne, comme ça on a vraiment l'impression de voyager ! :)

 

Bon appétit !

Bon Appétit !!

 

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Carnet du Japon #4 Derniers jours au Japon

Publié le par Chokopims

Episode 4 : Suite et fin du séjour à Kyoto (Japon 2015)

Tâche ardue que de résumer ces carnets de voyage 8 ans après, en essayant d'être à la fois fidèle aux souvenirs, annotations et remarques de ce moi du passé qui jour après jour, gratta des pages de papiers, tout en revoyant et corrigeant la copie avec le moi du présent... après des changements évidents que le Japon, le Monde et moi avons vécu dans ce laps de temps. Pour ce dernier carnet édition Kyoto 2015, je voulais revenir cette fois sur de belles journées d'excursions où j'avais envie de m'attarder un peu plus pour différentes raisons. Ce dernier volet est publié au retour de mon second voyage au Japon qui m'a conduit à de nouvelles aventures, de nouveaux carnets que je vous partagerai à coup sûr ! et pas dans huit ans j'espère... C'est donc (re)parti pour la dernière ligne droite de ce premier tour !  du 10 juillet au 31 juillet 2015 

Nara capitale des daims !Vue sur le Wakakusayamatoro couverts de mousseLes daims de NaraTemple de Kasuga TaishaJardin japonais de Nara

Nara [奈良市], la ville des daims en liberté

Nara est un des lieux historiques par excellence à visiter, et elle aussi, est une ancienne capitale ! C'est d'ailleurs LA première capitale fixe du Japon de 710 à 794, juste avant Kyoto et l'ère Heian [平安時代, Heian jidai]  de 794 à 1185.  En arrivant là-bas vous tomberez à coup sûr, comme nous, sur Kofukuji [興福寺] une pagode de 5 étages (la deuxième la plus grande du Japon me souffle-t-on dans l'oreillette) ainsi qu'une population importante de lanternes et de daim en liberté, plus de 1 300 pour ces  derniers et le double pour les petites lanternes de pierre. Euh... 3 000 lanternes ? Oui, oui, oui... Le Kasuga taisha [春日大社] c'est le Fushimi Inari [伏見稲荷大社] du coin où les torii [鳥居] sont remplacées par des lanternes, les tōrō [灯籠] importées de chine signifiant « panier à lumière, phare » dont certaines sont recouvertes en grande partie de mousse qui leur donnent un charme certain. Et pourquoi autant de daim ? Me direz-vous. Tout simplement, parce qu'ils sont sacrés. D'après la légende, ils seraient des messagers envoyés des divinités protectrices du temple de Katsuga Taisha  [春日大社] (une statue de daim porteur du message divin, rouleau dans la bouche à l'appui, est même devant une des entrées du temple). 13 millions de touristes se pressent chaque année pour les admirer, et des stands de krakers "spécial daim" sont en poste à chaque coin du parc à cet effet. La coutume est de leur donner à manger après une courte révérence : une inclination de leur tête gracieuse ornée de beaux bois ou encore... un coup de tête cornu si vous vous faites trop prier... Non mais ! Du coup les daims sont devenus super méga gourmands et vous poursuivent pour tout - et littéralement TOUT - manger ! Y compris des papiers, prospectus, plastiques et autres objets non recommandés pour leur survie... Attachantes certes mais vite envahissantes. Il y a aussi entre autre, l'impressionnante porte de Nandaimon [南大門] du Todaiji [東大寺] grand temple de l'est, qui donne à voir le bouddha imposant qu'il abrite, le Shin Yakushiji [新薬師寺] connu pour ses 12 statues des généraux célestes, la colline verdoyante de Wakakusayama [若草山] point culminant autour de 340m et le sanctuaire de Kasuga Wakamiya [春日若宮神社] dont le Onmatsuri est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. 

Si vous souhaitez plus d'expérience à Nara, vous pouvez aller vous perdre en direction de la forêt primitive de Kasugayama [春日山原始林], une zone protégée pour la faune et la flore (équivalente de Natura 2000) depuis plusieurs décennies qui est vierge de la présence humaine (enfin ça c'est le prospectus de publicité qui le dit). Ou bien visiter le Yoshikien [吉城園] (gratuit pour les touristes) constitué de plusieurs jardins japonais où se trouvent une maison de thé, un observatoire, un petit étang avec pont et lanterne, des variétés de mousses différentes formant de généreux tapis, un petit coin fleuri dédié aux cérémonies du thé. Si comme nous, vous cherchez les ruines du château de Tamonjo [多聞城], nous vous épargnons des heures de déambulation inutiles : le concept de ruine en Asie est tout autre (voir Carnets de Corée #7). Il ne s'agit tout simplement que de l'ancien emplacement du château, et des "ruines" il ne reste pas un morceau de bois, pas une pierre, pas un panneau explicatif... Ah moins que vous ne vous vous rendiez au musée pour y voir les anciens plans et représentations de celui-ci, vous n'observerez sur les lieux, qu'un lycée japonais tout à fait ordinaire.    

En route pour BiwakoLac BiwaPlage du lac BiwaVue sur les montagnes autour du lac

Une après-midi de chercheuse au Lac Biwa [琵琶湖]

Je suis sûre que ça vous manquait et que vous l'attendiez ! Alors je passe de suite en mode géographe des plages ! D'abord commençons par quelques nombres... Le lac Biwa-ko [琵琶湖], aussi appelé mer intérieure, est une vaste étendue d'eau douce qui possède une  superficie de 670,33 km2 pour vous donner un ordre d'idée, il est plus grand que le lac de Constance, ou le lac Léman et cela se voit même... Après vérification, il l'est d'environ 100 km2 (superficie totale de 536 km2 pour le lac de Constance et 580 km2 pour le lac Léman, respectivement les 3ème et 2ème plus grands lacs d'Europe). C'est un des plus vieux lacs du monde puisque son origine remonte il y a 4 millions d'années. Son nom Biwa [琵琶] est tiré d'un instrument de musique chinois, une sorte de luth, dont il a la forme.

En prenant le train depuis Kyoto, le trajet longe une bonne partie du lac et nombres de rizières verdoyantes, bordées de maisons aux toits de tuiles bleues, les couleurs sont engageantes, surtout en cette période estivale. Lors de la descente, à la station Omi Maiko [近江舞子駅], impossible de se tromper quant à la direction de la plage, il suffit de suivre les locaux qui ont déjà gonflé, en habitués, leurs bouées dans le train. Dès notre arrivée, nous constatons que c'est un espace propice aux loisirs, et notamment le siège du jet-ski ! La zone de baignade est délimitée par des bouées, mais nous constaterons très vite que nous avons, et largement, pied ! Et ce tout du long. Cette corde servant, si vous voulez mon avis, principalement à nous protéger des fameux jet-skis quelques peu cascadeurs. La plage est géographiquement parlant un amas de petits cailloux mixés de sables grossiers et irréguliers, blotti sous de vieux pins. Anthropologiquement parlant, un amas de ballons et de bouées les unes plus énormes que les autres, aux couleurs flashies, étalant des formes de fruits majoritairement, avec une prédilection visible pour les pastèques et les ananas. Les autochtones peuvent se changer dans des cabines, s'ils ne se baignent pas complètement habillés, pour arborer des maillots de bains assortis aux bouées, aux vertus plus décoratives qu'utiles. En effet les baigneurs sont rares et suréquipés de gilets de sauvetage ou de leurs bouées énormes, les nageurs aux abonnés absents, et la consigne de sécurité solaire très respectée. En effet, ils se baignent tout habillé à la fois pour se protéger du soleil, de ses UV considérés comme très nocifs mais aussi pour empêcher leurs peaux de bronzer (petite aparté, c'est un critère de beauté à l'occidentale que le bronzage à l'heure actuelle qui s'oppose à la mode orientale qui est elle de garder la peau blanche. Cela mériterait tout un article peut-être ! Le bronzage en Europe, il n'y a pas si longtemps que ça, était aussi très mal vu, cela faisait paysan, travailleur extérieur et donc pauvres hères... Les dames de la cour préféraient largement avoir la peau laiteuse, elles aussi... Comme les japonais ! Il est curieux que de nos jours au contraire en occident c'est plus couru d'être bien bronzé, signe d'avoir profité de ses vacances alors que les nippons recherchent l'inverse ! Il y a matière à discussion !). La plage du lac est fortement propice aux rencontres d'amis autour de "barbecue party", nous n'avons pas bien compris si les deux messieurs en uniformes bleus qui déambulaient en distribuant des petits papiers aux différents emplacements de barbecue géraient la location ou l'ordre public, toujours est-il que l'ambiance était bonne, les enceintes diffusant une musique variée aux airs de vacances et les pastèques éclatées [スイカ - すいか prononcé suika] faisaient légion accompagnées nous supposons de beaux feux d'artifices [花火 - はなび prononcé hanabi] en fin de soirée comme lors des festivals estivaux que nous pouvons admirer dans les film, séries et animés.

Carnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au Japon

Petit interlude interculturel sur la sécurité routière au Japon.

La ceinture est-elle obligatoire ? A vrai dire, cette question m'a tellement préoccupée pendant notre séjour que j'ai même écrit une page entière à ce sujet dans mon journal de bord du 25 juillet 2015. Pourquoi et comment cela m'est venu ? En cherchant les mausolées de Momoyama, un secourable habitant monté dans sa camionnette nous avait déposé gentiment devant l'entrée du parc (vous vous en souvenez sûrement). Or, à peine assise j'avais eu bien du mal à chercher totalement vainement la ceinture dont la fameuse camionnette était dépourvue...

Plus tard dans le séjour, notre adorable famille d'accueil, en route pour le restaurant de sushi avec plateaux tournants, nous avait aussi "chargé.e.s" à l'arrière avec leurs deux enfants qui chahutaient insouciants sans ceinture aucune, me laissant perplexe quant-à la marche à suivre. Le contraste était d'autant plus frappant qu'à notre escale en Corée du Sud, le bus touristique que nous avions pris était équipé de ceinture que le guide se faisait un devoir de vérifier à chaque arrêt et que, de plus, la loi équipant de même nos bus français d'un concept identique venait d'être votée... Curieuse, je me suis renseignée dès notre retour, en découvrant que l'obligation du port de la ceinture à l'arrière au Japon ne datait que de 2008 (soit 7 ans auparavant) rappelons qu'en France c'est en 1990 que cela fut promulgué (et 1973 pour l'avant du véhicule). Étonnamment en Corée du Sud, c'est dès 1990 aussi, mais cela ne fut le cas que pour les voies rapides et autoroutes. Il fallut attendre 2018 (3 ans après notre séjour) pour qu'elle soit élargie à toutes les routes.

J'ai d'ailleurs trouvé un article appuyé de schémas (datant de mars 2023) sur ce sujet, environ 43% seulement des japonais respectent cette obligation du port de la ceinture de sécurité aujourd'hui. Pour en savoir plus c'est par ici ! Comme quoi il n'y a pas que moi que ça a interrogé...

Remarque : D'après une autre source sûre, une certaine Mamagei, la ceinture de sécurité serait une obsession particulière de l'Utopimste, qui vérifie compulsivement à chaque montée dans un transport qui en est pourvu, que tout l'équipage s'en soit bien muni. A croire qu'elle prêche pour la Sainte Ceinture de Sécurité... Si toi aussi tu fais partie de la secte fais moi signe !   

Ceci était un message du Ministre des transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière

Reconstitution d'une rue à la ToeiDoremi et CieStudio Toei bains publicsEntrée des studios

Silence ça tourne ! Une journée à la Toei Animation Co.

C'est le temps d'une journée que nous nous sommes glissé.e.s dans la peau d'un.e ninja (Léoly) et d'une samouraï (l'Utopim'ste) pour partir à l'aventure des studios de films japonais avec un nom à rallonge que je ne vous citerez qu'une fois pour vous épargner... 東映アニメーション株式会社, Tōei Animēshon kabushiki gaisha  ! 

Et nous n'avons pas été déçues ! Quasiment tous les films nippons sortent de ce studio (l'équivalent des studios Hollywood en Amérique) sans compter la partie dédiée à la seule Toei Animation... Cela vous dit quelque chose ? Forcément ! Miyazaki et Takahata y ont fait leurs débuts, je vous en avais parlé dans un lointain article intitulé Dans l'ombre de Miyazaki. de plus la Toei  Animation c'est (entre autre) des animés comme Doremi, St Seiya, Albator, Goldorak, Sailor Moon (pour les classiques) et plus récemment One Piece (oui oui celui qui vient d'être adapté en live action sur Netflix) ! Ici, nous déambulons dans des reconstitutions de rues d'époque (ère Meiji et Edo), nous passons dans un quartier des geishas [芸者] et maikos [舞妓], tombons nez à nez avec une exposition d'estampes, dédié à Hokusai [葛飾 北斎] et à sa vague et nous parcourons les nombreuses archives des studios. Chaque salle est plus ou moins dédiée, on compte celle des mini ninjas, une école des monstres, le hall des super-héros (qui retrace l'évolution des personnages de type "Power Rangers" "Bioman" des débuts à nos jours), une de jeux vidéos, une à la période des samouraïs avec Sanada [真田幸村], Hideyoshi [豊臣秀吉] et compagnie mais aussi des bâtiments spécifiques dont une maison hantée et une maison de ninja (avec des passages secrets pour sortir des pièces type escape game)  et j'en oublie encore ! En extérieur nous apercevons un monstre qui sort du lac (non ce n'est pas le Loch Ness), un volcan qui s'éveille et de nombreux spectacles de rues. Notamment un sur les kappas [河童] petits monstres des rivières du folklore japonais, intitulé sobrement Water Splash, on vous laisse deviner le contenu et un autre sur l'histoire d'Hideyoshi et de Sanada à l'intérieur du grand théâtre, mettant en scène des combats et des cascades de samouraïs en costumes. Dans un autre bâtiment, une  marchande ambulante (ancêtre du Rakugo [落語] dont je vous avais déjà parlé) utilise une sorte de natte de bambou, lui faisant prendre des formes pour illustrer et soutenir son récit, plus loin, nous sont expliqués tous les dessous d'un spectacle pour voir comment orchestrer un film, entre autre "trucs" de réalisation, chorégraphie des combats, décors, mise en place des saisons, ... Et bien entendu une réplique des quartiers du Shinsengumi [新選組], ces samouraïs qui étaient chargés de protéger Kyoto à la fin du shogunat de Tokugawa (fin du 19ème siècle), une époque bien connu de tous les fans de films et d'animés de samouraï, car la plus propice aux intrigues (Kenshin le Vagabond et Gintama en tête).

SekizanzeninTakaragaikeTemple dans le quartier de KokusaikaikanSinge protecteur du palaisICC KyotoManshuin

Au hasard des terminus de métro : découvrir les environs du Kokusaikaikan [国際会館駅]

Il est intéressant de découvrir une ville au hasard des chemins, ce jour là c'est ce que l'on fit. Nous choisîmes comme point de chute le terminus du métro "Kokusaikaikan" [国際会館駅] qui promettait (selon la carte) de la verdure et le tour d'un lac. Et en effet, nous avions atterri aux abords du parc Takaragaike [宝ヶ池] qui s'étendait autour d'une grande réserve d'eau portant le même nom, un ancien lac d'irrigation datant du XVIIIème siècle. Cet espace offrait une vue sur les monts environnants ainsi que sur le centre des conférences internationales : le ICC Kyoto [国立京都国際会館, Kokuritsu Kyōto Kokusaikaikan ], un bâtiment gracieux à l'architecture intéressante. Nous avions surpris des daims sauvages sortant des bois et croisé des coureurs faisant leur jogging ainsi qu'une adorable fanfare d'enfants s'entrainant.  A l'heure du service nous avions écouté la litanie d'un moine dans le temple de Sekizanzenin [赤山禅院], pour découvrir que nous étions pile sur la fameuse colline située au Nord-Ouest du palais impérial... Et alors me direz vous ? Eh bien nous avions pénétré au cœur du temple protégeant la cité et la résidence impériale de la direction malchanceuse, la preuve en était le Saru [] (singe) qui trônait en haut du temple. Puis, ce fut à Manshuin [曼殊院] que nous arrêtâmes de nouveau nos pas, devant une reconstitution passionnante des cuisines (tout à fait subjectif comme remarque je suis entièrement d'accord) ! Un alignement de petites marmites encastrées dans un plan de travail (récipient / cuves) assorties de leurs petits couvercles, plus loin la place pour l’âtre ou plutôt un trou dans le sol pierreux et toute une collection de plateaux de service. Ce calme et serein temple bouddhiste, à l'écart des cohues touristiques, abrite de nombreuses reliques et des vastes jardins aménagés tout aussi calmes et reposants, dont de petits jardins d'intérieurs très organisés et soignés. Dans ce même bâtiment, nous (re)découvrîmes l'artiste Kano Morinobu [狩野 探幽] qui avait peint la salle des tigres du Nijojo au détour d'une anecdote amusante du guide. En effet n'ayant jamais vu de tigres en vrai à l'époque, les artistes peignaient d'après leurs observations des pelisses rapportées de Chine. Seulement, n'ayant aucune connaissance à ce sujet, ils pensaient que seule les tigresses étaient rayées et que les pelisses de léopards étaient celles des tigres mâles. A l'intérieur des bâtiments vous pourrez admirer (en plus de la salle des tigres de l'anecdote) un concentré de peintures d'époques qui y sont bien conservées.

 Carnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au Japon

J'aurais encore tellement de choses à vous dire sur ce voyage, les japonais, le Japon, la culture japonaise, et les différences d'avec l'occident. Cependant il faut en garder aussi pour la prochaine fois ! C'est donc ici que se termine un voyage, et où commence un nouveau...

<< ENJOY IT !! >>

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Carnet du Japon #3 Les mille et un temples de Kyoto

Publié le par Chokopims

Episode 3 : Au cœur de Kyoto, culture, histoire et vie quotidienne

Nous allons maintenant vous conter des histoires de temples, de sanctuaires, de châteaux et de quartiers perdus ou non de Kyoto... Vous l'attendiez et le voici ! Nous débutons le troisième volet consacré à cette ville dans les règles de l'art d'une reconstitution de séjour. Partons dans les dédales d'une ancienne capitale, sur les traces de la culture et de l'histoire nippone pour en découvrir encore et toujours plus !

C'est reparti pour un tour !  du 10 juillet au 31 juillet 2015

Kiyomizu dera - don't jump !Nijojo vue de l'extérieurKenninji dieux du tonnerre et du vent paraventquartier d'Arashiyama

Pour commencer cette nouvelle journée, reprenons le cours de notre plongée historique. Dans les carnets du Japon #2, je vous parlais de la période du Shogunat des Tokugawa, qui commençait après la bataille de Sekigahara; eh bien, la majeure partie des châteaux au Japon dont Himeji [姫路市城], le plus connu et celui de Momoyama [伏見城] dont nous avons déjà parlé sont des "restes" de cette époque. Les châteaux appartenaient à de grandes familles de seigneurs de guerre (daimyo) dont dépendaient les armées de samouraïs. A Kyoto, on trouve même le palais du Shogun de l'ère d'Edo (江戸時代, Edo jidai), le chef de file de tous ces seigneurs qui prit en charge les rênes du pays à la place de l'empereur durant cette longue période. C'est un incontournable de la ville : j'ai nommé... le Nijo-jo [二条城]. Les travaux commencent en 1603, lancés par Tokugawa Ieyasu lui même, premier Shogun de sa lignée, au tout début de la nouvelle ère qu'il créé et s'annonce sous le signe de la paix. Il faut attendre 23 ans plus tard, pour que son petit fils Tokugawa Iemitsu [徳川 家光] (1604-1651) l'achève le château hein pas le Shogun... en lui ajoutant une pagode (sorte de donjon) de cinq étages. Afin de le défendre au mieux, même s'il ne sera jamais attaqué bien évidemment, nous sommes tout juste sortis des royaumes combattants et du dernier conflit de Sekigahara, rappelons nous, le château est divisé en trois espaces différents. En partant du centre, nous trouvons en premier le Honmaru [本丸] (le cercle de défense principal) percé de deux portes seulement, puis le Ninomaru [二の丸] (le cercle de défense secondaire) possédant lui trois portes (nord, est et ouest) et enfin les jardins entourés par des murailles, larges et hauts murs composés de pierres immenses et des douves remplies d'eau. Si les termes techniques nous semblent familiers, l'architecture y est très typique orientale et n'a rien à voir avec la vision occidentale d'un château fort. Passons la magnifique porte de style chinois, Karamon [唐門], comme son nom l'indique (Kara [唐] = chinois - Mon [門] = porte), qui permet de pénétrer le second cercle défensif. Nous évoluons ensuite au cœur des bâtiments, et rejoignons le palais Ninomaru [二の丸], célèbre pour son parquet "rossignol", qui chante sous le poids des visiteurs, permettant d'alerter les habitants de l'arrivée d'un ennemi potentiel. En parcourant les salles recouvertes de tatamis, nous découvrons les différentes peintures décoratives d'époque, très codifiées. Certains motifs sont exclusivement réservés aux rangs de la noblesse, comme les ornements de cerisiers et d'autres aux féaux du seigneurs comme les pins par exemple. La salle de réception est dotée d'une forme très particulière, le Shogun se trouvant surélevé par rapport aux autres invités, afin de marquer son rang, est également placé sous un plafond rehaussé, creusant comme une niche. Pour terminer la visite, faisons un tour au jardin, nommé Seiryū-en [清流園] qui, quant-à-lui, comporte deux charmants pavillons de thé, faisant face à un étang bordé d'arrangement de pierre, ainsi qu'une collection complète d'essences d'arbres variées, le tout de construction beaucoup plus récente (XXème siècle). Autres événements à noter, après la chute d'Edo en 1867 (le 14ème Shogun de la lignée rendra le pouvoir à l'empereur lançant le début de la restauration de l'ère Meiji), le site servira de résidence impériale avant de revenir aux mains de la ville de Kyoto (en 1939) et d'être classé à l'Unesco (1994) après des travaux de restaurations.

Pour nous cette visite s'est ponctuée d'anecdotes plus ou moins marquantes dont le running gag du "Nijojo maudit" qui nous a fait dire la veille au soir de LA visite "Demain, peu importe ce qui se passe, à nos risques et périls, et par la force s'il le faut, quitte à l'attaquer, on entrera dans ce château !" La première date souhaitée s'étant soldée par un "Désolé, on est fermé aujourd'hui !" la deuxième par "Désolé on n'accepte que le liquide (cash only vous ne savez pas lire ?) Et non... Désolé ce n'est pas de notre ressort, ni notre problème si les banques sont soit fermées soit ne disposent pas de distributeurs ATM internationaux..." et jamais deux sans trois "Désolé on a évité le typhon mais la pluie diluvienne n'était pas en option elle..." c'est donc après trois mésaventures soldées par un échec que la quatrième sera la bonne !

détail de la Karamon palais intérieur du NijojoMur d'enceinte du NijojoSeiryu-en pavillon du thé

Continuons le trajet de notre parcours historique en passant par trois temples intéressants à la fois de par leurs particularités et de par leurs petites surprises qu'ils abritent.

Tout d'abord le Toji [東寺], "temple de l'est", attire surtout par sa grande pagode de 57 mètres, la plus haute du Japon. Ils étaient avec son temple jumeau, aujourd'hui perdu, le Saiji [西寺] "temple de l'ouest" les deux gardiens de l'entrée sud de la capitale lors de son transfert de Nara à Kyoto au début de la période d'Heian (en 794). Les deux temples se faisaient face, symétriquement de chaque côté de l'avenue, large de 84 mètres qui traversait la jeune capitale jusqu'au palais impérial situé plus au nord. Au siècle suivant le Toji, est offert aux moines bouddhistes qui y bâtiront le Kondo Hall accueillant une statue en bois du Bouddha Yakushi, gardé par deux autres divinités, les bodhisattvas Nikko et Gakko. A côté duquel un second hall (le Kodo), sera bâti, conservant actuellement des "trésors nationaux" : 19 énormes statues dorées importées de Chine, une collection importante de divinités bouddhiques guidant les hommes afin de les éclairer sur la voie (ou la marche) à suivre. Une petite visite instructive qui vaut le détour.

Le Kenninji [建仁寺] lui, un des plus vieux temples bouddhistes zen de Kyoto, fondé en 1202, donne une impression d'immensité, c'est là que vous trouverez deux curiosités qui valent (elles aussi) que nous nous y arrêtions. La première c'est le paravent original de la peinture célèbre Les dieux du vent et du tonnerre réalisé en 1626 par Tawaraya Sotatsu [俵屋 宗達] (~1570-1643) s'inscrivant dans le courant artistique Rinpa [琳派], qualificatif pour la peinture décorative issu du nom d'un artiste tête de poupe de ce mouvement artistique de l'ère Edo nommé Ogata Kōrin accompagné de ces Huits chapitres du Dit du Genji les deux sont des œuvres utilisant des techniques à l'encre sur fond d'or ou papier dorés. La seconde particularité de ce temple, ce sont ses dragons jumeaux de Koizumi Junsaku [小泉淳作] (1924-2012), peint sur tout le plafond du bâtiment principal, le Hatto [法堂], à lui seul il occupe l'espace de 108 tatamis, soit 11,4m x 15,7m ! Pour y arriver, vous devrez vous équiper de petits chaussons, mis à votre disposition et parcourir un vestibule extérieur. De plus, clou du spectacle, en déambulant dans les différentes pièces des bâtiments, vous serez constamment confrontés à des vues sur les magnifiques jardins en alternance, sec ou humide. 

Et pour finir l'Otowa-san Kiyomizu-dera [音羽山清水寺], le "temple" des trois chutes d'eau pure du haut duquel, "non tu ne sauteras pas"... Plutôt vaste puisqu'il n'est pas si seul ! En effet le Kiyomizu dera [清水寺] est devenu au cours des siècle le nom générique d'un complexe de plusieurs temples amalgamés, qui regroupent deux pagodes, plusieurs bâtiments de temples shintos et bouddhistes mélangés en plus de notre temple principal et des fameuses chutes d'eau Otowa no taki ! Dans lesquelles, d'ailleurs, on peut chercher bonne fortune, santé ou succès en buvant dans des grandes perches creuses que l'on place sous une des trois sorties de la chute qui tombent depuis les gouttières, par dessus l'avant toit. Une des légendes attachée au Kiyomizu dera est que le saut depuis la terrasse, le Hon-do [本土], (15m de haut au total) du temple exhausserait les souhaits, vous ne pourrez pas vérifier par vous même car cette prouesse est actuellement interdite. Vous pouvez tout de même admirer l'architecture de la plateforme, un enchevêtrement de 139 poutres fixées sans aucun clou ! Nous avons aussi déniché dans le complexe, une petite escale conseillée aux romantiques dans l'âme comme Mamagei : le temple Jishu, dédié à l'amour et à la romance. Et l'anecdote suivante lui est donc tout naturellement dédiée, ainsi qu'à l'Apfelschorlette qui raffole de ce genre de détails ;) Dans ce temple vous pouvez faire, pour les célibataires de préférence, un test pour (enfin) trouver l'amour véritable : il faut partir d'une des deux pierres sacrées et rejoindre la seconde, séparée d'une dizaine de mètres, les yeux fermés pour espérer le trouver. Déçu.e.s car vous êtes déjà en couple ? Pas de soucis ! Le dieu principal de Jishu, Okuninushi no Mikoto [大汝命], apporte "l'amour bienveillant, la sagesse et le bonheur sans fin". Vous pourrez donc lui demander tout autre conseil ou aide dans votre vie sentimentale et amoureuse par l'intermédiaire de son messager, un petit lapin que l'on retrouve partout aux détours du temple. A côté, on trouve un autre réseau de temples avec une histoire plus noire que rose... le Seikanji [清閑寺], un espace mortuaire réservé à la famille impériale. Il contient les tombes des empereurs Rokujō [六条天皇] (1164-1176) et Takakura [高倉天皇] (1161-1181) et vu leurs courtes durées de vie, nous prenons note qu'il ne faisait pas vraiment bon être empereur à la fin de la période Heian surtout quand le clan Taira montait en puissance... Enfin ça c'est une autre histoire... Vous n'êtes cependant pas arrivé.e.s au bout des découvertes de cet immense espace, puisqu'en continuant vos déambulations vous tomberez peut-être sur l'Otani Honbyo [大谷本廟], encore un complexe de temple, où se trouve cette fois le mausolée de Nishi Otani [西大谷] (1173-1263) (autre nom de Shinran) un des fondateurs de « École véritable de la Terre pure » le Jōdo-Shinshū (une des nombreuses écoles bouddhiques japonaises parce que oui c'est plus drôle quand on divise en différents courants les religions) un contemporain des deux précédents ayant eu visiblement plus de chance niveau longévité (n'étant pas empereur CQFD).

 Otawa-no-takiDragons du KenninjiPagode du TojiKenninji jardin secEntrée du Kiyomizu dera

Besoin d'une petite pause kawaii  après toute cette Histoire et ces traditions ? Direction la boutique culte de Ghibli Goods, qui se visite aussi comme un mini-musée, possédant un énorme Chatbus, un Totoro en peluche et de nombreux goodies en tout genre ! si le parc à thème de Miyazaki "Ghibli Park" (ouvert en 2022 situé à Nagakute à proximité de Nagoya) et le Musée Ghibli (ouvert en 2001 situé à Mikata près de Tokyo) vous paraissent trop loin. Et bonus pour les fans d'Hello Kitties, la boutique est juste à côté ! Alors... n'hésitez plus ! attention aux horaires d'ouverture nippons ;) ferme à 17h30

Après cette courte page de publicité (de laquelle je ne tire aucun bénéfice...) poursuivons l'aventure, partons explorer et nous perdre dans le quartier de la montagne tempête : Arashiyama [嵐山] ! Une des premières destinations inscrites sur le carnet de route de Léoly et moi. Pour l'atteindre, première surprise, un tout petit tramway d'un seul wagon à l'ancienne nous y conduit pour parcourir les dernières stations et nous nous croyons réellement plongé.e.s dans un animé nippon. Nous débarquons au milieu d'une forêt de kimonos, dont les troncs sont formés de tissus colorés aux motifs variés bien installés dans des tubes protecteurs. En suivant le chemin formé, on se retrouve au centre, devant une petite fontaine surmontée d'un dragon. Il porte bonheur à qui plonge ses mains dans sa source, vous vous doutez que personne n'a eu besoin de nous le dire deux fois. Le premier temple sur lequel nous tombons est le Tenryuji [天龍寺], il possède un magnifique jardin d'origine dont le design est de Muso Soseki, constitué d'un grand parc, de bassins remplis de lotus, d'érables, et de tapis de mousse. Il est surtout connu pour avoir fait face au feu à de nombreuses reprises (comme beaucoup de monuments ici sans débattre de penchant nippons pour la pyromanie... vu qu'on est sur des matériaux bois éclairés aux lanternes en papier c'est pas si étonnant qu'un accident soit vite arrivé...) et avoir été reconstruit pour la dernière fois à l'ère Meiji (1868-1912). Ensuite notre parcours se poursuit sous les frondaisons de l'allée des bambous, ceux-ci, si immenses qu'ils se rejoignent et se touchent presque au sommet formant comme une sphère verte. Au milieu des touristes, nous nous faisons doubler par des "pousse-pousse", ces petites carrioles tirées par des porteurs, nous nous faisons la remarque que ce n'est pas la meilleure saison pour admirer des bambous et bifurquons hors des sentiers battus. C'est une  armée de petits temples en enfilade qui nous attend de pied ferme dans le secteur, sans ceux non recensés sur la carte à notre disposition nous passons devant les imposants Jojakkoji, Nison-In, Takiguchi-dora, Gioji et Danrinji avant de nous décider à emprunter la porte impressionnante du Seiryoji [清凉寺] (aussi nommé Saga Shaka do) afin de le visiter et en plus, il a le mérite d'être gratuit. Nous atteignons une Station de la JR Line (la Torokko Saga Station), retournons à la civilisation pour admirer un petit musée où trônent des anciennes locomotives, un salon XIXeme avec piano et statues de compositeurs, et le départ de la Sagano Romantic Train [嵯峨野観光鉄道] (dont les publicités vantant ses mérites ne manquent pas). Traversant le pont au dessus de la rivière agitée, nous prenons la direction d'Iwatayama, aussi connue pour être la montagne des singes. Nous attaquons un peu de dénivelé pour admirer le temple Horinji [法輪寺], qui depuis son immense terrasse propose une jolie vue sur la ville. Nous nous extasions devant la délicatesse des feuilles d'érables et des mousses qui se découpent autour des lanternes traditionnelles d'ornement en pierre, d'une pagode aux couleurs chatoyantes et d'une énorme cloche de bronze cachée par la nature. Puis, à l'entrée du parc naturel protégé, l’hôtesse nous annonce encore 20 minutes de montée, qu'à cela ne tienne un coup de ventilateur, brumisateur, et nous prenons notre temps sur le  parcours en répondant aux jeux en VO sous-titré Léoly avec quizz sur les environs et le site. C'est ainsi que nous apprenons que la montagne sert de parc naturel à plus d'une centaine de macaque, qu'actuellement c'est la saison des petits, qu'un individu atteint l'âge adulte à 10 ans et peut vivre jusqu'à 30 ans et etc. Arrivé.e.s en haut nous constatons que leur vue sur Kyoto est imprenable ! C'est l'heure de l'approvisionnement et ça se bouscule sur l'observatoire pour avoir accès à son dû. En redescendant et regagnant la station de métro nous croisons la route du Matsuo (Matsunoo) Taisha [(松尾神社], un temple shinto après tous les bouddhistes du jour, très calme, où nous apercevons des tortues, découvrons des vœux accrochés aux arbustes et découvrons une cascade bien cachée derrière l'enceinte principale, tel un "bonus level".

Porte du SeiryojiBest view ever !forêt de kimonoquartier d'Arashiyama

Quelques pas plus loin, la journée est bien avancée, la lumière décline, nous voilà déjà arrivé.e.s en fin de soirée. 

Nous vous proposons au choix trois endroits qui nous sont restés en mémoire pour une nuit formidable, suivez nous !

1er choix - la version culture tradition : Si vous vous trouvez par hasard autour du 20 juillet à Kyoto, profitez du Fushimi Inari by night ! Un magnifique Matsuri [祭り] (festival traditionnel) y a lieu, du nom de Motomiya (la fête aux lumières) on y porte son yukata et on y danse tous ensemble en rond autour d'une estrade illuminée en y apprenant les pas. Les nombreuses lanternes qui ornent les différents espaces du temple et les rangées de torii s'allument progressivement, pour une immersion complète dans le rouge, noir et orangé du temple aux couleurs du renard. Les locaux y sont majoritaires, le cadre calme et agréable. Profitez de la fraicheur, de l'immersion culturelle. Et qui sait vous obtiendrez aussi peut-être un éventail à l'effigie du Kitsune... ;)

2eme choix - la version culture citadine locale : Si vous êtes plutôt otaku [おたく], direction la salle d'arcade, de nombreux jeux en tout genre, qui se jouent seul ou à plusieurs, des goodies d'animés et de manga, des machines de fêtes foraines pour attraper des peluches ou autres cadeaux avec des grappins, des ordinateurs en libre service et bien souvent un cinéma à proximité. Vous aurez ainsi un bon aperçu d'une soirée des jeunes Kyotoïtes oui je sais c'est moche mais c'est le vrai nom... alors disons des jeunes citadins nippons ! 

3eme choix - la version bon plan de touriste : la Kyoto Tower [京都タワ] haute de 131m, équipée d'une plateforme à 100m qui offre une vue à 360° sur les environs nous avions fait la visite de jour, mais nous nous y sommes rendus de nuit aussi pour le Rakugo en ajoutant l'impression de la vue de nuit que nous avions admirées depuis celle de Séoul avec Mamagei c'est un fait : c'est à faire en soirée ! (surtout que la nuit tombe tôt ici et que la majorité des sites ferment il faut l'avouer vers 17h...). La vue d'en haut si vous gagnez le dernier étage est très sympa et de nuit vous devriez voir l'étendue lumineuse de Kyoto sans les désagrément de la pollution. De plus elle abrite dans les étages inférieurs deux spots "to be" : un point info touriste avec wifi gratuit, hôtes et hôtesses serviables prêt.e.s à vous conseiller sur toutes les meilleures choses à faire, ainsi qu'au sous-sol des stands de mochi [] (spécialités de gâteau à base de riz gluant ici parfum chocolat et matcha vous sont proposés à la dégustation). Enfin parce qu'en sortant de la tour et en regagnant la station de train principale, vous pourrez admirer le spectacle de la fontaine musicale, avec son et lumière, qui agrémente votre retour de soirée d'étoiles plein les yeux.

Fushimi Inari Matsuri - Motomiya la fête aux lumières Kyoto TowerAu détour d'une rue bordée de canauxThé et gâteau locaux pour quatre heure

 Et c'est ainsi que s'achève ce troisième épisode consacré à Kyoto, j'espère qu'il vous aura donné des idées et appris des choses sur ce beau pays... et qui sait peut-être même donné envie d'y aller ;) Nous nous retrouvons très vite pour un dernier épisode des Carnets du Japon version juillet 2015 en attendant l'édition 2023 en préparation...

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Carnet du Japon #2 Vie au Japon - Typhon, Gion Matsuri et Cie

Publié le par Chokopims

Episode 2 : On poursuit le voyage et on se demande "mais que faire les jours de pluie ?"

 

Prêt.e.s pour la suite ? J'espère que vous avez masques et bouteilles d'oxygène, parce que ce second volet est une immersion complète dans la culture, les traditions, l'histoire et la vie quotidienne japonaise ! Vérifiez bien vos palmes et préparez vous, nous allons remonter à la nage le courant du temps, et vous faire plonger dans la vie quotidienne des japonais ! du 10 juillet au 31 juillet 2015.

Salamandre géante de l'aquarium de KyotoJardin botaniqueGion Matsuri de nuitPhoenix du musée du manga

Tout d'abord arrêtons nous en l'an 869... en pleine ère Heian et plongeons au cœur de la légende du Gion Matsuri [祇園祭] ! A cette époque, sévissait dans Kyoto et dans tout le Japon une épidémie particulièrement violente, les décès liés à cette plaie étaient nombreux. L'empereur Seiwa [清和天皇] (850-880, règne : 858-876)  fit ériger puis brûler 66 hoko [鋒] hallebardes symbolisant les 66 provinces du pays afin de procéder à un rituel de purification, le 7e jour du 6e mois de l'année 869. Cette procession avait pour but d'apaiser les esprits courroucés et d'ainsi calmer la malédiction, une interprétation contemporaine de cette épidémie virulente que subissait les japonais cette année là. En effet ils pensaient que la maladie avait été envoyée par Gozu Tennō [牛頭天王] une déité à tête de bœuf en guise de punition. Pour ceux et celles qui se le demandent, voici l'explication scientifique qui se cache derrière : la rivière de Kamo-Gawa (notre QG décrit dans les carnets du Japon #1)  est sujette à de nombreuses crues qui provoquaient des stagnations d'eau et dans ses conséquences les plus larges, à la prolifération d'épidémies. C'est une des raisons pour lesquelles dans les époques suivantes, le cours d'eau sera modifié et aménagé, avec des digues en béton renforcé et un système de drainage, afin de gérer son lit et d'éviter les débordements. dans les deux sens du terme

De nos jours, le festival est toujours là, il est encore pratiqué annuellement, pour apporter la santé en éloignant les maladies, il s'étend sur le mois de juillet, dans le quartier de Gion qui lui a donné son nom. Il y a deux parades principales : le Saki Matsuki Junko ou Yamaboko Junkō [山鉾巡行] qui se déroule le 17 juillet et le Ato Matsuri Junko le 24 juillet. Les trois jours qui précèdent ces parades sont appelés Yoiyama [宵々山], nous avons eu la chance d'y participer de nuit, nous joignant aux locaux en yukata [浴衣] kimono d'été pour l'arpenter avec bonheur, admirant les chars se préparant pour le défilé. Laissez vous porter par les lumières des lanternes des chars et par la foule qui déambule aux sons différents de chacun d'entre-eux (dont certains sont visitables). En effet on compte 33 chars en tout, dont même deux qui ressemblent à des bateaux. Ils sont richement décorés de lanternes, tentures, et sculptures et se divisent en deux catégories. Les hoko (hallebardes en référence à l'évènement historique), ce sont les plus grands mesurant jusqu'à 25m et pesant pour le plus imposant 12 tonnes, ils sont équipés d'un mât surmonté d'un objet en métal et transportent leurs musiciens. Les yama sont eux plus petits, contrairement aux hoko qui sont des chars tirés, ils sont portés et l'étage est occupé par des mannequins. Chaque char représente son quartier, joue sa propre mélodie et revêt des yukatas aux motifs différents, la manœuvre la plus impressionnante de la parade est les rotations des hoko à 90° dans les angles des rues. Le changement de direction est guidé par un "porte-éventail" pour placer les chars sur des bambous couchés au sol afin de les faire pivoter en les tournants et ainsi pouvoir repartir sans encombre, en suivant l'itinéraire de la procession. Et en plus, ces magnifiques chars sont entrés en 2009 au ... Bravo patrimoine mondial de l'Unesco sous le titre "Yama, Hoko, Yatai, festivals de chars au Japon"! 

Ice ice ice ! Glace pilée à la japonaiseMiniatures du Gion MatsuriGion Matsuri YoiyamaGion Matsuri de nuit

Suite à l'arrivée inopinée d'un (petit) typhon, nous nous sommes rabattues sur des monuments abrités pour éviter de nous envoler. Ce qui veut plus ou moins dire musées ! Celui de Kyoto est d'ailleurs très intéressant et complet, il propose, comme nous, une immersion et des explications, cette fois sur la vie et l'histoire de Kyoto au cours des quatre périodes s'étalant de Heian (rappelez vous les hallebardes de l'épidémie de 869) à Edo (se terminant en 1867), époque à laquelle Kyoto cède sa place de capitale à Tokyo appelée à l'époque Edo donnant son nom à la période. Je ne vais malheureusement pas avoir le temps de m'étendre dessus ici (sinon l'article serait trop long) mais sachez qu'au cours de notre visite c'est à Sekigahara no Takai [(関ヶ原の戦い], une des plus grandes batailles historiques du Japon, qu'il avait dédié son exposition temporaire et c'est celle-ci que je vous propose de suivre en parcourant le "Hall of Fame" japonais. L'entrée de cette exposition se fait par une cinématique 3D épique sur des drapeaux blancs en mouvement nous montrant des combats de samouraïs ! je sais, décrit comme ça c'est plat mais ça créait vraiment une mise en ambiance parfaite

Pourquoi Sekigahara [関ヶ原の戦い] est-elle une bataille si importante ? Parce que le Japon moderne se fondera sur ses issues. Nageons donc rapidement pour passer de la vague 869 à la 1600ème et quittons la torpeur de l'été pour le mois d'octobre puisque cette bataille s'est déroulée le 20 et 21 de ce mois afin d'en apprendre plus ! Pour faire simple, Sekigahara signe la fin des "Royaumes combattants" au Japon, l'ère Sengoku [戦国時代] au sens large et le début de la période d'Edo. Pour faire compliqué...  Vous vous rappelez dans les cahiers du Japon #1 lorsque je vous avez parlé de l'ère Azuchi Momoyama (1573-1600) ? En 1573 Oda Nobunaga [織田 信長] 1534-1582 défait le dernier des shogun Ashikaga qui régnaient jusqu'ici en maitre depuis plus de deux siècles sur le Japon. Or, ce même shogunat avait entrainé et déchiré le pays dans une guerre civile depuis 1477, appelée guerre d'Ōnin [応仁の乱], en gros pour savoir qui serait le plus fort et arriverait à gouverner tout le Japon. Cette première grande défaite engage le début d'une période qui permis d'unifier et pacifier le pays au travers d'un nouveau shogunat instauré par Oda Nobunaga et renforcé par ses deux principaux successeurs Toyotomi Hideyoshi 豊臣秀吉 (1537-1598) et Tokugawa Ieyasu [徳川 家康] (1543-1616) qui ne pouvaient pas vraiment se voir vous allez vite le comprendre mais dont je vous épargne l'arbre généalogique complet. Et dont la succession fut tout sauf facile, peut-être en raison des restes de cent ans de guerre civile... Puisque c'est l'opposition de leurs deux familles qui mena à Sekigahara no Takai. En effet à la mort de Toyotomi Hideyoshi, le daimyo [大名] ou clan de la famille Tokugawa s'oppose, allié d'autres grandes familles, à la nomination de son fils en tant que successeur du titre de shogun et refuse de respecter la régence. Le clan Toyotomi a été affaibli par les derniers évènements, et les principaux personnages qui maintenaient l'alliance en place décèdent ce qui ouvre les portes à la contestation et dérape en "guerre de clans". Rajoutez à tout cela le fait que les Toyotomi sont d'origine paysanne et non issus des daimyo comme les Tokugawa, ce qui ne plait pas à toutes les grandes familles et vous avez des motifs de mécontentement qui mènent à un soulèvement. D'un côté les partisans fidèles, qui restent loyaux à Toyotomi Hideyoshi et supportent son fils Toyotomi Hideyori (ne soyez pas dupe il n'a que 7 ans et tous ses alliés ne sont pas sympa au point de combattre pour rien, ils espèrent aussi le manipuler plus facilement) et de l'autre la contestation mené par les partisans et les alliés de Tokugawa. C'est le clan Kobayakawa, appelé les traitres de la dernière minute, qui fera basculer l'affrontement de Sekigahara en victoire du clan des Tokugawa, en retournant sa veste au dernier moment... Une question de Timing, puisque la bataille n'a duré que 6 heures au total.   

Vous comprenez peut-être mieux pourquoi nous nous sommes mises en quête de la tombe de ce fameux Toyotomi Hideyoshi. Chose étonnante que nous avons pu découvrir du quotidien des japonaises en nous rendant sur l'édifice qui lui est dédié, toutes dégoulinantes de sueur après tant d'effort dans la moiteur ambiante j'insiste pour le contraste vous allez voir... : la Pincess-Line. Mais qu'est ce que c'est ?? C'est un bus rose réservé aux femmes seulement, discrimination positive pour éviter le harcèlement dans les transports, il y a aussi des rames dédiées à la gente féminine dans les trains. Et comble du bonheur des princesses, on peut attendre son bus à la station, en s'asseyant dans de magnifiques canapés, roses eux aussi, abrités de la pluie bien entendu, armé de son ventilateur portatif personnel : la touche de classe finale. Je vous laisse le soin de commenter et méditer sur cette initiative.

Petits serpents poissons étonnantsAquarium de KyotoThe big salamander !Aquarium et faune bizarre

Après notre intermède historique, un peu de littérature à présent ! Nous nous sommes rendues, en fanfare parce qu'on l'avait noté en haut de la liste des choses à faire au Musée international du Manga ! Premier mondial, ouvert en 2006 avec un phœnix qui orne son entrée (non ce n'est pas Ikki) il possède des murs entiers de manga. Il est construit comme une énorme bibliothèque, s'étalant sur trois étages et proposant plus de 300 000 ouvrages ! Il y a une exposition permanente sur l'histoire du manga des origines à nos jours, une salle réservée aux enfants, des originaux et objets de mangaka célèbres, et lorsque nous nous y sommes rendues une exposition sur le manga à travers la Seconde Guerre Mondiale et son impact (pendant et après), notamment comment le manga a aidé et participé dans la prise de conscience et la résilience. On y a notamment découvert Gen d'Hiroshima (dont je vous reparlerai surement ultérieurement). Une belle découverte, car ce n'est pas la fin mais la faim qui nous a poussé à en sortir !

Petit interlude de jeu traditionnel avant de nous remettre en marche et décider qui se charge de la suite du programme : le Jan Ken Pon [じゃんけんぽん], article en anglais détaillé et illustré sur le sujet, l'équivalent de notre "pierre-feuille-ciseaux" auquel les enfants de nos hôtes nous ont initiés en VO. Pour commencer la partie on dit Shaishowaguu [最初はグー] puis on poursuit avec le Jan Ken Pon [じゃんけんぽん] s'il n'y a pas de gagnant on recommence avec la fameuse phrase Aikodesho [あいこでしょ] jusqu'à ce qu'il y en ait un. C'est Léoly qui gagne cette partie et nous emmène sur les traces de Murasaki Shikibu [紫式部] (~973 - ~1014), l'auteure du premier Best Seller mondial, bon en tout cas vu du Japon, le très renommé et fameux... "Dit du Genji" [源氏物語] Genji monogatari, une œuvre fleuve écrite au XIème siècle qui comprend près de 1 000 pages et une cinquantaine de livre sur des intrigues politiques et amoureuses de la cour japonaise de son époque. Nous nous sommes aussi rendues sur son tombeau ! Euh... oui on a vu pas mal de tombes d'illustres personnages et d'illustres inconnus aussi dont le voisin de Murasaki Shikibu d'ailleurs... 

C'est l'heure de remonter en surface pour un retour au (presque) présent, et la vie quotidienne des japonais aujourd'hui... Essuyant encore l'eau qui pleuvait averse pensez Japon, pensez kawaii pensez K-Way... nous avions décidé de prendre la route de l'aquarium de Kyoto, plutôt réputé car conseillé par nos hôtes, ayant des enfants qui raffolaient de cet endroit. Nous avions ainsi pu faire connaissance avec la faune locale de la rivière Kamo Gawa dont une salamandre géante, qu'on a cherché dans le bassin pendant longtemps... parce que d'un, elles ressemblaient à s'y méprendre à des rochers, où elles se cachaient : niveau camouflage impeccable ! Mais aussi parce que de deux, nous ne les imaginions pas si géantes que ça... Elles font tout de même entre 1m et 1m40 ! oO Il en existe aussi plusieurs espèces en Asie qui était présentées dans cette même salle. Nous avons aussi rencontré d'innombrables animaux marins, otaries, phoque, dauphin, manchots à l'heure du déjeuné pour les plus courantes, et des espèces plus communes des mers d'Asie que nous connaissions, nous, moins bien. Bien entendu, je me suis longuement arrêtée pour admirer les méduses, et Léoly s'est pris d'affection pour le spectacle de dauphins et la boutique souvenir qui lui ont fait dire pendant une bonne partie du séjour que c'était son endroit préféré dans Kyoto.

Tonnelle de citrouilles et potironsUn des étang du jardin botaniqueLotus du jardin botaniqueCollection de bonsaï

Retournons nous prélasser au bord de la Kamo Gawa, maintenant en crue si vous suivez ;), faisons une pause en atteignant le jardin botanique de Kyoto et découvrons la flore locale après la faune (vous ne serez pas étonné si je vous dis que ce n'est pas Léoly qui a insisté pour y aller...). Le jardin possède de nombreux nénuphars et lotus tous en fleur à cette période, une bambouseraie très variée, un coin enfant avec des champignons-bibliothèques et une superbe collection de bonsaï. Nous déambulons dans un jardin à l'européenne avec sa roseraie, ses fontaines et sa symétrie, passons aux jardins japonais avec les petits étangs aux passerelles de bois permettant de découvrir des mini-îles qui ponctuent le parcours puis dévions sur des coins dédiés à certaines plantes. Nous faisons face à plusieurs variétés de conifères, un espace garni d'hydrangeas (dont l'hortensia fait partie), un autre d'iris, un potager où les potirons prospèrent sur des tonnelles et sont retenus par des paniers, une armée de cerisier (appelé Sakura [桜 / 櫻 / さくら] au Japon) comprenant 200 espèces différentes, des pruniers (Ume [] aussi appelé abricotier du Japon) et des érables (Kaede [楓] littéralement «mains de grenouilles» appelé aussi Momiji [紅葉] à l'automne pour ses couleurs feux littéralement "feuilles rouges changeantes») que les habitants viennent admirer en pleine saison. Notons aussi les espaces aménagés des espèces endémiques, avec les japonaises voisines des chinoises (300 000 recensées), très similaires, car il y a plusieurs milliers d'année de cela les deux pays se jouxtaient, comme ici au jardin botanique, au cœur de la Pangée : très dépaysant. 

Pour finir la soirée, nous vous emmenons voir un spectacle japonais, très particulier : le Rakugo [落語] ou "l'art de la parole qui a une chute" ! C'est une sorte de Stand-Up mais... Sit-Down (précision pour les allergiques à l'anglais : jeu de mot pas vraiment traduisible entre debout et assis). Un spectacle traditionnel comique de style narratif qui date du XVIème siècle. Pour son show, le Rakugoka [落 語 家], à genoux sur scène calé sur son petit coussin, vêtu d'un kimono, est armé d'un éventail, d'une serviette. Il s'en saisit pour raconter des histoires, ponctuées de calembour, jeux de mots et effets comiques en ne bougeant que le haut de son corps. Le spectacle de Rakugo est à l'origine un art de rue, en effet, assis en haut d'une estrade en hauteur (le kôza [高 座] nom actuel de la scène sur laquelle il siège), en coin de ruelle, le conteur haranguait la foule des passants en les captivant et les tenant en haleine aux travers de récits et d'anecdotes pleines de rebondissement jusqu'à la chute (le ochi [落ち] aussi utilisé pour le mot "punchline" en japonais). Pour en savoir plus n'hésitez pas à consulter le site français dédié au Rakugo :)

Aquarium coming soonStands ponctuants le Gion FestivalEventails du festival de GionAmbiance Gion Matsuri

La journée fut longue et bien animée, et c'est ainsi que s'achève notre deuxième épisode immersif, retournez bien sereinement sur terre, séchez-vous bien et retrouvons nous pour l'épisode 3 des carnets du Japon dans les jours à venir ! 

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La mode des galets peints

Publié le par Chokopims

La mode des galets peintsPour le nouvel an chinois, qui a eu lieu le 12 février et qui nous fait entrer dans l'année du Buffle ! Je me suis lancée à mon tour dans les galets peints, à l'aide de mes stylos POSCA, tout support, bien entendu il me tardait de les ressortir ;)

Ceux là sont juste imperméabilisés mais je compte investir dans du vernis bombe pour éviter que les couleurs et les dessins s'effacent au fil du temps.

Je suis plutôt contente du rendu :)

Pour les prochains je vais collecter des galets lisses pour éviter les problèmes rencontrés sur la petite chouette... Même si ça donne un effet plume en y mettant de l'imagination, je préfère dessiner quand le stylo glisse sur le galet et non pas qu'il accroche. C'est plus agréable.

 Voilà le résultat : une petite chouette, le buffle du nouvel an et une petite Kokeshi, le tout dans les tons bleutés !

Enjoy-it !

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La Guilde des B.A.N.I.T.

Publié le par Chokopims

La Guilde des B.A.N.I.T. à lire bannis c'est un projet d'écriture à plusieurs mains, pas que les miennes donc... ;)

C'est un projet débuté il y a quelques années maintenant, actuellement en friche et mené à l'origine par Becky, Merry, Léoly, Cagouille et moi. L'histoire type jeu de rôle de cinq héroïnes adaptées de nos personnalités chacune ayant créé son personnage dans un monde fantastique où une guerre froide sévit entre les terres magiques et l'empire steam-punk. Dans leur périple, elles remontent vers le Nord, la capitale, pour se venger du dictateur en place et unifier sans le vouloir la résistance. Avec c'était un beau prétexte des dessins à l'appui, des sketch en BD, des cartes du monde, des fiches personnages, une chronologie historique, des bouts d'histoires parallèles et etc. Nous avions créé une plateforme privée pour partager nos trouvailles et créations qui est aujourd'hui à l'abandon. Voici un petit aperçu en image des personnages de la guilde des B.A.N.I.T (les initiales des personnages dans l'ordre : Beriadwen, l'elfe guérisseuse, Ana-Lyza, la mage cagouille, Nola Steel, l'élémentaire de métal, Itsuski soleil rouge, la pirate et Tsumeta Boshi, le loup-garou)

BeriadwenAna-LyzaNola SteelIstuski soleil rougeTsumeta Boshi

Je vous livre ici le prologue rédigé de mes propres mains :p ou plutôt les épisodes pilotes qui sont restés cachés pendant tout ce temps. Seul l'avenir nous dira s'ils sortiront ou non de l'oubli ! ;) Cliquez sur les liens pour accéder aux épisodes et Enjoy it !

 

La rencontre épisode pilote #1 - Quand Béri rencontre Ana

La rencontre épisode pilote #2 - Incontrôlable Itsuski 

La rencontre épisode pilote #3.1 - Itadakimasu Tsumeta Boshi  et #3.2 -  Suite et fin

La rencontre épisode pilote #4 - Nola Steel vers le Nord 

 

 

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Là où naissent les nuages...

Publié le par Chokopims

L'Utopim'ste vous raconte des histoires #1

En souvenir d'un voyage en Italie au travers d'une vallée des nuages qui a inspiré cette petite histoire ;)

Là où naissent les nuages...

~ Prologue ~



Dans une vallée perdue à l’est, entre les deux plus hautes chaînes de montagnes du continent : les Cris de Banshees et les Monts des Erynnies, coulaient les Néphélées. Des petits torrents entrelacés que l’on pouvait entendre chanter joyeusement. Malheureusement c’était tout ce qu’on en discernait. On ne pouvait contempler guère loin, au travers de la brume qui stagnait en permanence dans le creux du vallon. Elle était là, envahissant le petit village paisible, comme à son habitude. C’est de cette vallée cachée parmi les hautes montagnes que provenaient les nuages de la totalité du globe. C’est là qu’ils naissaient pour ensuite rejoindre le monde extérieur. Là, au cœur de la vallée des Néphélées. En contre-bas du village, se tenait un grand et profond lac, tout aussi calme et tranquille. Celui-ci aurait pu refléter le paysage environnant, s’il n’était pas caché par les nuages bas qui s’y formaient perpétuellement.



C’est là aussi, dissimulés, bien à l’abri du monde extérieur, que vivaient les bergers des nuages, chargés de veiller sur eux. Le hameau de Kuraokami, devenu ce village au fil du temps, leur servait de logis. Il était constitué de quelques petits chalets de bois, que le campanile rythmant le quotidien des bergers, dépassait de quelques mètres. Il sonnait avec allégresse chaque mélodie à toute heure du jour et de la nuit. On ne le distinguait parfois qu’à peine avec les yeux, mais ses sons mélodieux étaient eux perceptibles à plusieurs kilomètres à la ronde. Lors des Grands Départs cependant, il sortait de sa brume perpétuelle. Ces jours là, lorsque les premiers vents soufflaient, dégageant le village des nuages bas qui l’encombraient, sa forme se détachait clairement. Résonnait alors loin dans la vallée une symphonie incroyable. Elle annonçait la mise en marche des troupeaux groupés de nuages vers le reste du monde. Bien que presque invisible le reste du temps, il était toutefois là, fier et droit, trônant au milieu de ce village tranquille et serein que rien ne perturbait. Personne n’était encore parvenu à remonter la source des nuages, et pénétrer dans la vallée des Néphélées. Personne non-plus, dans le hameau, n’avait eu encore l’idée ou l’envie de partir à la découverte du monde extérieur et de sortir de la vallée secrète. Tout y était si calme et paisible, comme les bergers eux mêmes.



Le cycle se déroulait ainsi. D’abord les nuages naissaient au dessus du lac de l’Oiseau-Tonnerre, sombre, vaste et profond. Ils grandissaient, dans la vallée des Néphélées, aussi appelée vallée des nuages. Ensuite, quand se levait les vents d’Autan, ils se mettaient en marche, et partaient vers le monde, guidés par les bergers des nuages. Les gardiens les accompagnaient jusqu’à la sortie de la vallée perdue, aux Portes du Soleil. Tel en était-il depuis la nuit des temps, et tel en serait-il jusqu’à la fin du monde. Ils vivaient ainsi en parfaite harmonie avec la nature qui les environnait et en autarcie complète. Bien trop occupés par leurs propres tâches ancestrales, ils se moquaient bien de savoir comment marchait le reste du globe et étaient bien contents d’en être ignorés...

En effet, pour eux leur petit monde commençait sous les cascades de l’Esprit du Vent et s’arrêtait aux Portes du Soleil, là où les Néphélées se jetaient dans le vide. Le précipice ainsi formé, constituait une barrière naturelle qui surplombait une grande étendue d’eau. Plus grande que le lac, elle s’étendait à perte de vue, scintillante d’or. Elle reflétait le soleil, presque inconnu du reste de la vallée des Néphélées, prise elle, sous une constante masse de nuage. Sur cette immense étendue d’eau dorée s’affrontaient les vents de toutes directions qui murmuraient en permanence. C’est donc naturellement que les bergers avaient fini par nommer cet endroit la Grande Plaine d’Eau ou les Murmures Dorés.



Les bergers qui habitaient la vallée cachée, perdue au cœur des deux hautes chaines de montagnes étaient des grimpeurs hors-pairs. Ils étaient très endurants, habitués à un climat et à une vie rudes. En effet, pour rejoindre le village depuis le lac de l’Oiseau-Tonnerre, là où naissaient les nuages, il fallait remonter le passage d’Eol. Pour cela, ils devaient passer par une sente sinueuse, très à pic, qui s’aventurait jusque sous les chutes de l’esprit du Vent. Les cascades, parfois gelées lors des Grands Froids, étaient capricieuses et dangereuses. Surtout de par les nombreuses bourrasques qui s’y engouffraient, glaçant l’atmosphère qui y régnait. Kuraokami, le village des bergers, se situait tout en haut du col des Sylphes, à plus de 2 500 m d’altitude. Ce n’était pourtant pas le col le plus haut des deux chaines montagneuses qui l’entouraient, mais l’ascension en était ardue et réservée à des alpinistes chevronnés, expérimentés et, bien entendu, équipés. Rejoindre le village depuis le lac prenait, à minima, deux bonnes heures de marche. La descente était elle plus rapide fort heureusement.



Le voyage vers les Portes du Soleil était lui encore plus long, et bien que moins ardu, il pouvait s’avérer tout aussi dangereux. Il prenait une bonne semaine à achever, et ce, afin de traverser la vallée à pied de bout en bout. Les bergers l’effectuaient en groupe généralement, à tour de rôle. Car à chaque arrivée des vents d’Autant, ils guidaient l’amas de nuage accumulé dans la vallée des Néphélées. A la basse saison, celle de l’Autant Blanc, annonciateur de beau temps, les bergers pouvaient effectuer le trajet deux fois par mois. Par contre, lors des Autants Noirs, chargés de pluie, cela pouvait aller jusqu’à six fois, pour les mois les plus chargés. Il fallait évacuer rapidement les nuages grisâtres et orageux, avant qu’ils n’éclatent sur la vallée des Néphélées. Ces trajets là étaient plus fastidieux et arriver au bout était un soulagement. Les monts jumeaux, Fuujin et Raijin, qui gardaient l’entrée de la vallée des nuages, de part et d’autres des Portes du Soleil, n’étaient visibles que lorsqu’on touchait au but. C’est pour cela que les bergers les vénéraient autant que des divinités. Le rite initiatique pour devenir un vrai berger accompli, était d’ailleurs de les atteindre en 7 jours seulement, durée d’un cycle des vents d’Autant Noir ou Blanc. Chacun des habitants de Kuraokami avait effectué au moins une fois ce trajet dans sa vie à l’exception peut-être des chefs de clan : les Attaviti.



Les vents d’Autant provenaient eux des grottes profondes qui creusaient la roche sous les chutes de l’Esprit du Vent. L’accès en était interdit aux bergers des nuages. Même si l’idée ne leur serait jamais venue de remonter à contre-vent les tunnels glacials de ces cavités profondes pour en connaître l’origine. Ils ne s’y aventuraient qu’en périphérie et seulement pour y rencontrer leur chef de clan, généralement un ou une sage, renommé(e) invariablement Attaviti. Il ou elle vivait là en ermite et en gardait symboliquement l’entrée. En plus de ce rôle particulier de sentinelle qui lui était totalement dévolu, on lui rendait généralement visite pour connaître en avance l’arrivée des vents d’Autant, ou pour tout autre évènement météorologique affectant la vie du village. Ainsi les bergers pouvaient mieux se préparer aux Grands Départs, mais aussi à chaque épreuve de leur vie de gardien des nuages. A la fois veilleur, sage érudit, conseiller, et encore bien d’autres choses, l’Attaviti était indispensable aux bergers. Il ou elle se devait donc de ne quitter le village sous aucun prétexte.

Car seul(e) l’Attaviti possédait le don d’Aeolus, celui de lire précisément les vents. Tout enfant naissant avec ce don était alors confié à l’Attaviti en place, pour qu’il ou elle transmette son rôle de chef du village. Quand il ou elle estimait que son successeur était prêt, l’ancien chef de clan s’aventurait dans les boyaux gelés des grottes venteuses et inhospitalières pour y mourir, cédant ainsi sa place. Et ainsi naissait un ou une nouvelle Attaviti qui perpétrait le nom et servait à son tour de guide pour le peuple paisible des bergers des nuages.


Tel en était-il depuis la nuit des temps, et tel en serait-il jusqu’à la fin du monde...




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Fil rouge ou Destiny

Publié le par Chokopims

Fil rouge ou DestinyC'est avec dans l'idée de faire quelque chose autour du destin et du fil rouge en mélangeant différentes représentations et allégories (plus ou moins connues) que j'ai esquissé ce petit dessin.

Technique simple : Crayonné avec fil rouge et contraste de noir au Posca.

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Pour ce qui est des explications des symboles si cela vous intéresse :

Pour la mythologie chinoise et japonaise deux âmes sœurs sont reliées par un fil rouge du destin, lié à la cheville pour les premiers, au petit doigt gauche pour les seconds. Le destin porte ici un kimono et le symbole de yin yang sur son front. Symbole qui montre à la fois l'opposition et la complémentarité.

Pour ce qui est des mythologiques européennes, le destin est représenté par les Moires en Grèce, les fileuses de destin (on garde donc l'idée du fil des destinées). Et dans la latine on peut compter sur l'équivalent des Parques. Ce sont des divinités aveugles, au dessus des autres puisque même la destinée des autres dieux est entre leurs mains.

Elles sont souvent accompagnées de la fameuse roue du destin, pour montrer l'inflexibilité de celui-ci et le fait que le destin ne change pas. Pour les orientaux au contraire, cette roue représente l'éternel recommencement par la réincarnation auquel on doit se soumettre.

L'urne quant-à elle représente le sort réservé au mortel.

D'autres symboles peuvent aussi l'accompagner mais je m'arrête là pour aujourd'hui ;) ENJOY-IT !

 

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