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differences culturelles

Une chocolatine dans une poche ?! Toi t'es pas du coin !

Publié le par Chokopims

J'avais déjà expérimenté la diversité de la langue française, sans s'engager loin dans le dialecte, quand en changeant pour le département voisin, les lézards étaient devenus des rapiettes pour mes collègues et les lotos de l'école des quines... Interloquée tout d'abord, je m'y suis faite, en les utilisant même parfois pour me faire comprendre.

L'avantage de l'échange franco-allemand du premier degré, c'est qu'il amène à côtoyer des collègues français(es) d'un peu partout, et pas seulement du département voisin... Je ne veux pas vous parler ici des accents typiques de certaines régions ! Même s'ils nous ont tout de même bien fait rigoler, quand mes élèves n'ont pas compris le "pain" avec l'accent charentais de mon amie Cagouille, car ils n'avaient entendu jusqu'ici que le "pain" avec l'accent aquitain... Non je veux vous parler plutôt de ces petites habitudes de langage, nos petits tics de régions, notre français pas français, qui parfois nous interpellent entre nous et nous font plaisanter : "Ah oui c'est vrai que t'es pas d'ici toi !" D'ailleurs on ne présente plus le désormais célèbre débat "chocolatine" versus "pain au chocolat" et son petit frère : la "poche" versus le "sac" plastique !

Avant d'enseigner sa propre langue autant faut-il se mettre d'accord sur ce qu'on va transmettre aux petits allemands pour qu'ils se débrouillent n'importe où en France et pas seulement dans notre belle Région. même si c'est la meilleure au Monde ! Chauvinisme quand tu nous tiens ;) C'est une question de survie pour nos petits élèves, alors on se prend la tête sur LA meilleure formulation possible des phrases :

 

- Et toi tu le dirais comment ? Plutôt : Est-ce que tu aimes le rouge ? Aimes-tu le rouge ? Tu aimes le rouge ? T'aimes le rouge ?

Une chocolatine dans une poche ?! Toi t'es pas du coin !

-  Je sais pas moi... Quelle est ta couleur préférée ?

 

A vrai dire ces petites manières de dire les choses, nous amènent parfois  à des quiproquos, ou d'autres situations amusantes, et à des discussions régionales enflammées, avec prise à partie pour renforcer les clivages Nord/Sud et Est/Ouest la plupart du temps XD C'est ainsi qu'on découvre parfois qu'on est les seuls à utiliser certaines expressions et qu'on se rend compte qu'en effet elles ne sont pas grammaticalement et/ou lexicalement parlant justes...

 

 Petite collection Alsace vs Aquitaine de perles du langage merci à Mamagei mon amie alsacienne pour ces moments édifiants dans ma découverte des possibilités de la langue française ! :

Une chocolatine dans une poche ?! Toi t'es pas du coin !1) "Est-ce que je dois sortir mes chaussures ?" c'est comme ça que j'ai pu faire rire la totalité des français de l'échange au cours de la formation, lors d'une improvisation théâtrale. J'étais la seule enseignante de la pièce née en Aquitaine... En effet, sortir ses chaussures, son manteau, ou autre chose est typiquement aquitain comme réplique. Partout ailleurs on emploie "enlever", ou "retirer", ce qui est plus correct sémantiquement puisque sortir revient à les mettre dehors... Peut-être que cela vient du fait qu'on les laissait sur le pas de la porte en Aquitaine avant de rentrer dans un édifice ? Comme le fameux "barrer la porte" charentais... Et si je voulais vraiment me faire l'avocat du diable je pourrais même répliquer que théoriquement on les "sort" de sur son corps ;p

2) "Mon mari me cherche !" Et alors il t'a trouvé ? Ai-je répondu en rigolant à mon amie Mamagei. C'est donc ainsi qu'en Alsace on parle de "venir chercher quelqu'un" cela m'a interloqué, et même encore j'ai du mal à l'entendre sans afficher un sourire amusé... Car pour moi ça ne signifie pas du tout la même chose. J'ai cependant regardé dans le dictionnaire pour savoir qui avait raison. D'après Larousse, chercher c'est "Se déplacer, parcourir un lieu, faire des efforts pour trouver ou retrouver quelque chose ou quelqu'un qui se trouve à un endroit inconnu ou oublié" donc je pense pouvoir dire sans vexer personne que c'est un abus de langage que de dire "il me cherche."

3) "T'en veux d'autre ?" Cette fois j'ai eu droit au soutien ouestien de la part de la Bretagne, qui a assuré elle aussi qu'elle l'employait. Cependant, ce n'est pas tout à fait juste puisque "autre" signifierait un différent, hors ici on demande si "t'en veux encore ?" ou "plus" et le couple d'alsaciens, Papagei et Mamagei, a bien relevé ! J'ai maintenant droit au même petit sourire que je réserve à leur "il me cherche" à chaque fois que j'emploie le fameux "Qui en veut d'autre ?".  

4) "Je ne dois pas, mais je vais y aller." pour moi le terme de "devoir" relève de l'obligation donc ici combiné avec l'emploi de la négation traduirait une interdiction ou une impossibilité. C'est ainsi que je n'ai absolument pas compris le sens du message, plantée devant les toilettes sur l'aire d'autoroute. Au contraire je me suis inquiétée complètement perdue, "Pourquoi, tu ne peux pas ? Tu n'as pas le droit ? oO " "Si mais je n'ai pas besoin." C'est là que j'ai tilté et que je me suis exclamée, comme un chevalier de la table ronde devant la découverte du Graal "AAAAAAAAAAAAHHHHH ! En fait tu n'as pas envie, mais tu vas y aller."

Si vous aussi vous avez d'autres perles langagières de vos régions n'hésitez pas à partager :)

 

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Riz au lait vs Milchreis : and the winner is...

Publié le par Chokopims

Quand on est à l'étranger, on se sent un peu responsable de l'image de son pays d'origine dans le pays d'accueil. Car d'une simple action, d'une simple phrase, ou d'un simple mot, on peut tout à la fois renforcer les stéréotypes, ou alors les démonter de A à Z. Et il se trouve que c'est comme ça... PARTOUT !

Remarque : Dans la suite de l'article j'emploie toute une gamme de "Schtroumpf*" mais c'est remplaçable par toutes les nationalités possibles dans tous les pays possibles à vous de remplacer le mot par la nationalité de votre choix, et le tour est joué ! Si vous voulez tout tester, vous pouvez relire l'article à l'infini...

Riz au lait vs Milchreis : and the winner is...Pour vous le démontrer correctement, commençons par le commencement... Une fois passée la frontière, on s'entend souvent dire après un quelconque acte banal de la vie quotidienne : "C'est bien schtroumpfais* ça !" et on s'insurge en soit-même : Mais pas du tout ! On se demande donc de plus en plus régulièrement, et cela pour tout et n'importe quoi,  si ce que l'on fait est typiquement Schtroumpfais* ou non... D'ailleurs on se dit même parfois qu'on n'est pas si Schtroumpf* que ça... On en est même bien loin, du Schtroumpf* considéré comme "authentique". Et il arrive toujours un moment, où, on se sent un peu tiraillé entre deux modes de vie plus ou moins différents, et même pire, pris à parti pour choisir un camp : pays d'accueil contre pays d'origine ! C'est ce que j'appellerai : "la question piège".

Et bien souvent l'assemblée la pose cette question, de manière complètement innocente et détournée, les yeux remplis de curiosité. Parce que oui, l'avis de la Schtroumpfette*, est une curiosité... Il faut toujours demander l'avis de la Schtroumpfette* ! Comme ça on aura l'avis de TOUS les Schtroumpfs* ! Et ça tombe avant que tu n’aies le temps de t'éclipser : "Et toi t'en penses quoi ?"  Oups... Ben c'est à dire que... En fait moi... J'essayais juste de me sauver en douce avant qu'on me demande mon avis tu vois...  Bon c'est un peu loupé... En plus, avec un peu de chance y a même l'Imbécile qui ricane sous cape dans un coin "Alors la petite Schtroumpfette* ? On s'est bien habituée à la mode du pays ? Où t'es restée chauvine ? Genre... blabla c'est mieux au pays des Schtroumpfs !" Sisisisi tu sais c'est le relou de service qui est sceptique de ton engouement dans le pays d'accueil depuis le début. Celui qui a été nourri aux stéréotypes dès le biberon, passe son temps à mettre tout son entourage dans des cases, possède une objectivité très restreinte et une tolérance quasi-inexistante. Tu peux te féliciter d'abord qu'il n'y est que lui, parfois ils sont toute une armée...

Une fois que la question piège a été posée sur le tapis, impossible de reculer ! Dans les deux sens du terme, parce qu'en plus derrière toi y a un mur... Fallait pas essayer de se sauver dans le couloir. Donc tu passes au plan B, chercher dans l'assemblée un soutient ou un bouc émissaire : un camarade Schtroumpf* expatrié lui aussi ou même un Schtroumpfophile*... Vite vite... Pas de chance ce soir, aucune trace de ces deux individus, dont la présence aurait pu être salvatrice. Ce soir donc, il va falloir se débrouiller seul(e) ! On remonte ses manches et on donne son avis en étant très vigilant sur tout et n'importe quoi, enfin parfois surtout sur n'importe quoi... Et ce sans raison valable et logique... Pourquoi ? Parce qu'on est soudain étonnamment stressé... Pour deux bonnes raisons : Tout d'abord parce que la quasi-totalité des personnes présentes à ses deux yeux braqués sur nous et le verre en suspend à la main, et puis aussi parce qu'on se sent légèrement responsable de ce que pourra penser, la majorité de l'assemblée ici-présente, après notre discours, sur l'ensemble des Schtroumpfs* dans le monde. Surtout si c'est la première fois qu'ils rencontrent un Schtroumpf* de leur vie ! Ce qui fait qu'on finit bien souvent par dire une énorme bêtise. En bafouillant en plus... A ce moment là, on n'est absolument plus sûr de savoir si c'est un avis de Schtroumpf*, un avis de locaux, un avis Locotroumpf, un avis exotique, un avis à côté de la plaque, un avis de tempête, ... 

C'est à ce moment là donc, que je me lance pas très rassurée... Il y a des choses pour lesquelles on fini par prendre parti, parce que tout simplement ça correspond plus à sa manière de vivre et de penser. A un moment, j'ai dû choisir mon camp sur un sujet HAUTEMENT SERIEUX, et mea culpa en ce qui concerne le Riz-au-Lait j'ai choisi le Milch-Reis sans hésiter ! Parce qu'à vrai dire le manger chaud sortant de la casserole avec, saupoudré dessus, de la cannelle et du sucre, je ne peux vraiment pas y résister !

Pour conclure : à l'étranger parfois d'individu, on passe à groupe d'individu. Beaucoup d'expatriés restent en effet entre-eux, plutôt que de faire face à la population qui vit dans le pays où ils ont pourtant choisi de vivre... J'en reparlerais peut-être plus tard, parce que c'est pas vraiment comme ça que je conçois personnellement l'expatriation... Et cette perte d'individualité tout à coup, ça fait (très) bizarre. Si tu ne t'étais jamais posé de question sur ton pays d'origine jusque là, ben tu t'en poses des tonnes. Et finalement tu redécouvres ton propre pays , au travers des yeux des locaux ! Et c'est pas si mal du tout, tu apprends à l'apprécier autrement, à te détacher de la pression qui pèse sur toi afin d'éviter de te retrouver dans les situations citées plus haut, pour mieux en rire et t'en moquer.

Au bout du compte on prend pleinement conscience que nous sommes tous des citoyens du monde qui adoptent les habitudes seyant le mieux  à notre caractère et à notre façon d'être, n'en déplaise à l'Imbécile... Et ça se ressent particulièrement dans les villes comme Frankfurt, ou plus de 133 origines différentes Sachant qu'il y a quasiment 200 pays dans le Monde, et plus de 300 peuples différents ça nous amène à un rapport entre 33 et 50% des nationalités représentées dans une seule et même ville ! se côtoient au quotidien, entre différences culturelles, historiques, religieuses, philosophiques et etc...

 

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