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La guerre du point de vue des vaincus #1

Publié le par Chokopims

En me rendant à Kyoto au Japon pendant l'été 2015, oui tout à fait cet article a mis 11 ans à finir d'être rédigé... et en mettant les pieds dans le musée du manga, je ne pensais pas qu'il allait se passer ...

ça !

La guerre du point de vue des vaincus #1

Un déclic ! Pour mettre plus en avant l'Histoire oubliée des vaincus. J'ai toujours été intéressée par l'Histoire du XXème siècle, notamment par les guerres capables de déchirer le monde, et de montrer le pire de ce que cache l'être humain. Pour quelqu'un d'optimiste me direz-vous c'est un comble... En fait, en plus d'y chercher réponse à une question principale "Pourquoi n’apprenons nous pas toujours de nos erreurs passées ?" j'aime m'intéresser à la construction des récits et aux différentes versions proposées. Plus précisément à celles de nos livres d'Histoire, dans le temps et autour du monde, qui ne racontent pas vraiment la même... d'Histoire... Et c'est plutôt normal puisque ces récits historiques témoignent d'une vision des faits, "subjective" c'est-à-dire située dans un contexte, du point de vue de celles et ceux qui l'écrivent. Et non ne vous en foutez pas !! Puisque cela influence les sociétés actuelles en perdurant comme base de la construction de la culture.

Je vous explique ! On a souvent raconté l'Histoire avec un grand H du point de vue des vainqueurs. Puisque ce sont eux, bien entendu, qui font passer LEUR Histoire à la postérité. Parce que vous vous doutez bien que le peuple opprimé n'a pas vraiment son mot à dire... Et pour illustrer ça, quoi de tel que le tout début de l'Histoire européenne...

Qui a décidé que les peuplades celtes, très variées et non unies, seraient rassemblées sous l'AOP "Les Gaulois" ?

Intervention de notre invité VIP "Grand César" : Les Romains pardi ! Ben vous croyez quoi ? Que le Grand César allait s'embêter à retenir tous leurs noms ? Eh oh ! C'est des peuples conquis. Alors ils vont tous s’appeler les Gaulois parce qu'ils vivent en Gaule. Et puis voilà ! Comment ça y en a un peu partout ? Ben la Gaule du Nord, et celle du Sud. Quoi encore ? Comment ça plusieurs Suds ? Ben divisez ça en deux ! Donnez LUI cette carte ! (regardant la carte) Bon là facile, Narbonne : la Narbonnaise et... y a de l'eau là non ? Aqua... Aquitaine ! IL va créer des zones géographiques pour s'y retrouver. Et mieux gérer aussi... Faut pas pousser ça fait loin à dos de cheval depuis Rome tout ça... Et tiens IL va appeler ça... Des régions ! De quoi les peuples ? Vous plaisantez ? C'est déjà beaucoup trop compliqué. En plus ils vont croire qu'ils ont gagné... Qui c'est Veni, Vidi, Vici ?! 

Voilà voilà merci César et caetera ;) Bon... En vrai ça s'est pas passé comme ça... Pour des infos de première main, lisez la Guerre des Gaules, c'est écrit par l'intéressé ! Tout aussi subjectivement que les miennes cependant...

Pourquoi je vous parle de tout ça ? Dans tout conflit, qu'il aboutisse ou non sur une guerre, il y a deux partis. Donc forcément : deux sociétés, idéologies ou cultures qui s'affrontent, reportant souvent les torts dans l'autre camp. C'est bien connu "depuis mon propre prisme j'ai toujours une "bonne" raison" même si de l'avis des autres la qualifier de "bonne" est tout à fait subjectif... En effet il y a des raisons, des explications à ces conflits : des causes, et ce dans les deux camps. Celles-ci peuvent nous permettre de comprendre, sans justifier et sans légitimer... comment ou pourquoi on en est arrivé là ? C'est ce qu'on appelle communément "la géopolitique" ! Parce que oui, comme chez beaucoup d'animaux, c'est souvent une question de ressources ou de territoires. Sans rentrer dans les débats politiques actuels, pour lesquels je vous laisse vous faire un avis sans polémiquer. Prenons l'exemple de la Seconde Guerre Mondiale, parce que c'est un conflit traité en long en large et en travers en lien avec le Japon... Vous allez comprendre...

On a longtemps entendu parler de la version des gagnants notamment "la France de la Résistance" en passant outre tous les collabos parce que ça nous arrangeait bien d'avoir le beau rôle. Cependant, certains historiens, ont rappelé et expliqué que s'il n'y avait pas eu le Diktat, l'humiliation, après la Première Guerre Mondiale, alors l'Allemagne ne se serait peut-être pas vengée. Cependant... on pourrait aussi leur opposer que si l'Allemagne avait eu une forte capacité de Résilience, alors peut-être qu'il n'y aurait pas eu de guerre... Avec des si on mettrait Paris dans une bouteille... et nous n'allons pas refaire le monde en supposition aujourd'hui ! Bref, en résumé, la Seconde Guerre Mondiale pourrait aussi être réécrite ainsi dans un futur livre d'Histoire : l'Allemagne vaincue par le passé veut revenir sur le devant du tableau historique, avoir sa belle page dans la postérité, et la réécrire à sa manière, mais la France (aidée de ses alliés) ne compte pas lui céder sa place.

Ici on parle de l'Europe mais on pourrait tout aussi bien raconter la colonisation du point de vue des colonisé.e.s, bien tranquille chez eux et elles qu'on vient "civiliser". "Euh, merci mais j'ai rien demandé !" En plus, comme certains peuples transmettaient leur histoire principalement par tradition orale et/ou n'ont pas laissé de traces écrites, c'est un peu trop facile d’effacer leurs petites histoires de la grande Histoire, un peu comme les cartes du monde sont toujours centrées sur le pays qui les a produites, l'Histoire l'est aussi. C'est l'occasion de citer le groupe Sinsemilia qui appuierait sûrement mes propos ainsi : "de l'histoire, notre histoire, ils ont oublié trop d'chapitres : amnésie sélective, bonne conscience collective"... Et si d'un côté du Rhin, l'Allemagne apprend donc à ses élèves l'horreur et la responsabilité pour les crimes de guerre en assumant sa culpabilité dans l'Histoire mondiale ; de l'autre côté, la France elle, ne se prend que trop ou jamais au sérieux quand elle raconte son passé chauvin engoncé dans un vieux et démodé "nos ancêtres les Gaulois" que si vous suivez bien est en plus faux ! ...

Mais... je m'éloigne encore de mon point de départ et je sens que certain.e.s s'impatientent...

Revenons à nos moutons et en l’occurrence, à notre musée du manga de Kyoto, que s'est-il passé ce jour là ? En pénétrant dans les locaux nous sommes tombé.e.s sur une exposition tout à fait intéressante autour du traitement par le manga de la période couvrant la Guerre du Pacifique et ses suites. Une première découverte de notre fameuse "Seconde Guerre Mondiale" du point de vue japonais ! Et là vous comprenez ;) En effet, de l'autre côté du globe, ce conflit prend un autre nom, la colonisation nippone s'étant fait ressentir bien avant que la France et l'Angleterre ne se disent que ça suffisait bien de laisser l'Allemagne envahir les pays civilisés de la majeure partie de l'Europe... De son côté le Japon ne s'est pas fait prier pour suivre l'exemple allemand et envahir lui aussi rapidement ses voisins : la Corée, la Mandchourie, certaines îles russes, jusqu'à ce qu'il tombe sur un os de taille... les USA... vous connaissez la suite...

Nous c'est sur l'exposition que nous sommes tombé.e.s et ainsi la découverte de la vie avant, pendant et après ces épisodes cauchemardesques constituant la Guerre du Pacifique, notamment ceux d'Hiroshima et Nagasaki. Même si depuis j'ai aussi découvert l'Histoire coréenne et chinoise : les fameux torts que les Japonais veulent cacher* (comme quoi comme je vous le disais personne n'est parfait ^^) Ce traumatisme pour les japonais a donné lieu à une explosion de la création ! Notamment pour raconter le quotidien après guerre et ces évènements autour des "hibakusha", le nom donné aux victimes de la bombe, qui sont rejetés par les leurs et le gouvernement.

Dans les années 70/80 les plumes commencent à se libérer, cette période voit, entre autre, la création d'un manga très célèbre appelé Gen d'Hiroshima (1973-1985), récit en partie auto-biographique, écrit en 10 tomes par Nakazawa Keiji que j'ai enfin réussi à lire en entier, après m'être fait prêté la collection complète par Eclectique ! Ainsi qu'une œuvre, la Fillette au drapeau blanc (1989), basée elle aussi sur une histoire vraie (et la photo de la fillette en question); écrite par une mangaka, Tomiko Higa ! L'auteure explique dans sa postface comment elle s'est intéressée à cette histoire et comment elle a réussi à retracer le parcours de la petite fille, en donnant de sa personne. Si vous êtes du genre à avoir besoin d'un point d'ancrage européen, vous pouvez vous attaquer à l'Histoire des 3 Adolfs (1983-1985) d'Osamu Tezuka, son style est particulier, et je ne le trouve personnellement pas à mon goût, mais ça a le mérite de bien expliciter d'autres clefs de ce conflit, et notamment des relations entre l'Allemagne et le Japon, qui ne sont pas souvent traitées dans les cours d'Histoire. Merci Eclectique pour la référence ! Le sujet fait encore parler de lui, et les auteur.e.s continuent de le requestionner, puisque dernièrement Kazuyoshi Takeda a sorti Peleliu : Guernica du Paradis (publié entre 2016 et 2021) qui raconte l'histoire en 1944 d'un soldat, dessinateur, et de sa troupe envoyé sur une île paradisiaque qui ne va pas le rester longtemps... celui-là je ne l'ai pas lu mais il donne envie !

Niveau littéraire pur je me dois de vous conseiller Notes de Hiroshima (1965) de Kenzaburo Ooé (dont je n'affectionne pas les fictions pourtant) un ouvrage très éclairant ! L'auteur y retranscrit des essais de récits reportages de ses différents passages à Hiroshima et sa rencontre avec les "hibakusha". Kenzaburo Ooé nous propose de nous immerger dans l'ambiance qui règne dans la ville au cours de ses séjours couvrants 1964 et 1965. Je peux vous proposer un autre excellent livre sur le point de vue d'un ancien soldat La guerre des jours lointains (1978) de Akira Yoshimura. Au travers de son personnage principal, Takuya Kiyohara, il relate la vie après guerre et le traitement de la question des crimes de guerre à cette période au Japon.

Pour les plus cinéphiles d'entre-vous on peut penser directement au Tombeau des Lucioles (1988) d'Isaho Takahata, qu'on ne présente plus, issu d'un livre en partie auto-biographique de Akiyuki Nosaka, La tombe des lucioles (1967). L'un des premiers films à avoir évoqué la dévastation causée par la bombe atomique s'intitule sobrement Hiroshima (1953) et est signé de Hideo Sekigawa : il a été réalisé à partir de témoignages écrits de survivants. Pour quelque chose de plus récent, on peut se pencher du côté de Lettre d'Iwo Jima (2006) qui même réalisé par un célèbre américain, un certain Clint Eastwood, tente de faire le choix de ne prendre le parti de personne, et de dénoncer plus simplement l'horreur que constitue la guerre.

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J'espère vous avoir éclairé un peu plus sur la question, et donné envie de vous intéresser à l'Histoire du point de vue des vaincus à votre tour. Je suis loin d'être exhaustive et objective dans mes choix, car je n'ai malheureusement pas tout lu, ni tout vu, de plus le net regorge déjà de recommandations à ce sujet, que vous aurez tout temps d'approfondir à votre guise tout comme moi. Enjoy-it !

 

* Si le sujet vous intéresse je peux vous conseiller de vous renseigner pour la Corée, autour des "femmes de réconforts"  notamment avec le livre Filles de la mer (2018), de Mary Lynn Bracht, qui raconte l'histoire des haenyo sur l'île de Jeju, qui sont envoyées en Mandchourie pour les troupes japonaises. Je vous reconseille I can't speak (2017) et aussi deux bons films historiques ! The Age of the Shadows (2016) qui raconte la vie en Corée occupée par le Japon dans les années 20 et Battleship Island (2017) sur l'évasion massive des travailleurs coréens forcés, prisonniers sur une île japonaise. Du côté chinois, le "massacre de Nankin", est l'élément le plus marquant de cette période pour commencer, âmes sensibles s'abstenir. Un beau livre à ce sujet, qui fait croiser les éléments réels et la science-fiction est L'Homme qui mit fin à l'Histoire (2011) de Ken Liu.

Et si tout ça vous a plu et que vous voulez encore en savoir plus, vous pouvez : me laisser un commentaire, attendre un prochain article à ce sujet ou encore nous conseiller et confier vos propres découvertes et coups de cœur à ce sujet !

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C.G. Jung et sa Dialectique du Moi et de l'Inconscient

Publié le par Chokopims

C.G. Jung et sa Dialectique du Moi et de l'Inconscient

Avec Léoly on parle souvent bouquin... on échange paroles et livres, on se conseille des lectures, on critique fond et forme, on débat, ... Bref on élargit notre vision des choses. Dernièrement on a commencé à discuter sur des notions de psychologies, grâce ou à cause de la Time Line des BTS qu'elle décode dans son blog ;) et que moi, petite scientifique de formation, était loin de maitriser. Elle me parlait de "Persona" "Ombre" "Anima" et "Animus" et avançait un certain Carl Gustav Jung père fondateur de ces idées...

Curieuse j'ai donc emprunté le livre où reposent les bases de ces concepts pour mieux comprendre de quoi il en retournait... Et puisque je l'ai lu et que j'ai énormément de choses à dire à ce sujet vous allez non ne me remerciez pas écoper d'une critique tout à fait personnelle de la Dialectique du Moi et de l'Inconscient de Monsieur Jung.

 

C'était qui ce Carl Gustav Jung déjà ? Un médecin psychiatre (1875-1961), père fondateur de la psychologie analytique, un des premiers disciples de Sigmund Freud ouioui celui là même obsédé par le complexe d'Oedipe et l'hystérie soit disant typiquement féminine qui vous rebute à l'entrée dans l'histoire de la psychanalyse... Ne le détestez pas tout de suite en le mettant dans le même panier ! Pour sa défense, ils se sont séparés d'un commun accord pour "divergences de points de vue à la fois théoriques et personnelles"... Et puis Jung, grâce à ses travaux, a aussi dressé les bases des différents types psychologiques, et ce dès 1921, que l'on retrouvera développées et retravaillées en 1962 dans le fameux test MBTI (Myers Briggs Type Indicator) dont vous avez peut-être déjà entendu parler surtout qu'il a le vent en poupe en ce moment. Carl Gustav Jung est un chercheur, essayant de faire avancer la connaissance de la psyché humaine. Pour cela, il consigne ses découvertes, il s’appuie sur ses cas cliniques afin d'étayer ses propos et élaborer des théories psychologiques en résultant.

 C.G. Jung et sa Dialectique du Moi et de l'Inconscient C.G. Jung et sa Dialectique du Moi et de l'Inconscient C.G. Jung et sa Dialectique du Moi et de l'Inconscient

Bon et qu'est-ce qu'il en dit de notre fonctionnement psychologique dans son livre ? Avec ici, en vrac ce à quoi j'ai (sur)-réagi ...

- La notion de Persona, ces "masques" de personnalités publiques, à l'origine persona étant le nom latin des masques portés au théâtre. En fonction des normes sociales des groupes auxquels, l'humain veut ou va appartenir, il développe cette ou ces Persona, ces masques afin d'aligner sa personnalité et ses comportements aux demandes et aux attentes de l'environnement extérieur : il se fond dans la norme et s'adapte pour survivre. A vrai dire il y a pas mal d'expressions liées à cette image comme "tomber les masques" ou "ne pas se fier aux apparences". Il est difficile de nier que tout être humain s'adapte aux normes de la société, de la culture dans laquelle il nait, grandit et vit. Les valeurs peuvent être différentes et on accepte certaines choses dans une société, communément admise, qui ne le seront pas dans une autre. Historiquement parlant la société et les normes sociales de Jung, ne sont pas les mêmes que les nôtres et cela se lit clairement dans son style et son traitement de la gente féminine pour ne citer que cet exemple. On obtient donc un humain conforme à la société, non pas conforme à lui même et qui n'est pas toujours lucide à ce sujet, ne se rend pas compte, qu'il a été façonné dans le milieu, l'environnement, qui l'a fait grandir. ça emmène à se poser beaucoup de question dès le début de ses essais Jung va plus loin en disant que : si on s'identifie trop à notre Persona et qu'on ne prend pas conscience qu'elle existe, que l'on se cache donc derrière nos masques, il peut y avoir une grave crise psychologique. Il ajoute que toutes les Persona cachent leur part d'Ombre et que celle-ci est plus ou moins grande en gros tout ce qui ne sera pas acceptable dans la société dans laquelle la personne vit.    

- L'Ombre donc... Le côté obscur de la force, Je suis ton père Luke... notre côté sombre, lié aux côtés primitifs, égoïstes, désavoués et refoulés ça vous rappelle t y pas quelque chose ? Freud bien sûr ;) C'est un peu la théorie de Dr Jeckyll et M. Hyde. Mais... ce n'est pas forcément que du négatif qui est refoulé, là est l'idée intéressante derrière ! Ce qui est réellement "enfermé" dans l'Ombre, c'est seulement tout ce qui ne correspond pas, n'entre pas dans les cadres de la société et de ses normes. C'est ce qui est considéré comme "mauvais" dans les termes de l'éducation qui a été imposée, et remettons encore une fois en contexte, historiquement parlant pour Jung, par la société judéo-chrétienne européenne et ses mœurs morales. Jung nous explique qu'il existe différents types d'Ombre et que les confronter, leur faire face, en avoir conscience, permet d'atteindre le bien être et la liberté. S'échapper des carcans de la société à laquelle on s'est adaptée et se demander réellement si ce trait de caractère en nous est bon ou mauvais d'un point de vue totalement objectif. Faire renouer sa Persona et son Ombre, afin d'être soi enfin là j'extrapole à ma propre interprétation.  

- La où ça dérape... Une justification de l'adultère de l'homme et de l'homme seulement j'insiste peut-être pour se donner à lui bonne conscience... je me retrouve nez à nez avec une phrase du genre "l'homme voit la pluralité de la femme et la retrouve dans chacune de ses maitresses". De mon point de vue de femme du XXIeme siècle j'avance donc, avant de continuer ma lecture, que la femme voit inversement dans ses amants la pluralité de l'homme. Logique imparable. Puis je continue la lecture. Ah non ! La femme, elle, voit tous les hommes dans un seul et unique : son mari... Et Monsieur Jung de poursuivre son propos sans même se donner la peine de le cacher entre les lignes... Mais il faut qu'elle comprenne que c'est pas possible. Sinon elle met trop de pression sur l'épaule de son pauvre mari qui ne peut assumer tous les rôles et être parfait. Je vous épargne les commentaires en direct à chaud... Je n'invente rien c'est écrit noir sur blanc

- Machisme et Patriarcat omniprésents qui donne la lecture choquante de phrases telle que "la femme appartient à l'homme"... Cependant c'est tragiquement édifiant quant-à la société de l'époque et de la situation des femmes qui devaient vraiment avoir une Persona très développée et une part d'Ombre en effet énorme puisqu'on leur interdisait d'être elle et de penser par elle même. C'est à remettre en contexte certes, on est dans l'entre-deux guerre en 1933 quand ce livre est publié pour la première fois... Mais l'édition que je tiens en main est de 1961... Je parcours les quelques annotations de la part du relecteur, pour me rassurer de l'évolution des choses. Elles sont malheureusement très minimes sur le rôle que tient la femme. Et nous comprenons, mon conscient, mon inconscient et moi, déçu.e.s... que cela n'a pas beaucoup bougé en 30 ans... Heureusement on a droit à une phrase de bas de page du relecteur qui donne espoir en disant qu'à son avis, la société de demain aura tout à gagner à ce que l'homme accepte sa part de féminité et la femme sa part de masculinité. Ouf... et merci !

- Les concepts d'Anima (féminité) : Les Caprices et les Humeurs typiquement féminines c'est bien connu... rappelons qu'on est encore aux notions de l'hystérie féminine exclusivement soutenues par S. Freud VS l'Animus (masculinité) : Les Opinions typiquement masculines c'est bien connu aussi... Les femmes ne pensent pas par elle même voyons !  Et les hommes ne sont soumis à aucun sentiment ni émotion voyons ! Jung t'es sérieux ? Présentés comme ça je ne peux et ne veux surtout pas y souscrire ! Surtout qu'on reste dans une notion binaire du monde et des humains, et alors que fait-on de toutes celles et tous ceux qui ne rentrent pas dans tes cases ? Par exemple, les LGBT ou les Non-Binaires Monsieur Jung ?

- Même question pour la notion de transfert et la césure psychique avec les parents. D'après Jung on trouve en grandissant LA personne qui nous correspond et permet de couper le lien parental proprement pour être équilibré et éviter Oedipe. Bien entendu cette personne est : son mari pour la femme et inversement sa femme pour l'homme. Ah... pour une fois y a égalité pourquoi tu râles ?? Aucun autre scénario possible qu'un mariage hétérosexuel dans les règles... Donc Mea culpa à tous les paxés, célibataires, LGBT et autres relations non soumises aux lois religieuses de l'univers : vous ne serez jamais aboli du joug parental selon Jung... pour la belle jambe que ça vous fait...

C.G. Jung et sa Dialectique du Moi et de l'Inconscient C.G. Jung et sa Dialectique du Moi et de l'Inconscient C.G. Jung et sa Dialectique du Moi et de l'Inconscient

Pour conclure sur cette lecture, et pour rire encore un peu, je vais finir avec la notion de "Mana". Elle m'a fait sourire à chaque phrase parce que d'après ce que j'en comprenais, j'y voyais une sorte de super pouvoir magique qui nous permettait de faire face au monde. En gros dans le texte, c'est l'acceptation et l'assimilation de l'Anima (la part féminine de soi) alors on peut dire que c'est un pied de nez au sexisme pas du tout latent et ce n'est pas un euphémisme ^^ qui transpire dans le livre que de dire que c'est la part féminine de nous qui nous donne un super pouvoir non ?

 J'attends avec impatience vos avis sur le sujet, si vous souhaitez en discuter ;) et vos conseils de lecture si vous avez d'autres théories sur le cerveau et le moi. Enjoy-it !

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