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Carnet du Japon #3 Les mille et un temples de Kyoto

Publié le par Chokopims

Episode 3 : Au cœur de Kyoto, culture, histoire et vie quotidienne

Nous allons maintenant vous conter des histoires de temples, de sanctuaires, de châteaux et de quartiers perdus ou non de Kyoto... Vous l'attendiez et le voici ! Nous débutons le troisième volet consacré à cette ville dans les règles de l'art d'une reconstitution de séjour. Partons dans les dédales d'une ancienne capitale, sur les traces de la culture et de l'histoire nippone pour en découvrir encore et toujours plus !

C'est reparti pour un tour !  du 10 juillet au 31 juillet 2015

Kiyomizu dera - don't jump !Nijojo vue de l'extérieurKenninji dieux du tonnerre et du vent paraventquartier d'Arashiyama

Pour commencer cette nouvelle journée, reprenons le cours de notre plongée historique. Dans les carnets du Japon #2, je vous parlais de la période du Shogunat des Tokugawa, qui commençait après la bataille de Sekigahara; eh bien, la majeure partie des châteaux au Japon dont Himeji [姫路市城], le plus connu et celui de Momoyama [伏見城] dont nous avons déjà parlé sont des "restes" de cette époque. Les châteaux appartenaient à de grandes familles de seigneurs de guerre (daimyo) dont dépendaient les armées de samouraïs. A Kyoto, on trouve même le palais du Shogun de l'ère d'Edo (江戸時代, Edo jidai), le chef de file de tous ces seigneurs qui prit en charge les rênes du pays à la place de l'empereur durant cette longue période. C'est un incontournable de la ville : j'ai nommé... le Nijo-jo [二条城]. Les travaux commencent en 1603, lancés par Tokugawa Ieyasu lui même, premier Shogun de sa lignée, au tout début de la nouvelle ère qu'il créé et s'annonce sous le signe de la paix. Il faut attendre 23 ans plus tard, pour que son petit fils Tokugawa Iemitsu [徳川 家光] (1604-1651) l'achève le château hein pas le Shogun... en lui ajoutant une pagode (sorte de donjon) de cinq étages. Afin de le défendre au mieux, même s'il ne sera jamais attaqué bien évidemment, nous sommes tout juste sortis des royaumes combattants et du dernier conflit de Sekigahara, rappelons nous, le château est divisé en trois espaces différents. En partant du centre, nous trouvons en premier le Honmaru [本丸] (le cercle de défense principal) percé de deux portes seulement, puis le Ninomaru [二の丸] (le cercle de défense secondaire) possédant lui trois portes (nord, est et ouest) et enfin les jardins entourés par des murailles, larges et hauts murs composés de pierres immenses et des douves remplies d'eau. Si les termes techniques nous semblent familiers, l'architecture y est très typique orientale et n'a rien à voir avec la vision occidentale d'un château fort. Passons la magnifique porte de style chinois, Karamon [唐門], comme son nom l'indique (Kara [唐] = chinois - Mon [門] = porte), qui permet de pénétrer le second cercle défensif. Nous évoluons ensuite au cœur des bâtiments, et rejoignons le palais Ninomaru [二の丸], célèbre pour son parquet "rossignol", qui chante sous le poids des visiteurs, permettant d'alerter les habitants de l'arrivée d'un ennemi potentiel. En parcourant les salles recouvertes de tatamis, nous découvrons les différentes peintures décoratives d'époque, très codifiées. Certains motifs sont exclusivement réservés aux rangs de la noblesse, comme les ornements de cerisiers et d'autres aux féaux du seigneurs comme les pins par exemple. La salle de réception est dotée d'une forme très particulière, le Shogun se trouvant surélevé par rapport aux autres invités, afin de marquer son rang, est également placé sous un plafond rehaussé, creusant comme une niche. Pour terminer la visite, faisons un tour au jardin, nommé Seiryū-en [清流園] qui, quant-à-lui, comporte deux charmants pavillons de thé, faisant face à un étang bordé d'arrangement de pierre, ainsi qu'une collection complète d'essences d'arbres variées, le tout de construction beaucoup plus récente (XXème siècle). Autres événements à noter, après la chute d'Edo en 1867 (le 14ème Shogun de la lignée rendra le pouvoir à l'empereur lançant le début de la restauration de l'ère Meiji), le site servira de résidence impériale avant de revenir aux mains de la ville de Kyoto (en 1939) et d'être classé à l'Unesco (1994) après des travaux de restaurations.

Pour nous cette visite s'est ponctuée d'anecdotes plus ou moins marquantes dont le running gag du "Nijojo maudit" qui nous a fait dire la veille au soir de LA visite "Demain, peu importe ce qui se passe, à nos risques et périls, et par la force s'il le faut, quitte à l'attaquer, on entrera dans ce château !" La première date souhaitée s'étant soldée par un "Désolé, on est fermé aujourd'hui !" la deuxième par "Désolé on n'accepte que le liquide (cash only vous ne savez pas lire ?) Et non... Désolé ce n'est pas de notre ressort, ni notre problème si les banques sont soit fermées soit ne disposent pas de distributeurs ATM internationaux..." et jamais deux sans trois "Désolé on a évité le typhon mais la pluie diluvienne n'était pas en option elle..." c'est donc après trois mésaventures soldées par un échec que la quatrième sera la bonne !

détail de la Karamon palais intérieur du NijojoMur d'enceinte du NijojoSeiryu-en pavillon du thé

Continuons le trajet de notre parcours historique en passant par trois temples intéressants à la fois de par leurs particularités et de par leurs petites surprises qu'ils abritent.

Tout d'abord le Toji [東寺], "temple de l'est", attire surtout par sa grande pagode de 57 mètres, la plus haute du Japon. Ils étaient avec son temple jumeau, aujourd'hui perdu, le Saiji [西寺] "temple de l'ouest" les deux gardiens de l'entrée sud de la capitale lors de son transfert de Nara à Kyoto au début de la période d'Heian (en 794). Les deux temples se faisaient face, symétriquement de chaque côté de l'avenue, large de 84 mètres qui traversait la jeune capitale jusqu'au palais impérial situé plus au nord. Au siècle suivant le Toji, est offert aux moines bouddhistes qui y bâtiront le Kondo Hall accueillant une statue en bois du Bouddha Yakushi, gardé par deux autres divinités, les bodhisattvas Nikko et Gakko. A côté duquel un second hall (le Kodo), sera bâti, conservant actuellement des "trésors nationaux" : 19 énormes statues dorées importées de Chine, une collection importante de divinités bouddhiques guidant les hommes afin de les éclairer sur la voie (ou la marche) à suivre. Une petite visite instructive qui vaut le détour.

Le Kenninji [建仁寺] lui, un des plus vieux temples bouddhistes zen de Kyoto, fondé en 1202, donne une impression d'immensité, c'est là que vous trouverez deux curiosités qui valent (elles aussi) que nous nous y arrêtions. La première c'est le paravent original de la peinture célèbre Les dieux du vent et du tonnerre réalisé en 1626 par Tawaraya Sotatsu [俵屋 宗達] (~1570-1643) s'inscrivant dans le courant artistique Rinpa [琳派], qualificatif pour la peinture décorative issu du nom d'un artiste tête de poupe de ce mouvement artistique de l'ère Edo nommé Ogata Kōrin accompagné de ces Huits chapitres du Dit du Genji les deux sont des œuvres utilisant des techniques à l'encre sur fond d'or ou papier dorés. La seconde particularité de ce temple, ce sont ses dragons jumeaux de Koizumi Junsaku [小泉淳作] (1924-2012), peint sur tout le plafond du bâtiment principal, le Hatto [法堂], à lui seul il occupe l'espace de 108 tatamis, soit 11,4m x 15,7m ! Pour y arriver, vous devrez vous équiper de petits chaussons, mis à votre disposition et parcourir un vestibule extérieur. De plus, clou du spectacle, en déambulant dans les différentes pièces des bâtiments, vous serez constamment confrontés à des vues sur les magnifiques jardins en alternance, sec ou humide. 

Et pour finir l'Otowa-san Kiyomizu-dera [音羽山清水寺], le "temple" des trois chutes d'eau pure du haut duquel, "non tu ne sauteras pas"... Plutôt vaste puisqu'il n'est pas si seul ! En effet le Kiyomizu dera [清水寺] est devenu au cours des siècle le nom générique d'un complexe de plusieurs temples amalgamés, qui regroupent deux pagodes, plusieurs bâtiments de temples shintos et bouddhistes mélangés en plus de notre temple principal et des fameuses chutes d'eau Otowa no taki ! Dans lesquelles, d'ailleurs, on peut chercher bonne fortune, santé ou succès en buvant dans des grandes perches creuses que l'on place sous une des trois sorties de la chute qui tombent depuis les gouttières, par dessus l'avant toit. Une des légendes attachée au Kiyomizu dera est que le saut depuis la terrasse, le Hon-do [本土], (15m de haut au total) du temple exhausserait les souhaits, vous ne pourrez pas vérifier par vous même car cette prouesse est actuellement interdite. Vous pouvez tout de même admirer l'architecture de la plateforme, un enchevêtrement de 139 poutres fixées sans aucun clou ! Nous avons aussi déniché dans le complexe, une petite escale conseillée aux romantiques dans l'âme comme Mamagei : le temple Jishu, dédié à l'amour et à la romance. Et l'anecdote suivante lui est donc tout naturellement dédiée, ainsi qu'à l'Apfelschorlette qui raffole de ce genre de détails ;) Dans ce temple vous pouvez faire, pour les célibataires de préférence, un test pour (enfin) trouver l'amour véritable : il faut partir d'une des deux pierres sacrées et rejoindre la seconde, séparée d'une dizaine de mètres, les yeux fermés pour espérer le trouver. Déçu.e.s car vous êtes déjà en couple ? Pas de soucis ! Le dieu principal de Jishu, Okuninushi no Mikoto [大汝命], apporte "l'amour bienveillant, la sagesse et le bonheur sans fin". Vous pourrez donc lui demander tout autre conseil ou aide dans votre vie sentimentale et amoureuse par l'intermédiaire de son messager, un petit lapin que l'on retrouve partout aux détours du temple. A côté, on trouve un autre réseau de temples avec une histoire plus noire que rose... le Seikanji [清閑寺], un espace mortuaire réservé à la famille impériale. Il contient les tombes des empereurs Rokujō [六条天皇] (1164-1176) et Takakura [高倉天皇] (1161-1181) et vu leurs courtes durées de vie, nous prenons note qu'il ne faisait pas vraiment bon être empereur à la fin de la période Heian surtout quand le clan Taira montait en puissance... Enfin ça c'est une autre histoire... Vous n'êtes cependant pas arrivé.e.s au bout des découvertes de cet immense espace, puisqu'en continuant vos déambulations vous tomberez peut-être sur l'Otani Honbyo [大谷本廟], encore un complexe de temple, où se trouve cette fois le mausolée de Nishi Otani [西大谷] (1173-1263) (autre nom de Shinran) un des fondateurs de « École véritable de la Terre pure » le Jōdo-Shinshū (une des nombreuses écoles bouddhiques japonaises parce que oui c'est plus drôle quand on divise en différents courants les religions) un contemporain des deux précédents ayant eu visiblement plus de chance niveau longévité (n'étant pas empereur CQFD).

 Otawa-no-takiDragons du KenninjiPagode du TojiKenninji jardin secEntrée du Kiyomizu dera

Besoin d'une petite pause kawaii  après toute cette Histoire et ces traditions ? Direction la boutique culte de Ghibli Goods, qui se visite aussi comme un mini-musée, possédant un énorme Chatbus, un Totoro en peluche et de nombreux goodies en tout genre ! si le parc à thème de Miyazaki "Ghibli Park" (ouvert en 2022 situé à Nagakute à proximité de Nagoya) et le Musée Ghibli (ouvert en 2001 situé à Mikata près de Tokyo) vous paraissent trop loin. Et bonus pour les fans d'Hello Kitties, la boutique est juste à côté ! Alors... n'hésitez plus ! attention aux horaires d'ouverture nippons ;) ferme à 17h30

Après cette courte page de publicité (de laquelle je ne tire aucun bénéfice...) poursuivons l'aventure, partons explorer et nous perdre dans le quartier de la montagne tempête : Arashiyama [嵐山] ! Une des premières destinations inscrites sur le carnet de route de Léoly et moi. Pour l'atteindre, première surprise, un tout petit tramway d'un seul wagon à l'ancienne nous y conduit pour parcourir les dernières stations et nous nous croyons réellement plongé.e.s dans un animé nippon. Nous débarquons au milieu d'une forêt de kimonos, dont les troncs sont formés de tissus colorés aux motifs variés bien installés dans des tubes protecteurs. En suivant le chemin formé, on se retrouve au centre, devant une petite fontaine surmontée d'un dragon. Il porte bonheur à qui plonge ses mains dans sa source, vous vous doutez que personne n'a eu besoin de nous le dire deux fois. Le premier temple sur lequel nous tombons est le Tenryuji [天龍寺], il possède un magnifique jardin d'origine dont le design est de Muso Soseki, constitué d'un grand parc, de bassins remplis de lotus, d'érables, et de tapis de mousse. Il est surtout connu pour avoir fait face au feu à de nombreuses reprises (comme beaucoup de monuments ici sans débattre de penchant nippons pour la pyromanie... vu qu'on est sur des matériaux bois éclairés aux lanternes en papier c'est pas si étonnant qu'un accident soit vite arrivé...) et avoir été reconstruit pour la dernière fois à l'ère Meiji (1868-1912). Ensuite notre parcours se poursuit sous les frondaisons de l'allée des bambous, ceux-ci, si immenses qu'ils se rejoignent et se touchent presque au sommet formant comme une sphère verte. Au milieu des touristes, nous nous faisons doubler par des "pousse-pousse", ces petites carrioles tirées par des porteurs, nous nous faisons la remarque que ce n'est pas la meilleure saison pour admirer des bambous et bifurquons hors des sentiers battus. C'est une  armée de petits temples en enfilade qui nous attend de pied ferme dans le secteur, sans ceux non recensés sur la carte à notre disposition nous passons devant les imposants Jojakkoji, Nison-In, Takiguchi-dora, Gioji et Danrinji avant de nous décider à emprunter la porte impressionnante du Seiryoji [清凉寺] (aussi nommé Saga Shaka do) afin de le visiter et en plus, il a le mérite d'être gratuit. Nous atteignons une Station de la JR Line (la Torokko Saga Station), retournons à la civilisation pour admirer un petit musée où trônent des anciennes locomotives, un salon XIXeme avec piano et statues de compositeurs, et le départ de la Sagano Romantic Train [嵯峨野観光鉄道] (dont les publicités vantant ses mérites ne manquent pas). Traversant le pont au dessus de la rivière agitée, nous prenons la direction d'Iwatayama, aussi connue pour être la montagne des singes. Nous attaquons un peu de dénivelé pour admirer le temple Horinji [法輪寺], qui depuis son immense terrasse propose une jolie vue sur la ville. Nous nous extasions devant la délicatesse des feuilles d'érables et des mousses qui se découpent autour des lanternes traditionnelles d'ornement en pierre, d'une pagode aux couleurs chatoyantes et d'une énorme cloche de bronze cachée par la nature. Puis, à l'entrée du parc naturel protégé, l’hôtesse nous annonce encore 20 minutes de montée, qu'à cela ne tienne un coup de ventilateur, brumisateur, et nous prenons notre temps sur le  parcours en répondant aux jeux en VO sous-titré Léoly avec quizz sur les environs et le site. C'est ainsi que nous apprenons que la montagne sert de parc naturel à plus d'une centaine de macaque, qu'actuellement c'est la saison des petits, qu'un individu atteint l'âge adulte à 10 ans et peut vivre jusqu'à 30 ans et etc. Arrivé.e.s en haut nous constatons que leur vue sur Kyoto est imprenable ! C'est l'heure de l'approvisionnement et ça se bouscule sur l'observatoire pour avoir accès à son dû. En redescendant et regagnant la station de métro nous croisons la route du Matsuo (Matsunoo) Taisha [(松尾神社], un temple shinto après tous les bouddhistes du jour, très calme, où nous apercevons des tortues, découvrons des vœux accrochés aux arbustes et découvrons une cascade bien cachée derrière l'enceinte principale, tel un "bonus level".

Porte du SeiryojiBest view ever !forêt de kimonoquartier d'Arashiyama

Quelques pas plus loin, la journée est bien avancée, la lumière décline, nous voilà déjà arrivé.e.s en fin de soirée. 

Nous vous proposons au choix trois endroits qui nous sont restés en mémoire pour une nuit formidable, suivez nous !

1er choix - la version culture tradition : Si vous vous trouvez par hasard autour du 20 juillet à Kyoto, profitez du Fushimi Inari by night ! Un magnifique Matsuri [祭り] (festival traditionnel) y a lieu, du nom de Motomiya (la fête aux lumières) on y porte son yukata et on y danse tous ensemble en rond autour d'une estrade illuminée en y apprenant les pas. Les nombreuses lanternes qui ornent les différents espaces du temple et les rangées de torii s'allument progressivement, pour une immersion complète dans le rouge, noir et orangé du temple aux couleurs du renard. Les locaux y sont majoritaires, le cadre calme et agréable. Profitez de la fraicheur, de l'immersion culturelle. Et qui sait vous obtiendrez aussi peut-être un éventail à l'effigie du Kitsune... ;)

2eme choix - la version culture citadine locale : Si vous êtes plutôt otaku [おたく], direction la salle d'arcade, de nombreux jeux en tout genre, qui se jouent seul ou à plusieurs, des goodies d'animés et de manga, des machines de fêtes foraines pour attraper des peluches ou autres cadeaux avec des grappins, des ordinateurs en libre service et bien souvent un cinéma à proximité. Vous aurez ainsi un bon aperçu d'une soirée des jeunes Kyotoïtes oui je sais c'est moche mais c'est le vrai nom... alors disons des jeunes citadins nippons ! 

3eme choix - la version bon plan de touriste : la Kyoto Tower [京都タワ] haute de 131m, équipée d'une plateforme à 100m qui offre une vue à 360° sur les environs nous avions fait la visite de jour, mais nous nous y sommes rendus de nuit aussi pour le Rakugo en ajoutant l'impression de la vue de nuit que nous avions admirées depuis celle de Séoul avec Mamagei c'est un fait : c'est à faire en soirée ! (surtout que la nuit tombe tôt ici et que la majorité des sites ferment il faut l'avouer vers 17h...). La vue d'en haut si vous gagnez le dernier étage est très sympa et de nuit vous devriez voir l'étendue lumineuse de Kyoto sans les désagrément de la pollution. De plus elle abrite dans les étages inférieurs deux spots "to be" : un point info touriste avec wifi gratuit, hôtes et hôtesses serviables prêt.e.s à vous conseiller sur toutes les meilleures choses à faire, ainsi qu'au sous-sol des stands de mochi [] (spécialités de gâteau à base de riz gluant ici parfum chocolat et matcha vous sont proposés à la dégustation). Enfin parce qu'en sortant de la tour et en regagnant la station de train principale, vous pourrez admirer le spectacle de la fontaine musicale, avec son et lumière, qui agrémente votre retour de soirée d'étoiles plein les yeux.

Fushimi Inari Matsuri - Motomiya la fête aux lumières Kyoto TowerAu détour d'une rue bordée de canauxThé et gâteau locaux pour quatre heure

 Et c'est ainsi que s'achève ce troisième épisode consacré à Kyoto, j'espère qu'il vous aura donné des idées et appris des choses sur ce beau pays... et qui sait peut-être même donné envie d'y aller ;) Nous nous retrouvons très vite pour un dernier épisode des Carnets du Japon version juillet 2015 en attendant l'édition 2023 en préparation...

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Carnet de Corée #1 Séoul

Publié le par Chokopims

Il était une fois ... SEOUL !

Avec Léo-Lycanthrope et Becky nous sommes parties trois semaines en Corée du Sud en juillet. L'occasion pour moi de vous dévoiler quelques photos et quelques notes de voyages au pays du matin calme. Nous sommes restées six jours à Séoul du 11 au 16 juillet 2017, le temps pour nous de tomber sous le charme de cette mégalopole qui ne dort jamais...

GyeongbokgungRives sud du HanHanok Village

 Après plus de dix heures d'avion on arrive de bonne heure à l'aéroport, avec un bon décalage horaire, mais une excitation qui nous tient en éveil ! L'occasion de constater que l'arrivée de nuit au Japon n'était certes pas un cadeau, mais celle du matin de bonne heure en Corée ne l'ai pas forcément non plus car passé l'excitation, la chaleur humide n'aidant pas, la fatigue se fait vite ressentir je note donc pour la prochaine fois : arriver en début d'après-midi ;) munies de la T-money, d'un plan, et d'une liste de recommandations d'ami(e)s coréen(ne)s, nous sommes prêtes pour partir à l'assaut de la ville !

Une bonne surprise à Séoul, c'est que tous les musées sont gratuits, et très bien documentés en anglais, parce que je suis encore (très) loin du bilinguisme... La chaleur nous a souvent poussées en même temps que la curiosité à pénétrer dans ces grandes bâtisses, pour y chercher fraîcheur et savoirs. Nous avons ainsi arpenté lors de notre séjour pas mal de musées dont je retiens surtout :

Musée de l'histoire de Séoul - maquette de la villeTime to Kimchi - Musée folkloriqueYi Sunsin, Amiral nous voilà...Musée national de l'histoire de Corée, drapeaux à l'essai

- Le musée folklorique, dédié à la culture coréenne de la préhistoire à nos jours. Situé proche du palais 경복궁 Gyeongbokgung, il possède un grand parc extérieur surmonté d'une pagode avec une reconstitution de village des années 60, des statuettes de pierre et des sculptures. A l'intérieur vous pouvez admirez entre autre, des costumes d'époques, découvrir des us et coutumes, l'évolution de la culture coréenne et son implantation dans la péninsule.

- Le musée de l'impératrice 명성 Myeongseong (situé dans le palais royal 경복궁 Gyeongbokgung) qui fût assassinée par les japonais en 1895, on y trouve notamment une mise en scène poétique de sa mort et l'histoire de cette impératrice Min.

- Le double musée dédié au roi 세종대왕 Sejong le Grand (1397-1450) et à l'amiral 이순신 Yi Sunsin (1545-1598). Le premier est le quatrième roi de la dynastie Joseon 조선, humaniste, il est un des plus appréciés de tout le régime, notamment parce que c'est lui qui est à l'origine de l'alphabet coréen actuel : le 한글 Hangeul mais aussi d'autres inventions. Et le second un héros national, qui a arrêté par deux fois l'invasion japonaise en partie grâce aux fameux bateaux tortues, alors que les coréens étaient en sous-nombre... Pour les curieux je vous laisse voir le film The Admiral - Ruoaring Currents !

Bibimbap dans un restaurant insolite et charmantPetite sirène de Copenhague en vacanceTakoyaki export japonais découvert XDGwanghwamun porte d'entrée du palais principal

- Le musée national de l'histoire contemporaine de Corée : il commence en 1876 et documente les préludes de la République de Corée du Sud jusqu'à aujourd'hui, en passant notamment par l'occupation japonaise et la guerre de Corée. Il s'étend sur huit étages et possède une vue imprenable sur le palais principal. Il est très intéressant de faire en complément le musée de l'histoire de Séoul qui quant-à-lui commence avec l'implantation de la capitale à Séoul. En plus, il possède une immense maquette de la ville actuelle, plutôt étonnante qui occupe une salle d'exposition à elle toute seule !

- Le musée des remparts où l'on apprend que le mur de fortification de la ville de Séoul est celui qui a servi le plus longtemps, 500 ans au total et que c'est un des plus grands du monde, puisqu'il fait 18 km au total. Aujourd'hui en partie reconstruit dû à la volonté des dirigeants de la ville il est même inscrit à l’Unesco.

Secret Garten dans le ChangdeokgungSanctuaire Jongmyo, après-midi d'été arroséChanggyeonggung, celui qui a résisté aux feux ;)Deoksugung entre ancienneté et modernité

En tant que touristes curieuses qui se respectent nous avons déniché un Pass pour pouvoir visiter les quatre palais principaux : le 창덕궁 Changdeokgung, palais de la prospérité qui dispose d'un magnifique "Secret Garten", le 경복궁 Gyeongbokgung palais du bonheur resplendissant, première résidence des rois à Séoul, érigé pour la première fois au 14ème siècle, le 창경궁 Changgyeonggung et le 덕수궁 Deoksugung, palais de la longévité vertueuse qui entouré d'immeubles récents contraste bien entre moderne et ancien.  En prime il y avait une entrée pour le sanctuaire confucéen 종묘 Jongmyo où se trouvent les tablettes mortuaires des impératrices et des empereurs coréens.

Cette semaine fût riche en découvertes en tout genre, et même si je vous fais ici une liste non exhaustive de nos péripéties, il est clair que nous n'avons pas, loin de là, inspecté tous les moindres recoins de Séoul... Pour cela il faudra revenir ;) Donc en accéléré ....

Relève de la garde au GyeongbokgungSéoul Tower by nightSéoul by night, quartier étudiant

Nous avons arpenté les rues du Bukchon Hanok Village (북촌한옥마을) et de Insa-dong (인사동) , sommes montées jusqu'en haut de la tour de Séoul située sur le Namsan (남산), pour admirer la vue de nuit imprenable, avons dégusté et apprécié la cuisine traditionnelle, mais aussi les Streetfood et les 팥빙수 Patbingsu (glaces délicieuses)... avons fait un tour dans le célèbre quartier de Gangnam (강남), découvert la rive sud du fleuve Han, où se trouve la statue du monstre de The Host et la jumelle de la sirène de Copenhague ! Acheté des 호빵 hoppang, brioche fourrée à la pâte de haricot rouge,  en coréen sur le marché de Namdaemun (남대문시장), admiré les lumières de la ville de nuit, échappé au mauvais temps, respiré l'ambiance des quartiers étudiants de Hondae (홍대), écouté les débuts de futurs artistes coréens underground, longé les ruisseaux aménagés, sauté par dessus, sans glisser dedans, avons pris une bonne centaine de photo par jour... chacune... Bref c'était génial ! :)

Petit temple bouddhisteDongdaemun Plazza Parc du musée folklorique, ancien tramway désormais remplacé par les métro !

 

 

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Un p'tit croquis pour la route : pavillon oriental

Publié le par Chokopims

Palaces orientalisants On continue dans la série croquis...

Ce pavillon à l'orientale cache une petite anecdote amusante, que je voulais vous faire partager. Il a été esquissé au soleil, dans le jardin chinois de Frankfurt am Main, ceux qui sont déjà venus me rendre visite, savent sûrement d'où je parle, ainsi que certains autres. Peut-être d'ailleurs certain(e)s d'entre-eux ont déjà reconnu une part d'inspiration de ce monument (ou pas).

Toujours est-il que je me suis assise là, j'ai sorti mon crayon, déjà bien usé, une feuille et je me suis lancée... J'ai commencé par essayer de reproduire le toit du pavillon qui se trouvait en face de moi, puis je me suis perdue dans l'improvisation. Alors que j'en étais aux touches finales un monsieur d'un certain âge s'est exclamé en allemand bien sûr ;) "Quelle rapidité ! Quand j'ai commencé de faire le tour du jardin, vous veniez tout juste de commencer !" Il s'est ensuite lancé dans un monologue rempli de gentils compliments même si je ne savais vraiment pas où me mettre sous le flot de son enthousiasme : que c'était vraiment très beau, que ça lui rappelait son enfance et les jouets en papiers qu'il construisait, qu'avec juste un crayon à papier c'était impressionnant ce qu'on pouvait obtenir comme rendu, que j'avais su m'inspirer de l'environnement sans le reproduire à l'identique, en me l'appropriant, que j'avais sûrement dû étudier l'art à l'université, que ça renvoyait de la vitalité, de la positivité et de la joie, ... (ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'on me dit que peut importe le sujet, mes dessins ont un côté positif et optimiste, à croire que je mérite bien mon surnom d'Utopim'ste)

J'ai hésité à lui donner pour le remercier, mais après avoir discuté un peu, il est reparti comme il était venu en me souhaitant une excellente journée et de continuer à dessiner. J'ai noté cette rencontre sitôt rentrée dans mon Bullet Journal, dans la rubrique de mes fiertés personnelles. Je vous laisse juger par vous même si ce monsieur n'a pas trop exagéré.

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