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culture asiatique

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Publié le par Chokopims

 Episode 6 : Bienvenue dans le Kansai ?

Et nous voici toutes et tous repartis au quart de tour pour la suite de nos aventures trépidantes dans le... KANSAI ! Avec aujourd'hui, au programme : les hauts mais aussi les bas du séjour... Puisqu'en "Théorie" tout se passe bien mais que nous ne vivons pas en Théorie ;)

Rétrospective du 9 au 24 juillet 2023

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Petits trésors et surprises le long du lac Biwa [琵琶湖]

Je vous avais déjà mentionné le lac Biwa [琵琶湖] et ses particularités géographiques dans le Carnet du Japon #4, avec Mamagei et l'Apfelschorlette, nous avons décidé d'explorer d'autres bords de ce lac...  Nous débarquons en cette matinée à notre premier point, au Nord-ouest du lac à la station Omi-Takashima [近江高島駅]. A la sortie de la gare nous sommes accueillies par l'immense statue de Gulliver et des lilliputiens. D'ici, en suivant le plan nous comptons rejoindre à pied le torii [鳥居] immergé du Shirahige-Jinja [白鬚神社], un petit temple perdu, pourtant considéré comme le sanctuaire principal de tous les sanctuaires Shirahige du Japon. La première partie se fait entre rizière, montagne et lac, plutôt bucolique et agréable, puis se poursuit par la longée de la nationale 161. certes moins sympa mais correcte, le plan exact pour s'y rendre se trouve dans la gare Avec un petit détour agréable et inattendu par un monument constitué de 48 bouddhas de pierre, l'Ukawa Shijuhattai Sekibutsugun [鵜川四十八体石仏群は]. Les uns à côté des autres, ils sont tous tournés dans la même direction et forment comme un mur de 1,6m de haut. Arrivées au Shirahige-Jinja [白鬚神社], je préfère vous prévenir si vous souhaitez vous y rendre, l'Otorii [大鳥居] se trouve dans le lac de l'autre côté de la route nationale qu'il est interdit de traverser, sécurité oblige. (alors oui... ça casse un peu son charme) Malgré plusieurs panneaux l'indiquant, de manière on ne peut plus claire, cela n'empêche pas les touristes de traverser les voies rapides pour mitrailler le monument. Pour la petite histoire, ils ont été installés en 2021 en même temps qu'une plateforme d'observation sécurisée du côté du temple, et ce, à la demande du sanctuaire, après un nombre important d'accidents de la route successifs à cet endroit... On se doute... dus aux traversées intempestives de touristes de cette route 161 plutôt fréquentée sans réelle visibilité et aux ralentissements des voitures Le reste du temple, au demeurant sympathique, est cependant vite parcouru car la construction de cet axe routier n'a pas permis un développement de construction dans les environs qui sont plutôt vides. Pour ceux et celles qui le souhaitent, l'Otorii [大鳥居] immergé est accessible par bateau (se renseigner sur les locations de canoë) et je pense que l'expérience est à tenter. En revenant nous passons par l'Otomegaike-Wa [乙女ヶ池は], un petit étang d'environ 9 hectares, traversé par des ponts-passerelles entrecroisés, au bout de notre chemin se situent les ruines de l'Omizo-Jo. Cette fois on pourra admirer des restes visibles de cet ancien château : des pierres constituants la base de sa tour principale. Le village de Takashima [高島] a une particularité agréable, surtout par canicule, il est alimenté dans son ensemble par un système de canaux qui draine l'eau de la montagne dans toutes les rues.

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Le second arrêt sur le lac Biwa se trouve à Katata-Eki [堅田駅], nous arpentons les rues pour rejoindre les rives du lac du côté de Mano-hama  [真野 浜] au Nord, en longeant un cours d'eau du même nom Mano [真野]. Celui-ci ne semble pas très pollué car la biodiversité bat son plein. Une quantité de hérons et de buses s'y massent nous faisant comprendre qu'il doit aussi avoir, par extension, une belle quantité de poissons... Nous y croisons la route de plusieurs locaux, des aménagements hydrauliques et de mini-temples avant de dénicher un petit et adorable phare nommé Dejima [出島の灯台]. Surmonté d'une échelle pour y monter : il est à la fois original et photogénique ! Puis nous continuons au travers des temples avec vue sur la "mer intérieure" (autre nom du lac Biwa [琵琶湖]) pour atteindre notre but ultime : l'Umikido [浮御堂], le superbe pavillon flottant d'un temple zen : le Mangetsu-Ji [満月寺] Mangetsu [満月] = clair de lune. L'offre visuelle de ce pavillon flottant est magique, elle a été peinte par Utagawa Hiroshige [歌川広重] (1797-1858) au début des années 1830 dans sa série d'estampe Huits vues d’Omi Ōmi hakkei  [近江八景], dans l'oeuvre Katata no Rakugan [堅田の落雁], "le retour des oies sauvages à Katata". Le lieu a aussi inspiré le poète Matsuo Basho [松尾 芭蕉] (1644-1694), dont un de ses célèbres haikus figure gravé dans une roche de l'enceinte du Mangetsu-Ji [満月寺]. Lors de notre visite du temple, le soleil commence à décliner : les reflets du ciel dans l'eau sont magnifiques. Nous profitons à la fois du spectacle, du vent agréable et du calme de ce lieu. Idéal pour un repos car peu fréquenté Pour terminer cette journée nous dénichons une autre petite surprise pour Mamagei dans un temple voisin, le Shozuidera [祥瑞寺] : une pierre en forme de cœur porte bonheur qui dépasse du sol ! Le jardin du temple y est aussi agréable, avec un bassin purificateur, le Chozuya ou Temizuya [手水舎], rempli de nénuphars et de poissons rouges. Dans la ville de Katata [堅田], nous vous conseillons aussi une autre expérience étonnante : celle de vous rendre à l'observatoire Biwako Ohashi [琵琶湖大橋 展望台]. Il se trouve sur le large pont au-dessus du lac Biwa [琵琶湖] ! Prenez de la hauteur, sentez le vent et les ondulations, croyez vous à la mer devant l'immensité du lac ! Admirez les mosaïques au sol qui signalent chaque avancée le long du pont, profitez de la vue et ouvrez les oreilles aux sons modifiés par l'acoustique de l'ouvrage.

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Sur les traces d'Osaka [大阪市] : que trouve-t-on caché sous les pavés de la modernité ?

Osaka [大阪市] est une ville active, travailleuse principalement, moderne et composite, un vrai hub tournant ; bref un pôle urbain de premier ordre au Japon ! Ce n'est d'ailleurs pas vraiment un hasard si on y trouve un aéroport... Cerise sur le gâteau c'est aussi la 3ème plus grande municipalité nippone.

Cependant, nous ne plongerons pas dans les méandres de sa modernité tout de suite... nous vous invitons plutôt à y remonter le temps (et l'espace) ! Par exemple pour atterrir dans les campagnes japonaises traditionnelles depuis Osaka, c'est très simple : rendez-vous au nord de la ville ! Un musée en plein air des vieilles fermes japonaises, situé dans un parc sympathique et agréable, vous y attend : le Hattori Ryokuchi Park [服部緑地公園]. Sur plus de 3 Ha une dizaine de maisons paysannes traditionnelles y ont été déplacées et installées pour y être conservées, présentées et admirées. Au programme : techniques de construction, mode de vie de l'époque d'Edo [江戸時代] (1603-1868) principalement ainsi que l'ère Meiji [明治時代] (1968-1912), et surtout l'adaptation des méthodes et des matériaux en fonction des climats régionaux ! Vous-vous demandez comment construire un toit pour résister au poids de la neige en altitude ? Ou comment obtenir des murs qui puissent  sécher plus rapidement lors des saisons pluvieuses ? Ne cherchez plus, vous avez la bonne adresse ! On peut aussi y voir une maison de thé et un théâtre de Kabuki [歌舞伎], une des trois formes de théâtre japonais traditionnel. D'ailleurs pour les curieux et curieuses récemment est sorti Le maitre de Kabuki, un film dédié à ce sujet !

La seconde direction pour défier le temps, en faisant un tour d'horizon complet et efficace en quatre étages, c'est le musée d'histoire de la ville de Osaka [大阪歴史博物館] : interactif et convivial. Il retrace l'histoire de la cité depuis l'ancienne capitale de l'empire Naniwa [難波 / 浪華 / 浪花] décrivant l'installation du palace brûlé puis reconstruit bien évidemment ! ^^ dont l'emplacement est encore visible depuis le musée  : actuel site du parc du palais Naniwa (site archéologique où vous pouvez aller aussi déambuler). Des fouilles archéologiques ont pu être réalisées sur cette ancien emplacement. Se basant sur les résultats des recherches, le musée propose des reconstitutions historiques : vous pourrez donc admirer une reproduction partielle du palais, des costumes de cour d'époque et des maquettes. Après la période "Antiquité" faute de mieux... très occidental d'ailleurs comme dénomination je me penche sur cette question sûrement dans un prochain article ! on passe ensuite à l'époque féodale (attention pas équivalent de la notre mais quand même situé au "Moyen-Âge") puis l'âge où Osaka devient un pôle d'échanges commerciaux très importants ! Pour cela il suffit de suivre une marionnette de Bunkaru [文楽] spectacle traditionnel japonais de l'époque d'Edo pour découvrir d'autres maquettes. Une reconstitution édifiante d'un "quartier type" à cette période et des scénographies inspirées comme au théâtre : notamment des bateaux issus de l'activité portuaire d'Osaka ou des ponts en bois chargés de passants fictifs qui "circulent" au-dessus de vos têtes. Un autre étage sur une période plus contemporaine avec l’extension cosmopolite de la ville jusqu'à aujourd'hui : vous pourrez ainsi traverser des échoppes de marché et vous penchez plus avant sur la révolution industrielle. En plus de ça un étage était dédié à la science de l'archéologie notamment comment les chercheurs et chercheuses réalisaient des fouilles : cette partie était appréciablement adaptée aux enfants et aux touristes... 

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)

Au niveau des temples shinto, l'incontournable et insolite à ne pas manquer c'est celui de Namba Yasaka-Jinja [難波八阪神社] ! Sa particularité ? Il semble se situer à l'intérieur de la gueule d'une énorme tête de lion, ses crocs enserrant l'autel de prière. Reconstruit après la Guerre du Pacifique, cette tête de 12x11m est plutôt impressionnante d'autant plus pour un petit sanctuaire de quartier. Des évènements festifs avaient dû avoir lieu récemment quand nous sommes passés, car sur les lieux, des fidèles s'affairaient déjà à démonter lampions et chars d'un défilé. Nous avons admiré d'habiles équilibristes, en habitués, montés sur des échafaudages, dont un, en équilibre (précaire) : un pied sur l'échafaud, l'autre sur la porte du temple ! 

Non loin de là, côté bouddhiste : nous traversons l'Ishhin-Ji [一心寺], surnommé le "temple du peuple". En passant sous l'arche métallique, nous atterrissons dans un monde brumeux  créé par l'encens qui brûle en continue. De nombreuses personnes, majoritairement des locaux sont au rendez-vous pour prier et y effectuer des rituels, nous permettant de jouer aux anthropologues de terrain. Il y a plusieurs tombes dans ce temple-cimetière, dont une appartenait à un samouraï. Cependant l'attraction principale ici, ce sont les statues de Bouddha. En effet, ces Bouddha sont spéciaux puisqu'ils sont constitués des cendres de leurs fidèles défunts et sont appelés "Okotsu Butsu" [お骨佛(Bouddha en os). Un problème de manque de place pour le stockage des urnes, semble être à l'initiative de cette création originale d'un moine du temple. Lors de la Guerre du Pacifique les premières statues ainsi formées sont détruites, mais les restes récupérables sont rassemblés par les moines afin de réitérer le rituel avec respect. Depuis c'est devenu une tradition et le lieu de culte garde les cendres funéraires de chaque défunt pour fabriquer les nouveaux Bouddhas qui orneront le temple. Pour vous représenter plus clairement ce manque de "place" qui peut nous paraître étrange : d'après les panneaux explicatifs, chaque Bouddha est constitué d'environ 200 000 cendres, et le crématorium en collecte environ 20 000 par an (soit une statue tous les dix ans).

Dernière remontée dans le temps pour un autre temple bouddhiste, le Shi-tenno-Ji [四天王寺] un des plus vieux au Japon puisqu'il s'y tient depuis plus de 1 400 ans ! Devant le sanctuaire, les deux dieux gardiens du tonnerre et de la foudre vous accueillent en veillant sur l'entrée. Dans l'enceinte de 110 000 m² se trouve une pagode de cinq étages dans laquelle vous pouvez entrer pour admirer les petits "trésors" : des statues d'or et des amulettes. Pour cela il y a un petit passage au protocole étrange à expérimenter... En premier, il vous faudra vous déchausser, puis parcourir un escalier en colimaçon très étroit, munis de vos chaussures à la main (ou dans un sac). Ensuite vous passerez par chaque étage de la pagode au travers de pièces minuscules où les murs sont remplis de ces trésors dorés, avant d'atteindre le "clou du spectacle" : le plus haut étage ! Dernière étape enfin, redescendre par le second escalier, tout aussi étroit, toujours munis de vos chaussures pour pouvoir les renfiler à la sortie et continuer votre déambulation dans le reste du sanctuaire. C'est ce que nous faisions quand est arrivé 16h20... Et là, surprise ! Les responsables commencent à fermer... Nous sommes priées de quitter les lieux. Les japonais sont connus pour être culturellement beaucoup plus disciplinés que les français, ne nous en cachons pas... Résultat à 16h30, le vide complet s'installe et nous restons seules dans l'enceinte extérieur qui elle possède une plus grande amplitude horaire, avec pour seule compagnie celle d'une colonie de tortue qui vit dans le parc...

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
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Côté moderne d'Osaka /!\ Agoraphobes s'abstenir /!\ 

Si vous avez vu trop de vidéo de Fouloscopie, ou que vous êtes traumatisé.e.s des distances de sécurité de la Covid19, ou que votre "sphère sociale proxémique culturelle" (selon Edward T. Hall) est élevée  ou que vous aimez tout simplement les lieux calmes et sereins... Puis... que vous tombez sur : le doux nom de Dontonburi [道頓堀], cité comme l'ancien quartier historique le long du canal à Osaka... Je vous conseillerai en citant Gandalf : "Fuyez, pauvres fous !" La fou-le y est particulièrement grande, le moderne a remplacé l'ancien et les restaurants s'alignent le long de la rivière Tombori. Vous y découvrirez des enseignes éclatantes et amusantes ainsi que des crieurs, rivalisant pour vanter les mérites de l'une ou l'autre des différentes spécialités culinaires qui se font face. Tout un programme et une atmosphère particulière ! Le pic de circulation se situant à la nuit tombée... Beaucoup de touristes se mêlent aux locaux : tous venus y passer une bonne soirée. Si vous préférez y tenter tout de même votre chance et finissez par perdre la tête au milieu de tous ces va-et-viens, ces odeurs de cuisine qui s'échappent des divers stands de streetfood pour laquelle Osaka est fortement réputée, ces bruits ambiants et des probables spectacles "sauvages" improvisés dans ce quartier branché. Pas de panique ! Respirez un bon coup et partez dans les ruelles de traverses à la recherche du petit temple couvert de mousse qui survit encore et toujours à l'envahisseur moderne. Vous pourrez donc reprendre votre souffle au cœur de l'Hozenzi [法善寺] avant de repartir en apnée dans la cohue. Trois statues sont aspergées, enfin purifiées, d'eau à chaque passage de pèlerin, passant, croyant, ou touriste curieux, donnant lieu à une prolifération de mousse sur les trois autels et un cachet photogénique sympathique. 

Autre point, Umeda [梅田] de mon point de vue c'est un peu l'enfer de jour... même si c'est aussi paraît-il un génial et pratique quartier commerçant où on trouve tout ! Pour qui sait l'apprécier bien-sûr, demandez l'avis d'Apfelschorlette et Mamagei. Cependant ce qui m’intéresse le plus c'est sa vie nocturne et sa scène musicale improvisée ! En effet vous y trouverez ici aussi un quartier vivant où les jeunes groupes se produisent en concert sauvage : ambiance locale garantie et bain de foule aussi ;)

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
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 Pourquoi je vous déconseillerai Koyasan [高野山]

Je suis partie pour Koyasan [高野山] avec dans l'idée de marcher en forêt en découvrant des temples et des lieux cachés couverts de mousse : comme un pèlerinage hors du temps, un voyage dans le voyage... mais ça ne s'est pas vraiment passé comme ça... Je retiens de positif de ce périple quatre choses. La première c'est le trajet en train : nous montons dans des convois de plus en plus petits pour finir en beauté avec un funiculaire à flanc de montagne qui plonge dans la végétation. Nous sommes passées par des paysages variés qui permettent de découvrir le Japon par sa géographie physique tout en contraste d'adaptation : de ses aménagements des vallées au plein cœur d'une forêt dense qui parait exempte d'activité humaine. La seconde c'est le lieu magique du cimetière bouddhiste l'Onkunoin [奥の院], avec sa collection impressionnante de tombes diverses et variées recouvertes de mousse ! c'est l'image que j'en avais qui propose une escapade au frais sous l'ombre des arbres avec un parcours qui donne envie de s'y perdre ; des décors qui changent des temples ordinaires. La troisième se mange ;) ce sont les spécialités culinaires de la région, proposées par la pâtisserie Nanpodo [南峰堂本舗], dans laquelle nous avons acheté un petit assortiment pour nous remettre de nos émotions. Et enfin la quatrième chose c'est que j'étais très bien accompagnée pour faire face aux évènements et garder un souvenir, inoubliable d'une certaine manière, comme le dirait si bien l'Apfelschorlette. Merci donc à mes aventurières voyageuses !

A vrai dire, si je m'étais mieux renseignée... j'aurai appris le surnom de Koyasan "Disneyland des temples" et je me serai ravisée en prenant soin de l'éviter. Les temples sont pour la majeure partie, des "Templestay", pour faire dormir les pèlerins ET surtout les touristes soyons honnêtes. Les rares temples "visitables" sont majoritairement payants et la seule manière de se déplacer dans ce village rue en ligne droite de temple zen c'est le bus (pas ou peu de trottoirs pour circuler à pied). Bref on est loin de mes temples perdus dans la montagne au fin fond des bois. Je ne m'étendrai pas plus sur le sujet et vous conseille plutôt de lire l'avis de l'Apfelschorlette sur notre séjour.

J'ai envie de conclure par une pensée (spéciale dédicace à Gally) pour tous les touristes asiatiques qui débarquent à Lourdes : ça doit leur faire le même effet ! ^^

Enjoy-it et RDV aux prochains carnets ! 

Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)Carnet du Japon #6 Ookini Kansai Chihō ? ~ おおきに 関西地方 ? (partie 2)
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Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

Publié le par Chokopims

Et nous revoilà parties pour des aventures estivales en terre... pas si inconnue, car nous nous rendons au Japon dans la région du Kansai [関西地方] ! où nous nous étions rendu.e.s avec Léoly pour la première fois en 2015 et que je vous ai retranscrits ici Cette fois c'est Mamagei qui m'accompagne et nous partons retrouver sur place Apfelschorlette qui était en poste à Kyoto [京都] ! (vous pouvez d'ailleurs suivre ses nouvelles aventures ici) Nous avons donc pris notre envol pour quelques jours au pays du soleil levant ! Au rendez-vous cigales, chaleurs, clochettes, daims, temples, époque médiévale, visites, thé, spécialités culinaires, etc. Bref le Japon [日本]  s'ouvre à nous

Enfin... à VOUS, puisque nous VOUS le partageons sans plus tarder ! Rétrospective du 9 au 24 juillet 2023

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

 Episode 5 : Bienvenue dans le Kansai !

Nous sommes restées du 10 au 18 juillet sur Osaka [大阪] puis du 18 au 24 juillet sur Kyoto [京都] , afin de pouvoir à la fois visiter ces deux villes principales en étant sur place ainsi que de rayonner aux alentours en découvrant d'autres sites du Kansai [関西地方]. A notre arrivée à l'aéroport, nous étions attendues de pied ferme par l'Apfelschorlette qui revenait d'un séjour à Hokkaido. Et elle avait TOUT prévu ! Elle nous attendait avec nos "ICOCA" (cartes de transports indispensables au Japon qui nous serviront d'ailleurs tout notre périple), pour nous expliquer promptement tous les usages du pays avec recommandations à l'appui, tout en nous confiant nos premiers yens ! Afin de débuter parfaitement ce voyage en immersion, elle nous accompagna jusqu'à notre hôtel et nous emmena découvrir un restaurant de tempuras dans le quartier d'Umeda [梅田]. De quoi lancer l'ouverture du séjour en beauté !

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
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Une journée pour découvrir Kobe [神戸]

Kobe [神戸] est surtout connue pour son bœuf de qualité réputé mondialement et pour sa tour du port, silhouette d'acier rouge, en forme de tsuzumi [鼓], un tambour japonais traditionnel représenté par une structure hyperboloïde, qui s'élance vers le ciel avec ses 108m 108 étant un nombre sacré dans la religion bouddhiste. Lors de notre visite la tour était en rénovation afin d'accueillir pour 2024 une nouvelle plateforme d'observation panoramique de la ville. Nous avions pour objectif de nous rendre sur les monts Rokko [六甲山] par le téléphérique avec vue, elle aussi panoramique, qui vaut le détour afin de gagner les hauteurs du Kobe Nunobiki Herb Gardens [神戸市立布引ハーブ園] : un jardin de plantes aromatiques et odorantes qui descend en terrasse, avec une vue magnifique sur la ville de Kobe et sa baie en contrebas. Nous y prenons un agréable bain aromatique pour les pieds avec devant nous cette vue imprenable et derrière nous la serre suspendue de diverses plantes. La visite est sympathique, à l'entrée, on tombe d'abord sur plusieurs boutiques, puis sur un parcours. Les différents types de plantes sont bien présentés et organisés au sein des jardins, des espaces aménagés pour le repos ponctuent le chemin descendant et il y a même un petit musée des essences : complet niveau olfactif. Il concentre quantité de flacons bien rangés qui s'offrent à nos nez, avec des odeurs plus ou moins agréables. C'est d'ailleurs ici que j'apprendrai que l'odeur de jasmin que nous sentons depuis notre arrivée au Japon vient du Gardénia, actuellement en fleur, qui est appelé "Jasmin du Cap", une plante originaire de l'Asie du Sud Est (Japon et Chine principalement).

Après avoir esquivé une rencontre inopinée avec une laie et ses marcassins, nous attaquons le sentier serpentant vers le réservoir d'eau potable de la ville le Nunobiki Gohonmatsu Damu [布引五本松ダム] désigné bien culturel d'importance nationale en 2006, c'est le premier barrage-poids en béton qui a été aménagé sur les cours d'eau au Japon, sa mise en service remonte à 1900. tout pile ! La digue a été renforcée pour résister aux tremblements de terre, ce qui ne peut que nous rappeler que oui, nous sommes en terres volcaniques, et oui, les séismes y sont fréquents... Ici à Kobe, c'est en 1999 qu'il a été le plus violent dépassant la magnitude de 7 sur l'échelle de Richter... Le sentier se poursuit le long du torrent, de petites cascades en chute d'eau, il est marqué en bordure de chemin par de mini sanctuaires shinto, qui sont accompagnés de leurs sets d'entretien, constitués essentiellement de petits balais puis débouche sur le "clou du spectacle", la cascade de Nunobiki-taki [布引の滝]. taki [滝] = cascade C'est une des trois chutes d'eau principale du culte shintoïste au Japon d'où la présence des sanctuaires bordant le sentier ombragé qui y mène. En réalité ce n'est pas une mais quatre cascades qui composent cette chute d'eau ! Dont une cascade "jumelle" constituée de deux filins d'eau qui coulent côte à côte et sont nommés Meoto-daki [夫婦滝] soit la cascade du couple marié. Dans cet ensemble on trouve aussi l'Ontaki [雄滝] (la cascade du mari) qui domine les autres de ses 43m de hauteur, dont la légende dit qu'elle mènerait au palais du dragon ainsi que la Men-taki [雌滝] (la cascade de la femme) avec 19m seulement. La dernière se nomme Tsutsume-daki [鼓滝] ou le fameux tsuzumi de la tour de Kobe vous l'avez sûrement noté ;) qui est le tambour traditionnel. Les noms des différentes cascades sont tous issus du fait que dans leurs totalités elles composent comme un "voile blanc sur la roche" elles ont d'ailleurs inspiré de nombreux poèmes et œuvres littéraires. 

Pour l'instant nous avions été très chanceuses, le ciel avait été couvert mais nous avions échappé à la pluie ! D'ailleurs en parlant saison des pluies, nous poursuivons notre visite par l'Ikuta-Jinja [生田神社], un sanctuaire shinto où la majorité des visiteurs sont en train de passer à l'intérieur d'un anneau d'herbe tressé. C'est le rituel du Chinowa Kuguri [茅の輪くぐり] son nom provient de Chinowa [茅の輪] "anneau/cercle fait avec des kaya" [茅] nom de la plante utilisée (miscanthus sinensis en latin) qui forme l'anneau et qui sert aussi à fabriquer les toits de chaume japonais ainsi que de Kuguri [くぐり] signifiant "passer au travers/traverser". C'est normalement un rituel de milieu d'année qui se déroule le 30 juin, afin de se purifier des six premiers mois de l'année et d'attirer la protection pour les six prochains mois. On passe plusieurs fois dans l'anneau en suivant une sorte de huit et en priant à différents points en direction du temple. Pour en savoir plus je vous conseille de lire cet article (en français) ou de visionner cette vidéo (en anglais) qui explique plus précisément le rituel.

Ensuite nous nous dirigeons vers la mini Chinatown de Kobe, la Nankin-machi [南京町], une petite enclave, présente depuis 1853, avec la réouverture du Japon au commerce extérieur. Nous la parcourons, admirant les dragons, les portes, les pavillons ainsi que les nombreuses échoppes de nourriture qui changent de la ville japonaise traditionnelle. Nous continuons notre balade, traversons la rue du marché couvert de Motomachi [元町] puis nous bifurquons vers la zone portuaire en direction de la marina sous les premières gouttes de la journée. Quand celles-ci redoublent, nous nous abritons rapidement dans le quartier Hatobacho [波止場町] au pied de la tour en travaux, pour contempler face à nous les grues du port, le terminal des bateaux de croisière, la grande roue et des poissons sautant joyeusement dans ce décor. La vue de nuit depuis cet espace est très agréable, d'ailleurs nous constatons que quelques locaux connaissent ce spot, puisque nous ne sommes pas seules à être venues passer un moment sous cet auvent aménagé de bancs. Dans le même secteur on peut admirer plusieurs statues insolites dans le parc notamment le fameux "Be Kobe" (mais pas Bryant parce que c'est déjà pris...) et une appropriée au temps de la journée « Gens du Nord » [北の人] de Futakuchi Kinichi [ 二口 金一] réalisé en 1987 qui représente deux personnages emmitouflés dans des manteaux (de pluie pour l'occasion). La pluie tombe maintenant à grand torrent, quand abritées dans les escalators couverts du grand hôtel, nous découvrons un parking à parapluie ! Déjà rencontré au musée d'Osaka, celui-ci permet de poser son parapluie avant de rentrer dans le bâtiment, en le sécurisant par un cadenas codé. C'est trempées que nous débarquons à la gare et dénichons un train express pour Osaka, afin de nous arrêter dans un café de Bubble Tea, repéré dans le quartier d'Umeda [梅田], puis regagner nos pénates après cette charmante excursion rafraichissante.

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

Pour l'instant nous avions été très chanceuses, le ciel avait été couvert mais nous avions échappé à la pluie ! D'ailleurs en parlant saison des pluies, nous poursuivons notre visite par l'Ikuta-Jinja [生田神社], un sanctuaire shinto où la majorité des visiteurs sont en train de passer à l'intérieur d'un anneau d'herbe tressé. C'est le rituel du Chinowa Kuguri [茅の輪くぐり] son nom provient de Chinowa [茅の輪] "anneau/cercle fait avec des kaya" [茅] nom de la plante utilisée (miscanthus sinensis en latin) qui forme l'anneau et qui sert aussi à fabriquer les toits de chaume japonais ainsi que de Kuguri [くぐり] signifiant "passer au travers/traverser". C'est normalement un rituel de milieu d'année qui se déroule le 30 juin, afin de se purifier des six premiers mois de l'année et d'attirer la protection pour les six prochains mois. On passe plusieurs fois dans l'anneau en suivant une sorte de huit et en priant à différents points en direction du temple. Pour en savoir plus je vous conseille de lire cet article (en français) ou de visionner cette vidéo (en anglais) qui explique plus précisément le rituel.

Ensuite nous nous dirigeons vers la mini Chinatown de Kobe, la Nankin-machi [南京町], une petite enclave, présente depuis 1853, avec la réouverture du Japon au commerce extérieur. Nous la parcourons, admirant les dragons, les portes, les pavillons ainsi que les nombreuses échoppes de nourriture qui changent de la ville japonaise traditionnelle. Nous continuons notre balade, traversons la rue du marché couvert de Motomachi [元町] puis nous bifurquons vers la zone portuaire en direction de la marina sous les premières gouttes de la journée. Quand celles-ci redoublent, nous nous abritons rapidement dans le quartier Hatobacho [波止場町] au pied de la tour en travaux, pour contempler face à nous les grues du port, le terminal des bateaux de croisière, la grande roue et des poissons sautant joyeusement dans ce décor. La vue de nuit depuis cet espace est très agréable, d'ailleurs nous constatons que quelques locaux connaissent ce spot, puisque nous ne sommes pas seules à être venues passer un moment sous cet auvent aménagé de bancs. Dans le même secteur on peut admirer plusieurs statues insolites dans le parc notamment le fameux "Be Kobe" (mais pas Bryant parce que c'est déjà pris...) et une appropriée au temps de la journée « Gens du Nord » [北の人] de Futakuchi Kinichi [ 二口 金一] réalisé en 1987 qui représente deux personnages emmitouflés dans des manteaux (de pluie pour l'occasion). La pluie tombe maintenant à grand torrent, quand abritées dans les escalators couverts du grand hôtel, nous découvrons un parking à parapluie ! Déjà rencontré au musée d'Osaka, celui-ci permet de poser son parapluie avant de rentrer dans le bâtiment, en le sécurisant par un cadenas codé. C'est trempées que nous débarquons à la gare et dénichons un train express pour Osaka, afin de nous arrêter dans un café de Bubble Tea, repéré dans le quartier d'Umeda [梅田], puis regagner nos pénates après cette charmante excursion rafraichissante.

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Pour l'instant nous avions été très chanceuses, le ciel avait été couvert mais nous avions échappé à la pluie ! D'ailleurs en parlant saison des pluies, nous poursuivons notre visite par l'Ikuta-Jinja [生田神社], un sanctuaire shinto où la majorité des visiteurs sont en train de passer à l'intérieur d'un anneau d'herbe tressé. C'est le rituel du Chinowa Kuguri [茅の輪くぐり] son nom provient de Chinowa [茅の輪] "anneau/cercle fait avec des kaya" [茅] nom de la plante utilisée (miscanthus sinensis en latin) qui forme l'anneau et qui sert aussi à fabriquer les toits de chaume japonais ainsi que de Kuguri [くぐり] signifiant "passer au travers/traverser". C'est normalement un rituel de milieu d'année qui se déroule le 30 juin, afin de se purifier des six premiers mois de l'année et d'attirer la protection pour les six prochains mois. On passe plusieurs fois dans l'anneau en suivant une sorte de huit et en priant à différents points en direction du temple. Pour en savoir plus je vous conseille de lire cet article (en français) ou de visionner cette vidéo (en anglais) qui explique plus précisément le rituel.

Ensuite nous nous dirigeons vers la mini Chinatown de Kobe, la Nankin-machi [南京町], une petite enclave, présente depuis 1853, avec la réouverture du Japon au commerce extérieur. Nous la parcourons, admirant les dragons, les portes, les pavillons ainsi que les nombreuses échoppes de nourriture qui changent de la ville japonaise traditionnelle. Nous continuons notre balade, traversons la rue du marché couvert de Motomachi [元町] puis nous bifurquons vers la zone portuaire en direction de la marina sous les premières gouttes de la journée. Quand celles-ci redoublent, nous nous abritons rapidement dans le quartier Hatobacho [波止場町] au pied de la tour en travaux, pour contempler face à nous les grues du port, le terminal des bateaux de croisière, la grande roue et des poissons sautant joyeusement dans ce décor. La vue de nuit depuis cet espace est très agréable, d'ailleurs nous constatons que quelques locaux connaissent ce spot, puisque nous ne sommes pas seules à être venues passer un moment sous cet auvent aménagé de bancs. Dans le même secteur on peut admirer plusieurs statues insolites dans le parc notamment le fameux "Be Kobe" (mais pas Bryant parce que c'est déjà pris...) et une appropriée au temps de la journée « Gens du Nord » [北の人] de Futakuchi Kinichi [ 二口 金一] réalisé en 1987 qui représente deux personnages emmitouflés dans des manteaux (de pluie pour l'occasion). La pluie tombe maintenant à grand torrent, quand abritées dans les escalators couverts du grand hôtel, nous découvrons un parking à parapluie ! Déjà rencontré au musée d'Osaka, celui-ci permet de poser son parapluie avant de rentrer dans le bâtiment, en le sécurisant par un cadenas codé. C'est trempées que nous débarquons à la gare et dénichons un train express pour Osaka, afin de nous arrêter dans un café de Bubble Tea, repéré dans le quartier d'Umeda [梅田], puis regagner nos pénates après cette charmante excursion rafraichissante.

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

La péninsule de Kii [紀伊半島] : la côte de Wakayama [和歌山]

Wakayama [和歌山] est loin des cohues touristiques, et propose une excursion intéressante. L'objectif de la journée ? Nous diriger vers le front de mer et l'explorer. Mais tout d'abord, les Ramens [ラーメン] étant la spécialité culinaire de la région, c'est par ce repas que nous ponctuons notre déjeuner. Nous rencontrons notre seconde machine à encaisser du séjour, qui elle s'occupe aussi de passer les commandes. On ne peut s'empêcher de comparer avec les voisins coréens, qui eux payent tout par carte voir même avec leur téléphone, pourtant le Japon reste attaché aux pièces de monnaie et aux paiement en liquide. Un parallèle historique reste à chercher car c'est un peu la même chose culturellement entre la France (qui est une autre grande utilisatrice de la carte bancaire) et l'Allemagne (qui reste elle, attachée au liquide pour éviter d'être tracée, restes sociologiques de la Seconde Guerre Mondiale). Autre anecdote, concernant la monnaie japonaise, de nouvelles pièces de 500 yens (¥500) viennent d'être frappées modifiant leurs poids. Ce qui fait que nombreux distributeurs et machines d'encaissement ne les reconnaissent pas. Nous avons dû faire un change avec l'employé pour pouvoir mettre nos pièces dans l'automate.    

Nous partons de l'arrêt Shinwakaura [新和歌浦] et longeons la côte en passant par le port, marchant sur des plages de galets irréguliers mêlés de bouts de poteries polies par les vagues, admirant quelques œuvres de Street Art. Nous suivons la promenade aménagée puis la route jusqu'au village de pêcheur à flanc de montagne Saikazaki-Gyokō [雑賀崎漁港]. Le soleil nous y attend, idéalement placé pour une illumination parfaite sur le petit port chatoyant ; où les bateaux et les méduses cohabitent sans problème. Là-bas une autre attraction culturelle nous attend puisque nous atteignons le "village" en fin de journée japonaise ! Sur les coups de 17hune mélodie résonne dans le port pour annoncer la fin des labeurs (je vous avez déjà parlé des fermetures précoces des magasins et du vide sidéral après cette heure au Japon) : le  goji no chaimu [5時のチャイム] soit ''la mélodie de cinq heures''. C'est une tradition depuis les années 60, de la diffuser quotidiennement par les hauts-parleurs d'annonces de sécurité (comme les sirènes incendies des pompiers sous nos latitudes ces hauts-parleurs servent habituellement aux alertes tsunami, séisme et autres joies liées aux catastrophes naturelles ou industrielles) dans toutes les villes et villages japonais, joignant ainsi l'utile à l'agréable. Les mélodies utilisées sont différentes suivant les régions, et les villes.

Pour le retour nous passons par les hauteurs du Mont Takatsuko [高津山], empruntant le Shiosai no Komichi [潮騒の小径] "sentier du son des vagues". Nom poétique pour un chemin hors du temps où nous avons parfois dû écarter quelques herbes de la pampa japonaise récalcitrantes qui avaient décidées de reprendre leurs droits. Nous avons été amenées à méditer sur un Haiku affiché en bord de sentier parlant de "petites étincelles qui peuvent allumer de grand feux". Les avis étaient partagés quant-à l'interprétation de ces propos quand Mamagei s'emballait pour une vision poétique et romantique du sujet sur le thème du sentier, j'y voyais là une campagne originale de la prévention des feux de forêt. N'hésitez-pas à partager vos avis sur le sujet. Tout en haut du Takatsuko-San [高津山] se trouve une plateforme panoramique exceptionnelle le Takatsuko-San tenbo dai [高津子山展望台]. Elle propose, après avoir monté une volée de marches, une vision à 360° avec fraîcheur assurée par une prise au vent spectaculaire ! Un fait démontré par la montre connectée de l'Apfelschorlette qui lui a indiqué, dès notre arrivée : "vous affrontez actuellement trop de décibel". Le mont Takatsuko [高津山] a pour surnom la pieuvre car d'ici, les monts s’étalent comme des tentacules. Le chemin s'achève au bas du mont en débouchant aux alentours de l'île parc du Mitarai [御手洗池公園] située au milieu d'un lac, et un autre temple, le Tamatsushima-Jinja [玉津島神社]. D'ici on peut encore admirer une vue sur la baie et le pont Sandan-gyo [三断橋], nous longeons ensuite une partie urbaine, aménagée autour de canaux, qui ressemble à un ancien quartier historique de l'ère Edo [江戸時代] (1603-1868) remanié, pour nous rendre à la gare de Kimiidera [紀三井寺駅] du nom d'un autre temple de la ville de Wakayama [和歌山]  et regagner Osaka [大阪]

Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)
Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)Carnet du Japon #5 Ookini Kansai Chihō ! ~ おおきに 関西地方 ! (partie 1)

Etant donné que je me suis rendue-compte que mon article pour changer ^^ était bien chargé pour un seul et unique épisode des carnets du Japon... Je m'arrête ici pour aujourd'hui et vous donne rendez-vous dans la suite des carnets qui devraient s'avérer plus longs que prévus ! J'espère que vous êtes tous prêts et toutes prêtes à en apprendre plus !

Enjoy-it et See You soon~

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Kim Ji-Young : Born 1982 de Cho Nam-Joo

Publié le par Chokopims

Après vous avoir parlé de films coréens en tout genre et montré comment j'ai pu apprécier un film de Wim Wenders sur le Japon... J'ai réfléchi à un  autre film coréen plus récent, dont je voulais absolument vous parler qui est en fait adapté d'un livre - lui aussi coréen et dont je voulais vous parler - qui a connu un très large succès. J'ai adoré le livre et l'adaptation en film et je me devais donc de vous les conseiller sans plus tarder !

Kim Ji-Young : Born 1982 de Cho Nam-JooKim Ji-Young : Born 1982 de Cho Nam-Joo

Tout d'abord, petite parenthèse : je ne suis pas ici pour débattre de l'ordre dans lequel il faut s'en imprégner... Généralement je préfère lire un livre avant de regarder son adaptation pour me faire mes propres représentations de l’œuvre. Enfin c'est ce que je croyais... Cependant, il m'est arrivé aussi, à l'inverse, de regarder un film ou une série avant de lire le livre, de manière consciente afin de me faire une idée de la chose, ou inconsciente, parce que j'ignorais que c'était une adaptation, et cela m'a donné plusieurs fois envie de lire le livre pour approfondir le sujet. Alors soyez tranquille : choisissez l'ordre qui vous convient en tout état de cause :)

C'est parti donc pour une plongée dans la vie quotidienne en Corée du Sud, du point de vue... des femmes ! Parce que oui, on est d'accord, de notre point de vue européo-centré, on trouve que "c'est pas tip-top l'égalité des sexes en Asie", et pour cause, avec l'image des systèmes patriarcaux bien ancrés...  sans forcément en connaitre les réalités... Actuellement, la situation est particulièrement préoccupante en Corée du Sud, avec la montée des partis masculinistes, et le recul des avancées en faveur des droits pour les femmes.  Si vous êtes en train de vous faire la réflexion suivante : "Bizarre pour un pays si moderne." vous êtes à la bonne adresse ! Par exemple, le statue des mères au foyer qui travaillent est encore mal vu, les femmes doivent souvent choisir entre carrière et enfant car la réalité de la conciliation des deux est difficile, notamment par une pression sociale et sociétale énorme dans laquelle il est loin d'être évident de s'émanciper. A tel point que depuis les années 2010, un  mouvement féministe 4B (4B 운동 undong) propose comme moyen de contestation quatre piliers directeurs de vie : le refus de se marier, de sortir ou d'avoir des relations sexuelles avec un homme, ainsi que d'avoir des enfants. Certaines coréennes choisissent même de s'expatrier dans d'autres pays pour fuir ou échapper à ces attentes sociales.

Le livre dont je voulais vous parler, s'intitule Kim Ji-Young, née en 1982 [82년생 김지영] de Cho Nam-Joo, paru en 2016, il est inspiré de l'expérience et l'analyse personnelle de son autrice et brosse un profil de cette société coréenne étouffante dont je vous parlais quelques lignes plus tôt ainsi que de l'influence qu'elle a sur le personnage principal du roman : Kim Ji-Young. Cette jeune femme est une séoulite trentenaire ordinaire, employée de bureau, mariée et qui vient de mettre au monde un enfant. Avec ce changement dans leur vie, elle se voit obligée d'arrêter son travail qu'elle aime et où elle s'épanouit pour pouvoir élever sa fille. Sous la foule de contrainte qu'elle subit, elle en vient à souffrir d'un trouble psychologique, que je vous laisse découvrir. Touchant témoignage d'une pression sociale énorme, ce livre raconte de même comment des générations de femmes se sont imprégnées de ce carcan traditionaliste, en s'intéressant aussi, par le biais de Kim Ji-Young, à la vie de sa grand-mère, de sa mère, de sa sœur et de toutes les femmes qui ont croisé et croiseront sa route.

De notre point de vue, si on s'intéresse vaguement à la Corée du Sud, on apprécie sa modernité, son adaptation impressionnante aux nouvelles technologies, son dépaysement avec des coutumes différentes des nôtres, qui propose une plongée dans le folklore et le traditionnel que parfois nous avons nous même perdu en Europe, de par le mélange des populations. On l'imagine à mi-chemin entre les deux, progressiste, s'engageant dans le monde moderne et conservatrice, préservant son patrimoine, mais son revers de médaille est là, montré du doigt, ancré comme on l'a dit dans ce carcan de société traditionaliste qui est un poids pour la condition féminine réduisant fortement leurs possibilités et limitant les choix...  Un sujet intéressant, original et indispensable, sur la vie courante, et si révoltante parfois, des filles en Corée du Sud, et ce tout au long de leur parcours, de leur naissance à leur mort, une thématique prenante, traitant plusieurs âges cruciaux de la vie de la jeune femme, née en 1982, dans ce système encore amplement patriarcal, une critique osée de la société coréenne moderne et de ce qu'elle cache plus ou moins bien...

Kim Ji-Young : Born 1982 de Cho Nam-JooKim Ji-Young : Born 1982 de Cho Nam-Joo

L'adaptation en film de ce best-seller, date de 2019, le titre original est le même Kim Ji-Young, née en 1982 [82년생 김지영] et il a été réalisé par Kim Do-Young, une réalisatrice coréenne dont c'est le premier film, qui a travaillé en étroite collaboration avec l'autrice Cho Nam-Joo. Le résultat est bluffant, c'est un magnifique portrait de Kim Ji-Young, et de toutes les autres femmes coréennes qu'elle représente au travers de son histoire. C'est aussi un excellent contre pied à toutes les polémiques que les sorties, coup sur coup, du livre et du film ont suscité en Corée du Sud. Si ça vous intéresse vous pouvez lire des articles à ce sujet sur le web. En espérant que cela change quelque chose à leur vie future. Au niveau du scénario, l'évolution du synopsis est fidèle, amené par une caméra et un travail sur les plans et la photo, qui donnent vie à l'histoire, ce qui nous fait constaté que les deux femmes ont réellement travaillé de concert. De plus on ne peut pas négliger que le duo des deux acteurs principaux, Jung Yu-Mi et Gong Yoo, fonctionne à merveille. Il est juste et touchant, et je souhaitais saluer ce casting parfait. Vraiment de mon point de vue c'est un très beau film qui mériterait d'être plus connu ! :)

 

Sur ce je vous laisse méditer sur la question ! En espérant que vous vous êtes rendus aux urnes européennes aujourd'hui, afin d'essayer de rendre ce monde meilleur et encore plus égalitaire ! Parce que oui, restons Utopim'ste jusqu'au bout ~

 

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Carnet du Japon #3 Les mille et un temples de Kyoto

Publié le par Chokopims

Episode 3 : Au cœur de Kyoto, culture, histoire et vie quotidienne

Nous allons maintenant vous conter des histoires de temples, de sanctuaires, de châteaux et de quartiers perdus ou non de Kyoto... Vous l'attendiez et le voici ! Nous débutons le troisième volet consacré à cette ville dans les règles de l'art d'une reconstitution de séjour. Partons dans les dédales d'une ancienne capitale, sur les traces de la culture et de l'histoire nippone pour en découvrir encore et toujours plus !

C'est reparti pour un tour !  du 10 juillet au 31 juillet 2015

Kiyomizu dera - don't jump !Nijojo vue de l'extérieurKenninji dieux du tonnerre et du vent paraventquartier d'Arashiyama

Pour commencer cette nouvelle journée, reprenons le cours de notre plongée historique. Dans les carnets du Japon #2, je vous parlais de la période du Shogunat des Tokugawa, qui commençait après la bataille de Sekigahara; eh bien, la majeure partie des châteaux au Japon dont Himeji [姫路市城], le plus connu et celui de Momoyama [伏見城] dont nous avons déjà parlé sont des "restes" de cette époque. Les châteaux appartenaient à de grandes familles de seigneurs de guerre (daimyo) dont dépendaient les armées de samouraïs. A Kyoto, on trouve même le palais du Shogun de l'ère d'Edo (江戸時代, Edo jidai), le chef de file de tous ces seigneurs qui prit en charge les rênes du pays à la place de l'empereur durant cette longue période. C'est un incontournable de la ville : j'ai nommé... le Nijo-jo [二条城]. Les travaux commencent en 1603, lancés par Tokugawa Ieyasu lui même, premier Shogun de sa lignée, au tout début de la nouvelle ère qu'il créé et s'annonce sous le signe de la paix. Il faut attendre 23 ans plus tard, pour que son petit fils Tokugawa Iemitsu [徳川 家光] (1604-1651) l'achève le château hein pas le Shogun... en lui ajoutant une pagode (sorte de donjon) de cinq étages. Afin de le défendre au mieux, même s'il ne sera jamais attaqué bien évidemment, nous sommes tout juste sortis des royaumes combattants et du dernier conflit de Sekigahara, rappelons nous, le château est divisé en trois espaces différents. En partant du centre, nous trouvons en premier le Honmaru [本丸] (le cercle de défense principal) percé de deux portes seulement, puis le Ninomaru [二の丸] (le cercle de défense secondaire) possédant lui trois portes (nord, est et ouest) et enfin les jardins entourés par des murailles, larges et hauts murs composés de pierres immenses et des douves remplies d'eau. Si les termes techniques nous semblent familiers, l'architecture y est très typique orientale et n'a rien à voir avec la vision occidentale d'un château fort. Passons la magnifique porte de style chinois, Karamon [唐門], comme son nom l'indique (Kara [唐] = chinois - Mon [門] = porte), qui permet de pénétrer le second cercle défensif. Nous évoluons ensuite au cœur des bâtiments, et rejoignons le palais Ninomaru [二の丸], célèbre pour son parquet "rossignol", qui chante sous le poids des visiteurs, permettant d'alerter les habitants de l'arrivée d'un ennemi potentiel. En parcourant les salles recouvertes de tatamis, nous découvrons les différentes peintures décoratives d'époque, très codifiées. Certains motifs sont exclusivement réservés aux rangs de la noblesse, comme les ornements de cerisiers et d'autres aux féaux du seigneurs comme les pins par exemple. La salle de réception est dotée d'une forme très particulière, le Shogun se trouvant surélevé par rapport aux autres invités, afin de marquer son rang, est également placé sous un plafond rehaussé, creusant comme une niche. Pour terminer la visite, faisons un tour au jardin, nommé Seiryū-en [清流園] qui, quant-à-lui, comporte deux charmants pavillons de thé, faisant face à un étang bordé d'arrangement de pierre, ainsi qu'une collection complète d'essences d'arbres variées, le tout de construction beaucoup plus récente (XXème siècle). Autres événements à noter, après la chute d'Edo en 1867 (le 14ème Shogun de la lignée rendra le pouvoir à l'empereur lançant le début de la restauration de l'ère Meiji), le site servira de résidence impériale avant de revenir aux mains de la ville de Kyoto (en 1939) et d'être classé à l'Unesco (1994) après des travaux de restaurations.

Pour nous cette visite s'est ponctuée d'anecdotes plus ou moins marquantes dont le running gag du "Nijojo maudit" qui nous a fait dire la veille au soir de LA visite "Demain, peu importe ce qui se passe, à nos risques et périls, et par la force s'il le faut, quitte à l'attaquer, on entrera dans ce château !" La première date souhaitée s'étant soldée par un "Désolé, on est fermé aujourd'hui !" la deuxième par "Désolé on n'accepte que le liquide (cash only vous ne savez pas lire ?) Et non... Désolé ce n'est pas de notre ressort, ni notre problème si les banques sont soit fermées soit ne disposent pas de distributeurs ATM internationaux..." et jamais deux sans trois "Désolé on a évité le typhon mais la pluie diluvienne n'était pas en option elle..." c'est donc après trois mésaventures soldées par un échec que la quatrième sera la bonne !

détail de la Karamon palais intérieur du NijojoMur d'enceinte du NijojoSeiryu-en pavillon du thé

Continuons le trajet de notre parcours historique en passant par trois temples intéressants à la fois de par leurs particularités et de par leurs petites surprises qu'ils abritent.

Tout d'abord le Toji [東寺], "temple de l'est", attire surtout par sa grande pagode de 57 mètres, la plus haute du Japon. Ils étaient avec son temple jumeau, aujourd'hui perdu, le Saiji [西寺] "temple de l'ouest" les deux gardiens de l'entrée sud de la capitale lors de son transfert de Nara à Kyoto au début de la période d'Heian (en 794). Les deux temples se faisaient face, symétriquement de chaque côté de l'avenue, large de 84 mètres qui traversait la jeune capitale jusqu'au palais impérial situé plus au nord. Au siècle suivant le Toji, est offert aux moines bouddhistes qui y bâtiront le Kondo Hall accueillant une statue en bois du Bouddha Yakushi, gardé par deux autres divinités, les bodhisattvas Nikko et Gakko. A côté duquel un second hall (le Kodo), sera bâti, conservant actuellement des "trésors nationaux" : 19 énormes statues dorées importées de Chine, une collection importante de divinités bouddhiques guidant les hommes afin de les éclairer sur la voie (ou la marche) à suivre. Une petite visite instructive qui vaut le détour.

Le Kenninji [建仁寺] lui, un des plus vieux temples bouddhistes zen de Kyoto, fondé en 1202, donne une impression d'immensité, c'est là que vous trouverez deux curiosités qui valent (elles aussi) que nous nous y arrêtions. La première c'est le paravent original de la peinture célèbre Les dieux du vent et du tonnerre réalisé en 1626 par Tawaraya Sotatsu [俵屋 宗達] (~1570-1643) s'inscrivant dans le courant artistique Rinpa [琳派], qualificatif pour la peinture décorative issu du nom d'un artiste tête de poupe de ce mouvement artistique de l'ère Edo nommé Ogata Kōrin accompagné de ces Huits chapitres du Dit du Genji les deux sont des œuvres utilisant des techniques à l'encre sur fond d'or ou papier dorés. La seconde particularité de ce temple, ce sont ses dragons jumeaux de Koizumi Junsaku [小泉淳作] (1924-2012), peint sur tout le plafond du bâtiment principal, le Hatto [法堂], à lui seul il occupe l'espace de 108 tatamis, soit 11,4m x 15,7m ! Pour y arriver, vous devrez vous équiper de petits chaussons, mis à votre disposition et parcourir un vestibule extérieur. De plus, clou du spectacle, en déambulant dans les différentes pièces des bâtiments, vous serez constamment confrontés à des vues sur les magnifiques jardins en alternance, sec ou humide. 

Et pour finir l'Otowa-san Kiyomizu-dera [音羽山清水寺], le "temple" des trois chutes d'eau pure du haut duquel, "non tu ne sauteras pas"... Plutôt vaste puisqu'il n'est pas si seul ! En effet le Kiyomizu dera [清水寺] est devenu au cours des siècle le nom générique d'un complexe de plusieurs temples amalgamés, qui regroupent deux pagodes, plusieurs bâtiments de temples shintos et bouddhistes mélangés en plus de notre temple principal et des fameuses chutes d'eau Otowa no taki ! Dans lesquelles, d'ailleurs, on peut chercher bonne fortune, santé ou succès en buvant dans des grandes perches creuses que l'on place sous une des trois sorties de la chute qui tombent depuis les gouttières, par dessus l'avant toit. Une des légendes attachée au Kiyomizu dera est que le saut depuis la terrasse, le Hon-do [本土], (15m de haut au total) du temple exhausserait les souhaits, vous ne pourrez pas vérifier par vous même car cette prouesse est actuellement interdite. Vous pouvez tout de même admirer l'architecture de la plateforme, un enchevêtrement de 139 poutres fixées sans aucun clou ! Nous avons aussi déniché dans le complexe, une petite escale conseillée aux romantiques dans l'âme comme Mamagei : le temple Jishu, dédié à l'amour et à la romance. Et l'anecdote suivante lui est donc tout naturellement dédiée, ainsi qu'à l'Apfelschorlette qui raffole de ce genre de détails ;) Dans ce temple vous pouvez faire, pour les célibataires de préférence, un test pour (enfin) trouver l'amour véritable : il faut partir d'une des deux pierres sacrées et rejoindre la seconde, séparée d'une dizaine de mètres, les yeux fermés pour espérer le trouver. Déçu.e.s car vous êtes déjà en couple ? Pas de soucis ! Le dieu principal de Jishu, Okuninushi no Mikoto [大汝命], apporte "l'amour bienveillant, la sagesse et le bonheur sans fin". Vous pourrez donc lui demander tout autre conseil ou aide dans votre vie sentimentale et amoureuse par l'intermédiaire de son messager, un petit lapin que l'on retrouve partout aux détours du temple. A côté, on trouve un autre réseau de temples avec une histoire plus noire que rose... le Seikanji [清閑寺], un espace mortuaire réservé à la famille impériale. Il contient les tombes des empereurs Rokujō [六条天皇] (1164-1176) et Takakura [高倉天皇] (1161-1181) et vu leurs courtes durées de vie, nous prenons note qu'il ne faisait pas vraiment bon être empereur à la fin de la période Heian surtout quand le clan Taira montait en puissance... Enfin ça c'est une autre histoire... Vous n'êtes cependant pas arrivé.e.s au bout des découvertes de cet immense espace, puisqu'en continuant vos déambulations vous tomberez peut-être sur l'Otani Honbyo [大谷本廟], encore un complexe de temple, où se trouve cette fois le mausolée de Nishi Otani [西大谷] (1173-1263) (autre nom de Shinran) un des fondateurs de « École véritable de la Terre pure » le Jōdo-Shinshū (une des nombreuses écoles bouddhiques japonaises parce que oui c'est plus drôle quand on divise en différents courants les religions) un contemporain des deux précédents ayant eu visiblement plus de chance niveau longévité (n'étant pas empereur CQFD).

 Otawa-no-takiDragons du KenninjiPagode du TojiKenninji jardin secEntrée du Kiyomizu dera

Besoin d'une petite pause kawaii  après toute cette Histoire et ces traditions ? Direction la boutique culte de Ghibli Goods, qui se visite aussi comme un mini-musée, possédant un énorme Chatbus, un Totoro en peluche et de nombreux goodies en tout genre ! si le parc à thème de Miyazaki "Ghibli Park" (ouvert en 2022 situé à Nagakute à proximité de Nagoya) et le Musée Ghibli (ouvert en 2001 situé à Mikata près de Tokyo) vous paraissent trop loin. Et bonus pour les fans d'Hello Kitties, la boutique est juste à côté ! Alors... n'hésitez plus ! attention aux horaires d'ouverture nippons ;) ferme à 17h30

Après cette courte page de publicité (de laquelle je ne tire aucun bénéfice...) poursuivons l'aventure, partons explorer et nous perdre dans le quartier de la montagne tempête : Arashiyama [嵐山] ! Une des premières destinations inscrites sur le carnet de route de Léoly et moi. Pour l'atteindre, première surprise, un tout petit tramway d'un seul wagon à l'ancienne nous y conduit pour parcourir les dernières stations et nous nous croyons réellement plongé.e.s dans un animé nippon. Nous débarquons au milieu d'une forêt de kimonos, dont les troncs sont formés de tissus colorés aux motifs variés bien installés dans des tubes protecteurs. En suivant le chemin formé, on se retrouve au centre, devant une petite fontaine surmontée d'un dragon. Il porte bonheur à qui plonge ses mains dans sa source, vous vous doutez que personne n'a eu besoin de nous le dire deux fois. Le premier temple sur lequel nous tombons est le Tenryuji [天龍寺], il possède un magnifique jardin d'origine dont le design est de Muso Soseki, constitué d'un grand parc, de bassins remplis de lotus, d'érables, et de tapis de mousse. Il est surtout connu pour avoir fait face au feu à de nombreuses reprises (comme beaucoup de monuments ici sans débattre de penchant nippons pour la pyromanie... vu qu'on est sur des matériaux bois éclairés aux lanternes en papier c'est pas si étonnant qu'un accident soit vite arrivé...) et avoir été reconstruit pour la dernière fois à l'ère Meiji (1868-1912). Ensuite notre parcours se poursuit sous les frondaisons de l'allée des bambous, ceux-ci, si immenses qu'ils se rejoignent et se touchent presque au sommet formant comme une sphère verte. Au milieu des touristes, nous nous faisons doubler par des "pousse-pousse", ces petites carrioles tirées par des porteurs, nous nous faisons la remarque que ce n'est pas la meilleure saison pour admirer des bambous et bifurquons hors des sentiers battus. C'est une  armée de petits temples en enfilade qui nous attend de pied ferme dans le secteur, sans ceux non recensés sur la carte à notre disposition nous passons devant les imposants Jojakkoji, Nison-In, Takiguchi-dora, Gioji et Danrinji avant de nous décider à emprunter la porte impressionnante du Seiryoji [清凉寺] (aussi nommé Saga Shaka do) afin de le visiter et en plus, il a le mérite d'être gratuit. Nous atteignons une Station de la JR Line (la Torokko Saga Station), retournons à la civilisation pour admirer un petit musée où trônent des anciennes locomotives, un salon XIXeme avec piano et statues de compositeurs, et le départ de la Sagano Romantic Train [嵯峨野観光鉄道] (dont les publicités vantant ses mérites ne manquent pas). Traversant le pont au dessus de la rivière agitée, nous prenons la direction d'Iwatayama, aussi connue pour être la montagne des singes. Nous attaquons un peu de dénivelé pour admirer le temple Horinji [法輪寺], qui depuis son immense terrasse propose une jolie vue sur la ville. Nous nous extasions devant la délicatesse des feuilles d'érables et des mousses qui se découpent autour des lanternes traditionnelles d'ornement en pierre, d'une pagode aux couleurs chatoyantes et d'une énorme cloche de bronze cachée par la nature. Puis, à l'entrée du parc naturel protégé, l’hôtesse nous annonce encore 20 minutes de montée, qu'à cela ne tienne un coup de ventilateur, brumisateur, et nous prenons notre temps sur le  parcours en répondant aux jeux en VO sous-titré Léoly avec quizz sur les environs et le site. C'est ainsi que nous apprenons que la montagne sert de parc naturel à plus d'une centaine de macaque, qu'actuellement c'est la saison des petits, qu'un individu atteint l'âge adulte à 10 ans et peut vivre jusqu'à 30 ans et etc. Arrivé.e.s en haut nous constatons que leur vue sur Kyoto est imprenable ! C'est l'heure de l'approvisionnement et ça se bouscule sur l'observatoire pour avoir accès à son dû. En redescendant et regagnant la station de métro nous croisons la route du Matsuo (Matsunoo) Taisha [(松尾神社], un temple shinto après tous les bouddhistes du jour, très calme, où nous apercevons des tortues, découvrons des vœux accrochés aux arbustes et découvrons une cascade bien cachée derrière l'enceinte principale, tel un "bonus level".

Porte du SeiryojiBest view ever !forêt de kimonoquartier d'Arashiyama

Quelques pas plus loin, la journée est bien avancée, la lumière décline, nous voilà déjà arrivé.e.s en fin de soirée. 

Nous vous proposons au choix trois endroits qui nous sont restés en mémoire pour une nuit formidable, suivez nous !

1er choix - la version culture tradition : Si vous vous trouvez par hasard autour du 20 juillet à Kyoto, profitez du Fushimi Inari by night ! Un magnifique Matsuri [祭り] (festival traditionnel) y a lieu, du nom de Motomiya (la fête aux lumières) on y porte son yukata et on y danse tous ensemble en rond autour d'une estrade illuminée en y apprenant les pas. Les nombreuses lanternes qui ornent les différents espaces du temple et les rangées de torii s'allument progressivement, pour une immersion complète dans le rouge, noir et orangé du temple aux couleurs du renard. Les locaux y sont majoritaires, le cadre calme et agréable. Profitez de la fraicheur, de l'immersion culturelle. Et qui sait vous obtiendrez aussi peut-être un éventail à l'effigie du Kitsune... ;)

2eme choix - la version culture citadine locale : Si vous êtes plutôt otaku [おたく], direction la salle d'arcade, de nombreux jeux en tout genre, qui se jouent seul ou à plusieurs, des goodies d'animés et de manga, des machines de fêtes foraines pour attraper des peluches ou autres cadeaux avec des grappins, des ordinateurs en libre service et bien souvent un cinéma à proximité. Vous aurez ainsi un bon aperçu d'une soirée des jeunes Kyotoïtes oui je sais c'est moche mais c'est le vrai nom... alors disons des jeunes citadins nippons ! 

3eme choix - la version bon plan de touriste : la Kyoto Tower [京都タワ] haute de 131m, équipée d'une plateforme à 100m qui offre une vue à 360° sur les environs nous avions fait la visite de jour, mais nous nous y sommes rendus de nuit aussi pour le Rakugo en ajoutant l'impression de la vue de nuit que nous avions admirées depuis celle de Séoul avec Mamagei c'est un fait : c'est à faire en soirée ! (surtout que la nuit tombe tôt ici et que la majorité des sites ferment il faut l'avouer vers 17h...). La vue d'en haut si vous gagnez le dernier étage est très sympa et de nuit vous devriez voir l'étendue lumineuse de Kyoto sans les désagrément de la pollution. De plus elle abrite dans les étages inférieurs deux spots "to be" : un point info touriste avec wifi gratuit, hôtes et hôtesses serviables prêt.e.s à vous conseiller sur toutes les meilleures choses à faire, ainsi qu'au sous-sol des stands de mochi [] (spécialités de gâteau à base de riz gluant ici parfum chocolat et matcha vous sont proposés à la dégustation). Enfin parce qu'en sortant de la tour et en regagnant la station de train principale, vous pourrez admirer le spectacle de la fontaine musicale, avec son et lumière, qui agrémente votre retour de soirée d'étoiles plein les yeux.

Fushimi Inari Matsuri - Motomiya la fête aux lumières Kyoto TowerAu détour d'une rue bordée de canauxThé et gâteau locaux pour quatre heure

 Et c'est ainsi que s'achève ce troisième épisode consacré à Kyoto, j'espère qu'il vous aura donné des idées et appris des choses sur ce beau pays... et qui sait peut-être même donné envie d'y aller ;) Nous nous retrouvons très vite pour un dernier épisode des Carnets du Japon version juillet 2015 en attendant l'édition 2023 en préparation...

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Carnet du Japon #2 Vie au Japon - Typhon, Gion Matsuri et Cie

Publié le par Chokopims

Episode 2 : On poursuit le voyage et on se demande "mais que faire les jours de pluie ?"

 

Prêt.e.s pour la suite ? J'espère que vous avez masques et bouteilles d'oxygène, parce que ce second volet est une immersion complète dans la culture, les traditions, l'histoire et la vie quotidienne japonaise ! Vérifiez bien vos palmes et préparez vous, nous allons remonter à la nage le courant du temps, et vous faire plonger dans la vie quotidienne des japonais ! du 10 juillet au 31 juillet 2015.

Salamandre géante de l'aquarium de KyotoJardin botaniqueGion Matsuri de nuitPhoenix du musée du manga

Tout d'abord arrêtons nous en l'an 869... en pleine ère Heian et plongeons au cœur de la légende du Gion Matsuri [祇園祭] ! A cette époque, sévissait dans Kyoto et dans tout le Japon une épidémie particulièrement violente, les décès liés à cette plaie étaient nombreux. L'empereur Seiwa [清和天皇] (850-880, règne : 858-876)  fit ériger puis brûler 66 hoko [鋒] hallebardes symbolisant les 66 provinces du pays afin de procéder à un rituel de purification, le 7e jour du 6e mois de l'année 869. Cette procession avait pour but d'apaiser les esprits courroucés et d'ainsi calmer la malédiction, une interprétation contemporaine de cette épidémie virulente que subissait les japonais cette année là. En effet ils pensaient que la maladie avait été envoyée par Gozu Tennō [牛頭天王] une déité à tête de bœuf en guise de punition. Pour ceux et celles qui se le demandent, voici l'explication scientifique qui se cache derrière : la rivière de Kamo-Gawa (notre QG décrit dans les carnets du Japon #1)  est sujette à de nombreuses crues qui provoquaient des stagnations d'eau et dans ses conséquences les plus larges, à la prolifération d'épidémies. C'est une des raisons pour lesquelles dans les époques suivantes, le cours d'eau sera modifié et aménagé, avec des digues en béton renforcé et un système de drainage, afin de gérer son lit et d'éviter les débordements. dans les deux sens du terme

De nos jours, le festival est toujours là, il est encore pratiqué annuellement, pour apporter la santé en éloignant les maladies, il s'étend sur le mois de juillet, dans le quartier de Gion qui lui a donné son nom. Il y a deux parades principales : le Saki Matsuki Junko ou Yamaboko Junkō [山鉾巡行] qui se déroule le 17 juillet et le Ato Matsuri Junko le 24 juillet. Les trois jours qui précèdent ces parades sont appelés Yoiyama [宵々山], nous avons eu la chance d'y participer de nuit, nous joignant aux locaux en yukata [浴衣] kimono d'été pour l'arpenter avec bonheur, admirant les chars se préparant pour le défilé. Laissez vous porter par les lumières des lanternes des chars et par la foule qui déambule aux sons différents de chacun d'entre-eux (dont certains sont visitables). En effet on compte 33 chars en tout, dont même deux qui ressemblent à des bateaux. Ils sont richement décorés de lanternes, tentures, et sculptures et se divisent en deux catégories. Les hoko (hallebardes en référence à l'évènement historique), ce sont les plus grands mesurant jusqu'à 25m et pesant pour le plus imposant 12 tonnes, ils sont équipés d'un mât surmonté d'un objet en métal et transportent leurs musiciens. Les yama sont eux plus petits, contrairement aux hoko qui sont des chars tirés, ils sont portés et l'étage est occupé par des mannequins. Chaque char représente son quartier, joue sa propre mélodie et revêt des yukatas aux motifs différents, la manœuvre la plus impressionnante de la parade est les rotations des hoko à 90° dans les angles des rues. Le changement de direction est guidé par un "porte-éventail" pour placer les chars sur des bambous couchés au sol afin de les faire pivoter en les tournants et ainsi pouvoir repartir sans encombre, en suivant l'itinéraire de la procession. Et en plus, ces magnifiques chars sont entrés en 2009 au ... Bravo patrimoine mondial de l'Unesco sous le titre "Yama, Hoko, Yatai, festivals de chars au Japon"! 

Ice ice ice ! Glace pilée à la japonaiseMiniatures du Gion MatsuriGion Matsuri YoiyamaGion Matsuri de nuit

Suite à l'arrivée inopinée d'un (petit) typhon, nous nous sommes rabattues sur des monuments abrités pour éviter de nous envoler. Ce qui veut plus ou moins dire musées ! Celui de Kyoto est d'ailleurs très intéressant et complet, il propose, comme nous, une immersion et des explications, cette fois sur la vie et l'histoire de Kyoto au cours des quatre périodes s'étalant de Heian (rappelez vous les hallebardes de l'épidémie de 869) à Edo (se terminant en 1867), époque à laquelle Kyoto cède sa place de capitale à Tokyo appelée à l'époque Edo donnant son nom à la période. Je ne vais malheureusement pas avoir le temps de m'étendre dessus ici (sinon l'article serait trop long) mais sachez qu'au cours de notre visite c'est à Sekigahara no Takai [(関ヶ原の戦い], une des plus grandes batailles historiques du Japon, qu'il avait dédié son exposition temporaire et c'est celle-ci que je vous propose de suivre en parcourant le "Hall of Fame" japonais. L'entrée de cette exposition se fait par une cinématique 3D épique sur des drapeaux blancs en mouvement nous montrant des combats de samouraïs ! je sais, décrit comme ça c'est plat mais ça créait vraiment une mise en ambiance parfaite

Pourquoi Sekigahara [関ヶ原の戦い] est-elle une bataille si importante ? Parce que le Japon moderne se fondera sur ses issues. Nageons donc rapidement pour passer de la vague 869 à la 1600ème et quittons la torpeur de l'été pour le mois d'octobre puisque cette bataille s'est déroulée le 20 et 21 de ce mois afin d'en apprendre plus ! Pour faire simple, Sekigahara signe la fin des "Royaumes combattants" au Japon, l'ère Sengoku [戦国時代] au sens large et le début de la période d'Edo. Pour faire compliqué...  Vous vous rappelez dans les cahiers du Japon #1 lorsque je vous avez parlé de l'ère Azuchi Momoyama (1573-1600) ? En 1573 Oda Nobunaga [織田 信長] 1534-1582 défait le dernier des shogun Ashikaga qui régnaient jusqu'ici en maitre depuis plus de deux siècles sur le Japon. Or, ce même shogunat avait entrainé et déchiré le pays dans une guerre civile depuis 1477, appelée guerre d'Ōnin [応仁の乱], en gros pour savoir qui serait le plus fort et arriverait à gouverner tout le Japon. Cette première grande défaite engage le début d'une période qui permis d'unifier et pacifier le pays au travers d'un nouveau shogunat instauré par Oda Nobunaga et renforcé par ses deux principaux successeurs Toyotomi Hideyoshi 豊臣秀吉 (1537-1598) et Tokugawa Ieyasu [徳川 家康] (1543-1616) qui ne pouvaient pas vraiment se voir vous allez vite le comprendre mais dont je vous épargne l'arbre généalogique complet. Et dont la succession fut tout sauf facile, peut-être en raison des restes de cent ans de guerre civile... Puisque c'est l'opposition de leurs deux familles qui mena à Sekigahara no Takai. En effet à la mort de Toyotomi Hideyoshi, le daimyo [大名] ou clan de la famille Tokugawa s'oppose, allié d'autres grandes familles, à la nomination de son fils en tant que successeur du titre de shogun et refuse de respecter la régence. Le clan Toyotomi a été affaibli par les derniers évènements, et les principaux personnages qui maintenaient l'alliance en place décèdent ce qui ouvre les portes à la contestation et dérape en "guerre de clans". Rajoutez à tout cela le fait que les Toyotomi sont d'origine paysanne et non issus des daimyo comme les Tokugawa, ce qui ne plait pas à toutes les grandes familles et vous avez des motifs de mécontentement qui mènent à un soulèvement. D'un côté les partisans fidèles, qui restent loyaux à Toyotomi Hideyoshi et supportent son fils Toyotomi Hideyori (ne soyez pas dupe il n'a que 7 ans et tous ses alliés ne sont pas sympa au point de combattre pour rien, ils espèrent aussi le manipuler plus facilement) et de l'autre la contestation mené par les partisans et les alliés de Tokugawa. C'est le clan Kobayakawa, appelé les traitres de la dernière minute, qui fera basculer l'affrontement de Sekigahara en victoire du clan des Tokugawa, en retournant sa veste au dernier moment... Une question de Timing, puisque la bataille n'a duré que 6 heures au total.   

Vous comprenez peut-être mieux pourquoi nous nous sommes mises en quête de la tombe de ce fameux Toyotomi Hideyoshi. Chose étonnante que nous avons pu découvrir du quotidien des japonaises en nous rendant sur l'édifice qui lui est dédié, toutes dégoulinantes de sueur après tant d'effort dans la moiteur ambiante j'insiste pour le contraste vous allez voir... : la Pincess-Line. Mais qu'est ce que c'est ?? C'est un bus rose réservé aux femmes seulement, discrimination positive pour éviter le harcèlement dans les transports, il y a aussi des rames dédiées à la gente féminine dans les trains. Et comble du bonheur des princesses, on peut attendre son bus à la station, en s'asseyant dans de magnifiques canapés, roses eux aussi, abrités de la pluie bien entendu, armé de son ventilateur portatif personnel : la touche de classe finale. Je vous laisse le soin de commenter et méditer sur cette initiative.

Petits serpents poissons étonnantsAquarium de KyotoThe big salamander !Aquarium et faune bizarre

Après notre intermède historique, un peu de littérature à présent ! Nous nous sommes rendues, en fanfare parce qu'on l'avait noté en haut de la liste des choses à faire au Musée international du Manga ! Premier mondial, ouvert en 2006 avec un phœnix qui orne son entrée (non ce n'est pas Ikki) il possède des murs entiers de manga. Il est construit comme une énorme bibliothèque, s'étalant sur trois étages et proposant plus de 300 000 ouvrages ! Il y a une exposition permanente sur l'histoire du manga des origines à nos jours, une salle réservée aux enfants, des originaux et objets de mangaka célèbres, et lorsque nous nous y sommes rendues une exposition sur le manga à travers la Seconde Guerre Mondiale et son impact (pendant et après), notamment comment le manga a aidé et participé dans la prise de conscience et la résilience. On y a notamment découvert Gen d'Hiroshima (dont je vous reparlerai surement ultérieurement). Une belle découverte, car ce n'est pas la fin mais la faim qui nous a poussé à en sortir !

Petit interlude de jeu traditionnel avant de nous remettre en marche et décider qui se charge de la suite du programme : le Jan Ken Pon [じゃんけんぽん], article en anglais détaillé et illustré sur le sujet, l'équivalent de notre "pierre-feuille-ciseaux" auquel les enfants de nos hôtes nous ont initiés en VO. Pour commencer la partie on dit Shaishowaguu [最初はグー] puis on poursuit avec le Jan Ken Pon [じゃんけんぽん] s'il n'y a pas de gagnant on recommence avec la fameuse phrase Aikodesho [あいこでしょ] jusqu'à ce qu'il y en ait un. C'est Léoly qui gagne cette partie et nous emmène sur les traces de Murasaki Shikibu [紫式部] (~973 - ~1014), l'auteure du premier Best Seller mondial, bon en tout cas vu du Japon, le très renommé et fameux... "Dit du Genji" [源氏物語] Genji monogatari, une œuvre fleuve écrite au XIème siècle qui comprend près de 1 000 pages et une cinquantaine de livre sur des intrigues politiques et amoureuses de la cour japonaise de son époque. Nous nous sommes aussi rendues sur son tombeau ! Euh... oui on a vu pas mal de tombes d'illustres personnages et d'illustres inconnus aussi dont le voisin de Murasaki Shikibu d'ailleurs... 

C'est l'heure de remonter en surface pour un retour au (presque) présent, et la vie quotidienne des japonais aujourd'hui... Essuyant encore l'eau qui pleuvait averse pensez Japon, pensez kawaii pensez K-Way... nous avions décidé de prendre la route de l'aquarium de Kyoto, plutôt réputé car conseillé par nos hôtes, ayant des enfants qui raffolaient de cet endroit. Nous avions ainsi pu faire connaissance avec la faune locale de la rivière Kamo Gawa dont une salamandre géante, qu'on a cherché dans le bassin pendant longtemps... parce que d'un, elles ressemblaient à s'y méprendre à des rochers, où elles se cachaient : niveau camouflage impeccable ! Mais aussi parce que de deux, nous ne les imaginions pas si géantes que ça... Elles font tout de même entre 1m et 1m40 ! oO Il en existe aussi plusieurs espèces en Asie qui était présentées dans cette même salle. Nous avons aussi rencontré d'innombrables animaux marins, otaries, phoque, dauphin, manchots à l'heure du déjeuné pour les plus courantes, et des espèces plus communes des mers d'Asie que nous connaissions, nous, moins bien. Bien entendu, je me suis longuement arrêtée pour admirer les méduses, et Léoly s'est pris d'affection pour le spectacle de dauphins et la boutique souvenir qui lui ont fait dire pendant une bonne partie du séjour que c'était son endroit préféré dans Kyoto.

Tonnelle de citrouilles et potironsUn des étang du jardin botaniqueLotus du jardin botaniqueCollection de bonsaï

Retournons nous prélasser au bord de la Kamo Gawa, maintenant en crue si vous suivez ;), faisons une pause en atteignant le jardin botanique de Kyoto et découvrons la flore locale après la faune (vous ne serez pas étonné si je vous dis que ce n'est pas Léoly qui a insisté pour y aller...). Le jardin possède de nombreux nénuphars et lotus tous en fleur à cette période, une bambouseraie très variée, un coin enfant avec des champignons-bibliothèques et une superbe collection de bonsaï. Nous déambulons dans un jardin à l'européenne avec sa roseraie, ses fontaines et sa symétrie, passons aux jardins japonais avec les petits étangs aux passerelles de bois permettant de découvrir des mini-îles qui ponctuent le parcours puis dévions sur des coins dédiés à certaines plantes. Nous faisons face à plusieurs variétés de conifères, un espace garni d'hydrangeas (dont l'hortensia fait partie), un autre d'iris, un potager où les potirons prospèrent sur des tonnelles et sont retenus par des paniers, une armée de cerisier (appelé Sakura [桜 / 櫻 / さくら] au Japon) comprenant 200 espèces différentes, des pruniers (Ume [] aussi appelé abricotier du Japon) et des érables (Kaede [楓] littéralement «mains de grenouilles» appelé aussi Momiji [紅葉] à l'automne pour ses couleurs feux littéralement "feuilles rouges changeantes») que les habitants viennent admirer en pleine saison. Notons aussi les espaces aménagés des espèces endémiques, avec les japonaises voisines des chinoises (300 000 recensées), très similaires, car il y a plusieurs milliers d'année de cela les deux pays se jouxtaient, comme ici au jardin botanique, au cœur de la Pangée : très dépaysant. 

Pour finir la soirée, nous vous emmenons voir un spectacle japonais, très particulier : le Rakugo [落語] ou "l'art de la parole qui a une chute" ! C'est une sorte de Stand-Up mais... Sit-Down (précision pour les allergiques à l'anglais : jeu de mot pas vraiment traduisible entre debout et assis). Un spectacle traditionnel comique de style narratif qui date du XVIème siècle. Pour son show, le Rakugoka [落 語 家], à genoux sur scène calé sur son petit coussin, vêtu d'un kimono, est armé d'un éventail, d'une serviette. Il s'en saisit pour raconter des histoires, ponctuées de calembour, jeux de mots et effets comiques en ne bougeant que le haut de son corps. Le spectacle de Rakugo est à l'origine un art de rue, en effet, assis en haut d'une estrade en hauteur (le kôza [高 座] nom actuel de la scène sur laquelle il siège), en coin de ruelle, le conteur haranguait la foule des passants en les captivant et les tenant en haleine aux travers de récits et d'anecdotes pleines de rebondissement jusqu'à la chute (le ochi [落ち] aussi utilisé pour le mot "punchline" en japonais). Pour en savoir plus n'hésitez pas à consulter le site français dédié au Rakugo :)

Aquarium coming soonStands ponctuants le Gion FestivalEventails du festival de GionAmbiance Gion Matsuri

La journée fut longue et bien animée, et c'est ainsi que s'achève notre deuxième épisode immersif, retournez bien sereinement sur terre, séchez-vous bien et retrouvons nous pour l'épisode 3 des carnets du Japon dans les jours à venir ! 

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Carnet de Corée #7 We Séoul U again !

Publié le par Chokopims

Pour découvrir le charme de Séoul 서울 épisode 2 : L'aventure avec un grand A

Les visites de l'immense Séoul, capitale de la Corée du Sud s'étendant sur plus de 60 000 Ha et abritant presque 10 millions d'habitants ne pouvait se clôturer si vite ! Nous étions donc d'ores et déjà entrainées vers de nouveaux évènements, dans la découverte d'une ville asiatique qui a encore énormément de choses à nous révéler... 25 mars au 05 avril 2018 (on poursuit le récit)

Et si vous êtes toujours là, c'est que vous attendez comme nous... LA SUITE !

Namsangol le village traditionnelQuartier de Mullae - Steampunk tendanciesCostumes de mariage de Gojong et Myeongseong

Nous débutons par une petite virée historique, avec un retour vers 1988, l'année où ont eu lieu les premiers jeux olympiques en Corée, sachant qu'en 2018, année du voyage, se déroulaient cette fois, 30 ans plus tard, les jeux d'hiver à 평창군 PyeongChang ... Drôle de coïncidence ! Nous entrons donc dans le parc olympique, 서울올림픽주경기장 complexe créé pour l'occasion, et étrenné pour la première fois en 1986 avec les jeux asiatiques. Quand on se rappelle dans quel contexte politique était la République de Corée dans les années 80, voir les carnets de Gwangju les débats de la demande d'accueillir les JO on retrouve tous les documents dans un musée dédié prennent un tout autre sens, l'issue du mouvement de juin 1987 et l'aboutissement à une constitution a été sûrement un peu avancée par l'arrivée de ces jeux. Encore une fois l'image que renvoie le pays d'accueil a été primordiale et a permis un consensus. Le parc est un complexe sportif sans limite, avons nous l'impression, car même en le parcourant de long en large nous arrivons tout de même à tomber sur des éléments que nous n'avions pas encore vu. Devenu une plateforme d'art, comme énormément de choses en Corée vous avez fini par remarquer... on peut trouver des sculptures à tous les coins du parc, entre les musées dédiés à l'histoire des jeux olympiques, un à la culture K-Pop, et bien oui ! mais aussi bien évidemment, les stadiums, les halls, les piscines, et toutes les salles de sports dont je ne dresserai pas ici la liste, on peut aussi marcher sur les "vestiges" de la forteresse Mongchontoseong (서울 몽촌토성), vestiges étant un bien grand mot puisqu'il n'en reste surtout que l'emplacement, et admirer la flamme olympique sous une grande arche, entre autres monuments historiques rappelant les exploits sportifs et l'impact de ces JO sur le pays. Après cette étape riche en enseignement nous enchainons avec le lac Seonkchon (석촌호수공원), situé dans le même quartier à Jamsil (잠실), il parait que là, c'est un bon spot pour aller observer les premières floraisons de cerisier. On observe bien les bourgeons, mais pour les fleurs, il va falloir attendre encore un peu ! On se console donc avec les forsythias et les saules qui eux sont en pleine expansion, et les alentours du lac animés et agréables, agrémentés encore une fois on s'en doute de street art. :)

JO 1988 - 2018flamme olympiqueLac SeonkchonDrapeaux et monuments olympiques

Une autre de nos journées épiques vous allez enfin comprendre la douleur des derniers 7 km, déjà annoncée dans l'épisode 1 de nos aventures : le combo Seoul Forest (서울숲) allié avec l'enfer de Myeong Dong (명동) ou pourquoi nous avions déjà bien marché le jour de la Namsan Tower XD. Tout avait pourtant bien commencé, le parc de la forêt de Séoul est annoncé comme "vaste", bon nous avons fait le parc olympique et sincèrement... ça va ! :) Mamagei et moi, nous le parcourons très intéressées par la partie botanique, les terrariums, aquariums, volières à papillon, bassins d'eau produisant de l'énergie, ... Nous passons sur le pont qui surplombe le parc des daims, et poursuivons sur la partie jeux aménagés. Il faut dire que ce parc est le paradis des familles et que la zone de sculpture est transformée en structures ludiques où enfants et parents s'amusent ensemble. C'est ici aussi qu'on apercevra nos premiers cerisiers en fleur et comme de par hasard des gens qui pique-niquent en dessous ^^ pour terminer on atterrit dans un passage d'Urban Graphism avec du street art tag un peu partout. Nous décidons d'aller manger dans Wangsimni 왕십리 un petit BBQ bien mérité, avant de repartir en métro direction l'enfer avec une mission : aller au point info de Myeong Dong !

Je m'explique. Pourquoi l'enfer ? En trois mots et en anglais ? TOURIST SPOT DETECTED ! En fait Myeong Dong est LA destination N°1 des touristes à Séoul. La rue est blindée. En fait c'est l'équivalent d'une rue piétonne ultrafréquentée comme la Zeil à Frankfurt ou la rue Sainte Catherine à Bordeaux et que sais-je encore mais puissance 10 000 ! Un conseil si vous tenez à la vie, n'allez pas à Myeong Dong, des stands en tout genre avec odeur de nourriture très prenante, des restaurants, des boutiques, des hauts-parleurs allumés à fond, des démarcheurs, des colporteurs, des tonnes de gens serrés et piiiiiiire que tout... des touristes ! ^^ On arrive tant bien que mal au bout, on ne s'éternise pas, prenons le nécessaire de survie à l'office de tourisme et nous respirons un bon coup avant d'affronter la foule une seconde fois pour rejoindre la station... La rue me parait interminable. Nous poursuivons d'un commun accord à pied, et au calme en le savourant tranquillement et arrivons enfin vers le village Hanok, la suite du programme... Enfin ça c'est que nous croyons encore quelques instants avant... C'était avant... Avant... Le drame...

J'ouvre mon sac et ...

Maison de sorcière dans la forêt de SéoulUrban Street AvenueForêt de SéoulWangsimni Station

Plus d'appareil photo. Je réfléchis. Non mais il est forcément là. Je sors tout. Rien. Je ressors tout. Toujours rien. Je refais le trajet dans ma tête. Bon dernière photo c'est Mamagei devant le BBQ de midi. Après ça ? Trou noir. On est mal. Va falloir tout refaire du début ? Je désespère. Le restaurant peut-être ? Ni une ni deux, le Capitaine Mamagei prend les choses en main. Nous sommes revenues sur nos pas et nous avons fait Wangsimni dans un coréenglish particulièrement impressionnant : rien. Déclic. A l'office de tourisme, j'aurai du paniquer si je ne l'avais pas dans mon sac non ? Donc il faut reprendre la rue... La rue ?! Nooooon pas Myeong Dong ?! oO

Et c'était reparti pour l'enfer deuxième prise et aller-retour. Déjà rien qu'à l'abord de la station de métro la tension monte. Heureusement le graal est au bout : mon Fujifilm avec la photo de Mamagei devant son BBQ est bien là. Délivrance ! Et un énorme 고마워 (gomawoyo) c'est à dire merci en coréen qui vient du fond du cœur. Après vous connaissez la suite, bouffée d'air frais, respiration et on affronte la foule de nouveau... pour la quatrième fois de la journée avant de monter directement vers le mont Namsan, par le chemin le plus perdu, loin du monde, loin de tout. Et on ne redescendra que tard dans la nuit, toujours à pied, mais après cette journée je crois qu'on peut dire que nous sommes définitivement devenues des warriors !

Quartier de DaehangnoPatbingsu Chocolat/Matcha <3Quartier de DaehangnoNamsangol

Nos autres découvertes en vrac pour finir en feu d'artifice : le quartier sidérurgique de Mullae 문래, ancien bidonville transformé en ... Bravo ! Village d'art ! Au rendez-vous steampunk il serait en tête, il y a d'ailleurs un superbe café dans ce genre en plein milieu de ce quartier un peu atypique. Daehangno 대학로 quartier jeune très accès sur les arts et le théâtre, proche de Dongdaemun, où se situe entre autre, un village mural encore oO de magnifiques cerisiers, le Marronnier Park (마로니에 공원) et des 팥빙수 Patbingsu délicieux <3 notamment chocolat/matcha ! Le village Hanok de Namsangol  남산골한옥마을, dont l'attraction principale, pour moi est la "Time Capsule" capsule temporelle ! Pour l'atteindre il faut traverser... les couloirs du temps, bon ça j'avoue c'est pas dans le guide, c'est moi qui l'ai inventé :D, ils sont immenses, presque comme s'ils se refermaient au-dessus de nous et on a vraiment l'impression de voyager dans le temps à travers eux. Bref cette capsule enterrée en 1994 et dédicacée par Monsieur Chirac s'il vous plait pour les 600 ans de Séoul en tant que capitale de la Corée, contient un, je cite "message pour les générations futures" et devra être ouverte pour les 1 000 ans de la ville. Ne faites pas le calcul pour savoir si vous pourrez voir l'ouverture, je vous l'épargne : personne ne survit 400 ans. Et enfin celui que j'appelle "The last palace" parce que c'était le seul que nous n'avions pas fait avec Léoly et Becky : le 운현궁 Unhyeongung, là où le roi Gojong (고종) c'est qui déjà celui là ? a passé son enfance. Mais si ! C'est lui qui deviendra le premier empereur de Corée. Et c'est également le fameux mari de l'impératrice 명성 Myeongseong, assassinée par les japonais dont nous avons parlé dans le carnet de Corée #1 ! Ce n'est certes pas un des palais les plus impressionnants mais il possède pas mal de reconstitutions intéressantes, avec costumes pour les adeptes.

Musée national de CoréeLes couloirs du temps !Capsule temporelleintérieur de l'UnhyeongungParc du muséePériodes des 3 royaumes

Il nous restait encore pour terminer le séjour une échappée sur la montagne du dragon : Yongsan 용산 rien que pour le nom il fallait que j'y aille vous vous en doutez avec des espaces verts imprenables, très fleuris et agréables, pavillons, pagodes, sculptures, petits étangs pour accompagner notre journée mémorable au cœur des musées. Dont celui national de Corée (국립중앙박물관) de la préhistoire au XXIème siècle, très intéressant mais très complet aussi et du coup, pour nous qui n'étions que de passage, démesuré et presque interminable... heureusement il fermait à 21h ! Le musée du hangeul (한글), l'alphabet coréen, petit mais très instructif qui retrace l'enracinement de cette écriture simplifiée par le roi 세종대왕 Sejong lui même, afin que tous ses citoyens aient accès au savoir. Et en effet cela n'a rien à voir avec la difficulté d'apprentissage de l'écriture chinoise en usage à l'époque, avec ses idéogrammes compliqués appelés hanja. Ainsi que l'extérieur du mémorial de guerre de Corée (전쟁기념관), qui possède une collection impressionnante de tous les engins utilisés, des tanks, chars d'assaut, aux avions et même quelques navires... Et tant d'autres choses encore !

Lee Lee-NamYongsan, la montagne du dragon en fleur

Comme vous avez pu le constater il y en a vraiment pour tous les goûts à Séoul, et chaque venue amène de nouvelles découvertes, il suffit de se laisser porter par l'envie d'en savoir plus. ;) Dernier volet à suivre !

 

 

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Carnet de Corée #8 Incheon, Suwon et Bukhansan

Publié le par Chokopims

Dernières balades avec Mamagei : La région de 경기도 Gyeonggi-do 25 mars au 05 avril 2018 (suite et fin)

En plus du programme bien chargé que vous avez découvert dans les deux premiers épisodes carnets de Corée #6 et #7, Mamagei et moi vous réservions encore, trois journées excentrées dans les environs de Séoul, remplies de nouvelles petites anecdotes à dévorer, en avant pour le dernier épisode de la saga !

Maison Hanok dans SuwonRestaurant traditionnel de SuwonBienvenue à Incheon

Virée à 인천 Incheon , équilibre entre tranquillité, modernité et tradition

Agréable surprise qu'Incheon, que l'on vous recommande d'urgence ! où les découvertes ont été très variées, ville portuaire accueillant l'aéroport, elle possède cependant, un quartier chinois, mini "China Town" colorée de rouge, très réputée pour ses nouilles à la sauce noire à base de pâte de haricot rouge les 짜장면 Jajjangmyeon ! Qui s'avèrent délicieuses :) Elle compte aussi de nombreux espaces très fournis en art de rue dont la célèbre plateforme des arts, ainsi qu'un village "Fairy Tale" et non Fairy Tail ^^ de contes de fées pour les petits et les grands enfants, que nous sommes, un quartier japonais avec maisons en bois traditionnelles, portes coulissantes et papier de riz où l'on peut constater les différences entre elles et les coréennes, et enfin sur la presqu'île qu'on peut rejoindre facilement à pied, on trouve l'observatoire 월미 Wolmi avec vue sur le port commercial, ainsi qu'un musée, des reconstructions de maisons d'époque et etc. C'est un grand parc avec jardin traditionnel et des bâtiments dédiés à la culture coréenne, qui permettent de s'immerger dans l'artisanat, les traditions, l'histoire et les costumes. On apprécie principalement les reconstitutions celle de maisons 한옥 Hanok, de bouts de palais, ou les pagodes, mais aussi les nombreux essais possible, comme ceux de 한복 Hanbok ou des jeux typiques du pays entre autre pour une immersion complète. ;) Une gentille 아줌마 Ajumma = dame d'âge moyen nous accueille donc chaleureusement dans le Wolmi Cultural Center et nous explique, passionnée, tout sur tout avec une motivation sans faille dans un mélange de coréenglish que je commence à maitriser. Nous apprenons par exemple, que traditionnellement après une naissance, pour protéger le nouveau né et sa mère du mauvais sort, on attachait devant la maison une corde censée apporter l'immunité. On pouvait ainsi savoir, en fonction de l'élément mêlé au cordage, si le nouveau né était une fille (pins + corde) ou un garçon (piments + corde). On a aussi droit a un cours sur les codes couleurs des Hanboks à la cour royale, le quotidien de celle-ci ainsi que les différentes cérémonies qui ponctuent la vie des coréens naissance, passage à l'âge adulte, 60 ans,... . L'avantage principal étant que nous n'avons pas croisé grand monde, mis à part des locaux, qui arpentaient cette ville et avons pu profiter pleinement de tous ces instants. De plus la majorité des coréens sont toujours heureux de partager un peu de leur culture avec les étrangers.

Pour terminer la visite en soirée ce sera le parc Jayu 자유공왼원 , le premier parc de style occidental, d'après les informations données, construit en 1888. Son nom signifie "parc de la liberté" et on comprend mieux pourquoi y trône fièrement la statue du général américain Mac Arthur qui a joué un rôle non négligeable dans la guerre de Corée de 1950-1953. C'est lui qui a lancé une opération de débarquement sur Incheon justement ;) pour libérer la Corée du Sud après des premiers mois de guerre pas très agréables à reculer vers Busan, face aux armées du nord bien équipées par les soviétiques. Pour ceux que ça intéresse, il existe un bon film historique à ce sujet, basé sur les faits qui se sont déroulés : Opération Chromite ou Memories of War. En Coréen c'est "la bataille d'Incheon" 인천 상륙 작전

Parc d'Incheon : les fameuses potiches pour conserver la nourriture (dont le Kimchi)Jeu traditionnel du YutnoriLes délicieuses jajangmyeonAu détour d'un escalier de la China Town

Saut dans le temps sur la forteresse imprenable de 화성 Hwaseong  (à Suwon 수원)

La forteresse de Hwaseong 수원 화성, « forteresse brillante » construite à la fin du XVIIIème siècle sous la demande du roi 정조 Jeongjo, qui envisageait de déménager la capitale de Séoul à Suwon, est classée au patrimoine mondial de l'Unesco et on ne se pose pas vraiment la question de pourquoi ^^. Elle est plutôt bien conservée pour certaines parties et restaurée pour d'autres. C'est une des destinations que j'avais inscrite en premier au programme, parce qu'il fallait absolument que nous arpentions ce lieu d'histoire ! Il me tardait de marcher sur ces remparts immenses, de plus de 6km de long et entre 4 et 6 m de haut. Nous n'avons pas été déçues. Les différentes vues qu'elles proposent sont toutes plus splendides les unes que les autres, il n'y a qu'à regarder le nombre de photos prises pour le constater. C'est fascinées et impressionnées que nous découvrons les nombreux bastions, et portes qui longent la muraille. Nous suivons le chemin de ronde, en partant du sud, au fil des étendards colorés qui indiquent les directions cardinales. Dans la mythologie coréenne, les quatre points cardinaux sont gardés par des créatures mythiques, des animaux gardiens qui leur ont donné leurs couleurs. Ainsi le Sud  a pour emblème un phœnix rouge, le Nord une tortue noire, l'Ouest  un dragon bleu et l'Est un tigre blanc. Décrire la forteresse pourrait me prendre des heures... Pour aller au plus court, nous avons énormément apprécié la visite, et les marches un peu moins à l'usure comme d'habitude. ;) Nous nous sommes beaucoup promenées au feeling et attardées sur les différents édifices qui bordaient les remparts, notamment aux alentours de la porte de Hwaseomun 화서문 aux couleurs blanches d'origine, qui ont miraculeusement survécu depuis sa construction en 1795.

Pour le plus grand bonheur de Mamagei, on peut participer à une chasse aux tampons sur les murailles à l'aide de la carte de la forteresse. XD A la fin de sa quête ultime, il nous en manquera malheureusement un petit dernier... Mais rien ne l'a détournée de son objectif ! Pas même la petite pause de midi où nous avons mangé dans un restaurant traditionnel, qui proposait une farandole d'accompagnements et un repas en  "chambre" c'est à dire table basse et coussin à même le sol. Nous étions entourées de fioles et de pots remplis de racines de ginseng qui baignaient dans l'alcool, comme chez un apothicaire.

Suwon, le long de la forteresseLe dragon bleu gardien de l'ouestPrintemps sur Hwaseong

 La Journée des exploratrices à l'assaut du 북한산 Bukhansan  

C'est admirablement bien équipées pour la randonnée que nous partons ce matin là, pour suivre l'exemple du hobby N°1 des coréens : MARCHER en montagne ! On achète au kombini de quoi se restaurer, lorsque nous serons au sommet, et on part donc à l'ascension, qui s'avère encore une fois me direz vous plus sportive que prévue, surtout que le granit effrité est glissant et en pente abrupte, le sentier est parfois à même la roche... Cependant, c'est plutôt amusant et la vue est splendide, même si la pollution de Séoul forme comme une nappe de brouillard au-dessus de la ville. Cette petite balade va s'avérer être une belle randonnée imprévisible ! En effet dès le départ de la station de métro, tout est écrit en coréen sur les rares cartes croisées, et notre guide est en anglais et ne comprend que des noms sans carte... En plus tout ne correspond pas : ça annonce de l'aventure on le sent déjà. Du coup, pour avancer, nous demandons notre chemin aux autres randonneurs.

Finalement l'ascension ne nous pose pas réellement de problème et nous arrivons sans grand encombre en haut des 600m de dénivelés, Mamagei va même jusqu'à escalader le dernier rocher pour toucher le drapeau coréen planté au sommet. We did it ! Après un pique-nique, pile en face d'une vue imprenable sur Séoul, nous, seules touristes étrangères à des lieux à la ronde, attirant l'attention sans le vouloir, reprenons la route, avec descente en passant par les temples "indiqués". De temples en temples, de chemins en chemins, on se retrouve dans le dernier et non des moindres. Ambiance paisible et relaxante, nous parcourons les bâtiments, admirons les statues, notamment les douze signes zodiacaux... C'est là que nous allons prendre la mesure de notre escapade... En demandant à d'autres visiteurs où se trouve la station d'où nous sommes parties, ceux-ci sont surpris et nous indique qu'il vaudrait mieux en chercher une autre. Et pour cause ! En fait, elle se situe de l'autre côté de la montagne... Arrêt. Attends, mais en fait nous sommes redescendues par l'autre versant !? oO Pourtant le nom du temple se situait dans le bas de notre plan et devait être le point de départ initial loupé... Nous sommes en fin d'après-midi. Devant nos airs aussi étonnés qu'eux, le couple interrogé nous indique gentiment un arrêt de bus en bas du chemin qui continue de descendre vers la civilisation et nous poursuivons donc la suite de notre aventure bien décidées à rejoindre une station de métro par ce biais. Ils finissent par nous emmener en voiture à l'arrêt et demandent même pour nous les renseignements pour rejoindre notre hébergement. Autant vous dire que nous sommes rentrées sans problème. Je vous avez déjà parlé du fait que les coréens étaient très serviables non ? ;)

Perdu dans le parc du BukhansanBon alors y a marqué quoi sur le plan ? Chais pas c'est en anglais !Vue sur Séoul du BukhansanTemple dans le Bukansan

Comme lors de ma première escale, il pleuvait encore sur Séoul quand nous l'avons quitté... Un signe qu'elle ne voulait pas nous quitter sûrement ^^ Ainsi s'achève le deuxième voyage des carnets de Corée, en attendant le troisième, car comme on dit... Jamais 2 sans 3 !

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L'addict-Thé de l'Utopim'ste

Publié le par Chokopims

Par un weekend frileux de ce mois d'octobre, je me suis rendue à un cours de "Cérémonie du thé coréenne". J'étais très curieuse pour plusieurs raisons, notamment parce que j'ignorais qu'une cérémonie spécifique à la Corée existait, de plus différente de la japonaise, qui m'est elle, beaucoup plus familière. Et aussi parce que ça faisait un moment que je l'avais écrit sur ma "to do list" sans trouver le moyen de m'y rendre...

En prime mon petit infuseur Sangoku alias Baka Saru :)

Notre professeure a commencé par nous faire une petite histoire du thé, au travers de la présentation des différents types de cérémonies qui existent parce que oui il y en a plusieurs ! Citons les principales, qui nous concernent : la japonaise, la coréenne et la chinoise. La chinoise est plutôt axée sur l'art (méthode), la japonaise sur la purification et la méditation (rituel zen), et la coréenne se situe entre les deux. Notre hôte nous en explique rapidement la raison, depuis toujours les différentes influences culturelles arrivent de la Chine, passent par la Corée et rejoignent le Japon, puis reviennent modifiées en sens inverse. Chacun s'appropriant à sa manière les choses. C'est là qu'on comprend que la position d'entre-deux de la Corée, ici sur le thé, illustre bien sa position territoriale, à mi-chemin entre les deux autres cultures. Faisant office de zone tampon entre le Japon et la Chine, on comprend aisément pourquoi les deux grands se sont fait la guerre pour la posséder. Puis notre hôte a continué, avec une présentation des différents types de thé, expliquant que la qualité et l’arôme dépendait de la date des récoltes avant ou après la saison des pluies par exemple, et nous a proposé de débuter la cérémonie avec un thé coréen*, qui ne m'était pas inconnu, puisque directement importé de Jeju-do, une grande île au sud de la Corée, où nous avons passé une partie de notre séjour en juillet article à venir... !

On a ainsi pu un peu plus appréhender les grandes lignes de cette cérémonie qui est un éloge à la lenteur, la grâce, la délicatesse et la précision des gestes... J'assume déjà les regards sceptiques et les étouffements de rire de ceux qui me connaissent bien, car ils ne savent que trop que de ses quatre qualités... je n'en possède aucune.

Raison de plus pour relever le défi ! Je remonte mes manches et me voilà lancée. Enjoy it !

 

L'addict-Thé de l'Utopim'ste Après un salut officiel, comme avant un combat, où la préparation de l'esprit pour se consacrer au thé, nous débutons...

Phase 1 : découvrir le service, sortir le tissu qui couvre les tasses et le matériel puis le plier de manière respectueuse. Verdict :  S'en sort haut la main !

Phase 2 : réchauffer les tasses en versant l'eau de la théière d'eau bouillante, au bol, puis à une théière plus petite jusque dans les tasses. Il faut répartir convenablement afin d'en avoir pile pour les trois tasses et que celles-ci soient remplies de manière égales... ça, ça demande de l'habitude à mon avis. Je suis obligée d'établir une technique de "plusieurs passages" pour m'en sortir avec des tasses à peu près équitables et une théière vide... et encore c'est sans compter sur ma maladresse qui arrose un peu le plateau. Verdict : Peut mieux faire !

Phase 3 : préparation du thé, je maîtrise la rotation de la théière même si j'ai l'impression que c'est un peu léger comme infusion, puis arrive le moment fatidique, le remplissage des tasses ! Même topo qu'en phase 2, il faut procéder dans l'ordre (ça encore ça va) et faire seulement trois passages, donc il faut gérer la quantité que tu sers pour pouvoir ajuster en fonction. Je m'en sors un peu mieux qu'au premier passage, puisque je sais environ où l'eau est censée s'arrêter (étant donnée que ma théière n'a pas été échangée entre-temps ^^) mais sur la fin il me faut attendre patiemment que la dernière goutte tombe de la théière. Verdict : Passable...

Phase 4 : servir les invités de manière polie, en commençant par la gauche et soi en dernier, je commence à ressentir des fourmis dans les jambes, repliées en position "samouraï" (comme j'aime le dire à mes élèves) depuis le début de la séance, puis déguster en se servant d'une des deux mains en soucoupe. Verdict : Bien, mais doit s’entraîner pour tenir la position assise...

Phase 5 : rangement du service, bien ordonné, tout à sa place et recouvrir. Verdict : Pas mal !

*Là aussi on n'utilise pas le même thé pour chaque cérémonie, si les japonais l’effectuent avec un Matcha, réduit en poudre, les chinois y préfèrent un thé noir comme le Yunnan et les coréens des thés verts très doux.

Il me reste encore beaucoup de choses à vous dire sur ce sujet ^^ j'en reparlerais sûrement dans un autre article puisque mon deuxième cours est en novembre ;)

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