Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

film

Perfect days de Wim Wenders

Publié le par Chokopims

A la base, nous devions aller voir Le garçon et le héron, le dernier Miyazaki. Mais mon amie Eclectiste était malade... J'ai cherché un film en japonais (version originale sous-titrée) pour compenser sur un soir qui nous convenait à toutes deux. J'ai trouvé Perfect Days en regardant rapidement le synopsis "tranche de vie" je me suis dit que ça plairait à Eclectiste, et qu'en plus ça parlait des toilettes publiques de Tokyo sujet qui promettait d'être original et amusant.

Une fois bien assise au creux d'un fauteuil du cinéma, apparait sur l'écran "un film de Wim Wenders" ... Ah... mais c'est pas vraiment un film japonais en fait ? Et... mais... attends... c'est pas lui qui a réalisé Les ailes du désir ? J'ai eu un petit moment de panique, car c'est un film que j'ai visionné suite aux conseils d'un de mes oncles (fan incontesté de Wim Wenders) mais dans lequel je me suis ennuyée du début à la fin, car le rythme était très lent... Trop lent pour moi à vrai dire et il ne s'y passait pas grand chose d'intéressant de mon point de vue.

 J'ai mis de côté ces préjugés pour laisser place au film et ... j'ai eu raison !

 

Perfect days de Wim WendersC'est en mode écran carré étonnant que débute le film et que nous sommes directement plongé dans un autre monde, celui du protagoniste. Son quotidien détaillé dès la première scène, l'absence de dialogue, est tellement reposant. C'est un éloge du moment présent, de prendre le temps, des gestes simples, de la méditation, et cela résonne avec une certaine sensibilité japonaisemais aussi avec le choix d'écriture du personnage ! Les choix des musiques de l'OST sont géniaux, rendant un cachet particulier. On s'intéresse donc à la vie quotidienne de ce cinquantenaire qui se réjouit de chaque petite chose, s’émerveille de la simplicité de la vie et nous fait entrer dans son quotidien bien régulier fait d'habitudes millimétrées. L'architecture et l'urbanisme de Tokyo sont particulièrement mis en valeur par les plans travaillés, qui sont tous marquants et beaux.

J'ai adoré découvrir la composition du bâti de tous ces différents toilettes en matière d'urbanisme, son trajet quotidien pour aller dans le centre ville et en revenir. Cela m'a rappelé beaucoup de choses de mes cours d'habiter/mobilité et je me suis dit que j'aurais sûrement choisi ce film à traiter s'il était déjà sorti pour exploiter tout son potentiel en terme de géographie. Contraste entre ce qui reste du passé du Japon et le moderne comme les petits temples perdus, et les écrins de nature persistants, les bains publics où ne se rendent plus que les vieux habitués, les petits restaurants de yakisoba de la gare où on se retrouve en fin de soirée après le travail, les fameux et indémodables distributeurs de boissons, les petites voitures citadines, les bonsaïs et tout cet art de vivre à la japonaise. Le monde en changement qui se fait autour de notre personnage et sa satisfaction du travail bien fait. Il faut aussi dire que l'acteur japonais, Koji Yakusho (d'ailleurs récompensé par le prix d'interprétation masculine à Canne), qui a le rôle phare y est pour beaucoup, incarnant vraiment son personnage, il est attachant et bluffant !

 

Une autre particularité intéressante, le fait que ce film nous plonge comme un observateur de la vie des personnages à l'écran, et nous transporte au Japon, comme un visiteur qui détaille ce qu'il rencontre et ce qu'il voit, sans jugement. L'ambiance du film, au travers des différentes séquences, par le travail de la photographie ainsi que celui sur les sons, sont à saluer pour le rendu final ! L'enchainement des plans, liés aux sons si importants et caractéristiques, comme le bruit du balai qui le réveille le matin, ou les cris des corbeaux dans le temple, le souffle du vent dans les feuilles, sont retransmis avec une précision et une perfection agréable pour les yeux et les oreilles. Il est émouvant, poétique et rafraichissant, donne envie de suivre l'exemple de ce cinquantenaire japonais, et de nous aussi, nous arrêter et prendre la mesure du temps présent, et de sa beauté. Un hymne à la vie quotidienne et ses petits riens, ses petites choses si insignifiantes qui pourraient être tellement plus.

Un film à voir, et à découvrir :) Enjoy-it ! 

Bande annonce à visionner ici :)

Voir les commentaires

Traduire l’invisible : ces nuances qui changent tout

Publié le par Chokopims

J'ai toujours eu du mal à traduire d'une langue à l'autre. J'aurai fait une très piètre interprète et c'est d'ailleurs la raison principale qui m'a décidée à bifurquer de mes études de LCE allemand au profit de la géographie. Ce qui me bloquait le plus dans les traductions et versions que nous passions de l'allemand au français ou du français à l'allemand et qui me bloque d'ailleurs encore souvent... c'est cette question de nuance. Parfois même trop souvent à mon goût le mot que l'on veut traduire n'a pas d'équivalent exact dans l'autre langue. On s'en approche mais c'est pas tout à fait ça, non pas assez... Ou pire ! Il n'existe tout simplement pas dans la langue. Auquel cas comment le traduire ? Car toute langue véhicule des valeurs culturelles, des idées et des images derrière tout emploi de mot  je vous avais déjà parlé de cette notion dans un article précédent sur le thé. Le mot traduit va non seulement, dépendre du contexte d'utilisation, mais aussi du récepteur et de l'émetteur ainsi que de leur propre prisme culturel...

Pour illustrer ces propos un bon exemple en allemand est sans doute le Fernweh, vous connaissez peut-être déjà le Heimweh de heim = domicile / foyer et weh = douleur / mal qu'on pourrait se contenter de rapprocher du "Mal du pays" français mais en vérité, c'est tellement plus... Puisque c'est le manque du foyer, de la maison, qui représente la nostalgie d'un petit cocon confortable, plus centré sur sa ville natale, son village d'origine ou sa maison de famille, lié à l'affection qu'on lui porte que du "pays" au sens large. Donc le Fernweh de fern = distance et weh = douleur / mal lui c'est un peu l'opposé, il représente l'envie de partir en mettant une distance avec le lieu où je me trouve actuellement, d'aller loin, être en mal de voyager après le confinement qu'on a vécu on comprend beaucoup mieux cette notion de "nostalgie du voyage" ^^. Pour essayer de vous en faire une idée plus précise : si le Heimweh c'est le désir et la nostalgie de retourner chez soi, quand on est un peu casanier, le Fernweh c'est un peu le désir et la nostalgie de partir dans des pays loin ou inconnus pour les aventuriers. Deuxième exemple et non des moindre, parlons aussi de mots maux quotidiens ! Avec le Ohrwurm, "le ver d'oreille", qui signifie avoir une chanson en tête dont on arrive pas à se débarrasser les fans incontestés de Kaamelott auront une image précise de ce que peut être le Ohrwurm... Et proposeront peut-être de le nommer en français une "Volette" (ou pas) mais ça prouve bien que c'est véhiculé par une culture, puisque lié à des éléments culturels français, en l’occurrence ici, une série TV.

Et c'est comme ça que je retombe sur mes pattes ! ;)

  Avant de traduire, il faut tout mettre sur la balance et soupeser. Je dois savoir exactement comment je vais traduire chaque mot et les imbriquer pour en faire des phrases afin que le public cible saisisse les informations données tel que l'émetteur les a transmises. Ainsi la traduction s'appuie d'abord sur l'interprétation "que veut réellement dire l'auteur ?" puis sur la réinterprétation pour ses auditeurs, plus ou moins attentifs...  Il faut aussi prendre en compte le prisme culturel des récepteurs. Au risque de se retrouver face à un échec critique de transmission ! C'est notamment ce qui fait que l'humour traduit est parfois une tâche des plus ardue... Dans cette catégorie, je citerai Les Bronzés font du ski, un film qui fait rire tout français par ses caricatures, mais laisse de marbre les allemands qui sont loin de comprendre l'engouement. Et pour cause... En effet le comique est bien trop basé sur des habitudes culturelles et historiques françaises de "vacances à la montagne annuelles" où chacun peut reconnaitre les travers de certaines personnes qu'il/elle connait ou a déjà rencontré, renforcé à l'extrême. Les allemands n'ont en aucun cas ce rapport mis en avant dans le film aux vacances d'hiver et au ski. Ils ne peuvent donc pas regarder ce film en néophyte, le contexte culturel, historique ainsi que les habitudes françaises doivent être connues pour en comprendre tous les tenants et les aboutissants et en profiter au maximum. C'est aussi le cas de films asiatiques qui se sont plus ou moins mal transportés jusque chez nous. Certains nécessitent une connaissance particulière de la culture et/ou des rouages contextuels du pays émetteur sans parler de film de propagande historique... que je mets de côté, je pense que Parasite de Bong Joon-Ho est un de ces films qui mérite de le voir en connaissance de cause sans quoi on passe à côté du message Et c'est bien pour cette raison qu'il existe des remakes de films. C'est une manière de garder et de transmettre l'histoire et le concept de l’œuvre, tout en s'adaptant à son nouveau contexte culturel et historique mais aussi de rentrer dans les codes du public visé. Cela permet de faire traverser les frontières à des films qui n'auraient pas eu la chance de le faire sans ces changements. Et bien entendu, d'un autre côté, il y a l'argument du marketing... En Asie souvent quand le film ou le drama fait un carton dans le pays, on surfe sur la vague et on réadapte à sa sauce en remettant au goût du jour, et au goût des fans... Car oui, généralement, les fans d'une œuvre se tournent (très) souvent sur les remakes pour comparer, si vous en doutiez ^^

 Bref ! La traduction c'est un métier !

Une excellente version française d'une œuvre étrangère culte demande un travail impressionnant pour obtenir une bonne réception dans les meilleures conditions. En plus de l'intérêt du plurilinguisme, de l'ouverture culturelle et de la VO,  qui mériteraient tout un autre article, On voit bien que la traduction relève selon son contexte de toute une palette de nuance !

Il vous faut une autre preuve ? A Berlin lors de l'échange franco-allemand, on nous a raconté une anecdote amusante. Lors de la recherche d'un traducteur pour des fins de rédaction de traité franco-allemand, devant une assemblée attentive de personne, à la question, "Nous avons besoin d'un traducteur qui pourrait s'en charger ?" en allemand dans le texte la réponse du premier candidat fut "mich". Soit l'équivalent mot pour mot du "moi". L'interlocuteur de lui répondre un "Non, pas vous de préférence." Pourquoi  ?? A dû s'insurger le "vous"... Eh bien parce que ce "moi" en français peut être à la fois complément d'objet direct ou indirect pour reprendre le "je" dans une phrase, mais aussi comme c'est le cas ici... sujet ! La tournure française emploie en effet le "moi" comme sujet de réponse quand le verbe est éludé. En gros on abrège "je veux m'en charger" en "moi" sujet. Ce qui est impossible en allemand. Etant donné qu'ils ont un système de déclinaison auxquels ils se tiennent, pas comme les nombreuses exceptions françaises ^^ ils vont employer eux la notion de "je" sujet au nominatif soit "ich" et non mich ou même mir (même si ce sont les équivalents du moi respectivement déclinés à l'accusatif et au datif en fonction de l'emploi comme COD ou COI dans la phrase). Comme quoi, des fois, à une lettre près...

Traduction : tout est une question de nuance

Voir les commentaires

Ces films qui sont devenus cultes - made in Utopim'ste

Publié le par Chokopims

Commençons par le commencement, suite à une demande commune de mes amies Merry Curry et Becky, j'avais promis de faire une liste sur mon blog, puisque j'aime les listes XD de ces dix films qui ont changé ma vie... ou pas. Je ne vous cache pas que j'ai eu bien du mal à me mettre d'accord avec moi même sur seulement dix films qui sont devenus six films (d'où le temps que j'ai mis à écrire cet article). N'allons pas jusqu'à "changer ma vie" mais plutôt des films qui m'ont marqué en étant à la fois témoin de mon évolution en terme d'intérêt cinématographique et aussi attaché à des souvenirs particuliers. Ne vous attendez pas à être étonné(e)s avec ce top 6 car si vous suivez bien mon blog, vous aurez déjà déniché certaines références ;)

six films cultes

C'était normalement sans commentaire... Mais vous me voyez venir avec mes grosses chaussures de rando... car toutes celles et tous ceux qui ont eu le courage ou le malheur de me suivre dans une salle de cinéma le savent pour en être parfois ressortis avec une honte immense ou des fous rires, les commentaires c'est un peu ma spécialité... Je me suis pourtant retenue et vous ai seulement mis des répliques cultes pour mettre un peu de voix à ce petit top illustré. Vous remarquerez que les films écartés des 6 premiers sont tout de même présents dans la dvd-thèque ;) ... mais NO COMMENT on a dit ^^

 Article dédicacé, bien entendu, à Merry et Becky ;)  

 

Voir les commentaires

Pour une première plongée dans le monde du cinéma coréen

Publié le par Chokopims

Je vous avais déjà parlé dans un précédent article, du festival du film coréen qui a lieu chaque année en octobre à Francfort am Main. Vous vous doutez que je ne me suis pas fait prier pour m'y rendre à plusieurs reprises, m'enthousiasmant à chaque fois sur le programme et cette magnifique initiative. Car disons le clairement, même si cela s'est un peu amélioré ces dernières années avec un engouement des jeunes pour la K-Pop cette musique sud-coréenne dont nous ne parlerons pas aujourd'hui, avoir accès à des films asiatiques au cinéma est clairement un combat... Heureusement il y a Netflix me direz-vous ^^ Comme j'avais déjà fait deux articles un peu similaire sur le monde de la jap'animation (article 1 et 2 ici !), j'ai eu envie de vous faire un article dédié cette fois aux films coréens ! Et ce afin que vous puissiez vous aussi comprendre pourquoi ils méritent amplement qu'on s'y arrête. La conception de cet article ayant traîné sur la longueur... j'ai été pas mal devancée par l'explosion du cinéma coréen en France et d'autres articles du même genre entre-temps (et je me dis tant mieux !)

Voici donc une petite sélection, sisisi je vous assure, je me suis limitée ! pour commencer en douceur une plongée dans le 7ème art sud-coréen, et à côté de ça, Hollywood peut aller se rhabiller. Vous allez vous habituer rapidement à la VO, croyez moi, de toute façon vous êtes passés par l'animation japonaise si vous suivez mes conseils, alors ça devrait aller ! Et pour certains films vous serez peut-être obligés de passer de la VOSTFr à la VOSTA, c'est comme ça qu'on finit par faire des progrès en langue XD

En dehors des rares box-offices, dont vous avez dû entendre parler, comme Snowpiercer, le Transperceneige (2013) réalisé par Bong Joon-ho* (retenez bien son nom l'astérisque est expliquée en bas de page) et inspiré d'ailleurs d'une BD française ;) avec un casting américain en grande partie ou le fameux Dernier train pour Busan (2016) qui a eu un très bel accueil pour un film de zombie XD, et plus récemment, palmé à Cannes, récompensé aux Oscars, Césars et Golden Globes : le dérangeant mais époustouflant Parasite (2019) de Bong Joon-ho (celui là aussi) quand je vous dis qu'il faut bien retenir son nom ;) trois films qui vont participer, je l'espère activement, à l'arrivée et la reconnaissance du cinéma coréen sur la scène internationale, vous trouverez ci-dessous, quelques films un peu plus undergrounds parmi lesquels piocher à loisir ;) Sur ce... Enjoy it !

 

Catégorie film historique, histoire de Corée  :

As oneI can speakWelcome to Dongmakgol

Welcome to Dongmakgol (웰컴 투 동막골) réalisé en 2005 par Park Kwang-hyun. L'action se déroule dans un petit village reculé, appelé Dongmakgol, pendant la guerre de Corée de 1950. Des soldats du Nord et du Sud se retrouvent poussés par les évènements, à devoir y cohabiter. C'est plutôt une comédie dramatique, avec un humour très coréen. M'intéressant beaucoup au sujet, je peux vous proposer d'autres films de ce genre dans la même veine, peut-être dans un autre article qui sait...

As One (코리아) réalisé en 2012 par Mun Hyeon-Seong : Tiré de faits réels, ce film raconte l'union de la Corée du Sud et du Nord aux championnats du monde de ping-pong de 1991. C'est une histoire touchante des relations entre les deux Corées, qui permet d'appréhender un peu les différences politiques mais aussi de la vie des citoyens au sein de la Corée du Sud et de celle du Nord. Ce film, comme d'autres traitant du même sujet, permet de mettre en avant le fossé qui s'est creusé entre les deux parties d'un seul et même pays et d'ainsi montrer la complexité d'une réunification. L'actrice principale y est pour beaucoup dans la réussite de ce film.

I can Speak (아이 캔 스피크) réalisé en 2017 par Kim Yeon-Seok. Comment vous expliquer sans vous spoiler ? Ce film fut un coup de cœur pour moi à son visionnage. L'histoire d'une petite ajumma qui apprend l'anglais ? Peut-être, ou pas... Il évolue comme ça, l'air de rien, pour parler de sujets très sérieux et d'actualité. On peut en discuter en commentaire pour ceux qui l'ont vu. J'ai beaucoup apprécié tout le déroulé du film, à la fois minutieux et chronométré. Les personnages sont très attachants et touchants. J'ai trouvé que le synopsis sortait aussi de l'ordinaire pour proposer quelque chose plus centré sur l'humanité et notamment les relations humaines et le jugement. Je vous le met donc dans la liste ! A ne pas louper, il est agréable et intéressant dans son contenu.

Sans parler de ceux que je vous avais déjà cité lors des carnets de Corée  :)

 

Catégorie comédie :

SunnyLe bon, la brute et le cingléHow to steal a dogHello Ghost

 Hello Ghost (헬로우 고스트) film réalisé en 2010 par Kim Yeong-Tak. En résumé, une histoire attachante sur un homme qui suite à une tentative ratée de suicide devient capable de voir des fantômes :) Aller plus loin dans le synopsis vous gâcherez le suspens. C'est un superbe film, amusant avec de bons acteurs qui jouent des personnages attachants. La cohabitation humain / fantôme est parfois hilarante, même si on tire vers le drame parfois. En plus la fin est intéressante.

How to steal a dog ? aussi connu sous le nom de "The Perfect Way to steal a Dog" ( 개를 훔치는 완벽한 방법) Film de Kim Sung-Ho sorti en 2014. C'est un superbe film, très touchant et humain filmé du point de vue des enfants. D'où son originalité à mon sens. Il raconte comme son titre l'indique des plans incroyables fomentés par les enfants sur "comment voler un chien" et ce, afin de toucher une récompense. On se laisse bien prendre à l'histoire et on s'attache aux personnages. Le scénario est insolite et on passe un excellent moment hors des sentiers battus de l'industrie cinématographique. Un bon bol d'air frais en somme :D

SUNNY (써니) sorti en 2011 réalisé par Kang Hyeong-Cheol. C'est un de mes films préférés, mais mon avis est très peu partagé par ceux et celles à qui je l'ai montré... C'est, pour moi, une belle histoire d'amitié entre une bande de fille, sur fond de combat pour la démocratie en Corée du Sud dans les années 80. Certes il y a beaucoup de scènes "clichées" et peu de rebondissements car l'histoire va de soi, mais je trouve que le retour dans le passé de ces femmes devenues adultes, mères, et faisant le bilan de leurs rêves d'ado et de leur vie réelle aujourd'hui est touchant. En fait le film bien que simpliste dans sa manière de traiter un sujet, qui peut paraitre anodin et déjà surutilisé, montre un sens plus profond. Pour moi il y a une véritable critique de la société coréenne. D'ailleurs une des scènes les plus épiques pour moi est la rencontre des deux gangs de filles finissant en baston générale, sur un arrière plan de manifestation pour la liberté et la démocratie, où la population fait face à la violence de la police envoyée par l'état.

Le Bon, la Brute et le Cinglé (좋은 놈, 나쁜 놈, 이상한 놈) sorti en 2008 réalisé par Kim Ji-Wun et Kim Min-Seok. Une parodie/remake jubilatoire du western épique "Le bon, la brute et le truand", portée par trois acteurs phares qui nous replonge dans les années 30. Nous sommes sous l'occupation japonaise en Mandchourie et notre trio cherche à s'emparer de la même carte au trésor, dérobée aux japonais par le Cinglé... Très bons moments en perspective, sans prise de tête aucune !

 

Catégorie comédie romantique sorry section très succincte XD :

Surprise Party

 

Surprise Party (서프라이즈) de Kim Jin-Seong sorti en 2002. Quoi de plus amusant qu'organiser une fête surprise pour quelqu'un ? On se dit que c'est une idée géniale et puis généralement ça finit par mal tourner non ? Et bien là c'est un peu ça : foire aux quiproquos, rebondissements, retournement de situation, et etc. Sur fond de romance toute mignonnette. C'est pour l'anniversaire de son petit ami que l'héroïne, occupée à négocier avec son père, n'a pas d'autre choix que d'envoyer sa meilleure amie le chercher à l'aéroport... C'est téléphoné rien qu'au synopsis mais c'est vraiment amusant à suivre ! Et puis vous pourriez être surpris ;)

 

The Beauty Inside

The Beauty Inside (뷰티 인사이드) de Baek Jong Yeol réalisé en 2015. A ne pas confondre avec le drama du même nom ! Le concept du film ? Raconter l'histoire d'une personne qui se réveille chaque matin dans un corps différent. Et là vous avez de quoi faire un film, qui certes ne paye pas de mine sur le papier, mais pose une quantité de question existentielle, parle de l'acceptation de l'autre, de tolérance et de la conception de ce qu'est l'Amour avec un grand A. C'est original, adorable, mignon, touchant, et rafraichissant. Et puis surtout c'est une prouesse, avec un casting impressionnant, plus de 70 acteurs se sont relayés pour jouer le personnage principal ! Les amateurs de films coréens s'amuseront donc à découvrir les différents acteurs, plus ou moins connus qui ont joué ce même personnage. Un corps changeant mais une même personnalité... 

 

Bon... Vu que cette rubrique est un peu vide et que vous restez sur votre fin... Je vous conseille aussi deux films adorables, relevant surtout de la comédie familiale plus que de la romance.  Speed Scandal (과속스캔들) sorti en 2008, premier film réalisé par Kang Hyeong-Cheol aussi réalisateur de SUNNY ;) vous auriez remarqué et Miss Granny (수상한 그녀) plus récemment en 2014. Celui-ci est réalisé par Hwang Dong-Hyuk et raconte l'histoire d'une petite Ajumma (Grand-Mère) qui retrouve ses vingt ans. Ce film a d'ailleurs tellement fait un carton en Asie qu'il existe plusieurs remakes (chinois, vietnamien, thaïlandais et japonais !) et même des dramas (séries) !

 

Catégorie film d'action et suspense :

MasterPhantom DetectiveThe HostSecretly Greatly

Master (마스터) de Jo Ui-Seok sorti en 2016. Si vous voulez de l'action c'est le premier à mettre sur la liste. Le scénario ne laisse pas de répit, et vous tient en haleine tout le long : il est bluffant. Vous êtes embarqués du début à la fin dans des cascades, des courses poursuites et des retournements de situation, sur fond d'enquête criminelle et magouilles financières. Les acteurs crèvent l'écran proposant des personnages intéressants et travaillés.  

- Phantom Detective, aussi appelé Détective Hong Gil-Dong (명탐정 홍길동) sorti lui aussi en 2016 et réalisé par Jo Sung-Hee. De mon point de vue, ce film mérite vraiment qu'on s'y arrête. L'histoire est en elle même intéressante et originale, et on va de point en point sans s'ennuyer. L'intrigue se déroulant dans une époque non définie (pour moi un mélange des années 30 et 70) elle nous plonge dans un univers tout particulier. Mais c'est surtout la manière de filmer qui est la plus impressionnante. L'ambiance, les plans, le cadrage tout comme le type de narration font penser à un jeu vidéo dans lequel on serait immergé. L'esthétisme des scènes est très travaillé et donne des jeux de lumière très agréables à regarder.

- Secretly Greatly (은밀하게 위대하게 soit Eunmilhage Widaehage) réalisé en 2013 par Jang Cheol-Su, tiré d'un manhwa du même nom écrit par Hun en 2010. Won Ryu Hwan est un espion Nord-coréen surentrainé. Il a été envoyé sous couverture en Corée du Sud et y vit en attendant les ordres de sa hiérarchie. Bon c'est vrai que le synopsis n'est pas forcément très engageant mais c'est un film très esthétique avec beaucoup d'humour, de scènes d'action et d'émotions. Si l'espionnage Nord-Coréen devient une nouvelle passion pour vous, il y a aussi The Commitment ou Alumni (동창생) sorti la même année avec en prime T.O.P. des Big Bang comme acteur principal qui s'en sort très bien. Plus dans la comédie North Korean Guys (동해물과 백두산이) en 2003, ceux-là veulent à tout pris retourner en Corée du Nord par tous les moyens possibles.

 The Host (괴물) de Bong Joon-Ho réalisé en 2006 parce qu'il fallait bien que j'en choisisse un à vous mettre sur la liste et qu'il y a une statue de cette belle bestiole sur la rive sud du Han à Séoul dont je vous avais déjà parlé comme ça on est raccord ! Un film qui tire sa source des films d'horreur habituels mais se concentre sur une famille qui lutte pour sa propre survie face à la "grosse bête" et récupérer leur petite fille enlevée. 

 

Catégorie thriller :

The Man from NowhereMemoir of a MurdererConfession of MurderThe Gifted Hand

- The Gifted Hand titre alternatif Psychometry (사이코메트리) réalisé en 2013 par Gwon Ho-Yeong. C'est un des premiers thrillers coréens que j'ai découvert et je n'ai pas été déçue ! L'histoire de deux hommes, un policier qui enquête sur des meurtres et un jeune graffeur doté d'un don de psychométrie. Après quelques premiers échanges un peu froid, et vous verrez que c'est le cas de le dire, ils vont mener l'enquête ensemble. 

- Confession of Murder (내가 살인범이다) sorti en 2014 et réalisé par Jeong Byeong-Gil. Après prescription des meurtres d'un tueur en série, une autobiographie intitulée "je suis le meurtrier" est publiée par un auteur qui raconte les détails des différentes actions qui ont eu lieu devenant un bestseller. Le policier chargé de l'affaire décide de réouvrir l'enquête, pendant que les familles des victimes réclament vengeance, pas toujours de manière légale... S'ajoute au tableau un autre meurtrier, qui proclame que c'est en fait lui, le responsable des crimes. Et là... tout le monde se demande : qui est le vrai coupable ? Vous le saurez en regardant le film ;) 

Memoir of a Murderer (살인자의 기억법) réalisé par Won Sin-Yeon en 2017. Adapté d'un roman de Kim Young-Ha "la mémoire assassine" ce film raconte l'histoire d'un tueur en série qui souffre d'amnésie, atteint de la maladie d'Alzheimer. Et vous en dire plus serait déjà vous divulgacher ou spoiler une bonne partie du film. Sachez juste qu'il est vraiment prenant, que ce soit au niveau du rythme que de l'histoire en elle même. Ce film est un régal, il nous mène en bateau en jouant avec et sur la mémoire du personnage. On cherche, tout comme lui, à connaitre la vérité et le fin mot de l'histoire jusqu'à la fin justement ! Par contre plutôt violent comme film, à ne pas mettre entre toutes les mains...

The man from Nowhere (아저씨) réalisé en 2010 par Lee Joeng-Beom. On nous raconte l'histoire d'un prêteur sur gage, qui va se lier d'amitié avec une petite fille, et s'impliquer ainsi plus qu'il ne faut dans un trafic de drogue et d'argent qui ne le concernait pas afin de l'aider elle et sa mère. Un très bon thriller très soigné, sans longueur, et équilibré. Il nous plonge dans l'action sans laisser pour autant le synopsis de côté. Si vous avez aimé ce film vous pourriez apprécier un autre qui pour moi est analogique "A Company Man" sorti lui, deux ans plus tard et réalisé par Im Sang-Yoon.

 

* Un de mes réalisateurs préférés est d'ailleurs Bong Joon-ho tout d'abord parce qu'il sait si bien traiter tous les sujets de manière tellement prenante et sans manquer d'un humour certain même dans les situations les plus désespérées. Humour particulier j'en conçois... Il est capable de manier plusieurs genres, et il se renouvelle sans cesse tout en laissant une patte très reconnaissable. Il part toujours en fond de sujets de société actuels, ou de faits réels et en parle avec un regard lucide, critique, dénonciateur et parfois dérangeant, peut-être dû à ses études de sociologie...  J'attends avec impatience ses nouveaux films, même sans connaitre le résumé j'irais les voir c'est sûr ! :D Si vous voulez avoir un petit aperçu de sa filmographie la plus méritoire vous pouvez lire cet article sur le site du CNC qui propose de revenir sur cinq de ces films les plus marquants.

 

Et ceci est mon centième article :D

 

Voir les commentaires

Projekt K - Le festival du film coréen sur Frankfurt am Main

Publié le par Chokopims

Ce weekend, j'ai pu profiter de la semaine de la culture à Francfort qui proposait du 26 au 30 octobre 2016 la 5ème édition de "The Korean Film Festival"  au Cinéstar Métropolis.

C'est Maryla une amie allemande rencontrée en France c'est une longue histoire... qui m'en avait parlé avant les vacances de la Toussaint, j'y ai entraînée de force une Becky qui passait par là et c'était parti pour changer totalement de décors ! Et le dépaysement culturel a été complet pour certaines : puisque nous avons testé pour vous "faire un festival culturel en trois langues dont aucune n'est votre langue maternelle !" défi relevé !

Projekt K - Le festival du film coréen sur Frankfurt am Main

 

 

Projekt K - Le festival du film coréen sur Frankfurt am MainAlors en quoi ça consistait ? Tout simplement une affiche bien complète de films, qui ont été ou sont toujours à l'affiche en Corée du Sud, avec sous-titrages en anglais majoritairement et quelques uns en allemand. Ainsi qu'une plongée dans la culture coréenne avec  quelques petits stands typiques comme la calligraphie en hangeul 한글 (alphabet coréen dont je vous ai déjà parlé), l'essai de hanbok 한복 (costumes traditionnels coréen), et du hanji 한지 (art coréen de construire des choses en papier), une agence de voyage "Imagine your Korea" qui sérieusement à une pub très ciblée XD et les fameux "K-Pop Contest"  et non bizarrement ils n'ont pas appelé ça la Han-pop... et plus important encore : le stand de restauration :D

D'ailleurs petite parenthèse pour les petit(e)s détectives de la langues : vous avez raison, devant chacun de ces mots désignant quelque chose appartenant à la culture coréenne on retrouve la syllabe : "Han"  et ... devinez comment on dit Corée ??? Hangug  한국 ! Par contre c'est pas vraiment traduisible...

Nous, on est des habituées des gros festivals geeks français, comme l'Animasia ou le BGF que j'ai déjà mentionné dans d'autres articles pour ne citer que les événements bordelais XD en bonne publicitaire locale...  Mais en Allemagne, bien qu'on y croise pas mal d'asiatique cette culture n'est pas encore aussi répandue qu'en France et les animés, dramas, jeux, groupes de musiques et etc... ne sont pas encore aussi médiatisés que chez nous. D'ailleurs pour la petite histoire, sachez que si en France dans un restaurant asiatique, il faut demander des couverts si on ne sait pas manger avec les baguettes, en Allemagne, il faut demander des baguettes, si on ne sait pas manger avec des couverts ^^ Oui on me regarde très bizarrement quand j'y mange...

 

 

Pour en revenir au festival du film coréen : on a trouvé un peu bizarre, pour une grande ville comme Frankfurt am Main, qu'un événement comme ça ne soit même pas indiqué à l'entrée du cinéma et que les stands soient plutôt petits et cachés. Nous sommes arrivées hors des heures de pointe, lors du K-Pop Contest autant vous dire qu'ils étaient tous dans le cinéma pour regarder les performances individuelles ! Et zut on a loupé ça ! Mais au moins : on a eu les stands pour nous toutes seules ! Yeah ! Le lendemain ce n'était pas tout à fait la même histoire ;) Il y avait même un LAN, les PC envahissaient le cinéma et les stands avaient été déplacés à l'étage ...

Rapide déroulé de mon weekend après ma loooooongue explication

 

Projekt K - Le festival du film coréen sur Frankfurt am Main

Premier jour avec Becky : Stands avec calligraphie, hanbok (oui encore parce que là ils sont verts !), hanji sous-verre pour Becky et petite assiette vide-poche pour moi, dégustation de Mandu 만두 sortes de petites brioches, ici fourrées à la pâte de haricot rouge <3 dévalisement de "Imagine You're Korea" pour préparer cet été ! D'ailleurs on a récupéré une super carte de la péninsule coréenne, et j'ai commencé à prendre des informations sur les choses à faire... et Film quand Maryla nous rejoint avec son amie de tandem coréenne !

Deuxième jour avec Maryla : K-Pop Contest ! Cette fois c'était les performances de groupe. Où ils y avait beaucoup quasiment que des groupes de filles (le plus important en comptait 14) qui reproduisaient des chorégraphies connues à priori parce que je vous avoue qu'en fait moi je regarde pas les clips ^^' sur des chansons de K-Pop on s'en doute très connues aussi, ça m'a permis de mettre un peu de nouveaux sons dans ma playlist Bon alors pourquoi c'est aussi important la K-Pop me direz-vous ? ... Parce que, la Corée du Sud sans la K-Pop... C'est plus la Corée du Sud... C'est l'effet marketing ;)

Voir les commentaires

Dans l'ombre de Miyazaki

Publié le par Chokopims

Voici donc le point culture du jour, non-exhaustif, sur les films d'animations japonais et leurs réalisateurs.

Dans l'ombre de MiyazakiDans l'ombre de MiyazakiDans l'ombre de Miyazaki

Attention au départ en Terre du soleil levant, veuillez vous déchausser en entrant dans le temple de l'animation japonaise et de ses petits bijoux du cinéma !

Avant que certains ou certaines ne crient au scandale je tiens à préciser, que dans un soucis de longueur et surtout de cohérence de mon propos j'ai laissé de côté tous les films d'animations tirés d'adaptations animées plus longues, et que je me suis concentrée sur une majorité des films d'animations qui ont réussi à venir jusqu'à nous, pauvres occidentaux que nous sommes.... Pour plus de lisibilité sur cet article qui se veut le plus informatif et chaleureux possible, je l'ai organisé en grandes parties. Sur ce bonne lecture !

 

  • Des réalisateurs qui ont fait leurs preuves

Derrière le géant Miyazaki, il y a d'autres petits géants qui ont déjà prouvé qu'ils étaient capables de tout, voir même du meilleur ! Voici quelques petits incontournables pour briller en société dans un restaurant japonais même s'il est tenu par des chinois ou des coréens, ou par une autre communauté asiatique...

Dans l'ombre de MiyazakiNuméro 1 : Isao Takahata, est un réalisateur qui faisait lui aussi parti de la TOEI (l'Hollywood nippon) avec Hayao Miyazaki, c'est ensemble qu'ils créent les studios Ghibli, au tout départ du voyage en 1985 ! Alors taxé de feignant par son collègue, il a cependant à son actif des films magnifiques dont vous avez sûrement entendu parlés, même si vous ne les avez pas encore visionnés : Le tombeau des Lucioles (1988), Pompoko (1994), Mes voisins les Yamadas (1999) ou encore Les contes de la princesse Kaguya (2013). Le talent d'Isao Takahata ne vient pas de ses dessins, puisqu'il ne dessine pas lui même ses œuvres, il embauche des dessinateurs pour ça, non sa particularité c'est la diversité de ses thèmes et sa façon de les traiter. Il est capable de se renouveler à chaque fois. 

 

Dans l'ombre de MiyazakiNuméro 2 : Satoshi Kon décédé en 2010, pour notre plus grand regret il est l'auteur de l'ultime chef d’œuvre Paprika (2006), une plongée dans le monde des rêves, mais aussi Tokyo Godfather (2003), Perfect Blue (1998) ou Millennium Actress (2002). Beaucoup plus proche du réel et de la vie quotidienne, sa filmographie est un peu plus noire mais toujours empreinte de sa patte très reconnaissable... Il dépeint la vie de son mieux, ce qui fait souvent de ses films des grands drames sociaux avec des touches d'humour, parfois noir mais toujours juste. Un prix du festival des films d'animations d'Annecy porte même son nom, tellement l'homme fût talentueux !

 

Dans l'ombre de MiyazakiNuméro 3 : Keiichi Hara qui débute fort avec Un été avec Coo, petit film sur l'amitié entre un kappa et un petit garçon, puis revient toujours plus convainquant avec Colorful (2010) un film prenant aux couleurs magnifiques qui raconte l'histoire d'un esprit qui essaye de se racheter en réintégrant le corps d'un adolescent, très poétique et poignant de mon point de vue. Plus récemment, il nous est revenu en pleine forme avec : Miss Hokusai (2015) qui raconte l'histoire romancée de la fille du peintre (inconnu n'est-ce pas ?) Hokusaï. Keiichi Hara a été primé pour chacun de ses films, remportant plusieurs fois la palme d'or du film d'animation à Annecy pour Colorful (décidément à voir) et Miss Hokusaï.

 

Dans l'ombre de MiyazakiNuméro 4 : Hosoda Mamoru, si ce réalisateur a été formé à bonne école puisqu'il sort (comme beaucoup) de la TOEI il a été peut-être injustement recalé des studios Ghibli... mais cela ne l'a pas empêché de réaliser en solo des films dignes du box-office comme Les enfants loups Ame et Yuki (2011). De mon point de vue, ce n'est pas forcément son plus réussi... Il ne faudrait pas oublier qu'il a aussi réalisé La traversée des temps (2006) et Summer Wars (2009) deux animations beaucoup plus intéressantes à mon goût que les enfants loups... Et durant l'été 2015 The Boy and the Beast, plutôt sympa aussi ! Après si son nom vous dit quelque chose c'est aussi qu'il s'est occupé du long métrage One Piece (et oui... j'avais pourtant dit que je ne parlerai pas d'animés...).

 

Dans l'ombre de MiyazakiNuméro 5 : Makoto Shinkai, beaucoup plus dans le sentimentalisme mais toujours dans le fantastique ou la science-fiction, avec des films comme The Garden of Words, Biosoku 5 centimeter, ou la Tour au-delà des nuages. Pour ma part j'ai vu les deux derniers que j'ai trouvé pas mal, mais très très accès sur les sentiments... Par contre les décors sont vraiment époustouflants.

 

Dans l'ombre de MiyazakiNuméro 6 :  Masayuki Kojima connu surtout pour son Piano Forest (2007), qui porte (on s'en doutait) sur l'apprentissage du piano de deux jeunes garçons que tout oppose. Une belle réussite, notamment grâce à ce lien d'amitié et ce piano "magique" perdu dans la forêt. Il est aussi l'auteur du Chien du Tibet (2012), Fire Force DNA Sights 999.9 (1998) et il a signé l'adaptation en film d'animation du manga de science-fiction post-apocalyptique Spirit of the Sun avant de s'attaquer à l'adaptation animée de Monster entre 2004 et 2005.

 

Dans l'ombre de MiyazakiNuméro 7 : Yasuhiro Yoshiura, jeune réalisateur découvert réellement grâce à Patéma et le monde inversé (2013), une histoire de science-fiction dans un des avenirs probables autour de l’inversion de la gravité. Vraiment agréable à la fois au niveau du synopsis, des personnages et des décors. Il avait déjà à son actif des longs métrages comme Pale Cocoon (2006) et Time of Eve (2010), un peu dans la même veine, mais pas vraiment disponibles en France malheureusement...

 

  • Les réalisateurs d'un seul film

Si certains multiplient les succès, ou du moins se lancent dans plusieurs projets, certains réalisateurs n'ont à leur actif qu'un seul film, et pourtant, on en aurait aimé plus !

Dans l'ombre de MiyazakiDans l'ombre de MiyazakiDans l'ombre de MiyazakiDans l'ombre de Miyazaki

C'est le cas de Nizō Yamamoto qui adapte La forêt de Miyori (2009), d'après une œuvre originale d'Hideji Oda, le film raconte l'histoire d'une petite fille qui découvre qu'elle est la gardienne d'une forêt et toutes les responsabilités que cela implique... Certes ce réalisateur ne compte donc qu'un seul film à son actif et ce n'en est pas lui le scénariste mais il peut se vanter d'avoir travaillé avec Isao Takahata sur la série animée Anne la maison aux pigeons verts. Il a également fait parti du studio Ghibli, chargé des décors notamment du Tombeau des lucioles, Princesse Mononoké, ou le Chateau dans le ciel et il a ensuite créé son propre studio (Kaieisha). Son nom est donc à retenir...

On peut aussi citer : Lettre à Momo (2011) réalisé par Hiroyuki Okiura, qui a pourtant été nominé lors du festival du film d'animation d'Annecy et a remporté le prix du jury de "Mon premier festival" à Paris en 2012. Depuis plus rien.... Ou encore Origine, une fresque fantastique avec pour décors un futur post-apocalyptique où les esprits de la forêt reprennent leurs droits sur la Terre... Sorti en salle japonaise en 2006, il a été réalisé par Keiichi Sugiyama, plus habitué à la création de musiques de jeux vidéos, mais qui a pourtant travaillé sur des animés très connus comme City Hunter , Macross ou Neon Genesis Evangelion. En remontant encore dans les années 2000, on trouve Mind Game (2004) une animation délurée, tirée du manga éponyme de Robin Nishi, et réalisé par Masaaki Yuasa, celle-ci nous fait plonger dans une course avec Dieu lui même pour réécrire la vie d'un mangaka "raté".

 Deux films plus connus pour leurs noms que pour leurs réalisateurs (encore une fois j'ai envie de dire) qui dans le domaine de l'animation de science-fiction japonaise se font une belle part, même si leur succès est très discuté... Steamboy (2004) de Katsuhiro Otomo, ce dernier est d'ailleurs certainement plus célèbre pour son manga adapté en animé Akira que pour son film... Comme quoi l'animation ne paie pas toujours. Et le sur-méga-connu, enfin pour toute personne née dans l'ère de la game-boy --', Ghost in the Shell (1995) par Mamoru Oshii, qui est le premier d'une longue série qui changera maintes et maintes fois de réalisateur et de scénariste... Même si les puristes vous le diront, il se fait voler la vedette par Innocence, Ghost in the Shell 2 (2004) aidé par Hiroyuki Okiuraau au carac-design (et vous savez comme c'est important).

Ensuite j'en oublie (sûrement), j'ai vu passer dernièrement quelques infos sur un certain Redline (2010), qui promettait de belles choses, mais je ne l'ai pas visionné.

 

  • Les studios Ghibli

Ici je vais vous présenter d'autres animateurs tout droit sortis de la maison Ghibli, cette grande maison de l'animation qui a tout de même fini par se faire racheter par Disney au grand damne de Miyazaki son créateur (oh noooooooooooooooooooooooooon).

Dans l'ombre de MiyazakiPour l'anecdote, savez-vous que dans l'ombre de Miyazaki, il y a un autre Miyazaki ? Son propre fils, Goro Miyazaki, qui injustement comparé à son père, a pourtant fait de son mieux dans ses deux longs métrages Les Contes de Terremer (vous savez le film que personne ne comprend...) et La colline aux coquelicots. Comme quoi sortir des studios Ghibli n'est pas forcément un avantage en soi... Vous pouvez en parler à d'autres oubliés des studios comme Tomomi Mochizuki qui réalise Je peux entendre l'océan (1993), un film loin d'être surmédiatisé...  Parmi les autres noms qui ne passent pas à la postérité il y a  Yoshifumi Kondo qui meurt trois ans seulement après avoir réalisé Si tu tends l'oreille (1995), seul film à son actif, auquel fait écho le Royaume des chats (2002) réalisé lui par Hiroyuki Morita. Y figure aussi Hiromasa Yonebayashi auteur d'Arietty, le petit monde des chapardeurs (2010) et de Souvenirs de Marnie (2014) qui quitte d'ailleurs les studios après ce dernier long métrage. Si vous vous demandiez pourquoi dans les différents films de Ghibli vous ne retrouviez pas toujours l'univers magique auquel le grand Hayao Miyazaki vous avez habitué, maintenant vous savez pourquoi !

 Et encore ici je me suis cantonnée à parler des seuls réalisateurs, mais ils ne font pas le film tout seul, loin de là ! Il faut compter aussi les scénaristes, les assistants, responsables d'animations, chefs décorateurs, coloristes, et que sais-je encore qui pullulent dans la liste des participants à la réalisation du film dans les génériques (oui ces petites écritures à la fin des films que franchement peu de gens personne ne prend le temps de lire....) : Bref le boulot d'animateur ce n'est pas de tout repos...

 

  • Et les femmes dans tout ça ?

Dans l'ombre de MiyazakiDéjà quand on lance une recherche "réalisatrice et /ou scénariste japonaise" la liste se restreint sérieusement, alors si en plus on rajoute le facteur "animation"... soyons sérieux la liste est difficile à établir ! Mais en arpentant la toile je vous ai tout de même dénichés : Satoko Okudera scénariste de Ame et Yuki, les enfants loup et Summer Wars. Et oui j'en suis fière :D ! Mais ce qu'il y a de bien dans la japanimation, c'est que bien que non visibles dans les équipes de productions, les filles sont tout de même bien représentées, car la majorité implique des personnages féminins très intéressants dans les synopsis. Les fillettes sont d'ailleurs aux premières loges (en particulier chez notre cher Hayao Miyazaki ! Même Porco Rosso basé sur l'histoire d'un homme au visage de cochon, est en fait un prétexte pour raconter l'histoire d'une jeune fille mécanicienne...).

 

Sur ce je vous laisse, avec cet article qui se voulait le plus complet possible. Avec les recherches que j'ai faites, je me suis rendue compte, qu'il y avait encore pleins de films d'animation que je n'avais pas encore vu... Il faut dire qu'ici je ne vous ai parlé en majorité que des films licenciés en France, donc qui sont parvenus jusqu'à nous, et ce en laissant de côté les adaptations d'animés. Bref vous aurez compris que c'est une véritable mine d'or et que ce serait dommage de vous en priver... En espérant vous avoir donné envie d'en parcourir certains ! Sérieusement, plus j'ai avancé sur cet article et plus je me suis rendue compte de ma propre ignorance dans ce monde si vaste de la jap'animation !

Voir les commentaires

Les rôles féminins sur grand écran : ça en est où ?

Publié le par Chokopims

Récemment, je me suis rendue compte que, de plus en plus souvent, certains films attiraient spontanément mes foudres et mes critiques sur la place accordée aux rôles féminins, c'est pour ça que j'ai eu envie de faire un point sur le fameux Test de Bechdel.

 

Tout d'abord le Test de Bechdel, qu'est ce que c'est ?

C'est un test qui se pose trois questions à propos d’un film, si les trois réponses sont affirmatives le test est passé avec succès, sinon il échoue :

1) Il y a au moins deux personnages féminins avec des noms

2) Qui parlent entre-elles au moins une fois

3) A propos d'autre chose que d'un homme

 

Ces trois critères vous paraissent peut-être simplistes et relever du minimum vital, puisque dans la vrai vie avouez que c'est plutôt normal... Ou alors est-ce que l'on s'imagine que les femmes n'ont pas d'autres sujets de conversation que les hommes ?!

Essayez cinq minutes d'y réfléchir et de vous représenter le pourcentage de film qui passent ce test dans une année...

Alors ? Des propositions ? Maintenant, comparez vos représentations aux données réelles.

                       =>  Le pourcentage de réussite, pour l'année 2014 était de 55% soit plus faible qu'en 2013 où il était de 67%.

 Certes alors on nous dit que ça s'améliore, mais j'ai envie de rétorquer : encore heureux ! Et encore c'est assez inéquilibré, en fonction, malheureusement, du sexe du producteur exécutif, de l'auteur du scénario et du directeur, comme le montre ce graphique :

 

J'aurais tendance à dire que l'évolution des réussites au test de Bechdel est fortement due au fait que le milieu du cinéma s'étoffe de plus en plus en présence féminine. Même si on peut voir sur le graphique en haut qu'il reste encore un grand déséquilibre homme/femme dans le milieu. Après un film qui passe ce test, vous vous en doutez aux vues des critères, ne prouve absolument pas que le film donne un rôle important aux personnages féminins, et j'ai envie de dire loin de là. C'est un simple test qui vise à montrer la différence absurde entre la place réelle des femmes dans la société, et la place qu'elles occupent dans les films. Puisque ça ne viendrait à l’idée de personne de se poser les mêmes questions pour des personnages masculins…

 

Un petit exemple pour faire avancer le débat :

En effet pour étayer mon propos je vais vous demander de vous interroger sur vos films préférés et d'y étudier quelque peu la place des femmes.

 

J’avais envie de vous parler d'un film qui échoue au test (mais en même temps ce n'est pas étonnant) : la trilogie du Hobbit, adaptée d'un livre qui, à l'origine, ne comprend aucun personnage féminin. Donc en soi, rajouter des personnages féminins est un bon point non ?

Oui mais... Puisque vous vous doutez qu’il y a un « mais » sinon je n’en aurais pas parlé… Fallait-il vraiment le faire pour ça ? Parce qu’entre nous, sans parler de l’adaptation complète sur laquelle j’ai beaucoup d’autres choses à dire et à rugir et en se cantonnant aux stricts rôles féminins… Rajouter Galadriel... Certes c’est un des personnages phares du Seigneur des Anneaux, ça relève du fan service : c’est toujours ça de pris. De là à lui mettre au compteur une petite Love Story avec Gandalf : QUOI ?! Bon passons au deuxième personnage féminin sur lequel j’ai encore plus de chose à dire : Tauriel… Sérieusement au début je me suis dit "c’est sympa une elfe qui se bat ça peut enfin apporter un bon personnage féminin charismatique" mais après quelques minutes d'apparition... C'est le drame…  Le triangle amoureux de l’extrême (je vous fais pas un dessin vous aurez compris). Combo ! Je crois que ça m’a achevée car j’ai eu juste envie de hurler en plein cinéma : « Les personnages féminins ne sont pas cantonnés aux love story pourries ! »

 

Reprenons notre sang froid pour conclure. Introduire des personnages féminins dans les films : c'est bien. Les introduire pour leur donner ce genre de rôle : mieux vaut s'abstenir... Après on s’étonnera que certaines jeunes filles pensent de manière stéréotypée, et donne à chaque sexe un rôle particulier dans les relations sentimentales, comparant parfois l'amour à une scène de théâtre... Un exemple, je l'avoue un peu sorti de son contexte mais qui illustre ce carcan, dans lequel on enferme les jeunes filles. Et je ne vous parles pas encore de la crise de culpabilité de la trentaine des célibataires sans enfant face au poids sociétal qui les juge (que je garde pour plus tard ainsi que tous mes commentaires sur l'utilisation du Mademoiselle et etc.).

A ce compte là, moi j’avais des idées scénaristiques aussi à proposer ! Pourquoi ce n’est pas UN elfe qui est tombé amoureux du nain ? Comme ça on était vraiment dans  l’actualité du mariage pour tous et en plus sur l’intégration des différences dans tous les sens du terme. Quand vous donnez un rôle féminin à quelqu’un faites ça bien. Pourquoi c’est le fils et pas la fille de Bard qui vient lui porter la flèche et l’aider à tuer le dragon ? ça c’était un rôle pour faire rêver les petites filles !

 

Résultat du test pour la trilogie du Hobbit :

1)      Oui il y a bien deux personnages féminins nommés : Galadriel et Tauriel

2)      Non elles ne parlent pas entre elles

3)      Non puisqu’elles ne parlent jamais entre elles

 

Cependant pour ne pas finir sur une note trop négative, et parce que je suis d'un naturel utopim'ste... On constate depuis les dernières années un progrès au niveau des personnages féminins notamment grâce à des adaptations littéraires (Divergente pour n’en citer qu’un).   

Mais tout de même restons vigilent(e)s pour faire avancer les choses : la prochaine fois que vous serrez devant un film, réfléchissez aux rôles qu’on a attribués aux personnages féminins et demandez-vous si cela correspond à l’image que vous aimeriez transmettre aux nouvelles générations. Parce que leur éducation passera forcément par l’identification aux personnages de films (entre autres choses).

 

Pour en savoir plus les résultats des films au Test de Bechdel sont disponibles : ici

   Et une excellente vidéo (en anglais) de la  youtubeuse Feminist Frequency au sujet du passage du test par les films oscarisés :  ici

Voir les commentaires