Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Escapade d'un jour en Dordogne... #2

Publié le par Chokopims

Virée dans les jardins d'eau de Carsac-Aillac

Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2

Ah la Dordogne ! De beaux villages pittoresques de pierres calcaires blanches et ocre, une histoire qui nous permet de nous intéresser de près à la Préhistoire et au Moyen-Age, des spécialités alléchantes, ... Et quand arrivent les beaux jours, en plus des bastides médiévales on peut pénétrer dans les parcs et jardins, dont quelques uns sont classés et se laisser guider au grès des envies.

En cette période de l'année, autour de juin et pendant l'été je vous conseille un endroit paradisiaque pour qui s’intéresse aux plantes aquatiques et à l'Asie aussi ;) : les jardins d'eau de Carsac-Aillac qui présentent de beaux spécimens de Nymphéas (nénuphars) et de Lotus ! :) Ce sont des bassins aménagés sur 3 Ha environ avec plus de 85 espèces de lotus et nymphéas présentes.

Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2

On y pénètre par un beau labyrinthe aquatique de passerelles en bois posées sur l'eau des bassins, arrosé en son centre par des fontaines, et fortement agréable par temps caniculaire ! On peut y admirer entre-autre, des carpes, des grenouilles mais aussi et surtout de grandes variétés de nénuphars bien entendu. Il y a d'autres bassins aménagés dans d'autres styles, une petite bambouseraie, un ruisseau artificiel qui fait penser à un torrent de montagne mais aussi un étang agrémenté d'un pont japonais qui donne lieu à de belles photos. On se croirait presque dans un tableau de Monet. Dans le même style on retrouve à l'entrée les bassins de carpes koï qui sont très zen et colorés. A côté, les serres proposent des espèces plus tropicales contenant le nymphea géant et de nombreuses laitues et jacinthes d'eau.

Bref un immanquable que j'apprécie de faire, car un jardin est différent à chaque visite. En plus de s'y promener on peut y acheter des plants pour son propre jardin d'agrément, et on y trouve aussi une banque de graines. Pour en savoir plus c'est par ici sur le site officiel !!  

Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2Escapade d'un jour en Dordogne... #2

Voir les commentaires

L'Omurice (オムライス) façon Utopim'ste

Publié le par Chokopims

Comme son nom l'indique l'Omu-rice オムライス est une omelette (omu) au riz sauté amélioré (rice) ! Voilà encore un plat japonais bien inspiré des recettes occidentales. On l'entend à sa sonorité, on le voit à son écriture en katakanas, et on le devine à ses ingrédients. C'est donc une recette dite yōshoku (洋食 « cuisine de l'Ouest ») terme employé pour désigner les recettes empruntées ou inspirées de l'occident et réadaptées. Un comble vous me direz car je fais exactement la même chose : je garde le concept et je l'adapte à la sauce Utopim'ste !

L'Omurice (オムライス) façon Utopim'steL'Omurice (オムライス) façon Utopim'steL'Omurice (オムライス) façon Utopim'steL'Omurice (オムライス) façon Utopim'steL'Omurice (オムライス) façon Utopim'ste

Il y a sûrement ailleurs des recettes bien plus spécifiques et bien gardées ou pas de ce plat que je vous laisse tout loisir de consulter.

L'Omurice (オムライス) façon Utopim'steQuant-à moi ? Généralement c'est un plat que je fais quand il ne me reste pas assez de wok et/ou de riz pour un seul repas, ou quand les quantités de ce même wok ne sont pas adaptées au nombre de convive. C'est très simple et rapide :

1) Faire un mélange de wok aux légumes et de riz que l'on fait revenir dans la poêle ou le wok avec un fond d'huile en fonction des quantités. Puis réserver le tout.

2) Faire une ou plusieurs "crêpes d’œuf" en fonction du nombre d'invités. C'est l'équivalent de petites omelettes plates et c'est très simple à réaliser. Il suffit de cuire comme une crêpe d'où son nom un œuf battu avec quelques gouttes de sauce soja salée.

3) Mettre la préparation à base de riz réservée dans l'étape 1 à l'intérieur de cette belle crêpe, et refermer comme un chausson aux pommes dans l'assiette ! TADAM ! Le tour est joué ! C'est presque prêt.

4) Le must du must c'est, sur le dessus, de l'agrémenter d'un joli dessin avec du coulis, du concentré ou de la sauce tomate. Si vous aimez aussi le gochujang 고추장, la pâte de sauce pimentée coréenne, vous pouvez aussi en rajouter un peu mélangé à la tomate : ça corse le goût. Même si là, on s'éloigne beaucoup de la recette traditionnelle qui se décore de ketchup puisque plutôt à destination des enfants !

Bref voilà comment réussir un petit repas improvisé ! Itadakimasu (頂きます) ! Merci pour ce bon repas et bon appétit bien sûr ;)

Enjoy-it ! <3

Voir les commentaires

Tipps de prof : La boite magique !

Publié le par Chokopims

Tipps de prof : La boite magique !Et ça y est nous voilà repartis pour une semaine d'école à la maison ! C'est donc l'heure de parler un peu pédagogie et de vous parler de mon année scolaire actuelle par la même occasion.

Cette année j'ai commencé comme professeure des écoles remplaçante et j'ai tourné dans quelques écoles avant d'être placée sur un remplacement long jusqu'à juillet. J'ai donc à charge des maternelles ça faisait longtemps ! après ces dernières années chez les CE2-CM1. Et pour l'occasion j'ai créé et utilisé un petit outil que je vous partage ici aujourd'hui. Un de mes Tipps bien utile : la boite magique !

C'est une petite valisette qui ne s'ouvre que quand le silence est complet, dans laquelle j'ai caché des petits objets divers. En fait ce sont différents moyens de retourner au calme après la pause récréation, un temps un peu agité ou autre. J'avais déjà des boîtes à musique dans ma classe les deux années précédentes notamment pour marquer le temps d'anglais ou quand nous venions de faire une activité un peu bruyante ou dispersée pour retrouver l'attention du groupe classe. Cela marchait très bien et c'est pourquoi j'ai décidé de garder le concept en le rendant portatif...

 

 

Le contenu actuel de ma boite présentée par Nara, mascotte indétrônable :

Tipps de prof : La boite magique !

- Quatre boites à musique : trois avec manivelles manuelles, une automatique, que j'actionne par en dessous à l'abri des regards indiscrets "comme par magie"

- La fée grelot : c'est un petit grelot avec des ailes en crépon, que l'on passe de main en main sans faire trop de bruit pour la laisser se rendormir dans la boite où elle se repose car elle s'est blessée dans une tempête dernièrement (son aile était cassée).

- Une petite maracas à secouer, elle est remplie de riz. Je pensais en fabriquer d'autres avec différents contenus afin de varier les bruits.

- Un "pouet pouet" qui en classe de maternelle fonctionne très bien : "Je me lève. Je me rasseois. Et oh ! Mais... ça fait du bruit ? Tiens c'est bizarre ! D'où ça vient ??" Je les fais se lever et se rasseoir chacun leur tour pour qu'il ait le plaisir d'entendre le bruit pour eux.

- Une balle à se faire passer dans la classe sans la laisser tomber au sol. C'est un jeu que j'ai utilisé souvent dans les cours de langue (français en Allemagne ou anglais en France) afin de faire poser les questions à tour de rôle en s'envoyant la balle au travers de la classe. Pour les grands c'est donc lancer/attraper sans faire tomber. Pour les petits c'est passer de main en main sans rouler par terre. :)

- Une boite avec des dés multicolores, à jeter pour savoir combien de fois il faut faire l'action demandée. La dernière fois nous avons fait une formule magique avec par exemple : toucher la tête 4 fois, frapper dans les mains 2 fois, toucher le pied 1 fois et claquer des doigts 3 fois pour pouvoir réouvrir la boite magique et sortir une boite à musique.

Cela marchait très bien sur des remplacements courts car je pouvais sortir quelque chose de différent à chaque fois. Pour mes élèves actuels, comme c'est un remplacement long, ils ont commencé à se lasser. Je vais essayer de trouver de nouvelles idées pour réactualiser ma boite magique :) Si vous avez des idées n'hésitez pas à partager !

Voir les commentaires

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

Publié le par Chokopims

Ah, Maulévrier ! Ce parc japonisant dont j’avais tant et tant entendu parler et où je souhaitais me rendre depuis un bon moment ! M’y voilà enfin, c'était en octobre 2020, je vous ai ressorti quelques photos pour l'occasion !

 

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

 

Le parc oriental de Maulévrier est constitué de 12 hectares de propriétés sur les 29 que comptent la propriété du château auquel il est rattaché qui n'ont été aménagés en espace japonisant qu'à la toute fin du XIXème siècle après le rachat du château Colbert par la famille Bergère. On y compte plus de 400 espèces différentes et des aménagements de végétation variés.

 

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

 

Ce jour là, le jardin s’était paré des premières couleurs de l’automne. J'ai pu y voir les fameuses torii portes de temple japonais et l'adorable petit pont rouge, sur deux îles artificielles nommées îles du paradis, ou îles des êtres immortels, l'île de la grue et l'île de la tortue. Ces noms représentent le principe d'harmonie des opposés, celle du yin et du yang. L'étang sur lequel elles sont situées est au centre du jardin et il prend une place importante dans l'aménagement de celui-ci. Il y a par exemple un barrage qui donne lieu à des petites cascades, et un embarcadère près d'une corne d'or. La végétation s'y reflète très bien, on a même droit à des jeux de lumières colorés au fil de la visite, le chemin principal tournant autour de cet étang. De plus, fait étonnant, les jardiniers font parfois le travail d'entretien, notamment la coupe des arbustes, en bateau ce qui donne lieu à des démonstrations de formation et de taille d'arbre dépaysantes dans le style oriental ils ont été formés dans cet art.

 

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

 

Encore dans le style japonais vous pourrez trouver, dans le désordre, dans le parc de Maulévrier, plusieurs pagodes stylisées, le pavillon de thé, une collection de bonsaï conséquente et intéressante, le petit jardin de bambou avec différentes fontaines aménagées, les non moins fameuses lanternes qui ornent les jardins avec les différents types décrits sur des panneaux explicatifs, et une exposition photo qui met en parallèle des photos du Japon avec celles du parc oriental. Voyage garanti :)

On peut y ajouter un autre élément incongru qui vaut le coup d’œil, au milieu de ce jardin de style oriental, japonais certes mais pas que, nous trouvons les statues de lions de pierre khmer,et le pavillon du Cambodge de même genre. Ils se trouvaient à l'origine à l'exposition universelle de Paris de 1900 et ont été élaborées par Alexandre Marcel avant de se retrouver installés ici.

 

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

 

Bref tout y était : journée réussie ! Et pour en savoir plus c'est par ici : site officiel. Enjoy-it !

 

Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !Escapade d'un jour #3 Le parc oriental de Maulévrier !

Voir les commentaires

Du Silence...

Publié le par Chokopims

(petit texte en prose inspiré du bruit)

Du Silence... 

« Le silence est d’or. » Non, le silence dort à jamais. En fait le silence n’a jamais existé. Même si nous crions au silence, le silence ne se fait. Car même au cœur de la nuit, au milieu de nulle part, nous pouvons entendre le vent faire frémir les feuillages, les grillons, les oiseaux et les grenouilles chanter quand viennent les beaux jours. Même jusqu’au son métronome de notre respiration, notre cœur battant ou notre peau frissonner brisent la fraicheur de la nuit silencieuse.

Le silence ne sera jamais, peut-être seul les sourds connaissent ce son appelé "silence" et encore… Ils peuvent imaginer le bruit que fait chaque mouvement, chaque geste, chaque chose et y associer un son, même inaudible, même muet. Le silence n’existe pas. Et si un jour, nous l’entendions, il nous réveillerait sûrement. Il nous glacerait le sang, car le silence n’est pas naturel.

Alors pourquoi parler de silence, quand on le craint et qu’on ne peut le saisir ? Le silence est plus précieux que l’or, s’il est si rare qu’on ne peut l’obtenir. Pourtant on hurle toujours au silence sur cette Terre, alors que ce que l’on désire... c’est juste du calme, un peu de tranquillité, de paix et un son en sourdine, délité, apaisé. Cependant on demande encore et toujours ce silence, synonyme de mort et d’anormalité. Si nos acouphènes bourdonnent, nous ne connaitrons plus jamais un semblant de silence. Ce silence fabriqué, ce silence incertain qui fredonne encore et dont on ne voit pas la fin.

Pardonnez ce silence, mais si l'on se tait, c’est pour éviter de dire ce qui pourrait fâcher... Voyez-vous quand on ne sait pas retenir sa langue, dire des mensonges et enjoliver sa voix, on préfère le silence. Et si nous ne savions parfois, plus nous taire et passer sous silence ? S'il fallait briser le silence pour ne se taire plus encore au delà… Pour ne plus cautionner ce silence, ne plus y être réduit et s'insurger soudain.

On m’avait appris pourtant « Quand on ne sait pas on se tait », on m’avait appris le silence, mais aussi la vérité. Si j’hésite, si je doute, j’ai besoin d’y penser, permettez en silence que j’y songe en paix…

 

L'Utopim'ste

 

Voir les commentaires

"Pardon" à la loupe

Publié le par Chokopims

Il y a quelques temps (lointain) je vous parlais des nuances en traduction et de la question de culture très prégnante dans chaque langue qui a participé à sa formation, sujet très vaste et intéressant à mon avis, surtout quand on apprend ces dites langues. J'ai eu envie de récidiver...

"Pardon" à la loupe

Pourquoi ? Et bien parce que j'avais (re)commencé des cours de japonais, et que je venais de finir un livre très intéressant sur la culture nippone intitulé Le chrysanthème et le sabre de Ruth Benedict, un essai commandé par les américains en 1944 parut en 1948 (juste après la guerre) pour mieux comprendre leur adversaire de la Seconde Guerre Mondiale. L'anthropologue y dresse un tableau du système et du fonctionnement de la société japonaise, d'après des témoignages de ressortissants japonais installés aux Etats-Unis et des récits. Sans avoir elle même, posé le pied sur le sol nippon, c'est un sacré challenge ! Au fil des pages, j'étais tombée sur ce fait culturel très intéressant et parlant :

Les japonais pour dire "merci" utilisent des formulations de politesse d'excuse ! Car culturellement au Japon donner quelque chose à quelqu'un lui rendre service l'aider, c'est lui imposer un ON une "dette" future qu'il doit "rembourser" alors là je vais mettre des guillemets partout, je vous ai fait un topo sur la nuance la dernière fois donc je crois que c'est clair XD. D'ailleurs c'est très étonnant de voir tout le système de ON "dette" qu'ils ont et comment l'imbrication de l'une dans l'autre peut créer des dilemmes incroyables. Notamment parce que les deux ON les plus marquants de la vie d'un japonais sont, celui qu'il doit à l'empereur, et on comprend aisément, pourquoi ce fut si important lors de la Seconde Guerre Mondiale et celui qu'il doit à sa famille, notamment ses parents, qui l'ont élevé et cela explique la vie commune de plusieurs générations sous le même toit. Je ne m'étendrai pas plus sur le sujet aujourd'hui, vous pouvez aller lire cet essai à la place, très instructif bien qu'un peu daté ! Car mon sujet n'est pas exactement là... Alors sans plus de cérémonie faisant un zoom et passons, comme intitulé dans le titre,  le "Pardon" à la loupe !

On vient de le voir les japonais disent merci en s'excusant d'avoir "déclenché une dette future" qu'ils devront à leur interlocuteur, qui leur a rendu service... A cette lecture, la question que ça m'a posé c'est : et en Europe qu'en est-il du pardon ? Pourquoi et de quelle manière s'excuse-t-on ?

En France on demande très peut-être trop... souvent aux enfants de demander pardon. Et la formulation m'a toujours interpellée. "Je m'excuse" comment peut-on s'excuser soi même ? "Excuse moi" bon c'est peut-être mieux. Et puis au moins ça laisse à l'autre le droit de dire "non je t'excuse pas !" Parce qu'à la fin, à toujours demander "pardon" à tout va, on finit par être "désolé" de tout ou "désolé" de rien... Il y a ceux et celles qui s'excusent sans raison, culpabilisés par tout, à côté de celles et ceux qui acceptent trop facilement les bonnes et même les mauvaises excuses. Celles et ceux qui pensent que s'ils disent "pardon" tout sera immédiatement pardonné ou arrangé. "Dis pardon au verre que tu as brisé... Est ce que ça le réparera ?"  Mais aussi ceux et celles qui refusent de demander pardon, parce qu'ils n'ont rien à se reprocher, parce qu'ils n'en ont pas envie, parce qu'ils n'ont pas compris qu'il y avait un réel problème, parce qu'ils sont dans le déni, parce que "ça ne changera rien" et etc... la liste est loin de s'arrêter là.

Prenons le temps puisqu'il le faut aussi généralement pour pardonner de remonter étymologiquement le sujet : pardon vient du latin per donare ce équivaut à "faire don de quelque chose", en gros c'est celui qui est offensé qui a le pouvoir d'accepter la demande de l'offenseur. Vais-je lui faire don de ma résilience et passer outre le fait que j'ai été blessé ? Ne nous le cachons pas, nous voyons de suite que tout est une question de point de vue, de valeur, de culture encore une fois ^^, mais surtout de bon sens, et de gravité des choses ! C'est un terme qui a traversé les frontières européennes avec les langues latines, puisqu'en Italie on a droit à "Perdono" pas très loin de son homologue espagnol d'ailleurs et en anglais "Pardon" s'écrit de la même manière même s'il se prononce différemment. Pour les Excuses c'est un peu pareil ! Mais d'où vient-il ? Et bien... Vous connaissez Accuser ? Excuser c'est son contraire ;) Cuser vient de Causa la cause "Ac-cuser" c'est mettre en cause (pour un acte) et "Ex-cuser" c'est dédouaner quelqu'un de cette cause... Et du coup il y a une notion de juridiction derrière, on juge l'auteur - coupable ou non coupable this is the question - à savoir si on va l'inculper ou le disculper en fonction des raisons de son acte, pour lequel il demande "pardon". Et j'en reviens à l'idée de départ que des excuses, à mon avis, peuvent être refusées...

Quand au désolé pour hier soir... il vient du latin desolare, "ravager, dépeupler" et il met en scène le sentiment de peine, de regret. Ce qui est intéressant c'est les autres emplois du mot "désolé" et des mots de la même famille comme "désolation", "désolement". Quand on dit que "tout est désolé", en parlant d'un lieu, on a de suite la notion de solitude, de sécheresse, de vide, de fléau, d'affliction, ou de pauvreté et peut-être même quand on y réfléchit, une image de fin du monde, d'apocalypse genre la désolation de Smaug le dragon de Bilbo le Hobbit... Bref ce mot a peut-être perdu de son sens profond d'origine car le terme premier semblait contenir tant de sentiments démesurés pas toujours adaptés aux situations les plus banales de la vie quotidienne comme par exemple quand on dit "Désolé j'ai eu un contretemps, j'aurais dix minutes de retard."   

En parallèle si on s'intéresse à l'allemand, on retrouve le même type de formulation désolé et pardon vont se traduire par "Es tut mir Leid". Leid venant de douleur, on y met aussi des sentiments, mais cela engage plus la personne concernée avec la présence du "mir" (représentant le je) qui implique dans la phrase  littéralement "ça me fait mal" donc des excuses grandement basées sur le ressenti. "Die Entschuldigung" (une excuse) et "Entschuldigen Sie mich (bitte)" (excusez moi svp) quant-à-eux sont basés sur le terme de "Schuld", qui exprime le ressentiment de la faute, la culpabilité à laquelle on ajoute le préfixe -Ent. Il cherche, ici aussi, à marquer l'opposition "schuldig" être coupable (responsable d'une faute) versus entschuldigen être déculpabilisé.

A peu de chose près on peut dire que pour ce qui est du pardon et de la faute voir même du pêché oserais-je dire, suivez la suite de mon raisonnement vous comprendrez..., les origines européennes du mot se rejoignent ! A mon avis, cela est fortement lié à une histoire de culture chrétienne commune, datant du Moyen-Âge, qui avait coutume de se confesser, de demander pardon et de "pardonner à ceux qui l'ont offensé".  

 

Concrètement (ou pas) dans une image plus laïque en métaphore filée et peut-être, un peu plus parlante (ou pas), ça se passe comme ça :

Le tribunal du pardon (votre cerveau) est ouvert pour rendre justice (d'un acte commis à l'encontre de votre personne) l'avocat de la défense (souvent l'auteur lui même ou parfois un médiateur) devra se justifier des faits pour lesquels il s'est rendu coupable/responsable. Pour cela il va devoir prouver sa sincérité devant les juges pour éviter de rester sur le banc des accusés. Le verdict sera rendu par le tribunal du pardon, coupable ou non-coupable, circonstances atténuantes ou aggravantes, ... et parfois plus que des mots d'ex-cuses, il faudra avoir recours à des actes réparateurs pour sortir libérés du poids plus ou moins lourd de la responsabilité pour laquelle nous étions remis en cause.

 "Pardon" à la loupe 

Pour conclure, en ces temps de conflit en Europe, j'ai trouvé opportun de sortir cet article en construction depuis un moment... Accorder le pardon pour des crimes contre l'Humanité, contre le droit humain. Peut-on s'en sortir avec des seules excuses publiques verbales ? Voilà de quoi nous faire réfléchir sur notre relation au pardon, au travers de son étymologie et des valeurs culturelles qu'il brasse. Réfléchir aussi sur nous et notre lien avec lui. Car oui... Et nous ? En tant qu'individu, comment et quand demandons-nous pardon ? 

 En espérant que cet article aura éclairé votre lanterne comme la mienne :) suite au prochain épisode...

Voir les commentaires

Traduire l’invisible : ces nuances qui changent tout

Publié le par Chokopims

J'ai toujours eu du mal à traduire d'une langue à l'autre. J'aurai fait une très piètre interprète et c'est d'ailleurs la raison principale qui m'a décidée à bifurquer de mes études de LCE allemand au profit de la géographie. Ce qui me bloquait le plus dans les traductions et versions que nous passions de l'allemand au français ou du français à l'allemand et qui me bloque d'ailleurs encore souvent... c'est cette question de nuance. Parfois même trop souvent à mon goût le mot que l'on veut traduire n'a pas d'équivalent exact dans l'autre langue. On s'en approche mais c'est pas tout à fait ça, non pas assez... Ou pire ! Il n'existe tout simplement pas dans la langue. Auquel cas comment le traduire ? Car toute langue véhicule des valeurs culturelles, des idées et des images derrière tout emploi de mot  je vous avais déjà parlé de cette notion dans un article précédent sur le thé. Le mot traduit va non seulement, dépendre du contexte d'utilisation, mais aussi du récepteur et de l'émetteur ainsi que de leur propre prisme culturel...

Pour illustrer ces propos un bon exemple en allemand est sans doute le Fernweh, vous connaissez peut-être déjà le Heimweh de heim = domicile / foyer et weh = douleur / mal qu'on pourrait se contenter de rapprocher du "Mal du pays" français mais en vérité, c'est tellement plus... Puisque c'est le manque du foyer, de la maison, qui représente la nostalgie d'un petit cocon confortable, plus centré sur sa ville natale, son village d'origine ou sa maison de famille, lié à l'affection qu'on lui porte que du "pays" au sens large. Donc le Fernweh de fern = distance et weh = douleur / mal lui c'est un peu l'opposé, il représente l'envie de partir en mettant une distance avec le lieu où je me trouve actuellement, d'aller loin, être en mal de voyager après le confinement qu'on a vécu on comprend beaucoup mieux cette notion de "nostalgie du voyage" ^^. Pour essayer de vous en faire une idée plus précise : si le Heimweh c'est le désir et la nostalgie de retourner chez soi, quand on est un peu casanier, le Fernweh c'est un peu le désir et la nostalgie de partir dans des pays loin ou inconnus pour les aventuriers. Deuxième exemple et non des moindre, parlons aussi de mots maux quotidiens ! Avec le Ohrwurm, "le ver d'oreille", qui signifie avoir une chanson en tête dont on arrive pas à se débarrasser les fans incontestés de Kaamelott auront une image précise de ce que peut être le Ohrwurm... Et proposeront peut-être de le nommer en français une "Volette" (ou pas) mais ça prouve bien que c'est véhiculé par une culture, puisque lié à des éléments culturels français, en l’occurrence ici, une série TV.

Et c'est comme ça que je retombe sur mes pattes ! ;)

  Avant de traduire, il faut tout mettre sur la balance et soupeser. Je dois savoir exactement comment je vais traduire chaque mot et les imbriquer pour en faire des phrases afin que le public cible saisisse les informations données tel que l'émetteur les a transmises. Ainsi la traduction s'appuie d'abord sur l'interprétation "que veut réellement dire l'auteur ?" puis sur la réinterprétation pour ses auditeurs, plus ou moins attentifs...  Il faut aussi prendre en compte le prisme culturel des récepteurs. Au risque de se retrouver face à un échec critique de transmission ! C'est notamment ce qui fait que l'humour traduit est parfois une tâche des plus ardue... Dans cette catégorie, je citerai Les Bronzés font du ski, un film qui fait rire tout français par ses caricatures, mais laisse de marbre les allemands qui sont loin de comprendre l'engouement. Et pour cause... En effet le comique est bien trop basé sur des habitudes culturelles et historiques françaises de "vacances à la montagne annuelles" où chacun peut reconnaitre les travers de certaines personnes qu'il/elle connait ou a déjà rencontré, renforcé à l'extrême. Les allemands n'ont en aucun cas ce rapport mis en avant dans le film aux vacances d'hiver et au ski. Ils ne peuvent donc pas regarder ce film en néophyte, le contexte culturel, historique ainsi que les habitudes françaises doivent être connues pour en comprendre tous les tenants et les aboutissants et en profiter au maximum. C'est aussi le cas de films asiatiques qui se sont plus ou moins mal transportés jusque chez nous. Certains nécessitent une connaissance particulière de la culture et/ou des rouages contextuels du pays émetteur sans parler de film de propagande historique... que je mets de côté, je pense que Parasite de Bong Joon-Ho est un de ces films qui mérite de le voir en connaissance de cause sans quoi on passe à côté du message Et c'est bien pour cette raison qu'il existe des remakes de films. C'est une manière de garder et de transmettre l'histoire et le concept de l’œuvre, tout en s'adaptant à son nouveau contexte culturel et historique mais aussi de rentrer dans les codes du public visé. Cela permet de faire traverser les frontières à des films qui n'auraient pas eu la chance de le faire sans ces changements. Et bien entendu, d'un autre côté, il y a l'argument du marketing... En Asie souvent quand le film ou le drama fait un carton dans le pays, on surfe sur la vague et on réadapte à sa sauce en remettant au goût du jour, et au goût des fans... Car oui, généralement, les fans d'une œuvre se tournent (très) souvent sur les remakes pour comparer, si vous en doutiez ^^

 Bref ! La traduction c'est un métier !

Une excellente version française d'une œuvre étrangère culte demande un travail impressionnant pour obtenir une bonne réception dans les meilleures conditions. En plus de l'intérêt du plurilinguisme, de l'ouverture culturelle et de la VO,  qui mériteraient tout un autre article, On voit bien que la traduction relève selon son contexte de toute une palette de nuance !

Il vous faut une autre preuve ? A Berlin lors de l'échange franco-allemand, on nous a raconté une anecdote amusante. Lors de la recherche d'un traducteur pour des fins de rédaction de traité franco-allemand, devant une assemblée attentive de personne, à la question, "Nous avons besoin d'un traducteur qui pourrait s'en charger ?" en allemand dans le texte la réponse du premier candidat fut "mich". Soit l'équivalent mot pour mot du "moi". L'interlocuteur de lui répondre un "Non, pas vous de préférence." Pourquoi  ?? A dû s'insurger le "vous"... Eh bien parce que ce "moi" en français peut être à la fois complément d'objet direct ou indirect pour reprendre le "je" dans une phrase, mais aussi comme c'est le cas ici... sujet ! La tournure française emploie en effet le "moi" comme sujet de réponse quand le verbe est éludé. En gros on abrège "je veux m'en charger" en "moi" sujet. Ce qui est impossible en allemand. Etant donné qu'ils ont un système de déclinaison auxquels ils se tiennent, pas comme les nombreuses exceptions françaises ^^ ils vont employer eux la notion de "je" sujet au nominatif soit "ich" et non mich ou même mir (même si ce sont les équivalents du moi respectivement déclinés à l'accusatif et au datif en fonction de l'emploi comme COD ou COI dans la phrase). Comme quoi, des fois, à une lettre près...

Traduction : tout est une question de nuance

Voir les commentaires

Léoly auteure de l'Union du droit de vie

Publié le par Chokopims

L'Union du droit de vieLéoly(canthrope) que je ne présente plus, alias Le conteur a besoin de vous ! En effet, elle écrit tout un tas d'histoire, dont une en particulier : L'Union du Droit de Vie.

Actuellement, elle cherche tout lecteur ou toute lectrice volontaire, pouvant donner un avis constructif sur son livre en cours de relecture.

C'est une histoire d'héritier de clan, avec des aventures très variées, des épreuves, des complots, des alliances, des amitiés, des rivalités, bref de l'action !

C'est par ici que ça se passe, n'hésitez pas à faire circuler le lien à toute personne intéressée ! Vous pouvez aussi parcourir son blog, qui comporte tout un tas d'autres histoires ;)

Pour vous mettre un peu dans l'ambiance, voici un essai de couverture pour cette histoire du Conteur, avec quelques personnages du récit ! Rejoignez sans plus attendre Hiloy, Xutik, Elferad et bien sûr Citseko ! Que vous allez adorer !

Sa directrice de publicité marketing, alias Becky vous le vend ici même :

 Fan de fiction jeunesse ?
L'autrice, spécialiste en contes populaires et enquêtes à la Sherlock nous livre une histoire haletante de complots, défis et aventures dans la ligne directe d'un Hunger Games ou Divergeante. Une belle galerie de personnages que l'on suit d'un chapitre à l'autre et que l'on apprend à aimer, à détester mais dont on veut, surtout, percer tous les mystères.
 
Aidez-la à se lancer !
Choisissez votre blason, enclenchez votre compteur et plongez-vous dans les grands jeux.
 
Et je n'aurais pas dit mieux....

Voir les commentaires

Un peu de Corée dans l'assiette : le Bulgogi (불고기)

Publié le par Chokopims

Le Bulgogi 불고기 est un des plats traditionnels coréens à base de viande de bœuf marinée. Il signifie littéralement 불 = feu / 고기 = viande donc "viande sur le feu" ou "viande grillée". Son nom provient du fait qu'à l'origine on cuisait la viande marinée à même le feu. De nos jours il existe des variantes où on peut le cuire dans des petits "pot-au-feu" ou sur les grills de BBQ coréens typiques. Ou tout simplement... sur nos plaques de cuisson traditionnelles ! C'est plutôt simple et rapide à réaliser et ça plait facilement à tout le monde, car un des rares plats coréens qui ne contient pas une once de pâte de piment ! Alors on n'hésite plus à le tenter !

Je vous livre ici l'adaptation du Bulgogi coréen made in Utopim'ste.

Bulgogi (불고기)Bulgogi (불고기)

Ingrédients (pour 6 personnes) :

- 800g de viande de bœuf (type carpaccio ou viande à fondue)

- Un gros poireau

- 5 carottes

- 150 g de compote (pomme ou poire selon les préférences)

- 3 grosses gousses d'ail hachées ou 5 petites de plus peut se remplacer par de l'ail semoule

- 3 cuillères à soupe de graines de sésame + 1 facultative pour les légumes 

- un demi verre d'huile de sésame + un peu pour la cuisson

- un demi verre de sauce soja sucrée

- un demi verre de sauce soja salée

- un demi verre de vinaigre de riz

 

La marinade est en cours de préparationLes légumes me semblent bien réservés aujourd'hui ^^

Préparation :

1) Couper la viande de bœuf en fines et longues lamelles - pour celles et ceux qui hésitent, je dirai environ 5 cm de long sur 1 cm de large et 5 millimètres d'épaisseur mais aussi comme vous aimez manger c'est le plus important ;) - et les mettre dans un saladier ou autre récipient pour mariner.

2) Composer la marinade par dessus votre viande : en proportion identique un premier quart d'huile de sésame, un second de vinaigre de riz et les deux derniers quarts, un de chaque sauce soja - mélange de sauce sucrée et salée à ajuster en fonction de vos préférences : vous pouvez mettre seulement la salée ou la sucrée ou diminuer l'une des deux

3) Mélanger et ajouter votre compote de poire (recette originale) ou de pomme, ainsi que vos graines de sésames et l'ail, que vous aurez préalablement haché. Il est possible de mettre à la place 2 à 3 cuillerées d'ail semoule. Puis mélanger de nouveau. 

4) Recouvrir et laisser mariner une bonne heure. Pendant ce temps passer à la découpe des légumes. Éplucher les carottes et les râper en gros tronçons. Pour le poireau, le fendre en deux et le découper en rondelles. Réserver jusqu'à la cuisson.

5) Dans un wok, ou une poêle bien chaude, commencer par faire revenir les légumes avec un peu d'huile de sésame et les graines si vous le souhaitez. Ils doivent être juste pris, compter environ 5 à 6 minutes. Petit "tipp" : Rajouter à mi-cuisson deux à trois cuillerées de marinade pour relever le goût.

6) Rajouter la viande marinée et mélanger. Prolonger la cuisson, jusqu'à ce que la viande soit cuite à votre convenance. Les coréens l'apprécient bien cuite. Personnellement je le trouve meilleur quand la viande est encore tendre, cuite à point. En fonction de la quantité de viande dans le wok et de vos goûts, le temps de cuisson pourra varier de 5 à 10 minutes.

7) C'est prêt ! On peut le servir avec du riz - bien évidemment ! - et le manger dans des petits wraps de feuille de salade à la coréenne, comme ça on a vraiment l'impression de voyager ! :)

 

Bon appétit !

Bon Appétit !!

 

Voir les commentaires

Carnet du Japon #4 Derniers jours au Japon

Publié le par Chokopims

Episode 4 : Suite et fin du séjour à Kyoto (Japon 2015)

Tâche ardue que de résumer ces carnets de voyage 8 ans après, en essayant d'être à la fois fidèle aux souvenirs, annotations et remarques de ce moi du passé qui jour après jour, gratta des pages de papiers, tout en revoyant et corrigeant la copie avec le moi du présent... après des changements évidents que le Japon, le Monde et moi avons vécu dans ce laps de temps. Pour ce dernier carnet édition Kyoto 2015, je voulais revenir cette fois sur de belles journées d'excursions où j'avais envie de m'attarder un peu plus pour différentes raisons. Ce dernier volet est publié au retour de mon second voyage au Japon qui m'a conduit à de nouvelles aventures, de nouveaux carnets que je vous partagerai à coup sûr ! et pas dans huit ans j'espère... C'est donc (re)parti pour la dernière ligne droite de ce premier tour !  du 10 juillet au 31 juillet 2015 

Nara capitale des daims !Vue sur le Wakakusayamatoro couverts de mousseLes daims de NaraTemple de Kasuga TaishaJardin japonais de Nara

Nara [奈良市], la ville des daims en liberté

Nara est un des lieux historiques par excellence à visiter, et elle aussi, est une ancienne capitale ! C'est d'ailleurs LA première capitale fixe du Japon de 710 à 794, juste avant Kyoto et l'ère Heian [平安時代, Heian jidai]  de 794 à 1185.  En arrivant là-bas vous tomberez à coup sûr, comme nous, sur Kofukuji [興福寺] une pagode de 5 étages (la deuxième la plus grande du Japon me souffle-t-on dans l'oreillette) ainsi qu'une population importante de lanternes et de daim en liberté, plus de 1 300 pour ces  derniers et le double pour les petites lanternes de pierre. Euh... 3 000 lanternes ? Oui, oui, oui... Le Kasuga taisha [春日大社] c'est le Fushimi Inari [伏見稲荷大社] du coin où les torii [鳥居] sont remplacées par des lanternes, les tōrō [灯籠] importées de chine signifiant « panier à lumière, phare » dont certaines sont recouvertes en grande partie de mousse qui leur donnent un charme certain. Et pourquoi autant de daim ? Me direz-vous. Tout simplement, parce qu'ils sont sacrés. D'après la légende, ils seraient des messagers envoyés des divinités protectrices du temple de Katsuga Taisha  [春日大社] (une statue de daim porteur du message divin, rouleau dans la bouche à l'appui, est même devant une des entrées du temple). 13 millions de touristes se pressent chaque année pour les admirer, et des stands de krakers "spécial daim" sont en poste à chaque coin du parc à cet effet. La coutume est de leur donner à manger après une courte révérence : une inclination de leur tête gracieuse ornée de beaux bois ou encore... un coup de tête cornu si vous vous faites trop prier... Non mais ! Du coup les daims sont devenus super méga gourmands et vous poursuivent pour tout - et littéralement TOUT - manger ! Y compris des papiers, prospectus, plastiques et autres objets non recommandés pour leur survie... Attachantes certes mais vite envahissantes. Il y a aussi entre autre, l'impressionnante porte de Nandaimon [南大門] du Todaiji [東大寺] grand temple de l'est, qui donne à voir le bouddha imposant qu'il abrite, le Shin Yakushiji [新薬師寺] connu pour ses 12 statues des généraux célestes, la colline verdoyante de Wakakusayama [若草山] point culminant autour de 340m et le sanctuaire de Kasuga Wakamiya [春日若宮神社] dont le Onmatsuri est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. 

Si vous souhaitez plus d'expérience à Nara, vous pouvez aller vous perdre en direction de la forêt primitive de Kasugayama [春日山原始林], une zone protégée pour la faune et la flore (équivalente de Natura 2000) depuis plusieurs décennies qui est vierge de la présence humaine (enfin ça c'est le prospectus de publicité qui le dit). Ou bien visiter le Yoshikien [吉城園] (gratuit pour les touristes) constitué de plusieurs jardins japonais où se trouvent une maison de thé, un observatoire, un petit étang avec pont et lanterne, des variétés de mousses différentes formant de généreux tapis, un petit coin fleuri dédié aux cérémonies du thé. Si comme nous, vous cherchez les ruines du château de Tamonjo [多聞城], nous vous épargnons des heures de déambulation inutiles : le concept de ruine en Asie est tout autre (voir Carnets de Corée #7). Il ne s'agit tout simplement que de l'ancien emplacement du château, et des "ruines" il ne reste pas un morceau de bois, pas une pierre, pas un panneau explicatif... Ah moins que vous ne vous vous rendiez au musée pour y voir les anciens plans et représentations de celui-ci, vous n'observerez sur les lieux, qu'un lycée japonais tout à fait ordinaire.    

En route pour BiwakoLac BiwaPlage du lac BiwaVue sur les montagnes autour du lac

Une après-midi de chercheuse au Lac Biwa [琵琶湖]

Je suis sûre que ça vous manquait et que vous l'attendiez ! Alors je passe de suite en mode géographe des plages ! D'abord commençons par quelques nombres... Le lac Biwa-ko [琵琶湖], aussi appelé mer intérieure, est une vaste étendue d'eau douce qui possède une  superficie de 670,33 km2 pour vous donner un ordre d'idée, il est plus grand que le lac de Constance, ou le lac Léman et cela se voit même... Après vérification, il l'est d'environ 100 km2 (superficie totale de 536 km2 pour le lac de Constance et 580 km2 pour le lac Léman, respectivement les 3ème et 2ème plus grands lacs d'Europe). C'est un des plus vieux lacs du monde puisque son origine remonte il y a 4 millions d'années. Son nom Biwa [琵琶] est tiré d'un instrument de musique chinois, une sorte de luth, dont il a la forme.

En prenant le train depuis Kyoto, le trajet longe une bonne partie du lac et nombres de rizières verdoyantes, bordées de maisons aux toits de tuiles bleues, les couleurs sont engageantes, surtout en cette période estivale. Lors de la descente, à la station Omi Maiko [近江舞子駅], impossible de se tromper quant à la direction de la plage, il suffit de suivre les locaux qui ont déjà gonflé, en habitués, leurs bouées dans le train. Dès notre arrivée, nous constatons que c'est un espace propice aux loisirs, et notamment le siège du jet-ski ! La zone de baignade est délimitée par des bouées, mais nous constaterons très vite que nous avons, et largement, pied ! Et ce tout du long. Cette corde servant, si vous voulez mon avis, principalement à nous protéger des fameux jet-skis quelques peu cascadeurs. La plage est géographiquement parlant un amas de petits cailloux mixés de sables grossiers et irréguliers, blotti sous de vieux pins. Anthropologiquement parlant, un amas de ballons et de bouées les unes plus énormes que les autres, aux couleurs flashies, étalant des formes de fruits majoritairement, avec une prédilection visible pour les pastèques et les ananas. Les autochtones peuvent se changer dans des cabines, s'ils ne se baignent pas complètement habillés, pour arborer des maillots de bains assortis aux bouées, aux vertus plus décoratives qu'utiles. En effet les baigneurs sont rares et suréquipés de gilets de sauvetage ou de leurs bouées énormes, les nageurs aux abonnés absents, et la consigne de sécurité solaire très respectée. En effet, ils se baignent tout habillé à la fois pour se protéger du soleil, de ses UV considérés comme très nocifs mais aussi pour empêcher leurs peaux de bronzer (petite aparté, c'est un critère de beauté à l'occidentale que le bronzage à l'heure actuelle qui s'oppose à la mode orientale qui est elle de garder la peau blanche. Cela mériterait tout un article peut-être ! Le bronzage en Europe, il n'y a pas si longtemps que ça, était aussi très mal vu, cela faisait paysan, travailleur extérieur et donc pauvres hères... Les dames de la cour préféraient largement avoir la peau laiteuse, elles aussi... Comme les japonais ! Il est curieux que de nos jours au contraire en occident c'est plus couru d'être bien bronzé, signe d'avoir profité de ses vacances alors que les nippons recherchent l'inverse ! Il y a matière à discussion !). La plage du lac est fortement propice aux rencontres d'amis autour de "barbecue party", nous n'avons pas bien compris si les deux messieurs en uniformes bleus qui déambulaient en distribuant des petits papiers aux différents emplacements de barbecue géraient la location ou l'ordre public, toujours est-il que l'ambiance était bonne, les enceintes diffusant une musique variée aux airs de vacances et les pastèques éclatées [スイカ - すいか prononcé suika] faisaient légion accompagnées nous supposons de beaux feux d'artifices [花火 - はなび prononcé hanabi] en fin de soirée comme lors des festivals estivaux que nous pouvons admirer dans les film, séries et animés.

Carnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au Japon

Petit interlude interculturel sur la sécurité routière au Japon.

La ceinture est-elle obligatoire ? A vrai dire, cette question m'a tellement préoccupée pendant notre séjour que j'ai même écrit une page entière à ce sujet dans mon journal de bord du 25 juillet 2015. Pourquoi et comment cela m'est venu ? En cherchant les mausolées de Momoyama, un secourable habitant monté dans sa camionnette nous avait déposé gentiment devant l'entrée du parc (vous vous en souvenez sûrement). Or, à peine assise j'avais eu bien du mal à chercher totalement vainement la ceinture dont la fameuse camionnette était dépourvue...

Plus tard dans le séjour, notre adorable famille d'accueil, en route pour le restaurant de sushi avec plateaux tournants, nous avait aussi "chargé.e.s" à l'arrière avec leurs deux enfants qui chahutaient insouciants sans ceinture aucune, me laissant perplexe quant-à la marche à suivre. Le contraste était d'autant plus frappant qu'à notre escale en Corée du Sud, le bus touristique que nous avions pris était équipé de ceinture que le guide se faisait un devoir de vérifier à chaque arrêt et que, de plus, la loi équipant de même nos bus français d'un concept identique venait d'être votée... Curieuse, je me suis renseignée dès notre retour, en découvrant que l'obligation du port de la ceinture à l'arrière au Japon ne datait que de 2008 (soit 7 ans auparavant) rappelons qu'en France c'est en 1990 que cela fut promulgué (et 1973 pour l'avant du véhicule). Étonnamment en Corée du Sud, c'est dès 1990 aussi, mais cela ne fut le cas que pour les voies rapides et autoroutes. Il fallut attendre 2018 (3 ans après notre séjour) pour qu'elle soit élargie à toutes les routes.

J'ai d'ailleurs trouvé un article appuyé de schémas (datant de mars 2023) sur ce sujet, environ 43% seulement des japonais respectent cette obligation du port de la ceinture de sécurité aujourd'hui. Pour en savoir plus c'est par ici ! Comme quoi il n'y a pas que moi que ça a interrogé...

Remarque : D'après une autre source sûre, une certaine Mamagei, la ceinture de sécurité serait une obsession particulière de l'Utopimste, qui vérifie compulsivement à chaque montée dans un transport qui en est pourvu, que tout l'équipage s'en soit bien muni. A croire qu'elle prêche pour la Sainte Ceinture de Sécurité... Si toi aussi tu fais partie de la secte fais moi signe !   

Ceci était un message du Ministre des transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière

Reconstitution d'une rue à la ToeiDoremi et CieStudio Toei bains publicsEntrée des studios

Silence ça tourne ! Une journée à la Toei Animation Co.

C'est le temps d'une journée que nous nous sommes glissé.e.s dans la peau d'un.e ninja (Léoly) et d'une samouraï (l'Utopim'ste) pour partir à l'aventure des studios de films japonais avec un nom à rallonge que je ne vous citerez qu'une fois pour vous épargner... 東映アニメーション株式会社, Tōei Animēshon kabushiki gaisha  ! 

Et nous n'avons pas été déçues ! Quasiment tous les films nippons sortent de ce studio (l'équivalent des studios Hollywood en Amérique) sans compter la partie dédiée à la seule Toei Animation... Cela vous dit quelque chose ? Forcément ! Miyazaki et Takahata y ont fait leurs débuts, je vous en avais parlé dans un lointain article intitulé Dans l'ombre de Miyazaki. de plus la Toei  Animation c'est (entre autre) des animés comme Doremi, St Seiya, Albator, Goldorak, Sailor Moon (pour les classiques) et plus récemment One Piece (oui oui celui qui vient d'être adapté en live action sur Netflix) ! Ici, nous déambulons dans des reconstitutions de rues d'époque (ère Meiji et Edo), nous passons dans un quartier des geishas [芸者] et maikos [舞妓], tombons nez à nez avec une exposition d'estampes, dédié à Hokusai [葛飾 北斎] et à sa vague et nous parcourons les nombreuses archives des studios. Chaque salle est plus ou moins dédiée, on compte celle des mini ninjas, une école des monstres, le hall des super-héros (qui retrace l'évolution des personnages de type "Power Rangers" "Bioman" des débuts à nos jours), une de jeux vidéos, une à la période des samouraïs avec Sanada [真田幸村], Hideyoshi [豊臣秀吉] et compagnie mais aussi des bâtiments spécifiques dont une maison hantée et une maison de ninja (avec des passages secrets pour sortir des pièces type escape game)  et j'en oublie encore ! En extérieur nous apercevons un monstre qui sort du lac (non ce n'est pas le Loch Ness), un volcan qui s'éveille et de nombreux spectacles de rues. Notamment un sur les kappas [河童] petits monstres des rivières du folklore japonais, intitulé sobrement Water Splash, on vous laisse deviner le contenu et un autre sur l'histoire d'Hideyoshi et de Sanada à l'intérieur du grand théâtre, mettant en scène des combats et des cascades de samouraïs en costumes. Dans un autre bâtiment, une  marchande ambulante (ancêtre du Rakugo [落語] dont je vous avais déjà parlé) utilise une sorte de natte de bambou, lui faisant prendre des formes pour illustrer et soutenir son récit, plus loin, nous sont expliqués tous les dessous d'un spectacle pour voir comment orchestrer un film, entre autre "trucs" de réalisation, chorégraphie des combats, décors, mise en place des saisons, ... Et bien entendu une réplique des quartiers du Shinsengumi [新選組], ces samouraïs qui étaient chargés de protéger Kyoto à la fin du shogunat de Tokugawa (fin du 19ème siècle), une époque bien connu de tous les fans de films et d'animés de samouraï, car la plus propice aux intrigues (Kenshin le Vagabond et Gintama en tête).

SekizanzeninTakaragaikeTemple dans le quartier de KokusaikaikanSinge protecteur du palaisICC KyotoManshuin

Au hasard des terminus de métro : découvrir les environs du Kokusaikaikan [国際会館駅]

Il est intéressant de découvrir une ville au hasard des chemins, ce jour là c'est ce que l'on fit. Nous choisîmes comme point de chute le terminus du métro "Kokusaikaikan" [国際会館駅] qui promettait (selon la carte) de la verdure et le tour d'un lac. Et en effet, nous avions atterri aux abords du parc Takaragaike [宝ヶ池] qui s'étendait autour d'une grande réserve d'eau portant le même nom, un ancien lac d'irrigation datant du XVIIIème siècle. Cet espace offrait une vue sur les monts environnants ainsi que sur le centre des conférences internationales : le ICC Kyoto [国立京都国際会館, Kokuritsu Kyōto Kokusaikaikan ], un bâtiment gracieux à l'architecture intéressante. Nous avions surpris des daims sauvages sortant des bois et croisé des coureurs faisant leur jogging ainsi qu'une adorable fanfare d'enfants s'entrainant.  A l'heure du service nous avions écouté la litanie d'un moine dans le temple de Sekizanzenin [赤山禅院], pour découvrir que nous étions pile sur la fameuse colline située au Nord-Ouest du palais impérial... Et alors me direz vous ? Eh bien nous avions pénétré au cœur du temple protégeant la cité et la résidence impériale de la direction malchanceuse, la preuve en était le Saru [猿] (singe) qui trônait en haut du temple. Puis, ce fut à Manshuin [曼殊院] que nous arrêtâmes de nouveau nos pas, devant une reconstitution passionnante des cuisines (tout à fait subjectif comme remarque je suis entièrement d'accord) ! Un alignement de petites marmites encastrées dans un plan de travail (récipient / cuves) assorties de leurs petits couvercles, plus loin la place pour l’âtre ou plutôt un trou dans le sol pierreux et toute une collection de plateaux de service. Ce calme et serein temple bouddhiste, à l'écart des cohues touristiques, abrite de nombreuses reliques et des vastes jardins aménagés tout aussi calmes et reposants, dont de petits jardins d'intérieurs très organisés et soignés. Dans ce même bâtiment, nous (re)découvrîmes l'artiste Kano Morinobu [狩野 探幽] qui avait peint la salle des tigres du Nijojo au détour d'une anecdote amusante du guide. En effet n'ayant jamais vu de tigres en vrai à l'époque, les artistes peignaient d'après leurs observations des pelisses rapportées de Chine. Seulement, n'ayant aucune connaissance à ce sujet, ils pensaient que seule les tigresses étaient rayées et que les pelisses de léopards étaient celles des tigres mâles. A l'intérieur des bâtiments vous pourrez admirer (en plus de la salle des tigres de l'anecdote) un concentré de peintures d'époques qui y sont bien conservées.

 Carnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au JaponCarnet du Japon #4 Derniers jours au Japon

J'aurais encore tellement de choses à vous dire sur ce voyage, les japonais, le Japon, la culture japonaise, et les différences d'avec l'occident. Cependant il faut en garder aussi pour la prochaine fois ! C'est donc ici que se termine un voyage, et où commence un nouveau...

<< ENJOY IT !! >>

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>